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31/05/04Un dissident des milices d'extrême droite en Colombie, Rodrigo Franco, alias "Double Zéro", a été assassiné à Santa Marta (nord), a-t-on appris dimanche de source policière.

Le corps de cet ancien lieutenant de l'armée de terre, âgé de 39 ans, devenu un chef des milices paramilitaires, a été retrouvé criblé de balles sur une route du bord de mer à Santa Marta, à 1.100 km au nord de Bogota, a déclaré le général Alberto Ruiz, directeur des opérations de la police nationale.

Les auteurs du crime, non revendiqué, n'ont pas été identifiés, selon la même source.

"Double Zéro" avait démobilisé l'an dernier ses troupes du "Bloc Métro" dans la région de Medellin (nord-ouest), après avoir dénoncé le rôle croissant du trafic de drogue dans le financement des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, milices d'extrême droite).

Le 30 avril, Rodrigo Franco avait affirmé à l'AFP dans une réponse par courriel à un questionnaire que le chef des paramilitaires en Colombie, Carlos Castano, avait été assassiné par des compagnons d'armes à la solde de son propre frère Vicente Castano.
Fondateur des AUC, Carlos Castano a disparu le 16 avril dans de mystérieuses circonstances, sans qu'il puisse être établi s'il a été tué, enlevé ou même s'il était en cours de négociation avec les Américains pour son éventuelle extradition.

Un accord signé le 13 mai entre le pouvoir et l'état-major des AUC prévoit la prochaine démobilisation des milices de dix chefs paramilitaires et leur concentration dans une zone de 368 km2 dans le nord de la Colombie, avant la reddition d'ici fin 2005 de leurs forces qui comptent près de 20.000 hommes. .

29/05/04La guérilla des FARC a dit non à nouveau à l'offre de la France d'accueillir les rebelles détenus en Colombie en cas d'échange avec ses otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt.

"Nous recevrons, ici en Colombie évidemment, nos guérilleros (actuellement en prison), au même endroit où nous remettrons les prisonniers du gouvernement colombien (dans l'hypothèse d'un accord humanitaire)", a affirmé Raul Reyes, numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans une réponse écrite, authentifiée samedi, à un questionnaire de l'AFP. Porte-parole des FARC, principale guérilla avec 17.000 hommes, Raul Reyes "remercie le gouvernement français pour sa compréhension et son offre", dans ses réponses aux questions de l'AFP, après avoir décliné cette dernière.

"Madame Ingrid Betancourt et les autres prisonniers de guerre sont en bonne santé, même si mentalement ils ne le sont pas en raison de l'intransigeance et de l'évidente absence d'intérêt manifestées par le gouvernement pour un échange qui mette fin à leur détention prolongée".

Aucune preuve que les otages sont toujours en vie - comme une vidéo -, demandée par l'AFP dans son questionnaire, n'a été fournie par Raul Reyes.

Le président français Jacques Chirac s'était enquis vendredi du sort de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt auprès de son homologue colombien Alvaro Uribe et lui avait demandé de poursuivre ses efforts pour la libération des otages, selon la porte-parole de la présidence, Catherine Colonna.

"Il est évident que la France fera le maximum pour faciliter une action (...) qui se traduirait par une libération des otages en général", a déclaré M. Chirac lors d'une conférence de presse à l'issue du 3ème sommet Union européenne-Amérique latine à Guadalajara (Mexique).

Les perspectives d'un échange entre otages et prisonniers en Colombie sont ainsi toujours bloquées, sans aucune concession de chacune des deux parties.

Les FARC limitent toute concession à la libération des politiques, des militaires et des Américains, à l'exclusion des civils, contre celle des guérilleros emprisonnés.

Alvaro Uribe exige la libération de tous les otages des FARC sans exception, contre celle des guérilleros détenus, à condition que ces derniers ne "reprennent pas les armes" ou soient expatriés dans un pays "comme la France".

27/05/04Cela fait quarante ans ce jeudi que la guérilla marxiste des Farc harcèle le pouvoir. Des attentats ont précédé cette journée symbolique dans la province d'Antioqua. Le conflit semble sans issue. Le pouvoir reste intransigeant face à ce «défi terroriste»... comme l'appelle le gouvernement

«Seuls trois conflits dans le monde sont plus anciens que celui sévissant en Colombie», analyse le sociologue Eduardo Pizarro Léon Gomez, un des spécialistes de la question : «Celui opposant l'Inde et le Pakistan date de 1946, le conflit israélo-palestinien de 1948 et la guerre civile en Birmanie de cette période également.» 

Voir dans "La Libre une brève rétrospective de l'histoire de ce mouvement : 

Le président colombien Alvaro Uribe a assuré mardi à Bogota que la France lui avait proposé d'accueillir des rebelles des FARC susceptibles d'être libérés par Bogota contre la libération d'otages dans le cadre d'un «accord d'échange humanitaire». 

Pourtant, en dépit des prises de position favorables du président colombien Alvaro Uribe et de la guérilla des FARC, un éventuel échange entre otages de la guérilla colombienne et rebelles détenus par Bogota paraît encore loin de se concrétiser. 

En vue de parvenir à un échange humanitaire, le président Alvaro Uribe et les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) FARC ont coup sur coup paru renoncer à leur escalade verbale, le premier contre les « terroristes » de la guérilla, les seconds face au président « fasciste », pour tenter de s'entendre.

Mardi à Cartagena, sur la côte caraïbe, le chef de l'Etat a invoqué pour la libération de rebelles « deux conditions : qu'elle ne viole pas la loi et que les libérés ne reprennent pas leurs activités criminelles ».

« Une garantie pour que ces deux conditions soient remplies serait qu'ils soient accueillis par un pays tiers, par exemple la France », a-t-il dit. Le président Uribe a assuré qu'il allait rencontrer son homologue français Chirac pour évoquer cette question, en marge du sommet UE-Amérique latine, les 28 et 29 mai à Guadalajara (Mexique). Cet entretien « va être très constructif. Jacques Chirac m'a dit qu'en cas d'échange humanitaire, la France était prête à accueillir les guérilleros. Cela aiderait beaucoup », a-t-il affirmé.

La présidence française avait annoncé le 26 février, pour la première fois, sa disponibilité « pour accueillir éventuellement quelques personnes qui pourraient être libérées », sans étendre cette mesure à tous les prisonniers.

Principale guérilla avec 17 000 hommes, les FARC ont assuré, dans un texte publié sur leur site internet, se trouver « dans les meilleures dispositions » pour un accord sur un échange de prisonniers.

Mais ces gages mutuels entre le pouvoir et les FARC ne sont pour l'instant que verbaux, et tout porte à croire qu'ils le resteront tant le fossé s'est creusé entre les rebelles et ce président aussi dur que populaire.

Alvaro Uribe, à la veille du sommet de Guadalajara, veut montrer la face éclairée de son slogan « Main de fer, grand coeur », pour séduire des Européens qui restent parfois sensibles aux sirènes d'une guérilla pourtant cataloguée comme « terroriste » par l'UE depuis 2002.

Quarante ans après leur fondation le 27 mai 1964, les FARC, toujours actives sur le terrain dans des vagues d'attentats et enlèvements, souhaitent conserver le peu d'attrait dont elles disposent encore par des semblants d'ouverture, mais sans remettre en cause leurs exigences.

Blocage

Le pouvoir exige la libération de tous les otages, et les FARC refusent celle des civils. Face à un tel blocage, la moindre médiation a été jusqu'ici vouée à l'échec, comme celle de l'Américain James Lemoyne. Cet envoyé spécial de l'ONU pour la Colombie n'a pas encore pu rencontrer l'Etat-major des FARC, faute d'un accord avec le pouvoir colombien, alors que les Nations unies ont été agréées par Bogota pour fournir leurs « bons offices » depuis l'investiture du président en 2002.

26/05/04 : Bien que quelques indicateurs-clef de la violence aient diminué en 2003 dans quelques parties de Colombie, la situation des droits humains s'est aggravée dans les "secteurs spéciaux de sécurité", et le travail des défenseurs des droits humains "devient chaque jour plus difficile", selon un Rapport Annuel publié cette semaine par Amnesty International (AI).

L'organisation de défense des droits humains, qui a présenté ce mardi son Rapport 2003, dit que "les forces armées, les para-militaires qui sont soutenus par l'armée et les groupes armés d'opposition" ont continué à commettre des abus graves et généralisés contre les droits humains et des infractions au droit international humanitaire ".

AI considère que les kidnappings et le nombre de déplacés "ont notamment diminué" en 2003, bien que plus de 3.000 civils aient perdu la vie dans des homicides pour motifs politiques et au moins six cent soient porté disparus.

Selon AI, environ 2.200 personnes ont été kidnappées, plus de la moitié d'entre elles par des groupes armés d'opposition et par les auto-défenses (paramilitaires) soutenus par l'armée.

Le rapport constate que la population civile colombienne a continué à être touchée par le conflit armé, et dénonce le fait que "le Gouvernement et les forces de sécurité ont intensifié leur campagne pour amoindrir la légitimité des défenseurs des droits humains, les activistes en faveur de la paix et les syndicalistes"

"Ceci a coïncidé - dit AI - avec des agressions et des menaces paramilitaires contre ces groupes".  AI rappelle que le 15 juillet 2003 le Gouvernement du président, Alvaro Uribe Vélez, a signé un accord pour la démobilisation définitive de l'organisation des Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC - paramilitaires), qui en novembre 2002 avait annoncé un cessez-le-feu.

Cependant, selon AI, les homicides perpétrés par les paramilitaires continuent de plus belle et on craint que ceux-ci ne soient intégrés (blanchis) dans de nouvelles structures légales d'auto-défense  ".

AI rappelle des cas comme celui de l'enfant Kelly Quintero, âgé de huit ans, qui est mort le 24 février 2003 dans un bombardement de la force aérienne, et la demande du Ministère public pour que continuent les investigations contre le général d'armée Alvaro Hernán Velandia, impliqué dans la disparition, la torture et l'homicide de l'ex militant du groupe partisan dissous M-19 Nydia Erika Bautista, en 1987.

Le Rapport dit que les auto-défenses ont continué à être responsables de massacres, d'homicides sélectifs, de disparitions, de torture, de kidnappings et de menaces, et que durant 2003 on leur a attribué la responsabilité du décès d'au moins 1.300 personnes, plus de 70 pour cent de tous les homicides et des disparitions étant pour des motifs politiques sans rapport avec les combats.

AI affirme qu'on a reçu "des rapports fiables sur l'existence d'une connivence claire entre les auto-défenses et les forces de sécurité" et il cite des cas comme celui de février dernier dans la commune de Tame, en Arauca, quand une cinquantaine d'hommes armés ont tué une personne et en ont kidnappé huit autres dont cinq ne sont jamais réapparues.

En ce qui concerne la guérilla ou les groupes armés d'opposition, AI dit qu'ils ont été responsables d'infractions graves et réitérées contre le droit international humanitaire, y compris des kidnappings et des homicides de civils ainsi que de prises d'otage.

Le Farc, dit AI, ont assassiné des fonctionnaires publics en application de la menace "démissionne ou meurs" lancée en 2002 contre des maires, des conseillers municipaux municipaux et des juges.  Ce groupe partisan a assassiné le 16 janvier 17 paysans dans le département d'Antioquia, tandis que l'Eln a assassiné cinq personnes le 3 janvier dans le département d'Arauca.

Selon les sources d'AI, plus de 175 mille colombiens ont été déplacés par la violence dans les neuf premiers mois de de 2003. 

D'autre part, le rapport explique que le Gouvernement des Etats-Unis a envoyé à la Colombie cinq millions de dollars d'aide militaire après que le Gouvernement de Colombie ait accepté de souscrire un accord d'impunité dans lequel il s'engageait à ne pas livrer à la Cour Pénale Internationale des citoyens américains accusés de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre.

Autre document qui va malheureusement dans le même sens : En 2003, 250 mille Colombiens ont été déplacés par la violence :  c'est ce que révèle le Rapport Annuel du Comité des Etats-Unis pour les Réfugiés (USCR).  20 mille ont cherché refuge ou asile politique à l'extérieur.

Ainsi, le déplacement interne et l'exil ont placé récemment la Colombie parmi les 10 pays les plus problématiques de toute la planète.

En ajoutant les chiffres de 2003, le total de déplacés et de réfugiés colombiens a atteint 2.96 millions de personnes. Dans le cas de la population déplacés (2.73 millions), la Colombie est seulement dépassée par deux pays : le Soudan et le Congo. 

Quant aux 234 mille colombiens qui cherchent refuge à l'extérieur du pays, leur nombre dépasse de loin ceux de pays comme l'Iraq, le Burundi, l'Erythrée, l'Angola, le Liberia ou l'Afghanistan.

l'USCR, mentionne aussi que les chiffres de 2003 représentent une diminution par rapport à 2002 (la pire pire année dans l'histoire de la Colombie avec 400 mille personnes).

Cette réduction coïncide avec la première année complète du gouvernement du président Álvaro Uribe Vélez, et c'est un argument utilisé par les autorités pour proclamer que la situation s'améliore.  En dépit de cela, l'USCR critique la politique de sécurité d'Uribe, que l'organisation associe avec un accroissement de la violence dans le pays. L'USCR rappelle qu'une situation n'est pas en voie d'amélioration quand des millions de nouvelles personnes sont forcée à abandonner leurs maisons.

ILe rapport conteste en plus les chiffres avancés par le Gouvernement sur le déplacement en Colombie, estimé 1.23 millions. D'après l'USCR, beaucoup de personnes n'ont pas été enregistrées par le Gouvernement, parce qu'ils n'ont pas confiance, et on n'a pas non plus comptabilisé les plus de 30.000 personnes qui ont été déplacées par la fumigation de cultures illicites. De toutes ces personnes déplacées comptabilisé par le Gouvernement, l' USCR mentionne que seuls 43 pour cent ont reçu un certain type d'assistance. Et, tout comme d'autres ONG, l'USCR critique le Gouvernement qui n'offre pas de garanties aux personnes à reclasser.

Le rapport est aussi très critique de la position des Etats-Unis, pays qui aurait une grande capacité d'offrir abri et refuge aux milliers de personnes qui en ont besoin dans le monde. En 2003, on n'a admis dans ce pays que 28.400 personnes alors que la loi permettait d'en accueillir 70.000. "Les chiffres d'admissions de 2002 et de 2003 sont les plus faibles dans toute l'histoire d'E.U.", affirme  le rapport. Cette tendance est clairement associée avec l'atmosphère post 11 septembre 2001, qui a incité le pays et le gouvernement à fermer ses portes ou à pratiquer une certaine discrimination pour un certain type d'immigrants ou demandeurs d'asile politique.

26/05/04 : Les FARC (Forces armées révolutionnaire de Colombie) ont 40 ans cette semaine mais rien ne laisse présager une fin prochaine de la sanglante guerre qui oppose depuis 1964 ce mouvement marxiste aux autorités colombiennes.

Dans un communiqué diffusé sur un site Web, la première guérilla du pays annonce qu'elle poursuivra son combat avec "une volonté de fer" et se disent convaincues "que (leur) cause triomphera" du président colombien Alavaro Uribe et de son homologue américain George W. Bush, qualifiés de de "mégalomanes" et de "fascistes".

Au cours des cinq derniers jours, une série d'attaques menées par les FARC pour marquer l'anniversaire jeudi de leur création ont fait au moins 13 morts et plus de 100 blessés. L'armée colombienne, qui reçoit une assistance militaire des Etats-Unis, pourchasse les rebelles, que M. Uribe veut mettre à genoux pour les contraindre à négocier la paix.

Les forces de sécurité colombiennes, appuyées par les services de renseignement américains, ont capturé plusieurs chefs régionaux des FARC ainsi qu'un commandant du mouvement, Simon Trinidad, arrêté en Equateur voilà cinq mois.

Mais le dirigeant et cofondateur de la plus ancienne guérilla d'Amérique latine, Manuel Marulanda, 74 ans, reste insaisissable. 

Il y a quarante ans, Marulanda, de son vrai nom Pedro Antonio Marin, était un guérillero communiste démobilisé vivant à Gaitania, un village niché dans les montagnes de l'ouest du pays, à 250 kilomètres au sud-ouest de Bogota.

Les autorités ont envoyé des soldats pour l'éliminer lui et d'autres communistes, craignant qu'ils ne déclenchent un soulèvement généralisé comme l'avait fait Fidel Castro à Cuba depuis les montagnes de la Sierra Maestra en 1959.

Marulanda et 40 hommes ont fui, s'enfonçant plus profondément dans les montagnes et ont créé les FARC le 27 mai 1964. 

Les FARC, qui compteraient dans leurs rangs quelque 15.000 hommes, se sont lancées dans les années 90 dans le trafic de drogue. Le groupe armé a également recours aux enlèvements et au racket. Ses guérilleros ont notamment kidnappé Ingrid Betancourt en février 2002. Certains observateurs affirment toutefois que le mouvement continue à vouloir se battre pour les pauvres.

Selon les observateurs, les FARC n'ont pas les moyens de vaincre l'armée colombienne et vice versa. La guerre civile en Colombie, qui fait en moyenne 3.500 morts par an, implique un autre groupe rebelle de moindre importance, l'Armée de libération nationale (ELN, extrême gauche), et les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite)

25/05/04 : Dans "La libre", une interview du vice-président Francisco Santos. Il "se sait être une cible pour les terroristes mais il défendra la ligne ferme du pouvoir pour mettre fin à une guerre civile de 40 ans".

Ancien journaliste vedette du principal quotidien national «El Tiempo», exilé en Espagne ou il a travaillé pour «El Pais», il est aujourd'hui l'artisan de la politique de «sécurité démocratique» chère à Alvaro Uribe, et il est en charge également de la délicate question des enlèvements, des droits de l'homme et de la lutte contre la corruption. 

Furieusement convaincu de la nécessité de mener une lutte sans merci contre la guérilla, il croit que la sortie de crise prendra du temps. «Beaucoup de sang coulera encore, c'est sûr. Mais je préfère me dire que nous sommes dans la bonne direction.»

Son principal ennemi, désireux de renverser le régime colombien, ce sont les Farc qui contrôlent de larges parts du territoire et mènent un harcèlement incessant fait d'attentats à la bombe et de prises d'otages. «Ils croient toujours en leur possibilité de prendre le pouvoir. Notre politique consiste à leur faire comprendre que ce n'est pas possible...» Une grande pression militaire est exercée en ce moment dans le sud du pays, ou se situent la majorité des guérilleros. «Il y a une dizaine de combats par jour en ce moment. Nous avançons de façon stratégique. La fin de cette confrontation sera extrêmement dure. C'est ce qui s'était passé au Salvador quand le FLMN avait jeté ses dernières forces dans la bataille. Mais après, un processus de paix s'est engagé...» On en est loin.

Santos évoque aussi brièvement une polémique assez vive avec la famille d'Ingrid Betancourt, cette ancienne candidate à l'élection présidentielle détenue par les Farc depuis février 2003. «Nous voulons libérer tous les otages et ne pas nous limiter à un cas.» Traduction: nous voulons gagner la guerre.

24/05/04 : Les attentats se multiplient en Colombie avant le 40e anniversaire des FARC, avec un bilan de dix morts et cent-dix blessés en 48 heures, et les forces de l'ordre ont été mises en état d'alerte maximale.

Jamais la Colombie n'avait connu une telle vague de violence depuis un an, après la reprise en main de l'armée et de la police par le président Alvaro Uribe et sa décision d' "éradiquer" les rebelles par la force. 

Tous les derniers attentats sanglants ont eu pour cadre le département d'Antioquia (nord-ouest), dont Medellin est le chef-lieu, et aucun d'entre eux n'a été revendiqué.

Samedi soir, une mallette piégée déposée par des consommateurs dans la discothèque "La barra cervecera" (Le bar à bière) d'Apartado, près de la côte caraïbe, a été actionnée par télécommande après leur départ. L'explosion a fait cinq morts et quatre-vingt-dix blessés. Apartado est un fief des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, paramilitaires), au coeur des cultures bananières.

La veille, une bombe placée dans un camion avait tué une personne à San Carlos, près de Medellin. Trois autres personnes avaient été blessées.

Au coeur de Medellin, une autre bombe lancée par des inconnus avait fait quatre morts et dix-sept blessés jeudi soir devant l'université de cette ville où est né le chef de l'Etat il y a 52 ans, et dont il a été maire puis gouverneur avant d'être élu à la présidence le 26 mai 2002 au premier tour, avec 53% des suffrages.

Les forces armées et la police ont été placées en état d'alerte maximale par leurs Etat-majors, avait appris l'AFP vendredi, pour prévenir une éventuelle série d'attentats projetés par les FARC, principale guérilla en nombre. 

Les autorités n'excluent pas l'existence d'un plan rebelle pour mettre à feu et à sang ce pays de 44 millions d'habitants avant le 40e anniversaire jeudi des FARC.

Depuis le combat frontal mené par Alvaro Uribe contre les guérilleros, les FARC se sont repliées dans la jungle ou dans les trois cordillères andines, mais n'ont pas perdu leur pouvoir de nuisance, grâce notamment à leurs milices urbaines qui bénéficient d'appuis dans toutes les couches de la société.

La guerre civile en Colombie a fait plus de 200.000 morts depuis 1964, avec près de 3.000 enlèvements de civils par an, et 2,7 millions de déplacés par la violence.

23/05/04 : Le DAS (Département spécial de Sécurité) vient de libérer, avec l'appui de l'Armée et du Ministère public,  17  jeunes paysans qui avaient été kidnappés il y a 45 jours par les paramilitaires.

Ces jeunes, qui avaient entre 13 et 20 ans, appartenaient à des familles très pauvres et avaient accepté de travailler soi-disant dans des élevages ou des plantations de riz;  mais une fois arrivés à destination on leur avait annoncé qu'ils faisaient maintenant partie des "Auto-défenses Campagnardes du Casanare", une organisation paramilitaire d'extrème-droite.

Parmi eux il y avait cinq mineurs d'âge et quatre d'entre eux étaient des femmes, qui selon leurs témoignages avaient été sexuellement abusées.

22/05/04 : L'agence de l'ONU pour les réfugiés signale que des centaines de membres de la communauté autochtone Wayuu se sont réfugiés au Venezuela pour échapper aux massacres commis par les groupes armés illégaux en Colombie.

Le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) a envoyé une mission d'évaluation dans l'état frontalier de Zulia au Venezuela qui a enregistré la présence de 306 Wayuu et a été informée par les chefs autochtones que le nombre total de ceux qui se sont enfuis pouvait atteindre 500 personnes.

« Il est toutefois difficile d'établir un décompte exact de ceux qui ont fui, certains ayant trouvé refuge auprès de membres de leur famille et d'autres ne souhaitant pas être identifiés », a indiqué aujourd'hui à Genève le porte-parole du HCR, Kris Janowski qui a précisé que ceux rencontrés au Venezuela étaient principalement des femmes et des enfants.

Les Wayuu ont fui leur région natale de Bahia Portete en Colombie, au cours des dernières semaines, en raison d'attaques menées par des groupes armés illégaux au cours desquelles au moins 30 personnes ont été tuées et 60 autres ont disparu.

Etant donné leur fort attachement à leur territoire d'origine, environ 40% des réfugiés ont exprimé le désir de rentrer chez eux mais la précarité de la situation rend leur retour immédiat inenvisageable, a indiqué Kris Janowski.

Le HCR travaille actuellement ave l'UNICEF (le Fonds des Nations Unies pour l'enfance), la Croix Rouge, d'autres organisations non gouvernementales et les autorités vénézuéliennes pour acheminer des secours à ces nouvelles victimes du conflit colombien.

21/05/04 : Oxygeno Verde, le parti d'Íngrid Betancourt, et 13 autres petits partis colombiens se voient retirer leur personnalité juridique. 

Ces 14 partis n'avaient pas recueilli suffisamment de voix aux dernières élection pour avoir des représentants au Congrès. Dans un premier temps le CNE (Conseil National Electoral) avait déclaré qu'ils pouvaient maintenir leur personnalité juridique jusqu'en 2006. Mais le Conseil de l'État vient de déclarer cette mesure inconstitutionnelle, validant ainsi la réforme politique adoptée par le Parlement colombien en 2003.

Les 14 partis concernés cesseront donc de recevoir les subsides que l'Etat leur verse annuellement pour leurs frais de fonctionnement. Ils perdront aussi les temps de télévision à auxquels ils avaient droit.

A Paris le parti des Verts, qui a fait venir de Colombie deux dirigeants du parti d'Ingrid pour participer aux meetings de leur campagne européenne, a publié un communiqué condamnant fermement cette décision.

20/05/04 : Le Prix International des Droits Humains est attribué au Colombien Jorge Rojas, président de Codhes

Le prix " Humanitarian Award ", accordé par l'organisation American Council for Voluntary International Action aux Etats-Unis, a été remis lundi à Washington, dans une cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs personnalités, parmi lesquels Ruud Lubbers, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés et le prix Nobel d'Économie, Amartya Sen.

Cette reconnaissance est accordée chaque année à des personnes qui travaillent dans le monde pour des causes humanitaires, les droits humains et la paix. Les lauréats sont choisis au cours d'un vote auquel prennent part des organisations et des réseaux dans plusieurs pays du monde.

Là présidente de l'organisation Mary Et Mc Clymont a affirmé que Jorge Rojas avait été choisi pour recevoir ce prix "pour sa ferme décision d'améliorer les droits humains des personnes déplacées en Colombie, ce qui implique un grand sacrifice et, souvent, représente un risque personnel grave".

Cette reconnaissance internationale est justifiée par le travail de Rojas à Codhes - un Bureau de consultants pour les Droits Humains et le Déplacement, organisation fondée en 1992 pour travailler dans la recherche, l'information et l'action pour les populations déplacées par le conflit armé, et dans une perspective des droits humains et du droit international humanitaire.

A été aussi considérée dans la décision de ce prix  "la préoccupation (de Jorge Rojas) pour les enfants de son pays, qui ont été trop affectés par le conflit armé prolongé".

Selon le jury qui a décerné ce prix, Jorge Rojas "est un modèle pour son action, et une inspiration pour tous nous". C'est la première fois qu'un citoyen d'Amérique latine reçoit cette reconnaissance, considérée dans le monde comme un prix Nobel à l'action humanitaire.

19/05/04 : La Conférence Épiscopale équatorienne a exhorté le Gouvernement du président Gutiérrez à accorder une attention spéciale aux réfugiés colombiens qui se réfugient en Equateur pour fuir la violence armée dans leur pays. 

Les évêques demandent à leur gouvernement de chercher ensemble des solutions aux problèmes que cause le déplacement des 300.000 Colombiens qui résident maintenant en Équateur. 7.000 d'entre eux ont le statut de réfugié (le Ministère des Relations Extérieures a reçu durant les dernières cinq années 27.000 autres demandes pour acquérir ce statut) mais ce nombre est bien au-dessous de la réalité du problème, car un grand nombre de Colombiens se trouvent en situation irrégulière.

"Le plus important est la régularisation de ces Colombiens, et si nous pouvions aider les déplacés à avoir une situation régulière en Équateur, ils pourraient être un facteur de développement et de contribution à la production générale du pays", déclarent les évêques qui demandent également à la population équatorienne de se débarrasser de quelques préjugés discriminatoires envers les Colombiens.

"Quand on parle d'eux, on pense tout de suite à la violence; c'est une mentalité que nous devons changer ", a souligné le représentant de l'Eglise.

18/05/04En Colombie, la guerre chimique financée par Washington vise à défolier les récoltes de pavot. Mais la lutte antidrogue ruine les paysans des sommets andins

Clé de voûte du plan Colombie de lutte antidrogue financé depuis 2000 par Washington, cette politique de la terre brûlée est censée décourager les producteurs et tarir la principale source de revenus des groupes armés. En 2003, 131 000 hectares de coca, base de la cocaïne, ont été aspergés de défoliant par les avions de la Dyncorp, l'une des sociétés privées sous-traitantes du Pentagone qui se partagent la moitié des 600 millions de dollars annuels d'aide antidrogue américaine. Même traitement pour 3 000 hectares de pavot, utilisée pour produire l'héroïne. Leaders mondiaux de la cocaïne, les cartels colombiens se sont diversifiés : ils exportent aussi 7 tonnes d'héroïne par an, notamment vers la côte est des Etats-Unis.

La matière première de cet opiacé est cultivée par des paysans pauvres sur des sommets en guerre. Dans le Nariño, les autorités régionales en recensent 4 000 hectares, vingt fois plus que les estimations officielles. L'un de ces greniers du pavot : la commune d'El Tablon de Gomez, desservie par quelques pistes vertigineuses et longtemps contrôlée par la seule guérilla. 

Un agriculteur raconte :  «le vent éparpille le poison. On sent un liquide amer coller aux lèvres et à la peau, piquer les yeux. On ne consomme plus que des légumes aspergés de défoliant et on est tous malades. Des chevaux meurent de maladies bizarres et les gamins qui se baignent au torrent se couvrent de plaques rouges.» Ces effets collatéraux du glyphosate, l'agent actif du Roundup épandu, soupçonné d'être cancérigène et mis à l'index en France par le CNRS, sont dénoncés dans toutes les zones fumigées. Des taux inhabituels de fausses couches et de malformations congénitales auraient même été observés. Mais, comme l'admet un médecin d'El Tablon, «en l'absence de toute étude épidémiologique et environnementale sérieuse, nous en sommes réduits à des spéculations».

17/05/04 : Une figure dissidente des paramilitaires colombiens a accusé dimanche la création d'une zone sanctuaire permettant aux chefs des milices d'extrême-droite colombiennes d'échapper à la justice américaine qui demande leur extradition pour trafic de drogue.

"La création d'un zone refuge va permettre aux individus passibles d'extradition de se réunir, de se sentir en sécurité face à leurs vrais ennemis, les agences anti-narcotiques américaines", a déclaré Rodrigo Franco, qui a dirigé une faction paramilitaire qui ne faisait pas de trafic de drogues, contrairement à la majorité de ces groupes d'extrême-droite.

Plusieurs des dix chefs paramilitaires qui participent aux négociations de paix actuelles, sont recherchés par les Etats-Unis où ils sont accusés de trafic de drogue. Parmi eux, figure Salvatore Mancuso, le chef des Forces d'autodéfense unies de Colombie (AUC)

15/05/04 : PARIS (AP) -- L'Association pour la libération des otages en Colombie, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, appelle à une grande marche de soutien dimanche à Paris pour la paix en Colombie.
Le défilé, qui partira à 14h30 du Parvis des droits de l'homme au Trocadéro, se rendra au Mur pour la Paix en face de l'Ecole Militaire. Nicole Guedj, Secrétaire d'Etat aux Droits des victimes s'exprimera à 14h sur le parvis du Trocadéro, avec Corinne Vallerant, présidente de l'Association pour la libération d'Ingrid Betancourt et de tous les otages en Colombie, et l'écrivain Marek Halter, parrain de l'association.

14/05/04 : Un accord historique a été signé entre le pouvoir et l'état-major des paramilitaires à Tierralta, au nord de la Colombie

L'accord prévoit la démobilisation de 14 chefs de ces milices et leur concentration au nord de la Colombie, avant la reddition de leurs 20.000 hommes.
Il s'agit de groupes d'extrême droite, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Les milices qui détiennent de nombreux otages dont Ingrid Betancourt sont les groupes d'extrême gauche (FARC).

Le "règlement" des dispositions de l'accord a été paraphé par le Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo, et les commandants des AUC, a appris l'AFP de source présidentielle.

Quatorze commandants des AUC seront rassemblés à une date et pour une période non déterminées dans une zone rurale de 300 km2 sur la commune de Tierralta (800 km au nord de Bogota), dans le département de Cordoba, selon le procureur général, Edgardo Maya.

Tous les miliciens des AUC - entre 16.000 et 20.000 - seront dans un second temps regroupés, à une date non précisée, dans la même région de Tierralta, après avoir déposé les armes, comme leurs commandants.

Après le cessez-le-feu unilatéral décrété par les paramilitaires le 1er décembre 2002, l'engagement d'un dialogue avec le pouvoir avait abouti en juillet dernier à la décision des AUC de démobiliser leurs hommes.

L'accord signé jeudi vise notamment à "faciliter la consolidation du processus de paix, à permettre d'aller de l'avant dans la création d'un calendrier pour la démobilisation et la concentration dans cette zone (de Tierralta) de tous les paramilitaires, et à assurer le suivi du cessez-le-feu", selon une source présidentielle.

L'Organisation des Etats américains (OEA) sera chargée de vérifier l'application de l'accord une fois signé par les deux parties, a-t-elle indiqué.

Cette avancée dans les négociations intervient alors que le chef historique des paramilitaires, Carlos Castano, reste introuvable depuis le 16 avril. Il pourrait avoir été tué par ses propres compagnons d'armes, selon des sources concordantes.
Carlos Castano avait disparu après un affrontement armé entre ses gardes et les hommes de Salvatore Mancuso, chef militaire des AUC devenu un ennemi de sa ligne modérée, près de San Pedro de Uraba (725 km au nord-ouest de Bogota), avait reconnu ce dernier le 29 avril.

La guerre civile en Colombie, avec un bilan de plus de 200.000 morts depuis 1964, oppose les AUC aux guérillas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l'Armée de libération nationale (ELN). Ces deux forces rebelles n'ont engagé aucune négociation avec le président Alvaro Uribe.

13/05/04 : L’un des faits les mieux connus et les plus tragiques de la guerre civile colombienne est que la majorité de ses victimes sont des civils. Ce que l’on connaît moins sur cet aspect de la guerre de Colombie, c’est que les diverses factions armées - légales et illégales - justifient un aussi grand nombre de décès de civils comme l’élimination de « collaborateurs » et de « sympathisants » de l’ennemi.

En vertu du droit international, les civils sont considérés comme des non-combattants à moins qu’ils ne participent à des activités qui visent à nuire physiquement aux combattants ou à endommager leur matériel de guerre. Il est important de comprendre que si de nombreux civils peuvent nourrir des sympathies pour l’un ou l’autre camp en conflit, peu d’entre eux aident ou harcèlent ouvertement les groupes armés de manière significative. La majorité des civils de Colombie sont prisonniers d’une situation où ils doivent à tout moment veiller à ne pas montrer d’allégeance ou d’aversion envers le(s) groupe(s) armé(s) qui domine(nt) dans la région où ils vivent et où ils travaillent.

En dépit de leurs meilleurs efforts pour éviter d’être impliqués, des milliers de civils sont assassinés par les groupes armés pour le simple fait de vaquer à leurs activités quotidiennes - et des milliers d’autres sont à ce point terrorisés qu’ils fuient de chez eux et deviennent des déplacés de l’intérieur ou des réfugiés. Ce rapport tente d’expliquer dans quelles circonstances des civils sont présentés comme des collaborateurs, et ce faisant, de jeter la lumière sur la tragédie humaine qui se déroule en Colombie...

Les civils colombiens affrontent une tâche presque impossible s’ils ne veulent pas être perçus comme des collaborateurs ou des sympathisants des groupes armés qui parviennent à contrôler le quartier ou le village où ils vivent, travaillent, font leurs achats, étudient et/ou pratiquent leur religion. Un faux pas ou une déclaration irréfléchie peuvent valoir à un civil l’accusation de collaborer avec un groupe armé. Et dans le climat que déchaîne la contre-insurrection dans tout le pays, les groupes armés préfèrent la simple « justice » de l’exécution sommaire de collaborateurs présumés aux machinations alambiquées des procès ou à l’inconvénient de garder en captivité ces collaborateurs présumés...

Sans nier les exemples réels d’association de civils avec des groupes armés spécifiques (tels que l’adhésion à des milices « à temps partiel »), il est crucial de comprendre que rien de ce que la grande majorité des civils colombiens fait dans sa vie quotidienne ne donne un avantage militaire ou stratégique significatif à aucun des groupes armés. La plupart des excuses peu convaincantes que donnent les acteurs armés légaux et illégaux de Colombie pour justifier le massacre des civils sont inacceptables à de multiples niveaux. Surtout, les justifications données par les groupes armés pour alléguer une collaboration et tuer des non-combattants supposent trop fréquemment que les civils peuvent réellement agir de leur plein gré...

En digérant le flot régulier des nouvelles sanglantes émanant de Colombie, on doit être fortement sceptique à l’égard des justifications et des démentis des groupes armés mettant en cause des déplacements, des enlèvements, des meurtres et des massacres.

12/05/04 : Les Nations Unies réitèrent leur exigence d'humaniser le conflit en Colombie.

A l'ONU, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a déclaré que La Colombie était "le plus gros problème humanitaire, de violation des droits de l'homme et le plus important conflit du continent américain et de l'hémisphère occidental".

Il a  également mis en garde contre un risque d'aggravation du conflit en raison de l'intensification de la lutte menée par l'armée contre la guérilla des FARC (voir sur cette page à la date du 2 mai l'article sur le "Plan Patriota du président Uribe), et du renforcement des groupes paramilitaires d'extrême droite.

Jan Egeland, a déclaré qu'il fallait en priorité faire cesser les attaques contre la population civile.

"Il est extrèmement lâche d'attaquer ceux qui sont les plus vulnérables : les femmes, les enfants, les Communautés indigènes et afro-colombiennes" , a dit Egeland en ajoutant que pour les Colombiens il n'y avait pas d'alternative à la réconciliation : " avec le conflit tout le monde perd ! "

Egeland, qui était déjà délégué spécial pour le processus de paix entre la guérilla et le gouvernement de Andres Pastrana, a déclaré qu'il était très préoccupé par l'immobilisme dans la mise en place de négociations qui pourraient  arrêter la crise humanitaire de Colombie, " une de des quatre pires crises au monde ".

Parlant des kidnappés détenus par les Farc, le fonctionnaire norvégien a affirmé que les rebelles devaient immédiatement libérer les dirigeants politiques et civils séquestrés. En ce qui concerne les militaires , il préconise un échange de prisonniers, puisque c'est une pratique normale dans une guerre.

Le représentant de l'ONU a aussi regretté le manque de solidarité qui existe en Colombie entre riches et pauvres, la Colombie étant un pays très avancé, mais dont une grande partie de la population n'a pas encore bénéficié de ce développement.

Egeland a annoncé que les Nations Unies lanceraient le prochain mois un plan intégral contre la pauvreté. Bien qu'il n'ait pas donné de chiffres sur l'investissement qui sera effectué, il a déclaré que 24 pays et quelque 2.000 organisations internationales et nationales et le gouvernement colombien avaient travaillé à cette initiative.

Le secrétaire adjoint a aussi regretté l'accroissement dans l'utilisation des mines antipersonnel par les acteurs armés illégaux et a déclaré que cette pratique était une source de terreur non seulement dans le présent mais aussi dans le futur.

"Ils ne comprennent pas que dans 10, durant 20 années, leurs fils vont perdre leurs jambes ou leur vie avec ces mines", a-t-il ajouté.

Visite à Carthagène

Egeland a été jeudi passé à Carthagène, où il a parlé du cas des déplacés. Il y a déclaré que la crise humanitaire qui touche le pays était beaucoup plus grave que ce que le monde croit savoir. "Ce sont plus de 2 millions de personnes qui ont été déplacés dans les dernières décennies. Ils vivent dans une misère totale, dans des conditions insupportables et tous nous devons faire beaucoup plus pour les assister ", a-t-il indiqué.

Pour le représentant de l'ONU, la Communauté internationale et le gouvernement colombien doivent faire plus par les déplacés.

Il a affirmé son optimisme pour le futur de la Colombie en ajoutant : "toute la misère qu'il y a ici sera résolue. Je suis confiant dans le fait  qu'il y aura des processus de paix qui réussiront, et qui ramèneront aussi la sécurité ".

11/05/04Le Parlement Européen approuve une initiative qui demande la libération immédiate des kidnappés en Colombie.

Un total de 203 eurodéputés ont approuvé la proposition de l'Espagnol Fernando Fernández, du parti conservateur PP.

L'initiative de Fernández demande "la libération immédiate de tous les Colombiens kidnappés par les groupes partisans ou paramilitaires".

La proposition a été contresignée par Hans-Gert Poettering, président du Parti Populaire (PPE) ; Enrique Baron, président du Parti Socialiste (PSE) ; Graham R Watson, président du Parti Libéral (ELDR) et Charles Pasqua, président du parti Union par l'Europe des nations (UEN).

Dans ce document, les députés affirment que "le kidnapping est un crime contre l'humanité dont les victimes sont le kidnappé, sa famille, ses proches et la société dans son ensemble".

Ils rappellent qu'en Colombie la pratique du kidnapping constitue un problème de grandes dimensions qui, malgré le fait qu'il ait diminué dans les derniers mois, continue à exister à des "niveaux inacceptables".

De même, les parlementaires montrent leur préoccupation pour "la condition regrettable dans laquelle se trouvent un grand nombre de de Colombiens, y compris quelques mineurs d'âge, des soldats et des policiers, l'ex-candidate présidentielle Íngrid Betancourt, des congressistes, des députés, et quelques citoyens européens".

Dans l'initiative il est fait appel aux groupes insurgés armés de Colombie, guérilleros ou paramilitaires, pour libérer immédiatement, et sans aucune distinction, tous les kidnappés qui se trouvent en leur pouvoir.

10/05/04 : Grâce à la radio ils n'ont pas perdu espoir, et l'inconfort de la forêt est un peu moins cruel. Pour les kidnappés de Colombie l'émission de "Las Voces del Secuestro" est devenue aussi vitale que le repas qu'ils reçoivent ou le toit sous lequel ils dorment.

En mars 1994, le journaliste Erbin Hoyos Medina, qui avait été correspondant de guerre dans les conflits en Iraq, en Bosnie-Herzegovine, à Sarajevo, à Belgrade, en Angola et au Sierra Leone, a été kidnappé par les Farc. Il est resté détenu pendant 17 jours avant d'être libéré par l'armée. Dès qu'il fut libéré, Erbin jura de faire quelque chose par les kidnappés. "Las Voces del Secuestro", c'est son oeuvre.

Le dimanche 4 avril 1994, Erbin a lancé sur Radio Caracol cette émission qui est devenue le rendez-vous obligé de tous les kidnappés de Colombie, de leurs familles et de leurs amis. Depuis lors le programme - qui dure entre trois et quatre heures - a transmis quelque 150.000 messages. La majorité sont envoyés en direct par voie téléphonique; il y a aussi quelques messages préenregistrés ou reçus par internet.

Pendant ces 10 années, toutes les couches sociale de Colombie ont fréquenté le petit studio. Les riches comme les pauvres. Le microphone a été ouvert pour des politiciens, des industriels, des éleveurs, des militaires... Aussi pour des enfants et par des enfants... Et même par des présidents de la République. A plusieurs occasions l'ex président Andres Pastrana a utilisé le programme pour envoyer des messages à des amis kidnappés. Le 26 mars de l'année passée un des étudiants en journalisme qui aident Erbin pour le programme a répondu au téléphone et a eu la surprise d'entendre à l'autre bout de la ligne : "Je suis Álvaro Uribe Vélez". "Le président voulait lui aussi apporter un message d'espoir pour tous les kidnappés du pays", raconte Erbin.

La famille d'Ingrid utilise fréquemment l'émission pour lui donner des nouvelles. On sait par la vidéo reçue il y a un an qu'Ingrid écoute ces messages et est donc probablement au courant des actions de soutien qui sont organisées. Le dernier message a été envoyé par Yolanda samedi passé - en voici le texte :

08/05/04 : Interview de H. Mondragon, assesseur de la Convergencia Negra, Indigena y Campesina de Colombie (par Frédéric Lévêque)

Présent en Belgique pour participer à un séminaire sur « La terre, marchandise ou droit de l’homme », Hector Mondragon est un analyste et observateur avisé de l’actualité économique et sociale colombienne. Il est actuellement assesseur de la Convergencia Negra, Indigena y Campesina de Colombia.

06/05/04 : Reporters sans frontières vient de publier son rapport annuel 2004.
La situation de la liberté de la presse en Colombie est toujours extrêmement préoccupante. La mort de cinq journalistes n'est qu'un aperçu de la longue liste des attaques que subissent les rédactions et les reporters. Tous sont aux prises avec les guérillas et les groupes paramilitaires qui se disputent le contrôle de régions entières, pratiquement privées de toute information. L'année 2003 a néanmoins été marquée par une recrudescence des attaques attribuées à des agents de l'Etat...

05/05/04 : Raul Reyes est considéré comme le nº2 des FARC. Son interview datée du 3 mai a été publiée ce mardi sur le site Internet de l'agence d'extrême gauche ANNCOL (Agencia de Noticias Nueva Colombia).
Voici la traduction littérale des éléments de l'interview de Raul Reyes relatifs à Ingrid Betancourt.


-ANNCOL: "Pourquoi avez-vous retenu Ingrid Betancourt, la candidate à la présidence?"

-RAUL REYES: "Ingrid, voyez-vous, on l'a retenue car elle était candidate présidentielle dans le système de gouvernement colombien. On ne savait pas qu'Ingrid Betancourt avait la nationalité française, on ne l'a appris qu'après l'avoir retenue. Mais auparavant, elle n'était pas plus qu'une candidate présidentielle du même système, avec quelques nuances, quelques différences, surtout pour faire de la politique, pour faire concurrence à l'époque à Uribe Velez [ndlr.: l'actuel président colombien], à Horacio Serpa [candidat du Parti libéral], à Lucho Garzon [candidat de la gauche non violente, actuellement maire de Bogota].

"Ingrid n'était nullement candidate de la gauche ni une candidate luttant pour une Colombie distincte de celle d'aujourd'hui, non, elle était une candidate aussi dans son droit, il faut le reconnaître, de parvenir à la présidence de la République, avec un désir d'arriver à cette présidence.

"Mais elle n'était pas la candidate du peuple ni la candidate de la majorité ni la candidate opposée au modèle libéral ni la candidate de la paix. Il y a des gens qui pensent qu'elle était la candidate de la paix, ce n'est pas vrai.

"Mais il se fait qu'après sa capture, des mobilisations importantes ont surgi pour sensibiliser le gouvernement à l'obtention d'un accord et ces mobilisations pour obtenir l'échange humanitaire sont salutaires, elles nous semblent très bonnes, car cela peut contribuer à un accord qui permette la libération de toutes les personnes échangeables et la libération de tous les guérilleros et guérilleras qui sont dans les prisons colombiennes contre leur volonté."

04/05/04 : La disparition du chef paramilitaire Carlos Castano, introuvable depuis le 16 avril et possible victime de ses compagnons d'arme, menace le processus de paix en Colombie avec les milices d'extrême droite.

Après le cessez-le-feu unilatéral décrété par les "paras" le 1er décembre 2002, l'engagement d'un dialogue avec le pouvoir avait abouti en juillet dernier à la décision des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite) de démobiliser leurs hommes, près de 20.000, avant la fin 2005.

Initié avec la reddition de 1.015 miliciens en novembre 2003, ce processus se trouve aujourd'hui sur le fil du rasoir en raison de profondes divergences entre le gouvernement du président Alvaro Uribe et les AUC, qu'aggrave l'absence de Carlos Castano à la table des négociations.

L'éventuelle confirmation de son exécution par ses propres compagnons d'armes porterait un coup fatal au processus de paix avec les AUC, dans la mesure où le pouvoir ne pourrait plus apporter le moindre crédit à une organisation prête à liquider son chef pour s'opposer à ses vues.

La guerre civile en Colombie, avec un bilan de plus de 200.000 morts depuis 1964, oppose les AUC aux guérillas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l'Armée de libération nationale (ELN). Ces deux forces rebelles n'ont engagé aucune négociation avec le président Alvaro Uribe.

03/05/04 : La terreur antisyndicale ne faiblit pas en Colombie (par Benito Pérez)
Le 1er Mai donne lieu à d’importantes mobilisations. L’occasion de se rassembler et de rompre le climat de peur que font régner les paramilitaires : tous les cinq jours, ces milices abattent un syndicaliste.
Près de deux cents syndicalistes colombiens tués en 2002 ; c’en était trop... pour l’image du pays ! En pleine négociation avec les groupes paramilitaires - principaux assassins de militants sociaux - le gouvernement colombien d’Alvaro « Main dure » Uribe tente de freiner ces statistiques effrayantes. En 2003, les victimes ne se seraient comptées « qu »’en dizaines, selon diverses sources. Mais « simultanément à cette diminution, les enlèvements, les menaces et autres formes de violence sont à la hausse », prévient Victor Baez, secrétaire général de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) pour l’Amérique latine. A en croire le Paraguayen, la répression en Colombie serait « en train de changer de visage », même si elle demeure fondamentalement violente. De passage à Genève à l’invitation de la Communauté genévoise d’action syndicale, le Colombien Alfredo Quesada sait de quoi il en retourne. Ce dirigeant de la fédération Funtraenergetica, particulièrement active dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la chimie, a dû quitter, avec femme et enfants, sa maison de Barranquilla (Atlantico, nord-est), sous la menace des Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Une menace prise d’autant plus au sérieux que nombre de ses camarades peuplent les cimetières. Selon le rapport transmis par M. Quesada à la Commission des droits de l’homme, dix-huit travailleurs affiliés à Funtraenergetica ont été assassinés depuis février 2001.

02/05/04 : "Nous avons offert aux groupes violents la possibilité du dialogue et d'une solution négociée, mais l'essentiel est la paix de gré ou de force", a déclaré cette semaine le président colombien Álvaro Uribe, en indiquant que les relations avec les organisations partisanes et avec les paramilitaires, avec lesquelles le gouvernement a conclu un traité de cessez-le feu et de démobilisation, seront réglées maintenant par des offensives de guerre. 

Son " Plan Patriota" vise à envoyer quelque 15.000 soldats contre les Farc dans les régions d'accès difficile contrôlées par cette guérilla au sud du pays. "Le Plan Patriota sera l'offensive militaire la plus ambitieuse d'un gouvernement colombien dans toute l'histoire de la guerre civile", ont déclaré des sources de l'administration d'Uribe. 

Le plan comprend l'installation d'un Centre d'Entraînement National dans la forêt elle-même pour l'évacuation et le traitement médical des combattants, afin de garantir la présence constante de contingents de l'armée dans les zones visées. 

Selon les journaux colombiens, l'élaboration du Plan Patriota est l'oeuvre de fonctionnaires du gouvernement d'Uribe et de l'armée nationale, avec la participation active du Commandement Sud des Etats-Unis et de membres des départements d'État et de la Défense des USA. 

On estime à 110 millions de dollars la contribution du "Plan Colombie" américain pour cette offensive, qui utilisera en outre des contractants et des mercenaires contractés spécialement par le gouvernement des Etats-Unis, ce qui est une nouvelle tactique pour éviter de perdre des soldats américains dans des guerres étrangères. 

La possibilité d'un accord avec les Farc, comme celui de l'échange de prisonniers exigé par les parents des kidnappés, est définitivement rejetée par Uribe. "Le gouvernement ne permettra pas que le Farc, par leurs menaces, imposent un accord (d'échange) humanitaire avec des conditions qui affaiblissent la politique de sécurité démocratique", a déclaré le président.

01/05/04Selon Amnesty International, la Colombie est le pays du monde où il est le plus dangereux d'être syndicaliste. 

Au moins 80 syndicalistes y ont été tués ou y ont « disparu » en 2003. Les atteintes aux droits humains perpétrées contre des syndicalistes ont été attribuées en grande majorité aux forces de sécurité et à leurs alliés paramilitaires, même si les forces de la guérilla se sont rendues coupables de nombreuses exactions.

Le nombre de menaces de mort visant des syndicalistes a presque doublé et l'impunité est pratiquement garantie à ceux qui violent les droits humains de syndicalistes.

Le 20 avril 2004, Gabriel Remolina, président de la section du Syndicat national des travailleurs de l'industrie agroalimentaire (SINALTRAINAL) de Bucaramanga et sa compagne Fanny Robles ont été tués par des hommes armés non identifiés. L'inquiétude pour la sécurité des syndicalistes en Colombie s'accroît, non seulement à cause de ces morts récentes, mais aussi du fait de l'incapacité de la justice à traduire devant les tribunaux ceux qui tuent et menacent des syndicalistes.

Amnistie internationale s'inquiète de voir que le gouvernement colombien n'a pas été en mesure d'apporter d'amélioration substantielle à la sécurité des syndicalistes.

01/05/04Le chef des paramilitaires en Colombie, Carlos Castano, aurait été assassiné par des compagnons d'armes à la solde de son propre frère Vicente.

Fondateur des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite) en 1994, Carlos Castano avait disparu depuis le 16 avril dans de mystérieuses circonstances, sans qu'il puisse être établi s'il avait été tué, victime d'un attentat, enlevé ou même s'il était en cours de négociation avec les Américains pour son éventuelle extradition.

Les paramilitaires (entre 16.000 et 20.000 hommes) sont réputés pour leurs exactions, comme les massacres de civils soupçonnés de liens avec la guérilla.

Selon deux sources du milieu des paramilitaires ayant contacté l'Associated Press et réclamant l'anonymat par peur de représailles, Castano, recherché pour trafic de drogue aux Etats-Unis, aurait été exécuté dans le nord-ouest de la Colombie, dans le ranch La Acuarela, camp d'entraînement des paramilitaires. Il aurait été tué «parce qu'il voulait se rendre à la justice américaine» et dire tout ce qu'il savait sur les circuits du trafic de drogue au sein des AUC. La disparition de ce témoin gênant, qui pouvait en dire long également sur les rapports entre les paras, l'armée et le pouvoir colombien, devrait soulager pas mal de monde...

Dans un entretien avec la télévision colombienne RCN la semaine passée, Salvatore Mancuso, chef militaire des AUC, avait affirmé que Carlos Castano avait disparu après un affrontement entre ses gardes et d'autres paramilitaires.

01/05/04Dans une interview accordée récemment à ALAI (América Latina en Movimiento), le défenseur des droits humains Alirio Uribe, membre du Collectif d’avocats José Alvear Restrepo, qui était il y a peu l’un des vice-présidents de la Fédération internationale des droits humains (FIDH), fait un bilan de la politique de « sécurité démocratique » et révèle quelques-uns des mécanismes de la « guerre antiterroriste » de Alvaro Uribe. 

Celle-ci se traduit, entre autres, par des assassinats et le discrédit portés sur des défenseurs de droits humains, la légalisation du paramilitarisme, des délations et des détentions massives de personnes qui n’ont rien à voir avec les mouvements rebelles.

Le gouvernement antérieur proposait une négociation politique. Le gouvernement de Andrés Pastrana a échoué parce qu’il n’existait pas de volonté politique suffisante de la part des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ni de la part du gouvernement pour entrer dans un processus de négociation. 

Cela a eu pour conséquence, face à la lassitude que la guerre provoque en Colombie, que le président Alvaro Uribe, qui proposait une politique autoritaire, une solution militaire au conflit et une guerre totale à la guérilla, soit élu. Cela a conduit à une dynamique centrant toute la politique publique sur le fait de gagner la guerre et cela a conduit à ce que son Plan national de développement, ou à ce que lui appelle sa politique de « sécurité démocratique », soit entièrement dédié à gagner la guerre.

Cette politique consiste en une plus grande militarisation du pays, un plus grand nombre de bataillons, une armée plus nombreuse, et un approfondissement du Plan Colombie. L’aide octroyée (essentiellement militaire et provenant des Etats-Unis, N.d.T.) l’était au début pour combattre le trafic de drogues, aujourd’hui elle est destinée à combattre le terrorisme. 

Dans ce contexte, différents éléments sont particulièrement graves. Premièrement, le fait que pour le président il n’y a pas de conflit armé en Colombie. Selon lui, il s’agit d’un état légitime attaqué par quelques terroristes. Dans cette logique, il n’y a aucune négociation possible parce qu’il s’agit de criminels, d’assassins, d’ennemis de la société dans son ensemble. L’unique voie, c’est le combat. Cela ferme toutes possibilités de dialogue. Si on ne reconnaît pas l’existence d’un conflit armé, on peut encore moins reconnaître la possibilité d’une négociation politique.

Premières victimes de cette position : les séquestrés détenus par les Farc et leurs familles, car elle ferme les portes à tout accord de type humanitaire...


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