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  • Bruxelles 17 juillet 04

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31/07/04 Les révélations du cousin du Président Alvaro Uribe, qui avait confirmé qu'il avait bien été libéré contre paiement d'une rançon, ont ravivé le débat autour de l’accord humanitaire et ont donné lieu à une nouvelle controverse quant à la façon dont l’Etat doit agir concernant le kidnapping et ledit accord humanitaire.

La confusion des différentes versions données pour cet enlèvement a encore ravivé cette controverse : on avait d'abord déclaré que Fernandez avait été délivré par l'armée - puis le cousin du président avait déclaré qu'il avait recouvré la liberté cinq heures après son enlèvement, après le paiement d’une importante somme d’argent. «Ma liberté a été achetée; quand je leur ai donné l’argent, ils m’ont libéré »", avait-il affirmé.

Plusieurs heures après, il avait fait une nouvelle déclaration, affirmant cette fois que les kidnappeurs avaient été trompés et qu'il n'y avait pas eu de remise d’argent. 

Suite à cette histoire embrouillée, plusieurs Congressistes et des proches des personnes séquestrées par la guérilla ont à nouveau insisté sur la nécessité de conclure un échange humanitaire, celui-ci étant l'unique alternative pour sauver les séquestrés.

“C’est le moment ou jamais pour que le président analyse la situation et décide d’accepter l’échange pour mettre fin à l’enlèvement comme arme politique ou, au contraire, qu'il permettre qu’il se continue”, a déclaré Fabiola Perdomo, l'épouse de l’ex-président de l’Assemblée de la Vallée Juan Carlos Narváez, qui est aux mains des Farc depuis plus de deux ans. 

Si dans le cas du cousin du président il est acceptable de payer pour sa libération, dans le cas de son époux et dans celui des autres personnes "échangeables" la décision est par contre aux mains de tiers, entre autres le président Uribe.

Pour sa part, le sénateur Carlos Moreno de Caro, qui a condamné sévèrement l’enlèvement, a dit qu’il espérait que l'enlèvement de Fernandez allait faire réfléchir le président sur le drame que vivent les familles de près de 3000 otages détenus en ce moment dans le pays. « Le Gouvernement ne peut pas continuer à faire traîner les choses pendant que les familles pleurent leurs êtres chers. », a affirmé Moreno. 

Le seul fait que le cousin d'Uribe ait accepté de négocier sa libération indique bien, d'après lui, que ceux qui ont les moyens de payer sont prêts à tout faire pour éviter de rester rester séquestré dans la forêt en se demandant comment on allait faire pour les sauver. 

“Tôt ou tard nous devrons parvenir à cet accord humanitaire et le plus tôt sera le mieux. », a ajouté le sénateur, après avoir remarqué qu’accepter un tel accord n’était pas un signe de faiblesse, mais au contraire un synonyme de grandeur.

Angela Giraldo s'est prononcée dans le même sens. Soeur de l’ex-député del Valle Francisco Javier Giraldo, également aux mains des Farc depuis 2 ans, elle a déclaré que le discours selon lequel un sauvetage ne peut pas se négocier ne tient plus : la vie et la liberté sont au-dessus de tout précepte légal ou politique, y compris le droit qu’a la société de punir un délit ».

Selon elle, ce qui s’est passé donne encore plus d’arguments à l’accord humanitaire. « Il ne s'agit ni un accord économique, ni un accord politique, mais on doit récupérer les otages. Le prix payé par le cousin du Mandataire ou le simple fait qu’il ait accepté de payer confirme le concept selon lequel on doit négocier. »

Pour sa part, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, a affirmé que la réaction de la famille du président d’accepter de payer pour sa libération de Fernandez était logique et naturelle. Mais dans le cas d'Ingrid comme dans celui des autres personnes "échangeables" la décision ne dépend pas des familles, mais du président de la République et des Farc. 

Et pendant que s’intensifie le débat sur l’opportunité de signer un accord humanitaire avec les farc pour obtenir la libération des otages, on a présenté au Congrès un projet qui donnerait au gouvernement les moyens légaux pour le faire. 

L’initiative vient du congressiste León Buenaventura, qui assure qu’au vu des accords internationaux et des lois colombiennes le Gouvernement a l’obligation de mettre en place un accord humanitaire. 

“Après avoir réalisé une étude constitutionnelle nous sommes en conformité avec l’article 93 de la Carga Magna, relative aux traités supra constitutionnels des Droits de l’Homme, Le président a l’obligation de réaliser un accord humanitaire”, a-t-il souligné. 

30/07/04 La présence mercredi au parlement à Bogota des trois principaux dirigeants des paramilitaires, ces milices d'extrême droite engagées depuis le 1er juillet dans des pourparlers avec le gouvernement, a suscité malaise et incompréhension.

Bénéficiant de sauf-conduits délivrés par le président Alvaro Uribe, Salvatore Mancuso, Ernesto Baez et Ramon Isaza, responsables des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), sont venus défendre, à la demande de la commission de paix du parlement, le processus pour tenter d'obtenir la reddition des quelque 20.000 miliciens d'extrême droite avant le 31 décembre 2005.

La présence dans l'hémicycle de personnes poursuivies pour crimes et trafic de drogue a été vivement critiquée, en particulier par l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Wood.

"Il me semble un peu bizarre que dans l'institution où se trouvent les représentants du peuple, on trouve aussi ceux qui lui ont fait tant de mal", a déclaré jeudi le diplomate. Pour M. Wood, "écouter monsieur Mancuso parler du sacrifice des AUC est un scandale". 

Ce n'est pas la première fois qui Wood se réfère avec dureté à cette négociation. Dans des occasions précédentes il avait reproché aux paramilitaires d'avoir "un agenda narcoterroriste" et il a rappelé que les USA avaient émis  contre plusieurs de d'eux - parmi lesquels on trouve Mancuso - des demandes d'extradition qui ne sont pas négociables.

Mercredi, dans son discours, M. Mancuso, chef des AUC réclamé par la justice des Etats-Unis pour trafic de drogue, avait demandé des garanties supplémentaires pour la réintégration à la vie civile des "paras", tristement célèbres pour la répression impitoyable de ceux qui étaient soupçonnés de soutenir la guérilla, militants des droits de l'homme ou politiques et syndicalistes.

Mancuso a déclaré sans surprise: «Nous ne pouvons pas être envoyés en prison». Il a aussi estimé que «le calendrier des négociations ne peut ignorer la question du financement des AUC» et réclamé des «mécanismes financiers pour rendre le processus viable».

Ernesto Baez a lui estimé que le trafic de drogue avait rapporté, entre 1980 et 1996, 38 milliards de dollars. Selon lui, ces sommes ont permis de financer les AUC et la guérilla, mais aussi «la démocratie, le football, la contre-réforme agraire, les reines de beauté, les programmes sociaux».

Dans la tribune, Dilia Solano, veuve du sénateur Manuel Cepeda, a réclamé justice pour les 3000 militants de gauche, comme son mari, tués dans les années 1980 par les milices. Elle a ensuite été évacuée.

Pour sa part, la députée Gina Parody, partisane du président Uribe, a évoqué un "spectacle honteux et lamentable".

"Il ne reste plus aux autres délinquants qu'à venir ici pour expliquer pourquoi ils ont commis leurs crimes", a-t-elle lancé.

"Je vois une grande maladresse, en particulier du gouvernement, en matière de processus de paix", a affirmé pour sa part le député de l'opposition Antonio Navarro, alors que le sénateur et ancien ministre de la Défense Rafael Pardo a estimé que cette invitation était une tentative pour réparer une première erreur, la présence le 4 juin dans cette même enceinte de Francisco Galan, l'un des chefs de la guérilla de l'ELN (Armée de libération nationale, guévariste).

Le député de gauche Gustavo Petro est allé plus loin en affirmant que de nombreux parlementaires ont montré mercredi leur allégeance aux paramilitaires.

La présidente du parlement, Zulema Jattin, a défendu pour sa part cette intervention, estimant que l'enceinte parlementaire était "l'endroit propice au processus de négociation, où la controverse se fait avec des arguments et non avec des armes".

Une opinion que ne partage guère l'analyste Fernando Giraldo, politologue à l'université Sergio Arboleda. Pour lui, "le parlement est le lieu où se définit la légalité et normalement seules doivent y intervenir des personnes inscrites dans la vie normale et non des individus qui n'ont pas encore déposé les armes".

De plus, souligne-t-il, aucun d'entre eux n'a pu être questionné par les parlementaires, un privilège normalement réservé aux présidents.

Mais l’impunité pour ces crimes semble le prix à payer pour que les chefs des AUC acceptent de taire les nombreuses complicités dont elles ont bénéficié en vingt ans d’existence. " Nos premières armes portaient le sceau de l’État ", a lâché Baez, il y a plusieurs semaines. Le président Alvaro Uribe, qui possède des terres voisines de celles de Mancuso, n’a pas commenté la déclaration.

29/07/04 L'évêque catholique enlevé par des rebelles colombiens de l'Armée de libération nationale (ELN) a été libéré, ont annoncé mardi des responsables de l'Eglise colombienne.

Trois jours après son enlèvement, Misael Vaca Ramirez, l'évêque de Yopal, a été libéré près du lieu où il avait été enlevé samedi, dans une région montagneuse proche de la ville de Morcote, à 200km au nord-est de Bogota, a déclaré Luis Augusto Castro, l'archévêque de Tunja, à l'Associated Press.

L'évêque devait être libéré afin de transmettre un message politique au gouvernement. Le pape Jean Paul II avait demandé mardi sa libération immédiate, alors qu'un millier de soldats lançaient une vaste opération visant à le retrouver.

Forte de 5.000 membres, l'ELN est le deuxième mouvement de guérilla de Colombie après les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et mène depuis 40 ans une guerre civile contre les forces gouvernementales et des groupes paramilitaires d'extrême-droite. L'organisation est favorable à des négociations de paix avec le gouvernement.

L'évêque a affirmé mercredi devoir sa libération aux pressions des habitants de ce village sur ses ravisseurs.

"C'est ça la véritable résistance civile. Les habitants du village ont nommé une commission qui nous a rejoint sur la route et a expliqué aux guérilleros qu'ils devaient me libérer", a expliqué l'évêque à des médias locaux.

Il s'est dit un peu perplexe vis-à-vis de la stratégie de ses ravisseurs, en rappelant que l'ELN est dans une phase de rapprochement avec les autorités et a proposé début juin un cessez-le-feu avec l'intention de démarrer des négociations, avec une possible médiation du Mexique.

"Je ne vois pas la nécessité (d'un enlèvement) s'ils cherchent l'ouverture de négociations. Il me semble qu'il y aurait eu des formes plus directes que celle-ci pour formuler une proposition", a estimé l'évêque.

28/07/04 L'Espagne poursuivra sa coopération avec la Colombie, y compris "en matière de sécurité et de défense", mais annule la vente à la Colombie de 46 vieux chars AMX-30, qui inquiétait le Venezuela voisin.

Le gouvernement conservateur espagnol de José Maria Aznar, dont le Parti populaire (PP) fut vaincu aux élections législatives du 14 mars dernier, avait situé la vente des chars et l'ensemble de la coopération militaire avec la Colombie dans le cadre de la "lutte antiterroriste" -selon l'expression de M. Aznar- menée par le président colombien Alvaro Uribe contre les guérillas colombiennes d'extrême gauche.

Depuis l'an dernier, l'Espagne est avec les Etats-Unis le seul pays à aider militairement la Colombie contre la guérilla. Le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero tente de gommer les aspects les plus polémiques de cette coopération et de mettre davantage l'accent sur le rôle de médiateur que pourrait assumer l'Espagne pour favoriser la négociation entre le gouvernement colombien et la guérilla ou les paramilitaires.

Par ailleurs, l'Espagne, principal investisseur étranger en Colombie après les Etats-Unis, n'a pas l'intention de mettre en péril ses positions économiques et ne prendra donc pas brusquement le contre-pied du gouvernement de ce pays andin.

Quant à la collusion, dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, entre paramilitaires d'extrême droite et l'armée colombienne, l'Espagne ne peut l'aborder qu'avec discrétion. Dans les années 1980, le gouvernement socialiste espagnol de Felipe Gonzalez fut en effet le seul d'Europe occidentale à organiser au cours du dernier quart de siècle des commandos parapoliciers (sous le sigle du GAL, Groupe antiterroriste de libération) pour exécuter des opposants, en l'occurrence des partisans et des terroristes de l'organisation séparatiste basque ETA.

Annuler la livraison des chars satisfait le Venezuela, inquiet du réarmement d'une Colombie déjà bénéficiaire de l'aide militaire américaine. En mai dernier à Madrid, une commission du Parlement vénézuélien avait déjà prié le nouveau gouvernement socialiste espagnol de suspendre les livraisons d'armes à Bogota afin de réduire les risques d'un conflit entre la Colombie et le Venezuela.

La décision satisfait également  la gauche espagnole et le gouvernement de Madrid (sa majorité relative socialiste a besoin de l'appui ponctuel des communistes) et même la Colombie, où des experts militaires doutent de l'utilité réelle de chars de 36 tonnes pour combattre la guérilla dans les montagnes andines et la forêt amazonienne.

Mais d'autres aspects de la coopération militaire hispano-colombienne négociée à l'époque du gouvernement conservateur espagnol de José Maria Aznar ne sont pas remis en question. Il s'agit notamment de la vente de 8 avions espagnols CX-212 de transport militaire (seront-ils livrés comme avions-ambulances?) et d'une coopération industrielle pouvant déboucher sur la production d'armes en Colombie grâce à la technologie espagnole.

27/07/04 Selon des déclarations de Monseigneur Castro et une interview de Raul Reyes (numéro deux des Farc) publiée ce dimanche, les Farc accepteraient un dialogue de paix avec le président Alvaro Uribe. 

Monseigneur Luis Augusto Castro, évêque de Tunja, département de Boyacá, a révélé dimanche que Raul Reyes lui-même, porte-parole des Farc, lui avait dit que les Farc étaient disposés à s’asseoir autour d’une table de négociation, s’il y avait une médiation de l’Eglise.

“Raul Reyes nous a affirmé qu’il voulait discuter avec nous et qu’il voulait aussi déclencher un processus de paix” a déclaré Monseigneur Castro en ajoutant qu’indépendamment des positions sur lesquelles campent actuellement le président Uribe et les Farc, chacun des camps désirait la paix et ne rejettait pas l'idée d'une réunion autour d’une table de négociations. 

L'évêque a ajouté que “un jour viendra où  les uns et les autres se rencontreront pour parler de paix. » Selon le prélat catholique, les familles des personnes séquestrées par la guérilla ne doivent pas payer pour leur libération, car celle-ci doit se faire par un accord de caractère humanitaire. 

Raul Reyes avait déjà tenu le même discours dans une entrevue publiée dimanche par le journal "El Tiempo". Il avait affirmé que les Farc ne rejetaient pas le dialogue avec le gouvernement du président Alvaro Uribe, mais à une condition qui s'avère en ce moment inacceptable pour l'Exécutif : la démilitarisation d'un secteur de 114.000 kilomètres carrés dans les départements du Caquetá et du Putumayo.

Reyes avait expliqué qu'avant d'entamer une négociation il serait nécessaire que le Gouvernement d'Uribe démilitarise ces départements dans le sud du pays, et que c'était une condition préalable à des négociations.

À son avis, il n'est pas impossible que le président Uribe accepte cette condition, bien que ce dernier ait toujours déclaré qu'il n'était pas disposé à céder un "millimètre" de territoire aux guérillas. "Le Farc sont dans tout le pays et peuvent contrôler ces deux départements", a soutenu Reyes.

Bien qu'Uribe ait déjà créé une "zone de regroupement" pour dialoguer avec les paramilitaires, le secteur qui leur a été alloué n'est que de 368 kilomètres carrés, et il est resté sous le contrôle de la force publique, avec la vérification de l'Organisation d'États Américains (OEA).

Reyes a aussi ajouté que les Farc maintenaient leur volonté de conclure un accord humanitaire qui permette de libérer les politiques et les militaires kidnappés par la guérilla en échange de la libération de centaines de rebelles. Il a aussi démenti les rumeurs qui parlaient du supposé décès du chef rebelle Manuel Marulanda ('Tirofijó), puisque "il n'est ni mort ni  malade".

27/07/04 Des rebelles colombiens de l'Armée de libération nationale (ELN) ont enlevé un évêque catholique, a annoncé dimanche le secrétaire général de la Conférence des évêques, Mgr Fabian Marulanda. Il devrait être libéré afin de transmettre un message politique au gouvernement.

Misael Vaca Ramirez, l'évêque de Yopal, a été enlevé par des membres de l'ELN dimanche près de la ville de Morcote, à 350km au nord-est de Bogota. Selon le secrétaire général, les rebelles ont prévenu qu'il sera libéré sain et sauf à une date qui n'a pas été précisée.

Forte de 5.000 membres, l'ELN est le deuxième mouvement de guérilla de Colombie après les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et mène depuis 40 ans une guerre civile contre les forces gouvernementales et des groupes paramilitaires d'extrême-droite. L'organisation est favorable à des négociations de paix avec le gouvernement.

26/07/04 Un cousin du président Uribe vient d'être libéré rapidement quelques heures après son kidnapping, grâce au paiement d'une rançon.

Bien que l'information ait été présentée initialement comme si Germán Fernández Posada Uribe avait été libéré grâce à l'intervention de la Force Publique, ce dernier a admis qu'il avait payé une rançon pour être libéré, bien qu'il n'ait pas spécifié le montant.

"J'ai payé pour ma liberté", a-t-il déclaré;  " Ils disaient être de l'Eln, mais c'était un kidnapping économique, pas politique". Dans la première version de l'enlèvement, c'étaient les paramilitaires de l'AUC qui étaient désignés comme coupables de l'enlèvement.

25/07/04 D'après "Agenzia Fides", l'agence de presse du Vatican, la situation des droits de l’homme en Colombie serait une des pires de l’Amérique Latine, même si la démocratie colombienne est des plus anciennes du continent. 

Dans un article où elle décrit les actions locales d'une communauté qui mène une activité pastorale sanitaire auprès de 500 personnes chez les populations les plus marginalisées qui vivent dans le quartier situé à l’extrême sud-est de Bogotà, l'agence décrit les conditions de vie de la population:

"Des exécutions sans jugement, des enlèvements, des violences contre des femmes et des enfants, ont atteint ces dernières années une diffusion épidémique. 

Le Pays compte le taux de violence le plus élevé du monde : depuis les années 1990, chaque, jour, 100 personnes environ sont assassinées en Colombie. Et d’après des données du gouvernement, 96% des délits restent impunis.

Les habitants des « Barrios » sont des gens pauvres, qui reçoivent des salaires quand tout va bien. Des milliers de jeunes, à treize ans déjà, cherchent du travail sans le trouver. Un grand nombre d’entre eux sont analphabètes, comme leurs parents d’ailleurs. L’assistance sanitaire est un service presque impossible à obtenir"...

24/07/04 Dans une région caribéenne de 368 km2 au nord du pays, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC: paramilitaires d'extrème-droite) négocient avec le gouvernement la démobilisation de leurs 20.000 combattants, après un cessez-le-feu annoncé fin 2002 et régulièrement violé. 

En position de force : jamais cette armée antiguérilla redoutée pour ses tueries à la tronçonneuse n'avait été aussi puissante. Les milices des années 80 financées par des latifundistes (grands propriétaires terriens) sont devenues une entreprise mafieuse active dans tout le pays. 

Les pourparlers seront difficiles. Car, criminels de guerre ou purs narcotrafiquants, «les chefs paramilitaires se vantent d'avoir aidé l'Etat à combattre la guérilla et ne comptent pas être remerciés par des peines de prison».

L'Etat s'est pourtant montré clément envers l'inavouable allié de l'armée dans la guerre contre l'ennemi intérieur. Il ne propose aux auteurs de crimes atroces qui rendraient les armes que cinq à dix ans de réclusion. Mais reste le noeud gordien du narcotrafic. La majorité des dix négociateurs des AUC sont soit formellement demandés en extradition par Washington pour trafic de cocaïne, soit classés «grands narcotrafiquants» par le département d'Etat américain.

Pour l'heure, tous leurs mandats d'arrêt ont été suspendus à l'intérieur de cette «zone de regroupement.» Trente-six chefs «paras» y ont établi leurs quartiers. C'est le berceau des AUC, où 50 000 personnes ont été déplacées par la violence depuis 1999. Et «le seul département du pays où le président Uribe (qui y possède plusieurs maisons de campagne) peut conduire tranquillement sa voiture», se félicitait récemment Adolfo Paz, un chef para qui passe à Medellin pour le successeur de Pablo Escobar.

Les connivences entre le pouvoir et les paramilitaires ne surprennent plus les Colombiens. Salvatore Mancuso, le porte-parole des AUC, qui parle de convertir l'organisation d'extrême droite en «mouvement politique de masse», affirmait au lendemain des dernières législatives contrôler 30% du Congrès national.

Les paysans du Cordoba le voient souvent survoler en hélicoptère ses vastes pâturages où paissent des troupeaux de zébus. Richissime, Mancuso posséderait maintenant plus de 100 000 hectares de terres fertiles en Colombie.

Au fil du conflit, paramilitaires et narcotrafiquants se sont en effet taillé d'immenses fiefs en expulsant des milliers de paysans accusés de sympathie pour la guérilla. Dans le meilleur des cas, «ils offrent au paysan de lui acheter sa terre contre une somme dérisoire. Si ce dernier refuse, ils l'achètent à sa veuve», dit-on dans le Cordoba. Puis ils «pacifient» la zone, et la valeur de leur patrimoine se décuple. Résultat de cette contre-réforme agraire : 40% des meilleures terres du pays seraient entre leurs mains.

23/07/04 La Cour Interaméricaine de Droits Humains condamne la Colombie pour le massacre paramilitaire en 1987.

Le jugement est sans appel; il oblige le pays à accomplir 23 tâches bien précises, et à payer une indemnisation de 6.5 millions de dollars aux parents des victimes.

C'est la troisième fois dans l'histoire que la Cour condamne l'État colombien et à cette occasion elle l'a déclaré responsable du décès de 19 commerçants, assassinés par des membres de groupes paramilitaires, les faits s'étant produits à Port Boyacá le 6 octobre 1987.

Cette sentence est historique parce que pour la première fois un tribunal international implique l'État colombien dans "la création de, et l'assistance à" des groupes d'auto-défense dans les années 80.

Le tribunal a déclaré que le groupe d'auto-défenses qui opérait dans le Magdalena Medio "agissait avec la collaboration et l'appui de diverses autorités militaires des Forces Armées Colombiennes dans cette zone.  Les paramilitaires ont disposé de l'appui du haut commandement militaire dans les actes criminels qu'ils ont commis. Entre décembre 1988 et novembre 1989 73 massacres similaires se sont produits, selon des données du Cinep.

La Cour Interaméricaine de Droits Humains est un organisme de l'OEA (Organisation des Etats Américains) qui a son siège au Costa Rica, et qui a déjà  condamné la Colombie en deux autres occasions : en 1994, pour la disparition d'Isidro Baballero et María del Carmen Santana, et en 2002, pour l'exécution extrajudiciaire de sept paysans par des membres de la Police au Putumayo.

La Cour Interaméricaine a déclaré que l'action de la justice colombienne pour éclaircir ces faits n'avaient pas été "satisfaisante", parce que 17 ans après le massacre on n'avait pas encore condamné tous les auteurs des faits, pourtant connus. Le 17 mars 1998 le Tribunal Supérieur Militaire avait cessé toute action judiciaire contre les soldats et officiers incriminés.

22/07/04 Le chef légendaire des Farc, Manuel Marulanda, alias "Tirofijo," est vivant et continue à diriger le groupe rebelle, a affirmé un important chef politique et militaire de cette organisation.

Des rapports journalistiques récents et des déclarations de chefs politiques de gauche avaient assuré que le chef septuagénaire de cette guérilla, fondateur des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), était gravement malade et qu'il avait renoncé à ses fonctions de commandement à cause de son décès imminent.

"J'ai à informer la Colombie et le monde que le commandant en chef des FARC jouit d'une bonne santé et continue à diriger politiquement notre organisation" a déclaré Raul Reyes, un des sept chefs les plus importants de ce groupe, dans une entrevue avec Reuters.

Le chef rebelle n'a pas fourni de preuves de la survie de Marulanda, que l'on n'a plus vu en public depuis plus de deux années.

Marulanda, d'origine paysanne, a fondé les Farc en 1964 et est considéré comme un des chefs de guérilla le plus vieux du monde, chef d'une force rebelle estimée à plus de 17.000 combattants.

Depuis qu'il a commencé sa vie clandestine dans les montagnes et les forêts, Tirofijo a été donné pour mort à plus d'une occasion. On a récemment aussi prétendu qu'il avait quitté la Colombie.

Dernièrement on avait annoncé son décès au milieu de combats avec l'armée, et il y avait eu également des rumeurs de sa mort suite à un cancer de la prostate.

Il y a à peine quelques mois on avait assuré que, vu l'imminent décès de Marulanda, les FARC avaient désigné comme nouveau commandant suprême Alfonso Cano.

"Le chef des FARC est encore le commandant Marulanda," a assuré Reyes, qui portait une combinaison camouflée et avait en mains un fusil d'assaut, gardé par des guérilleros fortement armés dans un de ses campements au milieu de la jungle, doté d'Internet et d'une télévision par satellite.

Reyes a parlé du groupe de politiciensdétenus, y compris de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, des 12 ex députés régionaux, d'un ex ministre, d'un ex gouverneur, de cinq ex congressistes, de trois Américains et de plusieurs membres des Forces Militaires kidnappés par cette guérilla.

"D'après les nouvelles que m'en donnent les autres commandants, les prisonniers qui sont en notre pouvoir jouissent d'une bonne santé," a affirmé le chef partisan, barbu et de basse stature.

LES FARC INSISTENT SUR L'ÉCHANGE ET N'ÉCARTENT PAS LE DIALOGUE DE PAIX

Les FARC cherchent à arriver à un accord avec le gouvernement du président Alvaro Uribe, avec la médiation de l'Église Catholique pour échanger ses otages captifs au milieu de la forêt contre des milliers de guérilleros emprisonnés.

Reyes a reconnu que les prisonniers au pouvoir des FARC courraient un risque de mort si l'armée essayait de les délivrer, parce qu'ils pouvaient être pris au milieu de feux croisés.

Pour rappel, dix otages de cette guérilla, y compris un gouverneur et un ex ministre de Défense ont été assassinés en mai 2003 dans une tentative manquée de sauvetage par l'armée dans les forêts du nord-est du pays.

Le chef rebelle a nié qu'il existerait des conversations entre la guérilla et le gouvernement des Etats-Unis pour libérer les trois contractants du Département de la Défense capturés en février 2003, en échange de la liberté de Simón Trinidad, un dirigeant guérillero détenu par les autorités colombiennes.

"Cela n'est qu'une invention, de la désinformation montée comme d'habitude pour voir quels effets un bruit irresponsable comme celui-ci obtiendrait," a-t-il déclaré.

Le commandant rebelle a dit que les FARC ne sont ni touchées ni en retraite suite à une offensive militaire  ordonnée par Uribe, le Plan Patriota, qui dispose de l'appui des Etats-Unis, et qui cherche à attaquer la guérilla dans les profondeurs de la forêt, avec quelque 15.000 effectifs.

"Les FARC ne sont pas frappées, les FARC sont actives, elles sont vivantes, les FARC sont encouragées, sûres de la victoire finale dans ce combat de 40 années pour la conquête du pouvoir politique, pour instaurer en Colombie un nouveau gouvernement, un nouvel État, qui bénéfice au peuple colombien."

Bien qu'il ait réitéré ses critiques contre Uribe,qu'il a qualifié de "va-t-en guerre", il a ajouté que la guérilla était disposée à entamer un dialogue de paix si le gouvernement voulait démilitariser les départements du Caquetá et du Putumayo, demande qu'Uribe avait déjà refusée.

"Les FARC veulent dialoguer pourvu qu'il y ait des garanties comme une démilitarisation des deux départements, et qu'on utilise un langage modéré concernant l'organisation, qu'on à cataloguée de terroriste parce qu'elle est une organisation du peuple, "a-t-il affirmé.

Dans les départements du Caquetá et du Putumayo il y a d'importantes bases militaires avec du personnel des Etats-Unis, depuis lesquelles on lance des offensives contre les FARC, attaques qui selon Reyes ne vont pas mettre un terme à cette guérilla comme le veut Uribe.

"C'est un président raté qui est encore regrettablement obsédé par la guerre parce qu'il a assumé des compromis qu'il ne peut pas accomplir et qu'il ne va pas pouvoir accomplir, parce qu'il se trompe, parce qu"il n'a pas compris que les FARC sont une organisation politique avec force, avec expérience, avec des motivations sociales et politiques pour leur lutte; et pour ces raisons on ne peut pas nous vaincre," a-t-il conclu.

LA PAIX PARAMILITAIRE : UNE 'PANTOMIME'

Reyes a aussi parlé des entretiens de paix du gouvernement avec les paramilitaires d'extrème-droite - dont les FARC rappellent qu'il coopèrent avec les militaires - 

"C'est une pantomime, une duperie." déclare-t-il. Uribe, dont le père a été tué lors d'une tentative d'enlèvement par les FARC dans les années 80, était un critique féroce des entretiens de paix avec les rebelles sous le gouvernement précédent. 

Les perspectives de nouveaux entretiens de paix semblent éloignées. Uribe a déclaré qu'il ne parlerait pas avec un quelconque groupe armé illégal si ce dernier ne déclarait pas préalablement un cessez-le-feu. Et les FARC, en plus de la démilitarisation de deux provinces du sud, exigent également comme condition pour les négociations, qu'elles concernent la réforme sociale et pas seulement la guerre. 

Les FARC demandent la conclusion de ce qu'ils appellent "un échange humanitaire," pour échanger environ 70 otages contre des rebelles en prison. Mais ils refusent la demande d'Uribe que les prisonniers libérés ne rejoignent pas ensuite les rangs des guérilleros.

21/07/04 La guérilla des Farc écarte la possibilité de négocier avec le gouvernement d'Álvaro Uribe une solution politique au conflit armé interne. 

Dans un communiqué divulgué sur Internet, l'organisation réaffirme qu'elle est "disposée à entreprendre, avec un nouveau gouvernement, la tâche titanesque de la construction de la paix".

La paix ne peut exister qu'avec "une justice sociale, avec la participation du peuple, et si les privilèges des puissants cèdent devant le bien commun", a ajouté le Commandement Central des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc).

"Nous réaffirmons que la solution politique du conflit est la voie à suivre", déclare la guérilla.

Dans ce communiqué adressé aux familles des soldats des Forces Armées Colombiennes, les Farc déclarent également que "le Plan Patriota du président Uribe sera un échec total et inévitable", bien que "depuis un certain temps le Président Uribe Vélez essaye de vendre à une partie de la société colombienne et aussi au monde l'illusion d'une défaite militaire de la guérilla". 

20/07/04 Aux USA, des membres du Congrès dénoncent la situation en Colombie pour sa pratique en matière de service militaire - théoriquement obligatoire pour tous - mais dont les fils des familles aisées sont systématiquement exemptés, alors que, (disent les Congressistes) "des soldats des ETATS-UNIS sont envoyés pour se battre dans ce pays ".

Le Congressiste Bart Stupak, pendant la discussion sur le budget 2005 des opérations à l'étranger, a indiqué que cette politique d'exempter les fils et les filles de l'élite a été mise en place depuis le commencement de la guerre civile il y a 40 ans. La loi colombienne permet en effet d'exempter les recrues militaires pourvus d'un diplôme de lycée de servir dans des unités de combat.

"Si l'élite, les Colombiens instruits, n'envoient pas leurs fils et leurs filles au combat dans leur propre guerre civile, pourquoi des troupes américaines sont-elles envoyées en Colombie ?" demande Stupak. "Chaque année les Colombiens nous disent que cette question va être abordée, mais à chaque fois on reporte la discussion".

"En attendant," indique Stupak, "notre administration veut augmenter le nombre de militaires des ETATS-UNIS en Colombie de 400 à 800.

"La Colombie doit changer ses lois pour éliminer les pratiques discriminatoires existantes et pour créer un engagement universel de service militaire sans distinction pour des conditions économiques, sociales ou scolaires," a dit Stupak. "c'est une raison de plus pour laquelle les ETATS-UNIS ne devraient pas envoyer de troupes additionnelles en Colombie.

Stupak et beaucoup d'autres membres du Congrès ont exprimé des inquiétudes en ce qui concerne un certain nombre de problèmes liés à la Colombie, y compris le rôle des militaires des ETATS-UNIS, les droits de l'homme, la fumigation aérienne des récoltes illicites de drogue, les programmes d'interdiction de la drogue, la situation des otages des ETATS-UNIS, et les niveaux de financement pour la Colombie, qui se sont montés à plus de $3.7 milliards depuis 2000.

20/07/04 Selon la police, l'épouse de l'attaché culturel français en Colombie, Suad Gómez, qui s'était échappée après avoir été kidnappée vendredi passé près de Bogota, aurait dû être livrée à la guérilla des Farc par une bande de la délinquance commune responsable de cet enlèvement.

"Nous savons que Madame Gómez allait être livrée par ces délinquants à un front des Farc", a dit à l'AFP le Colonel Yesid Velásquez, Commandant de la Police dans le Département de Cundinamarca.

Le fonctionnaire a indiqué que cette information avait été fournie par deux des quatre kidnappeurs, et a rappelé que cette pratique était pratique courante chez les bandes de délinquants qui livraient leurs victimes aux Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc) en échange d'argent; ce groupe en exigeait alors des rançons très importantes.

Les délinquants allaient recevoir chacun 10 millions de pesos (3.700 dollars) par ce crime, a ajouté la commandant, qui a indiqué que Suad Gómez aurait dû être détenue deux jours dans un logement du nord-ouest de Bogota pour ensuite être livrée aux Farc.

Velásquez a confirmé que jusqu'à présent on avait arrêté quatre personnes, dont deux qui sont déjà incriminées, et deux autres qui ont été arrêtées de manière préventive et qui se trouvent en examen. La Policier a aussi identifié deux autres individus impliqués dans le kidnapping et a entamé des opérations pour les capturer, a-t-il spécifié.

Suad Gómez est l'épouse de José Gómez, attaché culturel de France à Bogota, qui termine sa mission en Colombie à la fin de ce mois. Sa femme a été kidnappée vendredi matin par deux hommes qui l'ont interceptée dans un magasin d'artisanats dans la localité de Chía (20 km au nord de Bogota); ils l'ont obligée à monter dans leur véhicule en la menaçant avec leurs armes, selon le rapport officiel.

Toutefois, elle aurait réussi à s'échapper suite à une collision entre l'automobile des délinquants et un camion. Le colonel Velásquez a indiqué qu'un des malfaiteurs avait été identifié comme Walter Cediel, un Colombien qui venait de terminer une peine de neuf ans de prison en Bolivie pour trafic de drogues et qui était rentré en Colombie en 2001.

Selon le fonctionnaire, une fouille ce vendredi dans la nuit à la maison de Cediel à Bogota aurait permis de retrouver 27 chèques (pour 74.000 dollars) du Bureau Fédéral de Prisons des Etats-Unis, et trois chèques de banques colombiennes pour un montant de 16 millions de pesos (6.000 dollars).

"Cette découverte fait partie de la recherche", a dit le responsable, qui a indiqué qu'après le kidnapping manqué de Gómez la Police avait renforcé les mesures de sécurité à l'ambassade de la France et dans d'autres sièges diplomatiques.

19/07/04 Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Íngrid Betancourt, est revenu des Etats-Unis où il s'était réfugié. Il affirme "ne plus avoir reçu de menaces" mais il craint que la détention des kidnappés ne se transforme en une "détention à vie". 

À l'occasion du lancement d'une campagne nationale en faveur d'un accord pour un échange humanitaire, ce publiciste - toujours habillé de de noir -  s'est montré assez pessimiste quant à une éventuelle libération des personnes au pouvoir de la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc).

Le président Álvaro Uribe "n'a l'aucune intention de conclure un accord humanitaire avec la guérilla", assure-t-il, avant de déclarer que si le président colombien, au pouvoir depuis le 7 août 2002, était réélu en 2006 pour un second mandat de quatre ans, ce sera "la détention perpétuelle pour les kidnappés".

Le Farc ont en leur pouvoir 1.600 otages - selon les autorités - dont 21 politiques, 47 militaires et trois Américains, que cette organisation partisane veut échanger contre quelque 300 rebelles qui se trouvent dans les prisons colombiennes.

Betancourt a été kidnappée avec sa colistière Clara Rojas le 23 février 2002, quand elle était candidate à la présidence de la Colombie pour son Parti Oxygeno Verde. Après avoir dénoncé des menaces de mort  reçues via des appels téléphoniques anonymes, Lecompte a abandonné la Colombie en mars dernier pour se réfugier aux Etats-Unis "avec des amis en Floride", avant de rentrer au pays, où jusqu'à présent il a gardé une grande discrétion.

"Il n'y a pas eu d'autres menaces depuis mon arrivée", affirme-t-il. Avant son départ pour les Etats-Unis ceux qui le menaçaient lui disaient de se taire "ou alors c'est nous qui allons te faire taire".

Au moment où il abandonnait la Colombie, le 9 mars, un conseiller du président Uribe avait dit à l'AFP que Lecompte "avait reçu une escorte" depuis qu'il avait rendu publiques les menaces contre lui deux semaines avant. "Je n'ai jamais reçu la moindre protection de l'État, c'est un mensonge ; et aujourd'hui je n'ai pas d'escorte à Bogota ", s'indigne Juan Carlos.

La dernière preuve de vie d'Ingrid Betancourt remonte à une vidéo qui aurait été enregistré en juillet 2003 et qui a été diffusé par la télévision colombienne le 30 août suivant.

18/07/04 Dans El Tiempo aujourd'hui, un éditorial sur la question contreversée de ce qu'il faudrait faire pour aborder le problème des séquestrés :

La libération des jeunes frères Losada - que le président Álvaro Uribe a qualifié de de pécuniaire et non humanitaire - met en évidence, une fois de plus, la signification et les complexités du phénomène du kidnapping en Colombie et de ses conséquences politiques et humaines profondes.

Payer ou non la rançon ? Conclure ou pas un accord humanitaire, un échange de prisonniers entre soldats et kidnappés politiques contre des guérilleros emprisonnés ? Inclure ou non dans cette transaction sinistre l'immense majorité des colombiens kidnappés qui n'ont aucune valeur 'politique ', mais servent plutôt d'objet à un commerce répugnant ?

Voici, entre autres, les questions que cette pratique horrible pose à un pays qui, en dépit de la réduction des chiffres, est encore le champion mondial du kidnapping. Depuis janvier 1996 jusqu'à avril de cette année, 21.822 colombiens ont été kidnappés. Une personne toutes les trois heures, chaque jour, pendant les huit ans et demi passés. Parmi eux, 776 sont morts en captivité. Un tous les trois jours. Plus de 6.000 - un peu plus d'un quart - ont été kidnappés par les Farc. Près de 2.200 sont des enfants.

Chiffres macabres. Qui montrent le peu de cas que les groupes armés font la vie humaine, et l'ampleur du problème que ce gouvernement ou tout autre a entre des mains.

Sortir de ce dilemme est un défi des plus compliqués. Les adversaires de l'échange prétendent qu'accepter ce principe encouragerait les ravisseurs à continuer à kidnapper. Ses partisans exposent le drame des milliers de victimes, que peuvent seulement comprendre ceux qui l'ont vécu, comme celui de la famille de Cecilia María Vélez, qui a payé à deux occasions une rançon pour un frère mort.

Le phénomène est arrivé à un tel point qu'en Colombie le kidnapping est divisé en familles. Il y a celles d'une cinquantaine de fonctionnaires et de sous-officiers de la force publique, certains d'entre eux détenus comme 'prisonniers de guerre ' par la guérilla depuis plus de cinq ans. Ils y a celles de presque 30 personnes (Íngrid Betancourt et Clara Rojas, les députés de l'Assemblée de la Vallée, plusieurs congressistes), capturées pour des motifs politiques. Et il y a un nombre qu'on estime à 3.000 colombiens, anonymes, qui sont détenus dans la montagne pour faire l'objet d'un paiement de rançon ou mourir.

Les premières familles se sont organisées et exercent toutes formes de pression politique envers le Gouvernement. Celles de la grande majorité de de kidnappés, ceux qui ont un prix, par contre, négocient individuellement, en secret, avec leurs ravisseurs, payent et espèrent qu'on les remette en liberté, en évitant tout débat public. La famille Losada synthétise ce drame : les deux jeunes gens ont été restitués en échange d'une rançon, tandis que leur mère est encore kidnappée, dans l'attente d'un 'échange ' politique, chaque jour plus improbable.

Le Gouvernement, bien que maintenant une ligne dure, a cédé sur quelques points. Il a suspendu ses exigences de cessez-le-feu comme condition pour examiner un échange, il a autorisé à l'Église à parler avec les Farc et a renoncé à son exigence que les guérilleros libérés quittent le pays. Mais il maintient sa position que ceux qui seraient libérés de prison ne commettent plus de nouveaux délits. Les Farc, en plus d'avoir nommé une commission de négociation avec un gouvernement avec lequel ils avaient pourtant déclaré qu'ils ne négocieraient jamais, n'ont pas cédé un millimètre. Difficile, donc, d'imaginer des positions plus éloignées, ce qui rend plus éloignée la possibilité d'un accord.

Si au moins les Farc voulaient réellement poser un geste humanitaire  - libérer, par exemple, des kidnappés malades ou un groupe des plus anciens membres de la force publique qui sont entre leurs mains... un signal élémentaire, humain, qui pourrait redonner vie à un processus empêtré depuis plusieurs mois !

Un accord est nécessaire et possible ! 

D'abord, le Gouvernement a l'obligation d'essayer de libérer ses militaires et ses policiers capturés. C'est une loi de la guerre, que même les Israéliens, qui poursuivent pourtant une politique radicale,  ne contestent pas. Ils ont dernièrement échangé un soldat mort contre des douzaines de prisonniers palestiniens. Deuxièmement, l'État doit se préoccuper du sort des autres kidnappés. Non seulement dans ceux 'politiquement ' précieux, mais aussi de ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont victimes de ce crime horrible depuis des années.

* * * *

Une partie du problème est l'opinion de certains qui veulent en faire une affaire uniquement entre les mains du Gouvernement et de la guérilla. Ce serait différent tout si dans le pays, peuplé maintenant d'indifférents, explosait un mouvement de masse, dans les rues et les avenues, pour les kidnappés, qui canalise massivement l'indignation nationale.

En Argentine, les Mères de la Plaza Di Mayo se sont battues pour découvrir la vérité sur les disparus de la dictature; elles ont commencé comme poignée d'héroïnes isolées et ils se sont transformées un mouvement massif, qui a catalysé le rejet de toute une société.

Que se passerait-il si la Place Bolivar de Bogota était régulièrement remplie de gens qui exigent la libération de tous les kidnappés ? Pourquoi les parents des milliers de capturés anonymes de la guérilla, qui négocient leur libération séparément, ne s'unissent-ils comme l'ont fait fait les familles des soldats et policiers et des captifs 'politiques ? Des protestations massives seraient une manière de démontrer aux séquestreurs infâmes la taille de l'indignation nationale. Les Colombiens devraient aussi faire face au débat sur la question de de payer ou non une rançon.

Le kidnapping un drame sans fin est et un opprobre pour les groupes armés qui le pratiquent. Les Nations Unies et la Communauté internationale sont fatiguées de leur dire que c'est une violation des normes les plus élémentaires du droit international. Peut-être que seule une immense mobilisation des citoyens contre cette pratique dégradante pourrait faire entrevoir une issue. Tant que les positions du Gouvernement et du Farc seront comme maintenant tellement éloignées, il est très difficile d'imaginer une autre solution.

17/07/04 Les pays du Mercosur sont inquiets sur l'issue du référendum qui se tient en Bolivie sur l'avenir du gaz : une préoccupation pour l'ensemble de la région car il pourrait déboucher sur une instabilité aux portes de la Colombie et du Venezuela, que les Américains redoutent plus que tout. Ils ne sont pas les seuls.

Les milliers de soldats et de policiers ne seront pas les seuls à scruter le bon déroulement du référendum de demain sur l'avenir du gaz, principale richesse du pays. Une bonne partie de la communauté internationale a les yeux rivés sur la Bolivie, où se joue à la fois l'avenir énergétique de la région et son équilibre géopolitique. Témoin, la présence de représentants de l'Organisation des Etats américains (OEA), du Centre Carter (du nom de l'ex-président américain) et d'envoyés du gouvernement argentin venus constater la bonne tenue du scrutin.

Située exactement au centre du continent Sud-Américain, la Bolivie est devenue une source de préoccupation pour toute la région. Elle cumule une pauvreté extrême, une instabilité politique conduite par une révolte des indigènes (qui représentent les trois quarts de la population), des ressources énergétiques considérables, mais aussi la troisième production de feuille de coca du sous-continent. C'est cette dernière, produit de consommation traditionnelle dans les Andes mais aussi ingrédient de base de la cocaïne, qui met depuis vingt ans la Bolivie pratiquement sous tutelle américaine. Ici, les partis traditionnels ont pour habitude d'envoyer la liste de leurs candidats à toutes les élections à l'ambassade des Etats-Unis pour s'assurer de leur soutien.

Un échec du référendum, et partant, de Carlos Mesa, pourrait s'avérer désastreux : il pousserait Evo Morales, le chef des producteurs de feuilles de coca (cocaleros) de la région du Chaparé à se radicaliser. Or, depuis quelques mois, cet homme, longtemps bête noire des Américains, ne renie plus le système politique bolivien, comptant même faire des municipales de décembre 2004 un tremplin pour les élections présidentielles de 2007. Que son parti revienne à des positions plus dures, en ralliant les syndicats ouvriers de l'Altiplano ou les mouvements indigènes extrémistes, et c'est toute la région andine qui pourrait s'embraser, alors que la situation est aussi très tendue au Pérou et en Equateur. Une instabilité aux portes de la Colombie et du Venezuela que les Américains redoutent plus que tout. Ils ne sont pas les seuls.

A Puerto Iguazu, où ils se retrouvaient pour un sommet du Mercosur, les présidents argentin et brésilien n'ont pas caché leurs inquiétudes. En quittant la réunion, Luiz Inacio «Lula» da Silva a même fait un crochet par la Bolivie, pour faire connaître son soutien au référendum. Il n'a pas en tête que la sécurité de la région. Pour Brasilia, comme Washington, Paris, Londres et Madrid, les intérêts économiques sont considérables. Quelque 20 grandes multinationales (dont la britannique British Gas, la française Total et l'espagnole Repsol, via sa filiale argentine) ont investi dans le pays. La remise en cause des contrats signés avec la brésilienne Pétrobras est inenvisageable, a clairement annoncé jeudi l'ambassadeur brésilien à La Paz, Antonio Mena, qui refuse également d'envisager une hausse des royalties. Pour faire passer la pilule, le Brésil joue les puissances généreuses en annulant une partie de la dette publique bolivienne et en délivrant des crédits pour la construction de routes. Pour l'Argentine, l'enjeu est autre : le pays, qui connaît une grave crise énergétique, dépend aujourd'hui des livraisons quotidiennes de 4 millions de m3 de gaz bolivien, dont la pérennité est en péril. Carlos Mesa est donc dans une situation d'autant plus compliquée que les «méchants» traditionnels, les Etats-Unis, ne sont pas seuls en cause. Nationaliser les hydrocarbures, comme l'exigent les mouvements sociaux, ce serait aussi tenir tête à Zapatero, Lula et Kirchner, ses principaux soutiens.

16/07/04 Harcelé par l'armée, Manuel Marulanda, le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), alterne combats et dialogue avec les pouvoirs successifs, sans baisser la garde. 

Aujourd'hui, Marulanda se trouverait quelque part dans les jungles du Sud colombien, peut-être hors d'atteinte d'une offensive lancée par l'actuel président, Alvaro Uribe. Des rumeurs le disent mort, comme tant de fois par le passé ; d'autres, affecté par un cancer de la prostate. Le plus probable est que Pedro Antonio Marin (son vrai nom) meure de vieillesse, comme avant lui les principaux rescapés de Marquetalia. Voir son portrait publié vendredi par Libération.

16/07/04 A Bogota, une "Assemblée Permanente de la Société Civile pour la Paix" lance une campagne pour un accord humanitaire.

La Campagne se propose de dynamiser et de coordonner des actions existantes comme celles promues par les parents des kidnappés et des prisonniers politiques qui exigent du gouvernement national et des groupes armés un accord qui permette la libération de toutes les personnes privées de liberté en raison du conflit ; les peuples indigènes qui exigent des combattants le respect de leur autonomie, de leurs territoires et de l'intégrité de leurs Communautés ; les hommes et les femmes de la campagne qui exigent la cessation des attaques réitérées et des abus dont ils sont les victimes ; les millions de personnes en situation de déplacement forcé qui aspirent à des solutions durables qui leur garantissent une vie digne ; et les propositions humanitaires promues par tous les secteurs sociaux et dans toutes les régions touchées par le conflit armé et la violence politique.

La Campagne développera des campagnes de mobilisation, des débats publics, toutes formes de communication et d'expression dans tout le pays en vue de sensibiliser l'opinion publique, pour obtenir le soutien des citoyens et le concours de la Communauté internationale autour des propositions pour des Accords et Compromis Humanitaires conclus entre l'État et les groupes armés. La campagne se tiendra entre le 15 juillet et le 9 décembre 2004

15/07/04 Les frères Losada Polanco, qui viennent d'être libérés par les Farc, demandent que l'on ne retarde plus l'accord humanitaire entre le Gouvernement et les Farc

Jaime Felipe et et Juan Sebastián sont rentrés hier à leur maison de Neiva, grâce au paiement d'une rançon, après trois années de détention.

"Mr le Président, notre joie n'est pas complète. il y a encore d'autres kidnappés là-bas. Nous vous demandons, ainsi qu'aux commandants de la guérilla, de ne plus retarder l'accord humanitaire ", a dit Jaime Felipe, dans une de ses premières déclarations à la presse après la libération.

Les Farc détiennent encore leur mère, Gloria Polanco, élue au Congrès, tout comme un groupe d'autres prisonniers que les Farc prétendent 'échanger ' contre des guérilleros emprisonnées par le gouvernement.

Le kidnapping de Jaime Felipe et Juan Sebastián s'est terminé grâce au paiement d'une rançon. 

'Pipe 'et 'Tatán ', comme les appellent affectueusement leur famille et leurs amis, ont entrepris leur retour il y a cinq jours depuis les montagnes du Caquetá. "Nous n'avons jamais senti la pression de l'Armée. Nous avons toujours été détenus dans la forêt ", rapporte" Pipe ".

Ils ont quitté les Farc à cinq heures de marche de San Vicente du Caguán, l'ancienne par zone de distension, et ils ont attendu calmement que leur oncle Gustavo Polanco et l'ingénieur Germán Vargas, ami de la famille, viennent les chercher en voiture.

Ils ont dormi dans l'hôtel Orchidée de San Vicente, ont mangé de la glace, ont bu, et ont dépensé 141.800 pesos en appels longue distance à leur famille.

Hier, ils se sont baignés et ils ont été changés de vêtements et ont mis à nouveau les bottes de caoutchouc avec lesquelles ils marchaient dans la forêt, pour entreprendre leur retour à Neiva.

Ils ont rejeté l'offre du président Uribe de dormir dans la base militaire et d'être transportés en avion militaire pour retrouver les leurs.  

'Pipe 'et 'Tatán 'sont des hommes maintenant, très amicaux et sûrs d'eux. Ils ont laissé là-bas non seulement leur mère, mais aussi  une autre famille, celle des autres kidnappés avec lesquels ils ont passé toute leur captivité depuis ce 26 juillet 2001, et avec lesquels ils sont restés jusqu'il y a un mois.

Durant leur captivité, ils priaient ensemble, ils jouaient aux "naipes" et aux dominos, ils mangeaient des haricot, des pois, des lentilles et du riz et de la viande.

Jaime Felipe se donne comme mission de parler avec le président Uribe, avec les familles de séquestrés et avec toute la Colombie : "Président : notre joie n'est pas complète. Ils reste encore beaucoup de séquestrés. Je veux lui demander ainsi qu'aux commandants de la guérilla qu'ils ne retardent plus l'accord humanitaire ".

14/07/04 Les fils de l'ex congressiste Gloria Polanco, libérés par les Farc, sont arrivés à San Vicente del Caguán.

Cette nouvelle a été confirmée par Gustavo Polanco, oncle de Juan Sebastían et d'Andres Felipe Losada Polanco, qui viennent d'être libérés après trois ans de détention.

Les jeunes sont arrivés à San Vincente vers neuf heures du soir ce mardi; leur moral est bon mais "ils sont assez fatigués parce qu'ils ont marché pendant huit jours dans la forêt" a indiqué Polanco à Radio Caracol, après avoir déclaré que les deux frères se trouvaient dans un hôtel de San Vicente, gardés par les autorités, et que dans les prochaines heures ils se rendraient à Neiva, où ils habitaient avant leur enlèvement.

Juan Sebastián, 20 ans, et Andres Felipe Losada Polanco, 18, avaient été kidnappé avec leur mère (toujours détenue) le 26 juillet 2001, quand la guérilla avait fait irruption dans leur résidence, dans le bâtiment Miraflores de Neiva.

Outre les fils de Lozada et leur mère, les Farc ont également kidnappé douze autres voisins du même bâtiment, la nuit du 26 au 27 juillet 2001.

Près d'une cinquantaine de guérilleros avaient simulé une opération militaire anti-enlèvement et avaient occupé le bâtiment pour rechercher ceux qu'ils avaient l'intention de kidnapper.

Ce que cherchaient les rebelles c'était Lozada, qui à l'époque occupait un siège au Sénat, par le Parti Libéral.

Lozada s'est abstenu de participer à la réélection aux élections de mars 2002, mais à sa place il a proposé de voter pour son épouse, qui a été élue à la Chambre de Représentants.

La majorité de victimes de ce kidnapping, sans précédent dans le pays, ont été remises en liberté de manière progressive par les insurgés.

La congressiste Gloria Polanco a été désignée par les Farc pour faire partie du groupe de plus de soixante détenus de la force publique, de politiciens et d'étrangers - trois Américains - qu'ils veulent échanger  contre 500 rebelles emprisonnés.

Le Gouvernement du président Álvaro Uribe a rejeté un accord dans les termes proposés par le groupe insurgé; il exige que ces derniers remettent en liberté sans condition tous les citoyens qu'il a kidnappés, après quoi il considérerait l'élargissement de prisonniers.

Un comité de l'Église Catholique, autorisé par l'Exécutif, agit comme médiateur entre les parties, tâche à laquelle s' ajoute une mission de "bons offices" des Nations Unies, qui dans les deux cas n'ont pas donné de résultats.

14/07/04 95% des meurtres de journalistes commis dans le pays au cours des deux dernières décennies, restent impunis !

C'est ce qu'a dénoncé l'Argentin Ricardo Trotti au cours du séminaire de la Société Interaméricaine de Presse (SIP), qui se tient  à Bogota.

Trotti, directeur de la section de Liberté de Presse de la SIP, a expliqué que cet organisme promeut depuis cinq années ses recherches propres de plusieurs crimes de journalistes colombiens.

Il a indiqué que ce travail cherche à "exercer une pression sur les autorités régionales pour que les crimes contre les journalistes ne restent pas impunis".

"L'impunité des meurtres de journalistes en Colombie dépasse 95 pour cent des cas", a souligné Trotti.

En ce moment, la SIP étudie 52 cas de crimes contre des journalistes en Colombie, et spécialement "six qui ont été énormes", a indiqué Trotti.

Parmi ceux-ci celui du directeur du périodique "El Espectador", Guillermo Cano, assassiné le 17 décembre 1986 à Bogota et qui est attribué à Pablo Escobar, l'ex-dirigeant du cartel de Medellín.

13/07/04 Le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a exprimé sa préoccupation pour le déplacement forcé de paysans en Antioquia et Casanare.

Une centaine de familles secteur rural de San Carlos (Antioquia) ont fui leurs terres  après que les Farc aient assassiné sept paysans qui étaient revenus dans leur village, sous le prétexte qu'ils l'avaient fait sans autorisation. A Casanare, ce sont des confrontations entre deux factions paramilitaires qui ont généré un exode de paysans.

l' UNHCR a demandé aux autorités des actions urgentes pour s'occuper des déplacés dans ces deux régions, et ont demandé aux groupes insurgés de respecter la population civile.

Le bureau du UNHCR a indiqué dans un communiqué, que les faits qui se sont produits le week-end passé "obligent des centaines de citoyens à abandonner leurs maisons, en cherchant une protection dans différents lieux du territoire colombien" et au-delà des frontières.

A Antioquia, le gouverneur Aníbal Gaviria, a affirmé que 121 familles (presque 500 personnes) s'étaient enfuies des zones rurales de San Carlos, San Francisco et Cocorná.

"Nous venions d'une situation qui s'était améliorée, mais dans les derniers deux mois il y a eu de nouveau aggravation, a dit Gaviria.

Le gouverneur a affirmé que les Farc et les paramilitaires se disputent la zone à cause de sa production importante de cultures illicites. "Nous voulions juste récupérer ce que nous avions perdu", a dit un des déplacés qui étaient retournés chez lui et qui a dû maintenant fuir à nouveau.

Le massacre s'est produit au milieu de diverses actions violentes qui ont opposé la guérilla et les paramilitaires.

Le gouverneur a affirmé que cinq contingents militaires étaient prêts à "renforcer la sécurité" et que d'autres pourraient arriver dans les prochains jours pour empêcher que des faits comme ceux-ci se produisent à nouveau.

En Casanare, des confrontations intenses entre deux factions paramilitaires rivales ont laissé au moins 15 combattants morts et plus de 13 blessés, selon un communiqué de  l'Armée.

Dans cette zone ce sont les Auto-défenses Campagnardes du Casanare (ACC) contre le Bloc Centauros des Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC) qui s'opposent. Selon le général Avila, la confrontation est due "à un conflit de territoire et à une guerre pour la commercialisation de la coca".

12/07/04 Nous célébrons ce lundi le 100ème anniversaire de la naissance du poète chilien Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature, ancien diplomate persécuté politiquement qui mourut de maladie 12 jours après le putsch du général Pinochet en 1973.

Membre du Parti communiste, interdit au Chili en 1948, Neruda entra alors dans la clandestinité, s'exilant d'abord en Argentine puis dans d'autres pays latino-américains, européens et asiatiques avant de rentrer en 1953.

En 1971, il reçoit le Prix Nobel de littérature alors qu'il est ambassadeur à Paris. C'est là qu'il se lia d'amitié avec Gabriel Betancourt et Yolanda Pulecio, les parents d'Ingrid. Gabriel était à l'époque ambassadeur de Colombie apprès de l'UNESCO.

Dans son interview par Michèle Cédric (RTBF, diffusée par la Télévision belge deux semaines avant son enlèvement) Ingrid raconte :

M.C. Il y avait quand même certains des invités de vos parents que vous approchiez, comme Pablo Neruda avec qui vous échangiez vos poèmes ! C’est drôle ça !

I.B. ...quand mes parents recevaient, moi, j’étais plutôt dans la cuisine et je parlais avec eux.

C’était merveilleux parce que c’était aussi une façon de voir le monde sous un autre angle, que moi j’aimais beaucoup, plus peut-être.

Pablo Neruda, je ne savais pas que c’était Pablo Neruda.

C’est à dire que dans le monde qui arrivait à la maison, il y avait un monsieur que j’aimais beaucoup, qui s’appelait Pablo. Il me disait Tio Pablo et bon, moi c’était Tio Pablo !

Et souvent les adultes n’ont pas le temps pour les enfants.

Les enfants, ça fait partie des objets de la maison.

On dit « bonjour », on passe. On ne sait même pas leur nom.

Mais lui, prenait toujours le temps d’avoir une petite conversation avec moi, de me prendre dans ces bras. Il était très chaleureux !

Et quand par la suite, en grandissant j’ai compris qui était Pablo Neruda, j’ai compris aussi ce que c’est « être grand » .

Etre grand, ce ne sont pas les honneurs, être grand, c’est avoir du temps... pour les autres...

11/07/04 C'est avec un message aux groupes armés illégaux pour qu'ils libèrent dès que possible tous les kidnappés que la Conférence Épiscopale a terminé son assemblée plénière à Bogota. 

Monseñor Augusto Castro, archevêque de Tunja et vice-président de la Conférence, a réaffirmé que l'accord humanitaire n'est pas "gelé" et que l'Église Catholique, avec d'autres organisations,  continuait son travail pour obtenir des groupe illégaux un minimum de respect du droit humanitaire.

"Il faut avoir de la patience, mais aussi de l'espoir", a déclaré le prélat en rappelant les mots de monseñor Rubiano Sáenz qui avait déclaré au cours de la cérémonie inaugurale que cet accord "ne pouvait pas être considéré comme un échange commercial ; c'est-à-dire, donner de l'argent et recevoir quelque chose en retour.... Il faut mettre l'accent sur l'aspect "humanitaire", a-t-il souligné.

Monseñor Rubiano a réclamé des preuves de survie, surtout pour les parents des policiers et des soldats détenus, dont beaucoup ont supporté plus de six ans de détention, prisonniers dans les forêts colombiennes, dans des conditions inhospitalières.

"Aux parents des kidnappés nous rappelons que nous ne les oublions pas", a déclaré le Cardinal.

D'après lui, ce message s'adresse à tous les membres des groupes en marge de la loi : "s'ils libèrent les kidnappés, civils ou combattants à travers un échange, le pays verra dans cette attitude un grand geste de pacification".

Il a souligné que cet échange "de bonne volonté" ouvrirait le chemin à un processus sérieux de paix, et à une négociation politique.

Les évêques colombiens, au début de la conférence, ont aussi plaidé pour une solution définitive à la douleur de millions de déplacés par la violence et de milliers de colombiens qui souffrent des différences sociales qui, selon les prélats, deviennent chaque jour sont plus grands et disproportionnés.

10/07/04 : On connaît la grande influence de l'Eglise Catholique en Colombie. L’agence Fides (agence du Vatican) a demandé à Mgr Oscar José Vélez Isaza, CMF, Evêque du diocèse de Valledupar, un témoignage sur la situation de violence qui ensanglante ce pays depuis des décennies, sur ses causes, et sur l’engagement de l’Eglise Catholique locale pour la pacification, engagement qui lui a coûté un lourd tribut de sang, avec des prêtres, des religieux et des laïcs assassinés. Voir ci dessous le texte de cet entretien :

09/07/04 : Le frère du Ministre de l'Éducation, qui avait été kidnappé par les Farc il y a trois ans, a été assassiné par ses ravisseurs.

Le cadavre de Bernardo Vélez White a été retrouvé dans la commune de Frontino, où il avait été kidnappé le 23 mars 2001. Sa famille avait payé une rançon, mais elle n'avait pas obtenu de résultats.

Vélez est la dernière victime d'une famille qui a été soumise à des menaces et à des meurtres pendant la dernière décennie par des groupes armés en marge de la loi.

08/07/04 : Le directeur de Human Rights Watch pour l'Amérique, José Miguel Vivanco, a demandé que l'on évite d'accorder l'impunité pour les crimes commis par les paramilitaires de l'AUC, qui sont en ce moment en négociation avec le gouvernement colombien.

"Il faut veiller que ces groupes n'obtiennent pas simplement de blanchir leurs actifs, d'améliorer leur crédit et de passer quelques petites années dans un système de réclusion, pour ensuite continuer à mener leurs affaires comme ils l'ont fait jusqu'à présent".

Le gouvernement vient en effet de leur concéder légalement une "zone de regroupement" dans le département de Cordoue, où quelque 400 paramilitaires se sont concentrés, avec parmi eux une vingtaine de leurs dirigeants.

Les évêques catholiques colombiens ont dénoncé dans leur assemblée annuelle, qui a commencé le week-end passé à Bogota, que plusieurs des chefs paramilitaires qui se sont réfugiés dans ce secteur sont connus comme étant des dirigeants du trafic de drogues, et leur extradition est réclamée par les Etats-Unis.

Le président Alvaro Uribe a affirmé ce mercredi que son Gouvernement cherchera éviter l'impunité dans le processus de paix avec les groupes paramilitaires.

07/07/04 : L'unique guérillero extradé par la Colombie aux Etats-Unis, Nelson Vargas, accusé des meurtres de trois Américains, a été renvoyé à Bogota vendredi par les autorités américaines, a révélé mardi une source du gouvernement. Il n'y a pas de preuves.

Pour les meurtres en 1999 de trois coopérants américains, Terence Freitas, Ingrid Washinawatok et Lahee'Enay Gay en Colombie, Nelson Vargas, alias «El Marrano» (Le Cochon), membre supposé des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avait été extradé le 28 mai 2003 de Bogota vers les Etats-Unis.

Selon la source gouvernementale colombienne, la personne extradée ne correspondait pas au guérillero recherché pour l'assassinat des trois coopérants. «Une erreur sur l'identité du meurtrier présumé est à l'origine de cette confusion», a ajouté la même source.

Le 7 mai dernier, la justice colombienne avait demandé un non-lieu pour Nelson Vargas, pour considérer le rebelle présumé «innocent dans l'homicide des trois coopérants américains», à partir de témoignages de paysans de la région du nord-est colombien, où ils avaient été assassinés.

Les corps des trois Américains criblés de balles avaient été retrouvés à quelques mètres à l'intérieur du territoire du Venezuela, le 4 mars 1999, près du département colombien de l'Arauca, à 400 km au nord-est de Bogota, huit jours après leur enlèvement par les FARC.

06/07/04 Les évêques de l'Église Catholique insistent la nécessité d'un accord humanitaire avec les Farc.

En entamant aujourd'hui leur Assemblée Plénière, ils ont rappelé que les raisons humanitaires devaient avoir priorité sur les raisons juridiques "pour la liberté de tous ceux qui en sont privés".

Ils ont demandé aux Farc de "manifester leur volonté de paix avec des actes significatifs qui démontrent à la population colombienne qu'en effet ils veulent mettre un terme à tant de douleur et d'angoisse, et contribuer positivement à la construction de la paix à laquelle la population aspire".

En outre, ils ont rappelé aux paramilitaires de l'AUC  qu'il était "nécessaire d'agir avec cohérence et avec grandeur pour construire la confiance et gagner l'appui de la Communauté nationale et internationale".

Les évêques du pays ont reconnu que les négociations avec les AUC, tout comme celles avec l'ELN, ouvrent un espace d'espoir pour le pays.

"Malgré les frustrations des processus précédents, nous réclamons des Colombiens une attitude positive et une volonté décidée de seconder les efforts qui sont faits pour que se terminent avec succès ces processus", a dit le Cardinal Pedro Rubiano, président de la Conférence Épiscopale de la Colombie.

Sur la situation avec l'Eln, les évêques ont exprimé leur satisfaction quant aux propositions de gouvernement mexicain de faciliter les négociations entre les parties en conflit. "Le Mexique est un pays qui non seulement a donné des preuves d'amitié tout au long de son histoire républicaine, mais il a s'est montré également respectueux de la libre détermination des peuples et il représente donc une garantie de sérieux pour un processus de paix", a dit monseñor Rubiano.

l'Église de Colombie condamne donc  une fois de plus le kidnapping et la détention illégale de civils. Elle insiste sur la nécessité d'un Accord Humanitaire avec les FARC, tant pour des raisons de légalité que des raisons de dignité humaine. Elle rappelle qu'il faut distinguer entre un "Accord Humanitaire" et un "Échange de prisonniers". 

L'échange concerne les combattants, membres des Forces Armées ou de la Police, mais jamais les civils qui sont en marge du conflit ; ce serait donner une valeur économique à la personne humaine et on ouvrirait ainsi une porte à des pratiques inacceptables : quand l'autorité légitime mettrait en prison un insurgé, la guérilla pourrait alors kidnapper un citoyen pour servir de monnaie d'échange. 

Pour cet accord, le Droit International Humanitaire met à la disposition du Gouvernement National des instruments juridiques conformes à la Constitution et aux arrêts de la Cour Constitutionnelle.

05/07/04 En décembre 2000, des bataillons étasuniens entraînés à la lutte contre les narcotiques, des hélicoptères Blackhawk fournis par les Etats-Unis et des avions étasuniens mènent à bien la campagne de fumigation aérienne du Plan Colombie. 

Depuis les premières fumigations des champs de coca, il y a plus de trois ans, le Putumayo a été une cible à maintes reprises. Mais bien que le gouvernement des Etats-Unis prétende que les fumigations ont finalement commencé à réduire la culture de coca en 2002 et 2003, il n’y a toujours pas de preuves que le Plan Colombie ait concrétisé son objectif principal : réduire de manière significative la circulation de cocaïne vers les Etats-Unis. 

Ce qui apparait par contre de plus en plus clairement, c'est que la militarisation du Putumayo, région riche en ressources naturelles, a considérablement contribué à l’augmentation de l’exploration de pétrole par des compagnies multinationales.

Peu après le 11 septembre 2001, l’ambassadrice des Etats-Unis, Anne Patterson, n'avait laissé planer aucun doute sur l’importance de trouver des sources de pétrole alternatives dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. Elle déclara à l'époque que la Colombie, déjà troisième plus gros exportateur de pétrole de l’Amérique latine et l’un des dix plus gros fournisseurs des Etats-Unis, « avait le potentiel pour exporter plus de pétrole vers les Etats-Unis car maintenant plus que jamais, il est important pour nous de diversifier nos sources de pétrole. » 

Il est intéressant de comprendre où vont les royalties payées par les grandes compagnies. Certains Colombiens l'affirment crûment : "Les politiciens volent l’argent". Appuyant sa décision de stopper les paiements de royalties au département d’Arauca, riche en pétrole, à cause de gouvernements municipaux corrompus prétendument sympathisants des guérillas de gauche, le président Uribe, paradoxalement, a continué à laisser venir l’argent jusqu’aux officiels corrompus des villes du Putumayo, contrôlées par les paramilitaires de droite. 


Curieusement, les groupes illégaux armés - guérilla et paramilitaires, semblent être aussi les bénéficiaires indirects de cette situation : bien qu’aucune des compagnies étrangères n’admette le paiement aux guérillas, on sait que les demandes d’extorsion sont pratique courante dans le pays - et que cela fonctionne !

La militarisation due à la guerre contre la drogue et le terrorisme n’est pas le seul facteur qui a créé des conditions favorables aux compagnies pétrolières étrangères dans le Putumayo ; le programme économique du Plan Colombie a également fait du pétrole une affaire attrayante pour les compagnies étrangères. En 2001, le gouvernement colombien a établi de nouvelles règles qui n’exigent plus des compagnies étrangères un partenariat de production de 50/50 avec la société publique Ecopetrol, permettant ainsi aux compagnies privées de conserver jusqu’à 70% du pétrole extrait des nouveaux chantiers de forage - plus encore pour les « contrats de production croissante » sur les chantiers déjà existants. Les nouvelles règles élimin