Les Farc, disposées à
dialoguer sans être laissés à l’abandon.
La guerrilla des Farc est
disposée à dialoguer avec le gouvernement du président Alvaro Uribe
mais à la condition de ne pas être laissé pour compte, a signalé un
porte-parole de ce groupement insurgé dans une entrevue publiée par le
quotidien régional El Colombiano.
Le porte-parole, non identifié et
qui appartient au Bloc José Maria Cordoba, agit dans la partie
nord-ouest de la Colombie, a indiqué que si l’on ne trouve pas une
sortie concertée au conflit social et armé, la guerre interne se
propagera dans tout le pays.
Instaurer un dialogue entre
personnes de même intention est une chose mais prétendre laisser pour
compte une des parties est autre chose. Le projet d’Uribe est d’abandonner
les Farc à la guerre. Imposer une paix de vaincus ? Cela n’est
pas un dialogue, a affirmé l’insurgé autorisé par l’Etat Major du
Bloc pour donner cette interview.
Consulté pour savoir si les
dernières actions meurtrières qui ont éclaté dans plusieurs villes
de Colombie et en particulier à Bogota, sont les œuvres des Forces Armées
Révolutionnaires de Colombie (Farc), comme l’ont signalé les
autorités, il a indiqué que ‘nous n’avons pas déclaré de trêve’
bien qu’un cessez-le-feu pendant Noël n’est pas écarté.
Le porte-parole des Farc a
critiqué l’annonce des paramilitaires d’extrême droite d’arrêter
les hostilités : « les trèves se font entre opposants et
les autodéfenses ne sont pas des opposants de l’établissement.
Comment est-il possible de parler de trève à des civils si ceux-ci ne
sont pas des combattants, se demande-t-il. Il a également indiqué que
le groupement rebelle « voit sous de bons auspices » les
efforts pour obtenir des accords régionaux de paix avec les Farc, mais
il a indiqué que « si nous ne trouvons pas une issue commune, qui
permette de redessiner de manière réelle le projet de nation, le
conflit va se propager.
En accord avec les possibilités d’accord
avec le gouvernement du président Alvaro Uribe, il a signalé que
« les Farc ouvrent toujours les portes à une solution politique
du conflit social et armé, indépendamment de qui pourrait avoir la
charge de cet établissement ». Cependant, il a réitéré la
position des Farc à savoir qu’il n’y ait pas de médiation des
Nations Unies comme l’a demandé plusieurs fois Uribe. « Nous
sommes clairs : c’est un conflit interne, nous, les Colombiens,
devons le résoudre, dit-il.
Consulté sur le sort du
gouverneur d’Antioquia, Gillermo Gaviria, et l’ex ministre de la
Défense, Gilberto Echeverr, séquestré par ce Bloc depuis le mois d’avril
dernier, le porte-parole des Farc a répondu « qu’ils sont
échangeables ».
Les Farc ont signalé qu’une
vingtaine de politiques, parmi lesquels on trouve Gaviria, Echeverri y
la dirigeante Ingrid Betancourt , seront libérés à condition qu’on
remette en liberté quelques 400 membres de leur organisation
actuellement en prison.
Les Farc comptent 17000 hommes
parmi lesquels 3000 à 4000 appartiennent au bloc José Maria Cordoba,
groupe auquel appartient le porte-parole interrogé.