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Terra Mercredi 18 décembre 2002
Par mesure de
sécurité, les Etats Unis ferment l’Ambassade.
De nombreux
fonctionnaires sont partis. Les nord-américains qui ne sont pas
obligés de rester en Colombie doivent quitter le pays.
C’est une mesure
inhabituelle et argumentée pour des raisons de sécurité, l’Ambassade
des Etats Unis en Colombie fermera ses portes à partir d’aujourd’hui
jusqu’au 26 décembre.
Dans un bref communiqué
de presse diffusé hier après-midi, la délégation diplomatique a
informé qu’elle désignait quelques fonctionnaires pour les fonctions
administratives et que la section des visas sera suspendue
temporairement pour le public. Les seuls services externes qui
fonctionneront de manière normale seront ceux de l’aide d’urgence
aux ressortissants américains en Colombie.
La même communication
affirme qu’il s’agit d’une « mesure temporaire de
sécurité ».
Initialement, les
services de l’Ambassade assurait les prestations sans interruption les
jours ouvrés de cette semaine et de la semaine prochaine sauf le 25
décembre.
La détermination
coïncide avec de nouveaux avertissements du Département d’Etat sur
les risques qu’encourent les ressortissants américains à visiter le
pays.
Différentes sources
confirment qu’il existe de réelles vraisemblances sur la possibilité
que les Farc réalisent un attentat terroriste contre la délégation
diplomatique. De fait, il y a deux semaines, pendant la visite du
secrétaire d’Etat, Collin Powell, au pays, il a été décrété de
manière préventive la fermeture de l’Université Nationale dont le
campus est prêt de l’Ambassade.
On se souvient que depuis
la Nationale, on tiré avec des mortiers sur les installations de la
Fiscalité Générale de la Nation, située exactement en face du siège
nord-américain.
De source sure, on a
confirmé que les employés qui ont été retenus pour la partie
administrative, sont ceux qui travaillent dans la partie de l’Ambassade
qui n’est pas blindée et, que, pour cette raison, elle n’est pas en
mesure de résister à une éventuelle attaque terroriste.
Les mesures de sécurité
et les patrouilles de la Police et les Forces Militaires ont été
renforcées dans les installations ainsi qu’autour de la maison de l’ambassadrice
Anne Paterson, dans le nord de la ville.
Les mêmes sources
affirment que les autorités nord-américaines ont recommandé à tous
ceux qui n’ont pas l’obligation expresse de rester en Colombie ces
prochains jours, de quitter le pays, et qu’il était envisagé d’étendre
cette possibilité à tous les ressortissants américains qui
résidaient sur le territoire national.
« Les Etats Unis
sont un pays toujours prêt à faire face à toute situation de
terrorisme contre ses citoyens et le plus probable est que la fermeture
de l’Ambassade permette de renforcer les systèmes de sécurité. Mais
ce que l’on de doit jamais oublier, c’est que les intérêts, les
représentations diplomatiques et les citoyens nord-américains ne sont
pas seulement l’objectif des Farc, mais également de tous les groupes
terroristes du monde » a déclaré le politologue Armando Borrero,
ex conseiller présidentiel de Sécurité.
Déclaration
Le gouvernement colombien
mésestime les risques des ambassades à Bogota.
Le gouvernement
sous-estime que les ambassades dans le pays courent un « risque
majeur » en réponse à la décision des délégations des Etats
Unis, Canada et quelques autres pays européens de fermer pour quelques
jours leurs bureaux pour des raisons de sécurité.
La ministre colombienne
de la Défense, Martha Lucia Ramirez, a dit qu’elle ne pensait pas qu’il
y avait des risques ni menaces majeures contre les ambassades, peu de
temps après que la Suède et le Canada l’aient informé de la
fermeture de leurs délégations pour quelques jours, ainsi que les
Etats Unis, la Grande Bretagne et l’Italie.
« Je ne peux
ignorer qu’il existe des risques comme pour tout colombien, mais nous
ne croyons cependant pas qu’il y ait un risque majeur pour les
ambassades, pas plus que des menaces majeures » a dit la ministre
à des journalistes.
La fonctionnaire a
ajouté « qu’il y a des menaces dans plusieurs endroits du
pays », mais que les autorités travaillent « en permanence
pour minimiser le risque qui pèsent sur les diverses
institutions ».
« Le risque pour
les ambassades est le même aujourd’hui que pour n’importe quelle
institution, n’importe quel siège gouvernemental » a insisté
Ramirez, qui a nié que son bureau avait alerté les représentations
diplomatiques sur l’existence de menaces, comme l’ont assuré des
moyens de presse locale.
« Aucune
information n’est sorti du ministère de la Défense, ni pour alerter,
ni pour prévenir ni pour indiquer qu’il y avait des risques pour les
ambassades ».
Pour sa part, la
chancelière colombienne, Carolina Barco, a indiqué que les mesures
prises pour les pays cités ci-dessus, sont des mesures préventives et
que l’objectif est d’examiner la sécurité dans les sièges
diplomatiques.
« Cela correspond
à une époque de vacances. Ils vont en profiter pour examiner les
mesures de sécurité et ce qu’ils ont fait c’est devancer ou
prendre un ou deux jours vacances supplémentaires, mais ils profitent
de la période des fêtes, période pendant laquelle, de toute façon,
ils cessent leurs activités » a-t-elle indiqué.
Barco a aussi déclaré
que pendant la nuit de jeudi, elle avait personnellement parlé avec les
divers ambassadeurs pour leur signaler que le gouvernement
« était attentif et qu’ils pouvaient compter sur l’appui
total des autorités ».
Ce vendredi, un
conseiller du ministre des Relations Extérieurs suédois, Lars-Olof
Lundberg, a signalé à Stockolm que « vus les récents attentats
avec des bombes, et la situation actuelle en matière de sécurité,
nous avons décidé de fermer temporairement l’ambassade ».
De son côté, la
chancellerie canadienne a également signalé à Ottawa que sa
délégation en Colombie sera fermée la semaine prochaine en indiquant
que « dans le cas de Bogota, nous savons que la situation est
incertaine pendant les Fêtes, elle est plus explosive, a indiqué
Patrick Riel, porte-parole du ministère.
Jeudi, l’Ambassade des
Etats Unis à Bogota a annoncé qu’elle fermerait jusqu’au 26
décembre ses services consulaires, arguant des motifs de sécurité. La
représentation diplomatique a signalé que les services d’urgence
feraient une permanence pour ses ressortissants.
Bien qu’aucun
porte-parole n’ait fait de déclaration sur cette décision, un
fonctionnaire officielle a dit à Washington que « en vue d’une
révision de sécurité, l’ambassade des Etats Unis à Bogota a
décidé de suspendre temporairement ses opérations.
Parallèlement, à
Londres, le Foreign Office a annoncé que la représentation de Grande
Bretagne en Colombie fermait aussi ses portes jusqu’au 2 janvier en
indiquant « qu’il y a une menace concrète contre plusieurs
édifices d’ambassades à Bogota », mais sans préciser la
nature de celle-ci.
Peu de temps après,
selon des sources diplomatiques à l’AFP, l’ambassade d’Italie a
décidé de suivre le même chemin que le consulat nord-américain et
que la représentation de Grande Bretagne en signalant que la fermeture
se prolongerait jusqu’à nouvel ordre.
La capitale colombienne
et d’autres villes ont vécu ces dernières semaines, une série d’attentats
qui ont fait 5 morts et 70 blessés.
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