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31/01/03 : La négociation entre le pouvoir et l'ELN pour mettre fin à la captivité des sept otages étrangers de cette guérilla en Colombie est à nouveau bloquée. 

"Il n'y a pas eu d'accord, nous sommes tous déçus. L'ELN est prêt à libérer Asier, son otage espagnol, mais exige ensuite la présence d'une délégation pour vérifier la situation humanitaire de la Sierra Nevada (avant de libérer les autres otages), et le gouvernement demande l'élargissement des sept étrangers dans la même opération", a déclaré l'archevêque de Medellin, Mgr Luis Alberto Giraldo.

Mgr Giraldo a apporté ces précisions après la rencontre d'une commission de l'Eglise avec le guérillero de l'ELN Francisco Galan, dans sa cellule de la prison d'Itagui, près de Medellin (nord-ouest), pour mettre au point les conditions matérielles de ces libérations.

31/10/03 : Dans "Latin Reporter", le point de la situation après les élections

L'échec du référendum et l'élection de candidats de gauche et d'indépendants à la mairie des principales villes du pays constituent sans doute le premier désaveu populaire infligé au président Alvaro Uribe. La guérilla marxiste colombienne est également prise à contre-pied par le succès électoral de candidats de gauche qui ont choisi la voie démocratique plutôt que la voie des armes pour faire progresser la justice sociale. La Colombie voit ainsi à son tour émerger une gauche de type "Lula" (surnom de l'actuel président du Brésil).

Alvaro Uribe jouissait encore d'une popularité record de plus de 70% au début de la semaine dernière. Il l'a mise en jeu dans un référendum trop ambitieux et trop technique. Faute de quorum, le président a échoué. Pour être validée, la réponse à chaque question du référendum devait être donnée par au moins 25% des électeurs inscrits, ce qui semble ne pas avoir été le cas.

Il faut dire que tous les adversaires du président, la guérilla bien sûr mais aussi les syndicats, les intellectuels de gauche, le parti libéral dont le président avait claqué la porte et de nombreux parlementaires, y compris des "uribistes" inquiets du projet de réduction des sièges du Congrès avaient fait campagne pour l'abstention. Déjà naturellement élevée, elle dépassa samedi le taux record de 75%.

De plus, les sénateurs ont torpillé mardi, par 44 voix contre 36, un projet de réforme constitutionnelle qui aurait autorisé le chef de l'État à briguer un second mandat, consécutif de surcroît. (Actuellement, un président colombien ne peut exercer qu'un seul et unique mandat de quatre ans). Alvaro Uribe ne pourra donc pas se représenter en 2006 comme ses partisans et lui-même le souhaitaient.

Le résultat de ce scrutin multiple est dévastateur pour les candidats d'Alvaro Uribe et des deux partis traditionnels. Ils sont devancés par des élus de gauche ou des indépendants progressistes dans les quatre premières villes de Colombie: Bogota, la capitale, Medellin, Cali et Barranquilla. En outre, 15 des 32 postes de gouverneurs échappent tant aux libéraux qu'aux conservateurs.

Le symbole de ce renouveau s'appelle Luis Eduardo Garzon, plus connu comme Lucho Garzon. Fils d'une femme de chambre, tour à tour jeune caddie du Country Club de golf de Bogota, apprenti menuisier, aide d'un vendeur ambulant, porteur de valises, encaisseur d'annonces publicitaires, garçon de courses d'Ecopetrol, entreprise pétrolière dans laquelle il travaillera pendant 30 ans, et surtout leader de l'Union syndicale ouvrière (USO),  puis de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), Lucho Garzon a un parcours rappelant celui de Luiz Inacio Lula da Silva, l'ex-syndicaliste qui préside le Brésil depuis le 1er janvier dernier. 

Comme Lula, Lucho a reconverti son marxisme en discours d'apparence sociale-démocrate. Il affirme qu'il ne misera pas sur la lutte des classes, qu'il ne montera pas "les riches contre les pauvres". Ses priorités sont la lutte contre la pauvreté et le chômage, ainsi que l'amélioration de l'éducation et de la santé. Casse-tête pour le président Uribe, dont il critique la main dure en matière de sécurité, Lucho est plus enclin à une solution négociée avec la guérilla pour mettre fin à un conflit intérieur qui, en 39 ans, a fait plus de 200.000 morts et déplacé plus d'un million de Colombiens.

Mais la victoire de Lucho Garzon à Bogota et de plusieurs candidats de la gauche modérée dans d'autres grandes villes est peut-être aussi une dure défaite politique infligée à la guérilla marxiste des FARC et à sa petite soeur pro-cubaine, l'ELN. Sa victoire est une preuve cinglante que l'expression disant que les votes peuvent davantage que les balles n'est pas que rhétorique" écrivait mercredi à Bogota l'éditorialiste d'El Tiempo, le quotidien colombien de référence.

Et Lucho Garzon de déclarer lui-même: "Je ne crois ni à l'insurrection ni à la conquête du pouvoir par les armes. J'espère que la guérilla comprendra la nécessité de trouver des alternatives démocratiques". Mais un dramatique précédent historique complique la reconversion démocratique de ces deux guérillas d'extrême gauche. A la fin des années 1980, trois mille militants de l'Union patriotique, parti légal créé par les FARC, furent assassinés...

30/10/03 : Dans "l'Humanité" un intéressant portrait de Lucho Garzon :

C'est un succès sans précédent pour la gauche en Colombie. Depuis des années, en effet, loin des triomphes électoraux, Garzon a vu tomber ses compagnons sous les balles des escadrons de la mort.

En 1986, il perdait son premier ami, assassiné dans la moiteur du port pétrolier de Barrancabermeja, où le syndicaliste militait dans l'entreprise publique nationale d'hydrocarbures.

La liquidation de l'Union patriotica, parti idéologiquement proche de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), venait de commencer. Pendant quinze ans, 3 000 militants allaient être tués par des groupes paramilitaires d'extrême droite ou directement par les services de sécurité de l'État. En 1998, c'est le vice-président de la CUT, centrale syndicale dont Garzon est alors président, qui est abattu pendant un mouvement de grève générale. Lui-même menacé, " Lucho " doit se réfugier en Suisse pendant quelques temps.

Jusqu'ici, résume-t-il, " arriver vivant aux élections était déjà une victoire ". (C'était aussi ce que disait Ingrid, peu de temps avant son enlèvement)

La bourgeoisie de Bogota croit que Lucho est l'expression du communisme, ce qui revient pour eux à la guérilla ", explique le politologue Ruben Sanchez.

Pour ce qui est des relations avec la guérilla, à qui le président Alvaro Uribe assimile jusqu'aux défenseurs des droits de l'homme, Garzon a toujours dénoncé les méfaits de tous les groupes armés. " Qu'on nous rende Ingrid ", a-t-il demandé dimanche,

D'autre part, l'ancien sympathisant du Parti communiste, " Lucho " a adopté un discours très consensuel, au point de s'attirer les critiques de ses anciens camarades et de la gauche radicale. Le PC colombien l'appuie mais a refusé de s'intégrer à sa formation, le Pôle démocratique indépendant (PDI), conglomérat social-démocrate.

C'est avec des collaborateurs de tous bords, anciens guérilleros et technocrates aguerris, que le charismatique Garzon compte désormais s'attaquer aux 60 % de pauvres que comptent les 8 millions de Bogotans. " La ville a des parcs superbes, mais les habitants n'ont pas de quoi s'y acheter un sandwich ", explique-t-il. Après des années de chantiers municipaux destinés à l'amélioration des parcs et du transport, il veut par exemple créer une banque de micro crédit, protéger les vendeurs ambulants et instaurer au moins une " journée sans faim "

29/10/03 : Le candidat du Pôle démocratique, Lucho Garzon, ancien syndicaliste, devient le premier maire de gauche de Bogota. C'est un échec pour le président Alvaro Uribe; c'est également un échec pour la guérilla.

L'élection de Lucho Garzon renforce le poids d'une personnalité hostile à la politique ultralibérale et répressive d'Alvaro Uribe dont l'unique but est de rendre gorge à la guérilla. Le président devrait subir un échec plus important encore à l'occasion du référendum de samedi qui proposait notamment parmi quinze questions, de geler le salaire des fonctionnaires gagnant plus du double du salaire minimum ou de réduire la taille du Congrès. Après dépouillement du référendum dans la plupart des bureaux de vote, des difficultés logistiques dans des localités isolées ont été prétextées pour différer à mercredi ou jeudi l'annonce des résultats définitifs, faisant naître des rumeurs de tripatouillage. Mais la plupart des questions posées pourraient être invalidées car elles n'atteignent pas le taux de 25 % de participation nécessaire. Ce qui constituerait une autre victoire pour les syndicats et la gauche qui, comme Garzon, avaient prôné l'abstention sur ce vote. Et ce, malgré un battage médiatique sans précédent et des sommes énormes (certains avancent le chiffre de 60 millions d'Euros) dépensées par le gouvernement pour promouvoir la participation à ce référendum !

Pour la guérilla aussi c'est une défaite. Non seulement les rebelles n'ont pu empêcher le déroulement du scrutin, malgré leurs menaces, mais le triomphe de maires socialistes dans les principales villes aura démontré que le changement peut aboutir par la voie des urnes, sans recours aux armes, après 39 ans d'une sanglante guerre civile, qui a fait plus de 200.000 morts.

Pour la première fois dans l'histoire, un candidat de gauche, Lucho Garzon, soutenu par d'anciens guérilleros du M-19 rentrés dans la légalité et par plusieurs autres formations dont Oxygeno Verde, a été élu maire de Bogota, capitale du pays andin avec huit millions d'habitants. Pour la première fois aussi dans le pays un mouvement qui ressemble à un vrai parti politique est en train de naître : les deux partis traditionnels, tous deux de droite, (libéraux et conservateurs) qui se sont partagés le pouvoir depuis 40 ans étant plus des groupements d'intérêts réunis autour de certaines familles de l'oligarchie que des partis avec une ligne politique bien définie et différenciée.

Pourtant, lors de la présidentielle de mai 2002,  Garzon n'avait pu faire mieux que 7% face aux 53% du rouleau compresseur d'extrême droite emmené par Alvaro Uribe. Que s'est-il donc passé depuis?

D'abord, la politique belliciste du président a montré son visage hideux. Et ses limites. Loin de parvenir à affaiblir les guérillas, les mesures sécuritaires attisent au contraire les flammes du conflit. Sommés de devenirs complices de la répression, des centaines de milliers de civils sont aujourd'hui précipités dans la guerre. S'ils collaborent, ils deviennent la cible des guérillas, s'ils restent neutres, ils sont persécutés par les militaires et leurs alliés paramilitaires.

Les braises de la violence sont aussi attisées par les contre-réformes du président. En un an et demi de pouvoir, ce riche héritier latifundiste a donné un fulgurant coup d'accélérateur au démantèlement de l'État de droit et social. Par exemple, dans un pays qui compte ses déplacés de la violence par millions, il a facilité l'enregistrement des terres «abandonnées» par leurs nouveaux propriétaires. Au grand bonheur des paramilitaires et de leurs commanditaires avides d'agrandir leurs domaines à bon compte. Ou encore, en assenant le coup de grâce au processus institutionnel de réforme agraire. «Cette guerre ne profite qu'aux riches», résumait hier un syndicaliste colombien de passage à Genève. Et cela plus que jamais : alors que 5000 familles colombiennes possédaient en 1999 48% des terres, quatre ans plus tard, elles en captent 53%. Combien en 2010?

Face à cette impasse, les Colombiens s'aperçoivent peu à peu d'une chose : pour sortir le pays de la spirale guerrière, il faut impérativement intégrer le mouvement social et ses revendications aux instances démocratiques. Pour cela, «Lucho» Garzon et son discours pragmatique, ses racines syndicales, bref, son profil «luliste» offrent une voie praticable. Certes, la Colombie n'est pas le Brésil et le fragile Pôle démocratique n'est pas le puissant Parti des travailleurs. Mais le sillon mérite d'être creusé.

28/10/03 : L'Armée de libération nationale (ELN, mouvement de guerilla d'inspiration castriste) annonce qu'elle va libérer sept touristes étrangers enlevés le mois dernier dans la jungle.

L'ELN avait déjà proposé il y a une semaine de relâcher l'Espagnol Huegun en signe de "solidarité" avec la minorité basque d'Espagne, mais elle était revenue sur cette offre lorsque le président colombien Alvaro Uribe avait exclu qu'un groupe d'hommes politiques basques puisse assister à cette remise en liberté.

L'archevêque catholique Alberto Giraldo , qui sert d'intermédiaire dans les négociations, a déclaré que l'ELN était maintenant revenue sur cette exigence et que les témoins basques seraient remplacés par deux porte-parole de l'ELN ainsi que par un représentant des Nations unies et des représentants de l'Eglise.

27/10/03 : Lucho Garzon, un ancien syndicaliste communiste a été élu dimanche maire de Bogota, touche finale d'un week-end désastreux pour le président de droite Alvaro Uribe, qui n'a vraisemblablement pas pu réunir les 25% de participation nécessaires pour valider le référendum organisé samedi.

Le nouveau maire de Bogota a appelé la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie à libérer Ingrid Betancourt, leur otage depuis 20 mois, dans sa première intervention après son élection dimanche. «Qu'ils nous la rendent, nous souhaitons l'avoir avec nous», s'est exclamé l'ancien président de la Centrale unique des travailleurs.

26/10/03 : Ingrid Betancourt a "voté" pour la gauche à Bogota. Otage de la guérilla depuis 20 mois en Colombie, Ingrid Betancourt a "voté" dimanche symboliquement pour le candidat de gauche à la mairie de Bogota, Lucho Garzon.
Muni d'une effigie grandeur nature de l'ex-candidate des Verts à la présidentielle, son mari, Juan Carlos Lecompte, s'approche du bureau de vote, au nord de la capitale, un document d'identité de son épouse à la main.

"Je viens voter de manière symbolique, au nom d'Ingrid, pour Lucho", annonce-t-il alentour, sans quitter ce portrait en carton qu'il promène dans tout le pays pour rappeler la captivité de l'ancienne sénatrice.

 Une forêt de caméras et micros s'ouvrent pour laisser passer Lucho Garzon, un ancien syndicaliste de gauche favori des sondages. "Je suis venu témoigner de ma solidarité avec Ingrid et sa lutte pour la vie, la liberté", confie à l'AFP le candidat, polo jaune, sa compagne Marcela à ses côtés.
Les flashes crépitent pour combattre les faux-jour du soleil vif sur les urnes disposées au milieu d'une place. Juan Carlos Lecompte, ému par les vivas de la foule sympathisante, quitte les lieux comme à regret.

"C'est un jour triste. Pour la troisième fois les ravisseurs d'Ingrid, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l'ont empêchée de voter en la retenant en captivité", regrette-t-il, les yeux embués de larmes, à propos des scrutins antérieurs pour le Congrès et la présidentielle.
Lui aussi, mais pour de bon, a voté pour Lucho Garzon, "un homme du changement, doté d'une nouvelle manière de faire de la politique, pour une nouvelle Colombie, sans corruption".
"Avec mon vote symbolique au nom d'Ingrid, je souhaite démontrer que les corrompus et les groupes armés peuvent être vaincus par la voie pacifique", insiste Juan Carlos Lecompte. Il espère pouvoir "fêter avec elle Noël 2003, le jour même de son anniversaire".

Dans la foule, Cristina Castro, collégienne de 17 ans, arbore avec fierté un tee-shirt avec le portait en couleur d'Ingrid Betancourt. "Tous les jours nous nous battrons pour qu'ils nous la rendent", affirme-t-elle dans un sourire.
Enlevée le 23 février 2002 par un commando des FARC, la Colombienne Ingrid Betancourt, également française depuis son premier mariage avec un diplomate français, était toujours en vie, selon un message adressé par la guérilla à l'AFP, le 28 septembre dernier.

Vingt et un otages politiques, dont elle, une cinquantaine d'officiers de l'armée, trois pilotes américains et 800 civils sont otages des FARC, certains depuis six ans. Plus de 400 guérilleros purgent des peines de prison en Colombie.
Les tentatives de dialogue, pour un échange de prisonniers, entre le gouvernement du président Alvaro Uribe et la guérilla n'ont toujours pas abouti, malgré les récents efforts d'une délégation de l'Eglise catholique.

26/10/03 : Les Colombiens aux urnes au lendemain d'un référendum raté --par Kim Housego--
BOGOTA (AP) -- Les Colombiens se sont à nouveau rendus aux urnes dimanche, au lendemain d'un vote référendaire qui semblait s'annoncer comme un échec pour son artisan, le président Alvaro Uribe. Pour ce qui est des élections provinciales et municipales, l'un des principaux enjeux est la capitale: Bogota pourrait en effet se choisir un maire de gauche pour la première fois de son histoire, si les sondages se confirment.
Les choses semblaient mal s'annoncer pour le président Uribe, qui aurait perdu son grand pari de samedi, ce référendum aux allures de plébiscite de sa politique, présenté comme un combat contre la corruption, et dont il faisait la promotion avant même d'avoir été élu président.
Le dépouillement, suspendu samedi soir, a repris dimanche matin: alors qu'il manquait encore 100.000 bulletins à décompter, les responsables expliquaient d'ores et déjà qu'au moins 11 des 15 propositions ne passeraient pas, dont le gel des salaires des fonctionnaires et la réduction du nombre de membres du Congrès.

25/10/03 : L'armée porte un rude coup à la guérilla à la veille du référendum
A la veille du référendum contre la corruption en Colombie samedi, l'armée a porté un rude coup aux FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en bombardant un camp rebelle, composé de plus de 50 guérilleros, près de Jambalo (sud-ouest).
L'agence d'information de l'armée colombienne a par la suite assuré que le nombre des victimes dans les rangs de la guérilla "pourrait dépasser le chiffre de soixante-dix".
Première guérilla avec 17.000 hommes, les FARC n'ont cessé d'appeler au boycottage de ce scrutin, ainsi que des élections municipales et régionales prévues dimanche.
Décidé à éradiquer la guérilla depuis son investiture en août 2002, le président Alvaro Uribe (droite) est qualifié de "paramilitaire" et "dictateur" par les rebelles, partisans de l'abstention aux prochains scrutins.
Le référendum de samedi "contre la corruption et la politicaillerie", selon les termes du chef de l'Etat, vise entre autre à réduire de 268 à 218 sièges le Congrès, à retirer les droits civiques aux coupables de détournements de fonds publics, et à réduire les pensions des élus.
Les 25 millions d'électeurs colombiens sont appelés à retourner aux urnes dimanche pour choisir, parmi plus de 70.000 candidats, les maires et conseillers des 1.098 municipalités, ainsi que les gouverneurs et députés locaux des 32 départements, tous élus pour un mandat de trois ans.
"Le référendum n'est pas miraculeux, mais c'est un pas en avant de la Colombie pour frapper la corruption, la politicaillerie, et renforcer la lutte contre le terrorisme", a déclaré vendredi soir Alvaro Uribe dans une allocution radio-télévisée.
La guerre civile en Colombie a fait plus de 200.000 morts depuis 1964, avec une moyenne ee 3.000 enlèvements par an et près de trois millions de déplacés par la violence.

24/10/03 : Le Maire de Rome, Walter Veltroni, a annoncé son intention d'accorder la "Citoyenneté honorifique" à Íngrid Betancourt, candidate écologiste colombienne kidnappée en février 2002 par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC).
Comme l'a expliqué le Maire de la Ville Éternelle, Betancourt est "un symbole de la lutte pour la défense de la démocratie, la liberté, le droit et la légalité dans un pays dévasté par une authentique guerre civile". Il rappelle également qu'"elle a été arbitrairement privée de sa liberté et que sa vie est gravement mise en danger".

24/10/03 : Les drames de la Colombie
par Henri Madelin, rédacteur en chef d’Études. Ouest-France
Malgré la sympathie éprouvée pour Ingrid Betancourt, retenue comme otage dans une zone échappant au contrôle du pouvoir central, les Français ne réalisent pas bien l'état alarmant dans lequel se trouve la Colombie. Plusieurs types de guérillas la menacent de l'intérieur. Les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) regroupent actuellement 15 000 hommes et l'Armée de libération nationale 3 000. Il faut compter aussi avec une présence multiforme de paramilitaires. La société se défend avec courage contre la violence organisée des extrémistes, mais elle est contrainte de se militariser toujours un peu plus et de subir une présence croissante des États-Unis.
À l'origine, le « Plan Colombie » propose un soutien militaire américain pour combattre la production et le trafic de stupéfiants... Mais, en s'engageant dans la lutte contre les narcotrafiquants, on touche forcément au financement de l'insurrection, notamment des Farc et des paramilitaires. Les principales sources du financement de la guérilla sont en effet la drogue (aux alentours de 70 %) et les enlèvements. D'où une conception « à l'américaine » de la guérilla, assimilée au terrorisme, contre lequel le président Bush entend lutter depuis le 11 septembre. Côté américain, on poursuit ainsi, conjointement, deux objectifs : diminuer l'importation de drogue aux États-Unis et contribuer au démantèlement du terrorisme.
La lutte du gouvernement colombien contre la drogue est d'envergure. On détruit la coca dans tous les secteurs contrôlés par les Farc, mais sans s'attaquer de la même façon aux zones contrôlées par les paramilitaires. Si bien que la production gagne désormais des espaces jusqu'ici « intouchables », comme ceux voués traditionnellement à la culture du café ou du cacao.
Ailleurs et autrement, par exemple au Magdalena Medio, une équipe compétente de jésuites colombiens a lancé un programme ­ dit « intégral » ­ de remplacement de la culture de coca sur le territoire où elle travaille. Elle s'est vu immédiatement offrir l'aide des Américains ; ceux-ci ont proposé quatre millions de dollars pour soutenir le projet, mais à condition de leur livrer toutes les informations sur les personnes et les activités. Cela équivalait à dénoncer toutes les familles de cultivateurs de coca qui ont trouvé là le seul moyen d'existence à leur portée.
Le marché de la drogue exerce une influence désastreuse sur l'ensemble de la société colombienne. C'est un problème qui lui est propre et la différencie d'autres « projets de paix » comme il y en eut, après les guerres civiles, dans divers pays d'Amérique centrale. L'Église, dans cette bataille périlleuse, est un acteur important, notamment dans les régions où la seule manifestation de l'État est la répression militaire.

23/10/03 : Lettres du monde entier pour les séquestrés
Une initiative franco-belge lancée par Armand Burguet et un Maire français, Jacques Laurent.

Portant 3 sacs remplis de lettres sur leurs épaules, les Maire et déléqué de Belgique et de France sont arrivés hier au parc de Berrio où se réunissaient les "Mères de la Chandeleur" afin de leur apporter leur soutien.
A midi, comme tous les mercredis, les femmes exhibaient les photos de leurs proches séquestrés exigeant leur liberté.
Le reste de la ville suivait son cours et des bus, du métro, des rues et des boutiques personne ne leur prêtait attention. C’est pour cette raison que l’arrivée de la délégation étrangère a brisé leur solitude au moment où la phrase qu’elles scandaient : « la cruauté des méchants nous blesse mais l’indifférence des bons nous blesse plus encore » prenait tout son sens.
L’expert en coopération belge Armand Burguet et le Maire français d’Eygalayes, Jacques Laurent ont transporté 3.000 lettres qui sont arrivées de France, en provenance des quatre coins du monde, et même de l’Inde, à destination des kidnappés.
"Nous ne voulons pas faire de longs discours mais seulement vous dire qu'il y a des personnes de France et de toute l'Europe qui s’inquiètent pour vous, Mères, les "Madres de la Candelaria" et pour tous les kidnappés de la Colombie. Cet homme (en se référant à Armand Burguet) vient de Belgique en représentation de 284 comités de soutien du monde qui sont avec vous ", a dit Jacques Laurent. Armand Burguet a ajouté : "Il y a six ans et sept jours que nous sommes au courant de la situation en Colombie et des kidnappings".
"Catalina, bien que je ne te connaisse pas, je souhaite marquer ma solidarité avec l'angoisse que tu dois ressentir dans cet injuste enfermement, avec la douleur de ta famille et j'aimerais demander à tes geôliers de réfléchir au crime inhumain qu'ils sont en train de commettre en te gardant loin des êtres qui te sont chers"
Ceci est l'un des milliers de messages postaux que des citoyens du monde entier envoient à Eygalayes, un petit village du Sud de la France, où est née la Campagne "Aeropostale 3000". Une initiative internationale en faveur de la libération de tous les séquestrés de Colombie.
"C'est très dur de voir qu’il se passe tant de choses dans ce pays, de voir que les nôtres sont en train de mourir là-bas sans que personne ne fasse un geste. Cela nous encourage beaucoup, de voir que depuis d'autres pays on prend la peine de venir nous soutenir", a dit Martha Arango, épouse de l'ex-parlementaire Oscar Lizcano, aux mains des Farc depuis trois ans.
Courrier de vie
« Aéropostale 3.000 naît de la nécessité de faire sentir aux Colombiens séquestrés qu’ils ne sont pas seuls, que l’Europe est émue par cette tragédie nationale » a fait remarquer A.Burguet, lequel grâce à ses connaissances des nouvelles technologies de communication a été un moteur fondamental pour la nomination d’Ingrid Bétancourt en qualité de citoyenne d’honneur dans plus de 500 villes.
« Au travers du cas de l’ex-candidate et de l’angoisse que ressent sa famille, nous comprenons peu à peu en Europe que chacun des séquestré de Colombie et chaque membre de leur famille vit un horrible calvaire » a indiqué Laurent.
Selon les explications de ceux qui sont à l’origine de cette initiative, des ambassadeurs, des maires et de simples citoyens sont invités à écrire aux kidnappés de Colombie grâce à différents moyens. « Chaque mois entre 30 et 40.000 personnes visitent les sites Betancourt.info et aeropostal.org. De là, nous les invitons à se manifester » a précisé Burguet
« De plus a l’occasion de chaque fête nationale colombienne comme celle du 20 juillet, nous avons notre stand, des personnes s’approchent, regardent la liste que nous avons obtenue grâce à « Las voces del secuestro » (initiative du journaliste Herbyn Hoyos), y choisissent un destinataire colombien kidnappé et lui envoient un message » a-t-il ajouté en montrant un tas de lettres.

23/10/03 : Pour tous les séquestrés il y a des messages.
Le maire Jacques Laurent a expliqué que pour 10 lettres : 2 sont adressées à Íngrid Betancourt, 1 à Clara Rojas, 5 à des personnes spécifiques et les autres arrivent au nom de tous les kidnappés. En plus de livrer les lettres nominatives aux familles de kidnappés et de chercher la manière de les faire parvenir aux victimes respectives, Armand Burguet et Jacques Laurent sont en Colombie avec l'intention de créer, dans le pays, un réseau "Aéropostal 3000". Ce réseau aura trois tâches : recevoir périodiquement les montagnes de lettres qui continueront à arriver et explorer des voies possibles pour qu'elles arrivent à leurs destinataires ; envoyer en Europe les données et les photos de chaque nouveau kidnappé ou libéré et, finalement, multiplier les réseaux de solidarité auprès des différents acteurs sociaux du pays.

23/10/03 : Vague de violence en Colombie avant les élections :
Trois attentats et le massacre d'une famille ont eu lieu à quelques jours d'un référendum et d'élections régionales. Bilan : 9 morts et 17 blessés.
Cette série d'attentats est survenue trois jours avant l'intense fin de semaine électorale prévue dans le pays andin.
Samedi, un référendum proposé par le pouvoir, avec 15 questions à la clef, vise à mettre fin officiellement à "la corruption et à la politicaillerie", selon les termes employés par le président Alvaro Uribe.
Dimanche, les 25 millions de Colombiens en âge de voter désigneront leurs nouveaux maires, conseils municipaux, gouverneurs et députés des assemblées départementales, pour un mandat de trois ans.

22/10/03 : 3000 lettres sont arrivées d'Europe pour les séquestrés.
Jacques Laurent, Maire d'Eygalayes (France), et Armand Burguet, représentant de la Fédération Belge des Communes, promoteurs de la campagne mondiale "Aéropostale 3.000" les ont apportées directement d'Europe.
Avec la collecte de lettres, qui a commencé le 20 juillet passé sur la place d'Eygalayes (nommée "Place Íngrid Betancourt), on cherche à informer sur la situation des kidnappés en Colombie et à faire appel à la solidarité des Européens avec les séquestrés et leurs proches. "Toutes les lettres et cartes du monde arrivent à cet endroit, un petit village de France. Un stand ainsi que des modèles de lettres accueillent les personnes qui sont invitées à les compléter et à les adresser à un destinataire colombien. Un texte les informe également sur le kidnapping en Colombie, que beaucoup ne connaissent pas ", disent les promoteurs de cette campagne. Ils expliquent en outre que le nom d'Íngrid a été repris comme un symbole qui représente tous les kidnappés colombiens.
Ceci est le premier envoi de lettres depuis la France, mais la
visite des délégués européens servira à créer un mécanisme pour remettre les lettres depuis l'Europe tous les deux ou trois mois. "En principe, nous les donnons aux familles des kidnappés, mais quand il n'y a ni famille ni adresse, le message passe par "Las Voces del Secuestro" (les Voix du Kidnapping) (le programme radio qui transmet des messages destinés aux séquestrés)", explique Armand Burguet.
À Bogota, un comité central de la campagne "Aéropostal 3.000" s'est déjà mis en place et se chargera d'assurer les contacts avec les organisations de parents de kidnappés.
Avec la Fondation "Pays Libre" et avec les directeurs de "Voces del Secuestro",nous pensons augmenter le réseau des organisations et en outre inclure dans la liste d'autres noms.
La solidarité avec les séquestrés colombiens est née, selon
Jacques Laurent, au moment où l'on a appris le kidnapping
d'Íngrid Betancourt, en février 2002. La France, la Belgique et le Canada furent les premiers pays qui ont voulu se lier avec la Colombie pour travailler le sujet du kidnapping. A partir de là s'est créé un réseau de comités qui compte déjà 286 succursales dans 35 pays.
Le réseau a aussi obtenu que 892 villes, dont Paris, nomment Íngrid "Citoyenne d'Honneur", figure reprise comme symbole de tous les kidnappés du pays.
"En ce moment même, il y a cinq demandes supplémentaires. Le réseau continue à croître tous les jours ", dit A.Burguet.
Lundi, Armand Burguet et Jacques Laurent ont livré les lettres aux parents des militaires et des policiers kidnappés, à Bogota.
Aujourd'hui, à Medellín, ils embrasseront "les mères de la
Chandeleur", qui se réunissent périodiquement pour prier leurs fils kidnappés.

21/10/03 : Otages étrangers en Colombie: l'ELN continue à faire monter les enchères
BOGOTA - La guérilla colombienne de l'ELN a de nouveau fait monter les enchères lundi dans la lutte qui l'oppose au pouvoir, en exigeant, pour libérer l'un des otages étrangers qu'elle détient, un Espagnol, la présence en Colombie de Basques, dont un membre du parti Batasuna interdit.
Depuis l'enlèvement de sept touristes étrangers par l'Armée de libération nationale (ELN) le 12 septembre dans la Sierra Nevada, cette guérilla n'a cessé de poser ses conditions, à chaque fois rejetées par le pouvoir.

20/10/03 : COLOMBIE Edgar Gustavo Navarro, un chef important de la guérilla (farc), responsable du kidnapping d' Ingrid Betancourt et de 3 Nord-Américains, a été tué ainsi que 10 autres rebelles lors d'un combat qui les opposait à l'armée dans une zone forestière du sud du pays, affirmaient lundi les autorités.

20/10/03 : Nouvel enlèvement de candidats aux élections colombiennes
BOGOTA (AP) -- Deux candidats aux élections en Colombie ont été enlevés samedi soir, par des membres présumés de l'Armée de libération nationale (ELN, deuxième mouvement de guérilla du pays), a annoncé la police.
Alors que les enlèvements ou assassinats se multiplient à l'approche des élections du week-end prochain, le président de droite Alvaro Uribe a exhorté dimanche les responsables électoraux à ne pas accepter d'abandon de la part de candidats craignant pour leur sécurité après avoir reçu des menaces de mort, affirmant que les forces de l'ordre peuvent les protéger.
Holgier Grajales et Eva Benavides, candidats à la mairie de Linares, 500 km au sud-ouest de Bogota, ont été enlevés alors qu'ils étaient à l'église.
L'ELN avait pourtant annoncé qu'elle ne se mêlerait pas du scrutin. Les FARC (Force révolutionnaires armées de Colombie, premier mouvement de guérilla), ont elles en revanche menacé tout les candidats n'ayant pas passé un accord avec elles.
La campagne électorale a été marquée par la violence: au moins 30 candidats ont été assassinés, une dizaine kidnappés, selon le ministère de la Défense. Au moins un candidat sur cinq a reçu des menaces de mort et à ce jour 181 se sont retirés de la course.

19/10/03 : COLOMBIE Les 22 candidats au Conseil municipal d'Acarí (Nord de Santander) ont renoncé à se présenter aux élections sous les menaces des Farc's. Cette guérilla a kidnappé ce vendredi cinq des aspirants et les a libérés peu après avec un message dans lequel elle exigeait la résignation de tous.
"Les Farc's nous ont obligé à renoncer, tout comme les 17 autres candidats, ce pourquoi nous notifions la décision à la Registraduría (organe électoral)", a dit à la presse Luis Amaya, l'un des candidats retenus par les rebelles. Amaya a été kidnappé l'après-midi de vendredi par un commando du front 33 des Farc's avec quatre autres candidats au Conseil municipal d'Acarí. Les cinq ont été libérés quelques heures plus tard à la condition qu'ils renoncent.

18/10/03 : COLOMBIE Plusieurs Maires européens assureront le suivi des élections qui se tiendront les 25 et 26 octobre prochain.
Les cinq maires européens et les délégués de deux fédérations des communes ont visité cette semaine le pays.
Font partie de cette délégation : les maires de La Haye (Hollande), Wim Deetman ; Eygalayes (France), Jacques Laurent ; Putten (Hollande), Jan vont Putten ; l'épouse du maire de Stockholm (Suède), Margareta Olofsson, et les représentants des fédérations belge et néerlandaise des communes de l'Europe : Armand Burguet et Alexandra Sizoo.
"Les pays européens observeront la Colombie et Bogota parce que c'est une ville très importante. Nous portons un grand intérêt à comprendre la logique et les résultats des élections ", a expliqué Herbert Schmalstieg, maire de Hanovre, un des mandataires qui est arrivé au pays.
"La délégation est venue avec la voix de pays européens et des fédérations mondiales de communes, qui, tout comme l'Union Européenne, condamnent les menaces auxquelles fait face la démocratie en Colombie", ont expliqué les porte-parole de Pax Christi.
Cinq des délégués ont quitté hier le pays, tandis que deux d'entre eux resteront quelques jours encore en Colombie effectuant une campagne contre le kidnapping. Parmi les activités programmées, la livraison de 3.000 lettres écrites par des citoyens européens aux proches des kidnappés,
comme symbole de solidarité.

17/10/03 : BOGOTA Colombie. --- Les maires de cinq villes d'Allemagne, de France, de Hollande et de Suède qui visitent en ce moment plusieurs régions colombiennes ont livré ce jeudi 3.000 lettres envoyées par des citoyens européens à autant de kidnappés en Colombie.
Les 3.000 messages récoltés en Europe depuis le mois de juillet passé seront envoyés aux proches de 3.000 personnes kidnappées en Colombie et ont été transportés dans deux valises par la délégation, qui est arrivée à Bogota mardi passé et terminera sa visite dimanche prochain. Le groupe se compose des maires de Hanovre (Allemagne), Herbert Schmalstieg ; Eygalayes (France), Jacques Laurent ; Stockholm, Margareta Olofsson ; La Haye et Putten (Hollande), Wim Deetman et Jan vont Putten.
Font également partie de cette délégation le Belge Armand Burguet, de la Fédération des Communes de l'Europe
et Alexandra Sizoo, de l'Association de Communes hollandaises.

"Ce geste veut montrer aux familles des kidnappés de la Colombie la solidarité de leurs frères européens", a déclaré le Maire français Jacques Laurent.
Cette mission de fonctionnaires municipaux a visité les villes de Cali, Popayán et Medellín dans le cadre d' "une campagne internationale d'appui à la démocratie locale colombienne".

16/10/03 : L'Eglise met fin à sa médiation dans l'affaire des otages étrangers
BOGOTA (AFP) - L'Eglise catholique de Colombie a annoncé avoir mis fin mercredi à sa médiation pour la libération de sept otages étrangers de l'ELN, en raison de son "échec faute du moindre contact de la part de cette guérilla".
"L'Armée de libération nationale (ELN) ne s'est jamais manifestée, elle a réalisé un opération politique (dans son appel à une médiation de l'Eglise), nous ne pouvons attendre indéfiniment, c'est un échec", a déclaré l'évêque de Santa Marta, Mgr Ugo Puccini Banfi.
Quatre Israéliens --Beni Daniel, Ortaz Ohayon, Ido Joseph Guy et Erez Altawil--, le Britannique Mark Henderson, l'Allemande Reinhilt Weigel et l'Espagnol Asier Huegun Etxeberria sont séquestrés par l'ELN depuis le 12 septembre dans la Sierra Nevada, à 950 km au nord de Bogota.
Un huitième otage, le jeune Anglais Matthiew Scott, 19 ans, avait échappé à ses ravisseurs le jour de l'enlèvement et marché pendant douze jours dans la jungle avant d'être sauvé par des Indiens Kogui.
La médiation de l'Eglise catholique avait été acceptée par le pouvoir et les rebelles la semaine dernière pour négocier avec l'ELN, mais un commandant de cette guérilla, Ramiro Vargas, avait demandé lundi dernier une "participation de la communauté internationale" aux tractations.
Le gouvernement colombien avait refusé mardi cette nouvelle exigence de la guérilla. "Nous rejetons cette perspective (...). Que ces criminels ne mettent aucune condition à la libération de leurs victimes", avait déclaré le ministre de l'Intérieur, Fernando Londono.

15/10/03 : BOGOTA, 14 oct (AFP) - Une délégation de l'Eglise de Colombie a rencontré la guérilla des FARC
Une délégation de l'Eglise de Colombie désignée par le pouvoir a rencontré le commandement des FARC pour étudier un échange de prisonniers, a révélé mardi à l'AFP un porte-parole de cette guérilla dans un message authentifié.
Il s'agit des premiers entretiens de ce type depuis la rupture du dialogue de paix entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'ex-président colombien Andres Pastrana le 20 février 2002.
Dans leur message, les FARC annoncent avoir rencontré, à une date et un lieu non précisés, les trois délégués de l'Eglise, Mgr Luis Augusto Castro, Mgr Dario Munera et le prêtre Dario Echeverry, nommés pour de tels pourparlers par le président Alvaro Uribe.
"Nous avons insisté sur notre pleine disposition à aboutir à un échange de prisonniers (...), dans des zones démilitarisées, comme celle de la ville de Cartagena del Chaira où nous avions libéré 70 soldats" en juin 1997, indiquent les rebelles.
Cet appel à de petites régions neutralisées pour un échange éventuel de prisonniers constitue une concession de taille de la part des FARC, qui avaient exigé jusqu'ici la démilitarisation préalable des départements du Putumayo et du Caqueta, dans le sud de la Colombie, soit l'équivalent de l'Angleterre (115.000 km2).
Vingt-et-un otages politiques, dont Ingrid Betancourt, ancienne candidate des Verts aux présidentielles de Colombie, une cinquantaine d'officiers de l'armée et 800 civils sont otages des FARC, certains depuis six ans. Plus de 400 guérilleros purgent des peines de prison en Colombie.

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14/10/03 : Le chef des rebelles colombiens demande de tuer les candidats aux élections.
BOGOTA (AP) -- Dans une cassette audio rendue publique par la police lundi, une voix, identifiée comme celle du chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC, ordonne à ses combattants de tuer tous les candidats aux prochaines élections qui refuseront tout accord avec son mouvement ou qui refuseront de se retirer de la course.
«S'ils ne veulent pas négocier pour parvenir à un accord (...) consultez vos supérieurs et nous les tuerons», déclare la voix que la police présente comme étant celle de Jorge Briceno, le chef militaire des FARC, le plus important groupe rebelle de Colombie.
La police a fait connaître cette cassette alors qu'une vague d'attaques contre les candidats aux élections régionales et municipales du 26 octobre a jusqu'à présent causé la mort d'au moins 25 de ces candidats, obligeant plusieurs dizaines d'autres à se retirer, portant un coup à la volonté de développement démocratique du pays.
Le chef de la police colombienne, le général Teodoro Campo, a expliqué lundi que l'ordre de Briceno avait été intercepté par les services secrets le 24 septembre.
Les FARC sont déterminés à faire échouer les élections afin d'éviter la progression du pouvoir gouvernemental dans l'ensemble du pays. Le mouvement essaie depuis maintenant une quarantaine d'années d'imposer un gouvernement marxiste en Colombie.

14/10/03 : Depuis 1999, trois journalistes auraient été tués par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) conduites depuis 1964 par Manuel Marulanda. Pour ce dernier, les médias sont des "objectifs militaires" dans le conflit qui l'oppose à l'armée et aux paramilitaires. Une vision que partage la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) dirigée par Nicolas Rodríguez Bautista. L'ELN s'est illustrée en janvier 2003 par l'enlèvement de deux journalistes britannique et américain. Au total, près de 80 journalistes ont été enlevés ou retenus par ces deux guérillas depuis 1997.

13/10/03 : Eygalayes se mobilise pour Ingrid Betancourt.Du courrier pour la candidate écologiste otage des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.
En mars 2003, la petite commune drômoise d'Eygalayes, qui compte moins de 100 habitants, a décidé de rebaptiser sa place : place "Ingrid Betancourt". Le maire de cette commune, Jacques Laurent a également décidé de donner une adresse postale, sur cette place, à tous les séquestrés de Colombie. Eygalayes sert ainsi de point de ralliement à la campagne internationale Aéropostale 3000. Ainsi, Eygalayes reçoit des milliers de courriers de solidarité en provenance des quatre coins de l'Europe. Mais l'initiative ne s'arrête pas là. Ensuite, avec l'aide des "comités de soutien Ingrid Betancourt", la mairie d'Eygalayes fait le nécessaire pour faire parvenir ce courrier vers leurs destinataires, via l'Ambassade de Colombie et la Croix-Rouge Internationale. Départ de la prochaine "valise diplomatique" : le 14 octobre. Jacques Laurent s'envolera pour la Colombie avec une valise chargée de ces lettres destinées à la militante écologiste d'origine française. Ingrid Betancourt, candidate à la présidente colombienne, est retenue en otage depuis plus de 20 mois par la guérilla marxiste des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie).

12/10/03 : BOGOTA (AP) -- La guérilla colombienne est suspectée de deux nouveaux meurtres de candidats aux prochaines élections régionales et municipales qui se tiendront en Colombie, après un meeting dans une province non-contrôlée du sud-ouest du pays, selon les autorités.

11/10/03 : La guérilla évoque "l'abandon" d'Ingrid Betancourt par le pouvoir Ingrid Betancourt "n'a aucun problème de santé" mais "se sent abandonnée par le gouvernement" de Colombie près de 20 mois après son enlèvement par les FARC, a affirmé le numéro deux de cette guérilla, Raul Reyes, dans un message authentifié en date du 28 septembre.
"Madame Ingrid n'a aucun problème de santé, mais, comme tous les autres prisonniers, elle souhaite vite retrouver une activité normale, et se sent avec juste raison abandonnée par le gouvernement, c'est le moins qu'on puisse dire", affirme le message.

10/10/03 : Vingt-sept jours après l'enlèvement de sept étrangers dans la Sierra Nevada, la mission catholique de médiation dans leur possible libération va se réunir pour la première fois, dans le nord de la Colombie. Les trois membres de cette mission catholique de bons offices sont l'évêque de Santa Marta, Mgr Hugo Puccini Banfi, le père Dario Echeverry, secrétaire général de la Commission de conciliation nationale, et le directeur de la Pastorale sociale de l'Eglise colombienne, Mgr Hector Fabio Henao.

La médiation de l'Eglise a été rendue possible à la suite de récentes tractations entre le Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo, et les chefs de l'ELN, seconde guérilla en nombre du pays andin avec 4.500 hommes.

09/10/03 : Dans Libération aujourd'hui, un portrait "pleine page" de Mélanie et Fabrice Delloye, réalisé lors de leur participation au Festival de l'Albenc en septembre voir les photos dans le menu de gauche

09/10/03 : Une vidéo montrant les trois américains détenus par les Farc a été diffusée ce mercredi par CBS. L'interview a été réalisée en juillet par le journaliste Jorge Enrique Botero de El Colombiano. Les trois hommes, vêtus des mêmes uniformes militaires que leurs ravisseurs, ont déclaré qu'ils étaient ''''vivants et en bonne santé, et qu'ils espéraient être libéré par la voie diplomatique, avertissant qu'une tentative de délivrance serait mortelle.

09/10/03 : Cette semaine dans "Absolu féminin"

09/10/03 : Avec l'approche des élections la violence augmente encore en Colombie : un attentat à la voiture piégée a fait six morts et au moins douze blessés ce mercredi à Bogota, mettant un terme à une période d'accalmie relative de plus de six mois dans la capitale colombienne. L'explosion est survenue dans le quartier de San Andresito, un quartier commerçant, qui compte de nombreuses boutiques de vêtements, matériel hi-fi, ou spiritueux. L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat.

D'autre part on vient d'apprendre que des guérilleros appartenant à l'ELN et aux FARC avaient assassiné les maires de deux villes du sud-ouest de la Colombie. Au moins 30 maires et 60 conseillers municipaux ont été tués au cours des trois dernières années, selon la Fédération des municipalités colombiennes.

08/10/03 : Les Farc ont assassiné Orlando Hoyos, le maire de la localité de Bolivar, dans le département du Cauca. Le maire assassiné était un des chefs du mouvement de résistance civile qui a réussi à empêcher plusieurs attaques des Farc contre des Communautés indigènes de cette région andine.

07/10/03 : Les rumeurs les plus folles ne cessent de circuler en Colombie sur la situation des sept otages capturés par l'ELN le 12 septembre. L'armée s'emploie à les démentir. "Non, nous n'avons pas repéré les guérilleros et leurs otages", déclare un officier à propos d'informations sur l'encerclement des rebelles. Il se limite à les situer dans une "large zone, entre Don Diego et San Pedro de la Sierra". La superficie de la Sierra Nevada s'étend sur 12 230 km2.

"La commission pourrait initier ses approches avec la guérilla à partir de lundi", assure l'officier, avant de préciser que de tels contacts se réaliseront "sans le concours de l'armée, mais avec celui des autorités de Santa Marta", chef-lieu du département du Magdalena. 

Le prêtre Dario Echeverry, secrétaire général de la commission de conciliation nationale, et le directeur de la Pastorale sociale de l'Église, Mgr Hector Fabio Henao, font partie cette délégation appelée à rencontrer, dans des conditions restées secrètes, les rebelles du "Front de guerre-Nord" de l'ELN, auteurs de ces enlèvements.

"Ce sera difficile", commente Mgr Rojas, administrateur de la cathédrale de Santa Marta, dans un argot local pour détendre l'atmosphère. Mais il y a des chances : l'ELN, d'obédience catholique, a longtemps été commandée par le curé d'origine espagnole Manuel Perez avant sa mort en 1999.

Mgr Rojas s'attend à une négociation compliquée pour la libération des otages. "Les guérilleros sont hardis, mais futés, et savent mentir", assure-t-il.

"On le croit en déroute, et puis ils renaissent de leurs cendres", ajoute-t-il avant d'assurer que dans sa région, les rebelles sont "encore bien vifs".

06/10/03 : Jose Castillo a été abattu à la maison, devant son épouse et son père. Jésus Maria Silva a été arraché à sa voiture et exécuté. John Freddy Quiroz a reçu une balle mortelle à la tête. Chacun de ces trois hommes se présentait comme maire aux élections municipales du 26 octobre prochain. 

Le Président Alvaro Uribe déclare que la Colombie est plus sûre sous sa présidence qu'elle ne l'était durant les dernières élections municipales il y a trois ans, et il a promis de protéger les candidats. Mais les analystes se demandent si 2003 ne va pas s'avérer l'élection la plus sanglante de l'histoire de la Colombie.

Moins d'un mois avant les élections, 11 candidats ont été tués - à comparer avec les 16 assassinats des élections locales de 2000. Au moins huit candidats pour les conseils municipaux ont été également assassinés.

Les autorités attribuent la plupart des massacres aux FARCs, mais les escadrons de la mort des organisations d'extrême droite ont été également pointées du doigt pour certains massacres.

Certaines parties du pays restent incontrôlées - dans 21 municipalités il n'y a qu'un seul candidat; dans 10 autres il n'y en a aucun qui ose se présenter. 

Le ministère colombien de la défense a annoncé dimanche qu'il allait mettre à la disposition des candidats aux élections du 26 octobre des "guides d'autodéfense" afin de stopper cette vague de violence. 

Parmi les conseils donnés, une surveillance 24h sur 24h des domiciles et des quartiers généraux de campagne, la présence de gardes du corps armés lors des déplacements, et l'obligation de porter un gilet pare-balles en permanence. Il est également conseillé de commander des repas à emporter dans des restaurants, car la nourriture pourrait être empoisonnée...

05/10/03 : Le nombre d'enfants combattant dans la guerre civile en Colombie a doublé au cours des cinq dernières années. 

Les groupes irréguliers de gauche comme de droite ont nettement intensifié leur recrutement d'enfants au cours des cinq dernières années.

Un nouveau rapport de Human Rights Watch indique qu'un combattant sur quatre parmi ceux impliqués dans le conflit a en dessous de 18 ans.

Le pays est maintenant un des pays au monde où le nombre d'enfants-soldats est le plus important. Certains ont été recrutés à l'âge de huit ans.

un OV-10, semblable à l'appareil que l'ELN prétend avoir abattu04/10/03 : La guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN, gauche) a affirmé jeudi avoir abattu un avion américain antidrogue. L'appareil s'était écrasé le 21 septembre en Colombie, tuant son pilote costaricien.

Le mouvement rebelle de gauche a revendiqué cet acte dans un communiqué publié sur son site internet. Le département d'Etat américain avait reconnu que cet appareil, un OV-10, avait été abattu dans la région du Catatumbo (nord-est) pendant la fumigation de champs de coca, mais sans préciser qui avait tiré sur l'avion.

04/10/03 : L'un des plus gros trafiquants de cocaïne colombienne, l'Américain d'origine cubaine Alex De Cubas, propriétaire de sous-marins utilisés en Colombie pour les transferts de drogue, a été arrêté à Medellin et va être extradé prochainement aux Etats-Unis.

En cavale depuis 1990, cet ex-champion de lutte était recherché par la DEA (Administration antidrogue américaine) et la police colombienne, mais n'a été repéré puis arrêté qu'en septembre dernier à Medellin, à 400 km au nord-ouest de Bogota, en face de l'immeuble où Pablo Escobar avait été abattu le 2 décembre 1993 par la police. "Une étrange coïncidence", a indiqué cette même source.

03/10/03 : La tentative manquée de libération du gouverneur de Antioquia, de l'ex ministre de la défense et de plusieurs officiers et sous-officiers des forces armées a gelé, durant plusieurs mois, la discussion sur l'échange humanitaire des militaires policiers et civils aux mains des FARC contre des guérilleros prisonniers dans différentes prisons du pays.

Ces derniers jours, les FARC ont réussi une nouvelle fois à placer le débat sur l'échange de prisonnier ou accord humanitaire dans l'agenda public national et international.

Les FARC ont poussé à la diffusion de la vidéo dont le « Mono Jojoy » (un dirigeant militaire de la guérilla) avait permis la réalisation par un journaliste reconnu. Cette vidéo, retransmise à une heure de grande écoute par une des plus importante chaîne de télévision privée, montrait les conditions précaires dans lesquelles vivent les otages et les séquestrés et exposait les conséquences néfastes qu'aurait une tentative de libération militaire.

Les hommes politiques séquestrés ont insisté sur le fait que le gouvernement devait négocier et abandonner son attitude arrogante et orgueilleuse à propos de l'accord humanitaire. Pour leur part, les officiers séquestrés se plaignent du gouvernement car, en dépit du fait qu'ils aient été capturés par les FARC lors d'actions de défense, ils se sentent abandonnés. Certains d'entre eux sont depuis plus de cinq ans en captivité.

La stratégie médiatique des FARC a culminé avec la vidéo d'Ingrid Betancourt, présentée par Noticias Uno. Cette vidéo, dans laquelle les FARC ont permis à Ingrid une totale liberté d'expression, a eu un grand impact au sein de la communauté internationale.

La réponse du président est significative : il montre publiquement sa tristesse d'avoir été mis sur « un pied d'égalité » avec le chef des FARC et ajoute qu'il ignorera la lettre, montrant ainsi sa négation d'une quelconque possibilité de dialogue avec Marulanda qu'il qualifie de « chef des bandits et des terroristes ».

02/10/03 : Les contacts se sont intensifiés avec l'ELN pour tenter d'obtenir la libération des sept otages étrangers enlevés le 12 septembre.  

Le Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo, s'est réuni mercredi avec deux chefs de cette organisation : Francisco Galan et Felipe Torres, détenus dans la prison de haute sécurité d'Itagui, près de Medellin, à 400 km au nord-ouest de Bogota.

Seconde guérilla du pays andin avec quelque 4.000 hommes, l'ELN, d'obédience catholique et longtemps commandée par le curé espagnol Manuel Perez avant sa mort en 1999, est spécialiste des enlèvements collectifs.

Le représentant de l'Onu pour les droits de l'Homme en Colombie, Michael Frühling, a "pressé" l'ELN de libérer ses sept otages étrangers dans une déclaration publiée mercredi par le quotidien El Tiempo de Bogota.

La pratique de l'enlèvement est "inacceptable", a souligne le délégué de l'Onu dans ce texte.

La France et les quatre autres "pays amis" d'un processus de paix en Colombie avec l'ELN - Cuba, Espagne, Norvège et Suisse - étaient intervenus de leur côté mardi pour essayer de trouver une solution à l'affaire des otages étrangers, lors de contacts avec la commission civile de conciliation.

Cette commission colombienne est composée de l'ancien procureur général Jaime Bernal, des syndicalistes de gauche Hernando Hernandez et Wilson Borja, de la déléguée du parti libéral, Piedad Cordoba, du patron des patrons, Sabas Pretelt, et du prêtre Dario Echeverry, secrétaire général de la commission.

Alvaro Uribe et Colin Powell02/10/03 : Devant l'Assemblée générale des Nations unies,  Alvaro Uribe a défendu sa politique de "sécurité démocratique" et son projet de loi de substitution de peine qui prévoit une amnistie pour les groupes armés de tout bord qui accepteraient de se démobiliser.

La loi semble taillée sur mesure pour les paramilitaires d'extrême droite, les seuls engagés dans des négociations avec le gouvernement. Nombre de ces miliciens sont accusés de crimes atroces ou impliqués dans le trafic de stupéfiants.

"Les grands chefs, des assassins ayant massacré des dizaines de civils, pourraient éviter la prison contre un simple chèque", soulignait le New York Times dans un éditorial du 20 septembre. Le journal s'indignait des propos de M. Uribe à l'égard des organisations de défense des droits de l'homme. Dans deux discours récents, le chef de l'État qualifiait certaines ONG de "trafiquants des droits de l'homme au service du terrorisme".

M. Uribe continue de jouir de la confiance absolue du gouvernement Bush. Dans le cadre du "Plan Colombie", son pays a reçu près de 3 milliards de dollars d'aide de Washington depuis l'an 2000.

Colin Powell, a réitéré mardi son soutien inconditionnel : "Je suis impressionné par l'engagement décidé du gouvernement colombien en faveur des droits de l'homme ainsi que par les progrès réalisés dans la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic", a-t-il indiqué.

01/10/03 : l'Église Catholique colombienne a exprimé sa volonté de négocier pour la libération de sept étrangers kidnappés par l' ELN et a demandé une rencontre rapide avec des membres de cette organisation pour entamer un dialogue direct. Le cardinal Pedro Rubiano, président de la Conférence Épiscopale colombienne, désignera dans les prochaines heures les porte-parole de l'Église pour ces négociations


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