Terra Mercredi 18 décembre 2002

Vanités ?

Les Farc, disposées à dialoguer sans être laissés à l’abandon.

La guerrilla des Farc est disposée à dialoguer avec le gouvernement du président Alvaro Uribe mais à la condition de ne pas être laissé pour compte, a signalé un porte-parole de ce groupement insurgé dans une entrevue publiée par le quotidien régional El Colombiano.

Le porte-parole, non identifié et qui appartient au Bloc José Maria Cordoba, agit dans la partie nord-ouest de la Colombie, a indiqué que si l’on ne trouve pas une sortie concertée au conflit social et armé, la guerre interne se propagera dans tout le pays.

Instaurer un dialogue entre personnes de même intention est une chose mais prétendre laisser pour compte une des parties est autre chose. Le projet d’Uribe est d’abandonner les Farc à la guerre. Imposer une paix de vaincus ? Cela n’est pas un dialogue, a affirmé l’insurgé autorisé par l’Etat Major du Bloc pour donner cette interview.

Consulté pour savoir si les dernières actions meurtrières qui ont éclaté dans plusieurs villes de Colombie et en particulier à Bogota, sont les œuvres des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc), comme l’ont signalé les autorités, il a indiqué que ‘nous n’avons pas déclaré de trêve’ bien qu’un cessez-le-feu pendant Noël n’est pas écarté.

Le porte-parole des Farc a critiqué l’annonce des paramilitaires d’extrême droite d’arrêter les hostilités : « les trèves se font entre opposants et les autodéfenses ne sont pas des opposants de l’établissement. Comment est-il possible de parler de trève à des civils si ceux-ci ne sont pas des combattants, se demande-t-il. Il a également indiqué que le groupement rebelle « voit sous de bons auspices » les efforts pour obtenir des accords régionaux de paix avec les Farc, mais il a indiqué que « si nous ne trouvons pas une issue commune, qui permette de redessiner de manière réelle le projet de nation, le conflit va se propager.

En accord avec les possibilités d’accord avec le gouvernement du président Alvaro Uribe, il a signalé que « les Farc ouvrent toujours les portes à une solution politique du conflit social et armé, indépendamment de qui pourrait avoir la charge de cet établissement ». Cependant, il a réitéré la position des Farc à savoir qu’il n’y ait pas de médiation des Nations Unies comme l’a demandé plusieurs fois Uribe. « Nous sommes clairs : c’est un conflit interne, nous, les Colombiens, devons le résoudre, dit-il.

Consulté sur le sort du gouverneur d’Antioquia, Gillermo Gaviria, et l’ex ministre de la Défense, Gilberto Echeverr, séquestré par ce Bloc depuis le mois d’avril dernier, le porte-parole des Farc a répondu « qu’ils sont échangeables ».

Les Farc ont signalé qu’une vingtaine de politiques, parmi lesquels on trouve Gaviria, Echeverri y la dirigeante Ingrid Betancourt , seront libérés à condition qu’on remette en liberté quelques 400 membres de leur organisation actuellement en prison.

Les Farc comptent 17000 hommes parmi lesquels 3000 à 4000 appartiennent au bloc José Maria Cordoba, groupe auquel appartient le porte-parole interrogé.


AlterFocus : info Ingrid Betancourt www.Betancourt.info