Photos de manifestations : (voir menu de gauche)
Bénéficiant de sauf-conduits délivrés par le président Alvaro Uribe, Salvatore Mancuso, Ernesto Baez et Ramon Isaza, responsables des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), sont venus défendre, à la demande de la commission de paix du parlement, le processus pour tenter d'obtenir la reddition des quelque 20.000 miliciens d'extrême droite avant le 31 décembre 2005. La présence dans l'hémicycle de personnes poursuivies pour crimes et trafic de drogue a été vivement critiquée, en particulier par l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Wood. "Il me semble un peu bizarre que dans l'institution où se trouvent les représentants du peuple, on trouve aussi ceux qui lui ont fait tant de mal", a déclaré jeudi le diplomate. Pour M. Wood, "écouter monsieur Mancuso parler du sacrifice des AUC est un scandale". Ce n'est pas la première fois qui Wood se réfère avec dureté à cette négociation. Dans des occasions précédentes il avait reproché aux paramilitaires d'avoir "un agenda narcoterroriste" et il a rappelé que les USA avaient émis contre plusieurs de d'eux - parmi lesquels on trouve Mancuso - des demandes d'extradition qui ne sont pas négociables. Mercredi, dans son discours, M. Mancuso, chef des AUC réclamé par la justice des Etats-Unis pour trafic de drogue, avait demandé des garanties supplémentaires pour la réintégration à la vie civile des "paras", tristement célèbres pour la répression impitoyable de ceux qui étaient soupçonnés de soutenir la guérilla, militants des droits de l'homme ou politiques et syndicalistes. Mancuso a déclaré sans surprise: «Nous ne pouvons pas être envoyés en prison». Il a aussi estimé que «le calendrier des négociations ne peut ignorer la question du financement des AUC» et réclamé des «mécanismes financiers pour rendre le processus viable». Ernesto Baez a lui estimé que le trafic de drogue avait rapporté, entre 1980 et 1996, 38 milliards de dollars. Selon lui, ces sommes ont permis de financer les AUC et la guérilla, mais aussi «la démocratie, le football, la contre-réforme agraire, les reines de beauté, les programmes sociaux». Dans la tribune, Dilia Solano, veuve du sénateur Manuel Cepeda, a réclamé justice pour les 3000 militants de gauche, comme son mari, tués dans les années 1980 par les milices. Elle a ensuite été évacuée. Pour sa part, la députée Gina Parody, partisane du président Uribe, a évoqué un "spectacle honteux et lamentable". "Il ne reste plus aux autres délinquants qu'à venir ici pour expliquer pourquoi ils ont commis leurs crimes", a-t-elle lancé. "Je vois une grande maladresse, en particulier du gouvernement, en matière de processus de paix", a affirmé pour sa part le député de l'opposition Antonio Navarro, alors que le sénateur et ancien ministre de la Défense Rafael Pardo a estimé que cette invitation était une tentative pour réparer une première erreur, la présence le 4 juin dans cette même enceinte de Francisco Galan, l'un des chefs de la guérilla de l'ELN (Armée de libération nationale, guévariste). Le député de gauche Gustavo Petro est allé plus loin en affirmant que de nombreux parlementaires ont montré mercredi leur allégeance aux paramilitaires. La présidente du parlement, Zulema Jattin, a défendu pour sa part cette intervention, estimant que l'enceinte parlementaire était "l'endroit propice au processus de négociation, où la controverse se fait avec des arguments et non avec des armes". Une opinion que ne partage guère l'analyste Fernando Giraldo, politologue à l'université Sergio Arboleda. Pour lui, "le parlement est le lieu où se définit la légalité et normalement seules doivent y intervenir des personnes inscrites dans la vie normale et non des individus qui n'ont pas encore déposé les armes". De plus, souligne-t-il, aucun d'entre eux n'a pu être questionné par les parlementaires, un privilège normalement réservé aux présidents. Mais l’impunité pour ces crimes semble le prix à payer pour que les chefs des AUC acceptent de taire les nombreuses complicités dont elles ont bénéficié en vingt ans d’existence. " Nos premières armes portaient le sceau de l’État ", a lâché Baez, il y a plusieurs semaines. Le président Alvaro Uribe, qui possède des terres voisines de celles de Mancuso, n’a pas commenté la déclaration.
Trois jours après son enlèvement, Misael Vaca Ramirez, l'évêque de Yopal, a été libéré près du lieu où il avait été enlevé samedi, dans une région montagneuse proche de la ville de Morcote, à 200km au nord-est de Bogota, a déclaré Luis Augusto Castro, l'archévêque de Tunja, à l'Associated Press. L'évêque devait être libéré afin de transmettre un message politique au gouvernement. Le pape Jean Paul II avait demandé mardi sa libération immédiate, alors qu'un millier de soldats lançaient une vaste opération visant à le retrouver. Forte de 5.000 membres, l'ELN est le deuxième mouvement de guérilla de Colombie après les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et mène depuis 40 ans une guerre civile contre les forces gouvernementales et des groupes paramilitaires d'extrême-droite. L'organisation est favorable à des négociations de paix avec le gouvernement. L'évêque a affirmé mercredi devoir sa libération aux pressions des habitants de ce village sur ses ravisseurs."C'est ça la véritable résistance civile. Les habitants du village ont nommé une commission qui nous a rejoint sur la route et a expliqué aux guérilleros qu'ils devaient me libérer", a expliqué l'évêque à des médias locaux. Il s'est dit un peu perplexe vis-à-vis de la stratégie de ses ravisseurs, en rappelant que l'ELN est dans une phase de rapprochement avec les autorités et a proposé début juin un cessez-le-feu avec l'intention de démarrer des négociations, avec une possible médiation du Mexique. "Je ne vois pas la nécessité (d'un enlèvement) s'ils cherchent l'ouverture de négociations. Il me semble qu'il y aurait eu des formes plus directes que celle-ci pour formuler une proposition", a estimé l'évêque.
28/07/04
: L'Espagne
poursuivra sa coopération avec la Colombie, y compris "en matière
de sécurité et de défense", mais annule la vente à la
Colombie de 46 vieux chars AMX-30, qui inquiétait le Venezuela
voisin. Depuis l'an dernier, l'Espagne est avec les Etats-Unis le seul pays à aider militairement la Colombie contre la guérilla. Le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero tente de gommer les aspects les plus polémiques de cette coopération et de mettre davantage l'accent sur le rôle de médiateur que pourrait assumer l'Espagne pour favoriser la négociation entre le gouvernement colombien et la guérilla ou les paramilitaires.
Par ailleurs,
l'Espagne, principal investisseur étranger en Colombie après les
Etats-Unis, n'a pas l'intention de mettre en péril ses positions
économiques et ne prendra donc pas brusquement le contre-pied du
gouvernement de ce pays andin. La décision
satisfait également la gauche espagnole et le gouvernement de
Madrid (sa majorité relative socialiste a besoin de l'appui ponctuel
des communistes) et même la Colombie, où des experts militaires
doutent de l'utilité réelle de chars de 36 tonnes pour combattre la
guérilla dans les montagnes andines et la forêt amazonienne. 27/07/04 : Selon des déclarations de Monseigneur Castro et une interview de Raul Reyes (numéro deux des Farc) publiée ce dimanche, les Farc accepteraient un dialogue de paix avec le président Alvaro Uribe. Monseigneur Luis Augusto Castro, évêque de Tunja, département de Boyacá, a révélé dimanche que Raul Reyes lui-même, porte-parole des Farc, lui avait dit que les Farc étaient disposés à s’asseoir autour d’une table de négociation, s’il y avait une médiation de l’Eglise. “Raul Reyes nous a affirmé qu’il voulait discuter avec nous et qu’il voulait aussi déclencher un processus de paix” a déclaré Monseigneur Castro en ajoutant qu’indépendamment des positions sur lesquelles campent actuellement le président Uribe et les Farc, chacun des camps désirait la paix et ne rejettait pas l'idée d'une réunion autour d’une table de négociations. L'évêque a ajouté que “un jour viendra où les uns et les autres se rencontreront pour parler de paix. » Selon le prélat catholique, les familles des personnes séquestrées par la guérilla ne doivent pas payer pour leur libération, car celle-ci doit se faire par un accord de caractère humanitaire. Raul Reyes avait
déjà tenu le même discours dans une entrevue publiée dimanche par
le journal "El Tiempo". Il avait affirmé que les Farc ne
rejetaient pas le dialogue avec le gouvernement du président Alvaro
Uribe, mais à une condition qui s'avère en ce moment inacceptable
pour l'Exécutif : la démilitarisation d'un secteur de 114.000
kilomètres carrés dans les départements du Caquetá et du Putumayo. 27/07/04 : Des rebelles colombiens de l'Armée de libération nationale (ELN) ont enlevé un évêque catholique, a annoncé dimanche le secrétaire général de la Conférence des évêques, Mgr Fabian Marulanda. Il devrait être libéré afin de transmettre un message politique au gouvernement. Misael Vaca Ramirez, l'évêque de Yopal, a été enlevé par des membres de l'ELN dimanche près de la ville de Morcote, à 350km au nord-est de Bogota. Selon le secrétaire général, les rebelles ont prévenu qu'il sera libéré sain et sauf à une date qui n'a pas été précisée. Forte de 5.000 membres, l'ELN est le deuxième mouvement de guérilla de Colombie après les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et mène depuis 40 ans une guerre civile contre les forces gouvernementales et des groupes paramilitaires d'extrême-droite. L'organisation est favorable à des négociations de paix avec le gouvernement.
26/07/04 : Un cousin du président Uribe vient d'être libéré rapidement quelques heures après son kidnapping, grâce au paiement d'une rançon. Bien que l'information ait été présentée initialement comme si Germán Fernández Posada Uribe avait été libéré grâce à l'intervention de la Force Publique, ce dernier a admis qu'il avait payé une rançon pour être libéré, bien qu'il n'ait pas spécifié le montant. "J'ai payé pour ma liberté", a-t-il déclaré; " Ils disaient être de l'Eln, mais c'était un kidnapping économique, pas politique". Dans la première version de l'enlèvement, c'étaient les paramilitaires de l'AUC qui étaient désignés comme coupables de l'enlèvement.
25/07/04 : D'après "Agenzia Fides", l'agence de presse du Vatican, la situation des droits de l’homme en Colombie serait une des pires de l’Amérique Latine, même si la démocratie colombienne est des plus anciennes du continent. Dans un article où elle décrit les actions locales d'une communauté qui mène une activité pastorale sanitaire auprès de 500 personnes chez les populations les plus marginalisées qui vivent dans le quartier situé à l’extrême sud-est de Bogotà, l'agence décrit les conditions de vie de la population: "Des exécutions sans jugement, des enlèvements, des violences contre des femmes et des enfants, ont atteint ces dernières années une diffusion épidémique. Le Pays compte le taux de violence le plus élevé du monde : depuis les années 1990, chaque, jour, 100 personnes environ sont assassinées en Colombie. Et d’après des données du gouvernement, 96% des délits restent impunis. Les habitants des « Barrios » sont des gens pauvres, qui reçoivent des salaires quand tout va bien. Des milliers de jeunes, à treize ans déjà, cherchent du travail sans le trouver. Un grand nombre d’entre eux sont analphabètes, comme leurs parents d’ailleurs. L’assistance sanitaire est un service presque impossible à obtenir"...
24/07/04 : Dans une région caribéenne de 368 km2 au nord du pays, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC: paramilitaires d'extrème-droite) négocient avec le gouvernement la démobilisation de leurs 20.000 combattants, après un cessez-le-feu annoncé fin 2002 et régulièrement violé. En position de force : jamais cette armée antiguérilla redoutée pour ses tueries à la tronçonneuse n'avait été aussi puissante. Les milices des années 80 financées par des latifundistes (grands propriétaires terriens) sont devenues une entreprise mafieuse active dans tout le pays. Les pourparlers seront difficiles. Car, criminels de guerre ou purs narcotrafiquants, «les chefs paramilitaires se vantent d'avoir aidé l'Etat à combattre la guérilla et ne comptent pas être remerciés par des peines de prison». L'Etat s'est pourtant montré clément envers l'inavouable allié de l'armée dans la guerre contre l'ennemi intérieur. Il ne propose aux auteurs de crimes atroces qui rendraient les armes que cinq à dix ans de réclusion. Mais reste le noeud gordien du narcotrafic. La majorité des dix négociateurs des AUC sont soit formellement demandés en extradition par Washington pour trafic de cocaïne, soit classés «grands narcotrafiquants» par le département d'Etat américain. Pour l'heure, tous leurs mandats d'arrêt ont été suspendus à l'intérieur de cette «zone de regroupement.» Trente-six chefs «paras» y ont établi leurs quartiers. C'est le berceau des AUC, où 50 000 personnes ont été déplacées par la violence depuis 1999. Et «le seul département du pays où le président Uribe (qui y possède plusieurs maisons de campagne) peut conduire tranquillement sa voiture», se félicitait récemment Adolfo Paz, un chef para qui passe à Medellin pour le successeur de Pablo Escobar. Les connivences entre le pouvoir et les paramilitaires ne surprennent plus les Colombiens. Salvatore Mancuso, le porte-parole des AUC, qui parle de convertir l'organisation d'extrême droite en «mouvement politique de masse», affirmait au lendemain des dernières législatives contrôler 30% du Congrès national. Les paysans du Cordoba le voient souvent survoler en hélicoptère ses vastes pâturages où paissent des troupeaux de zébus. Richissime, Mancuso posséderait maintenant plus de 100 000 hectares de terres fertiles en Colombie. Au fil du conflit, paramilitaires et narcotrafiquants se sont en effet taillé d'immenses fiefs en expulsant des milliers de paysans accusés de sympathie pour la guérilla. Dans le meilleur des cas, «ils offrent au paysan de lui acheter sa terre contre une somme dérisoire. Si ce dernier refuse, ils l'achètent à sa veuve», dit-on dans le Cordoba. Puis ils «pacifient» la zone, et la valeur de leur patrimoine se décuple. Résultat de cette contre-réforme agraire : 40% des meilleures terres du pays seraient entre leurs mains. 23/07/04 : La Cour Interaméricaine de Droits Humains condamne la Colombie pour le massacre paramilitaire en 1987. Le jugement est sans appel; il oblige le pays à accomplir 23 tâches bien précises, et à payer une indemnisation de 6.5 millions de dollars aux parents des victimes. C'est la troisième fois dans l'histoire que la Cour condamne l'État colombien et à cette occasion elle l'a déclaré responsable du décès de 19 commerçants, assassinés par des membres de groupes paramilitaires, les faits s'étant produits à Port Boyacá le 6 octobre 1987. Cette sentence est historique parce que pour la première fois un tribunal international implique l'État colombien dans "la création de, et l'assistance à" des groupes d'auto-défense dans les années 80. Le tribunal a déclaré que le groupe d'auto-défenses qui opérait dans le Magdalena Medio "agissait avec la collaboration et l'appui de diverses autorités militaires des Forces Armées Colombiennes dans cette zone. Les paramilitaires ont disposé de l'appui du haut commandement militaire dans les actes criminels qu'ils ont commis. Entre décembre 1988 et novembre 1989 73 massacres similaires se sont produits, selon des données du Cinep. La Cour Interaméricaine de Droits Humains est un organisme de l'OEA (Organisation des Etats Américains) qui a son siège au Costa Rica, et qui a déjà condamné la Colombie en deux autres occasions : en 1994, pour la disparition d'Isidro Baballero et María del Carmen Santana, et en 2002, pour l'exécution extrajudiciaire de sept paysans par des membres de la Police au Putumayo. La Cour Interaméricaine a déclaré que l'action de la justice colombienne pour éclaircir ces faits n'avaient pas été "satisfaisante", parce que 17 ans après le massacre on n'avait pas encore condamné tous les auteurs des faits, pourtant connus. Le 17 mars 1998 le Tribunal Supérieur Militaire avait cessé toute action judiciaire contre les soldats et officiers incriminés.
"J'ai à
informer la Colombie et le monde que le commandant en chef des FARC
jouit d'une bonne santé et continue à diriger politiquement notre
organisation" a déclaré Raul Reyes, un des sept chefs les plus
importants de ce groupe, dans une entrevue avec Reuters. LA PAIX PARAMILITAIRE : UNE 'PANTOMIME' Reyes a aussi parlé des entretiens de paix du gouvernement avec les paramilitaires d'extrème-droite - dont les FARC rappellent qu'il coopèrent avec les militaires - "C'est une pantomime, une duperie." déclare-t-il. Uribe, dont le père a été tué lors d'une tentative d'enlèvement par les FARC dans les années 80, était un critique féroce des entretiens de paix avec les rebelles sous le gouvernement précédent. Les perspectives de nouveaux entretiens de paix semblent éloignées. Uribe a déclaré qu'il ne parlerait pas avec un quelconque groupe armé illégal si ce dernier ne déclarait pas préalablement un cessez-le-feu. Et les FARC, en plus de la démilitarisation de deux provinces du sud, exigent également comme condition pour les négociations, qu'elles concernent la réforme sociale et pas seulement la guerre. Les FARC demandent la conclusion de ce qu'ils appellent "un échange humanitaire," pour échanger environ 70 otages contre des rebelles en prison. Mais ils refusent la demande d'Uribe que les prisonniers libérés ne rejoignent pas ensuite les rangs des guérilleros.
21/07/04 : La guérilla des Farc écarte la possibilité de négocier avec le gouvernement d'Álvaro Uribe une solution politique au conflit armé interne.
Dans un communiqué
divulgué sur Internet, l'organisation réaffirme qu'elle est
"disposée à entreprendre, avec un nouveau gouvernement, la tâche
titanesque de la construction de la paix". Dans ce communiqué adressé aux familles des soldats des Forces Armées Colombiennes, les Farc déclarent également que "le Plan Patriota du président Uribe sera un échec total et inévitable", bien que "depuis un certain temps le Président Uribe Vélez essaye de vendre à une partie de la société colombienne et aussi au monde l'illusion d'une défaite militaire de la guérilla".
20/07/04 : Aux USA, des membres du Congrès dénoncent la situation en Colombie pour sa pratique en matière de service militaire - théoriquement obligatoire pour tous - mais dont les fils des familles aisées sont systématiquement exemptés, alors que, (disent les Congressistes) "des soldats des ETATS-UNIS sont envoyés pour se battre dans ce pays ". Le Congressiste Bart Stupak, pendant la discussion sur le budget 2005 des opérations à l'étranger, a indiqué que cette politique d'exempter les fils et les filles de l'élite a été mise en place depuis le commencement de la guerre civile il y a 40 ans. La loi colombienne permet en effet d'exempter les recrues militaires pourvus d'un diplôme de lycée de servir dans des unités de combat. "Si l'élite, les Colombiens instruits, n'envoient pas leurs fils et leurs filles au combat dans leur propre guerre civile, pourquoi des troupes américaines sont-elles envoyées en Colombie ?" demande Stupak. "Chaque année les Colombiens nous disent que cette question va être abordée, mais à chaque fois on reporte la discussion". "En attendant," indique Stupak, "notre administration veut augmenter le nombre de militaires des ETATS-UNIS en Colombie de 400 à 800. "La Colombie doit changer ses lois pour éliminer les pratiques discriminatoires existantes et pour créer un engagement universel de service militaire sans distinction pour des conditions économiques, sociales ou scolaires," a dit Stupak. "c'est une raison de plus pour laquelle les ETATS-UNIS ne devraient pas envoyer de troupes additionnelles en Colombie. Stupak et beaucoup d'autres membres du Congrès ont exprimé des inquiétudes en ce qui concerne un certain nombre de problèmes liés à la Colombie, y compris le rôle des militaires des ETATS-UNIS, les droits de l'homme, la fumigation aérienne des récoltes illicites de drogue, les programmes d'interdiction de la drogue, la situation des otages des ETATS-UNIS, et les niveaux de financement pour la Colombie, qui se sont montés à plus de $3.7 milliards depuis 2000.
20/07/04 : Selon la police, l'épouse de l'attaché culturel français en Colombie, Suad Gómez, qui s'était échappée après avoir été kidnappée vendredi passé près de Bogota, aurait dû être livrée à la guérilla des Farc par une bande de la délinquance commune responsable de cet enlèvement. "Nous
savons que Madame Gómez allait être livrée par ces délinquants
à un front des Farc", a dit à l'AFP le Colonel Yesid Velásquez,
Commandant de la Police dans le Département de Cundinamarca.
19/07/04 : Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Íngrid Betancourt, est revenu des Etats-Unis où il s'était réfugié. Il affirme "ne plus avoir reçu de menaces" mais il craint que la détention des kidnappés ne se transforme en une "détention à vie". À l'occasion du
lancement d'une campagne nationale en faveur d'un accord pour un échange
humanitaire, ce publiciste - toujours habillé de de noir -
s'est montré assez pessimiste quant à une éventuelle libération des
personnes au pouvoir de la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires
de la Colombie (Farc).
18/07/04 : Dans El Tiempo aujourd'hui, un éditorial sur la question contreversée de ce qu'il faudrait faire pour aborder le problème des séquestrés : La libération des jeunes frères Losada - que le président Álvaro Uribe a qualifié de de pécuniaire et non humanitaire - met en évidence, une fois de plus, la signification et les complexités du phénomène du kidnapping en Colombie et de ses conséquences politiques et humaines profondes. Payer ou non la rançon ? Conclure ou pas un accord humanitaire, un échange de prisonniers entre soldats et kidnappés politiques contre des guérilleros emprisonnés ? Inclure ou non dans cette transaction sinistre l'immense majorité des colombiens kidnappés qui n'ont aucune valeur 'politique ', mais servent plutôt d'objet à un commerce répugnant ? Voici, entre autres, les questions que cette pratique horrible pose à un pays qui, en dépit de la réduction des chiffres, est encore le champion mondial du kidnapping. Depuis janvier 1996 jusqu'à avril de cette année, 21.822 colombiens ont été kidnappés. Une personne toutes les trois heures, chaque jour, pendant les huit ans et demi passés. Parmi eux, 776 sont morts en captivité. Un tous les trois jours. Plus de 6.000 - un peu plus d'un quart - ont été kidnappés par les Farc. Près de 2.200 sont des enfants. Chiffres macabres. Qui montrent le peu de cas que les groupes armés font la vie humaine, et l'ampleur du problème que ce gouvernement ou tout autre a entre des mains. Sortir de ce dilemme est un défi des plus compliqués. Les adversaires de l'échange prétendent qu'accepter ce principe encouragerait les ravisseurs à continuer à kidnapper. Ses partisans exposent le drame des milliers de victimes, que peuvent seulement comprendre ceux qui l'ont vécu, comme celui de la famille de Cecilia María Vélez, qui a payé à deux occasions une rançon pour un frère mort. Le phénomène est arrivé à un tel point qu'en Colombie le kidnapping est divisé en familles. Il y a celles d'une cinquantaine de fonctionnaires et de sous-officiers de la force publique, certains d'entre eux détenus comme 'prisonniers de guerre ' par la guérilla depuis plus de cinq ans. Ils y a celles de presque 30 personnes (Íngrid Betancourt et Clara Rojas, les députés de l'Assemblée de la Vallée, plusieurs congressistes), capturées pour des motifs politiques. Et il y a un nombre qu'on estime à 3.000 colombiens, anonymes, qui sont détenus dans la montagne pour faire l'objet d'un paiement de rançon ou mourir. Les premières familles se sont organisées et exercent toutes formes de pression politique envers le Gouvernement. Celles de la grande majorité de de kidnappés, ceux qui ont un prix, par contre, négocient individuellement, en secret, avec leurs ravisseurs, payent et espèrent qu'on les remette en liberté, en évitant tout débat public. La famille Losada synthétise ce drame : les deux jeunes gens ont été restitués en échange d'une rançon, tandis que leur mère est encore kidnappée, dans l'attente d'un 'échange ' politique, chaque jour plus improbable. Le Gouvernement, bien que maintenant une ligne dure, a cédé sur quelques points. Il a suspendu ses exigences de cessez-le-feu comme condition pour examiner un échange, il a autorisé à l'Église à parler avec les Farc et a renoncé à son exigence que les guérilleros libérés quittent le pays. Mais il maintient sa position que ceux qui seraient libérés de prison ne commettent plus de nouveaux délits. Les Farc, en plus d'avoir nommé une commission de négociation avec un gouvernement avec lequel ils avaient pourtant déclaré qu'ils ne négocieraient jamais, n'ont pas cédé un millimètre. Difficile, donc, d'imaginer des positions plus éloignées, ce qui rend plus éloignée la possibilité d'un accord. Si au moins les Farc voulaient réellement poser un geste humanitaire - libérer, par exemple, des kidnappés malades ou un groupe des plus anciens membres de la force publique qui sont entre leurs mains... un signal élémentaire, humain, qui pourrait redonner vie à un processus empêtré depuis plusieurs mois ! Un accord est nécessaire et possible ! D'abord, le Gouvernement a l'obligation d'essayer de libérer ses militaires et ses policiers capturés. C'est une loi de la guerre, que même les Israéliens, qui poursuivent pourtant une politique radicale, ne contestent pas. Ils ont dernièrement échangé un soldat mort contre des douzaines de prisonniers palestiniens. Deuxièmement, l'État doit se préoccuper du sort des autres kidnappés. Non seulement dans ceux 'politiquement ' précieux, mais aussi de ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont victimes de ce crime horrible depuis des années. * * * * Une partie du problème est l'opinion de certains qui veulent en faire une affaire uniquement entre les mains du Gouvernement et de la guérilla. Ce serait différent tout si dans le pays, peuplé maintenant d'indifférents, explosait un mouvement de masse, dans les rues et les avenues, pour les kidnappés, qui canalise massivement l'indignation nationale. En Argentine, les Mères de la Plaza Di Mayo se sont battues pour découvrir la vérité sur les disparus de la dictature; elles ont commencé comme poignée d'héroïnes isolées et ils se sont transformées un mouvement massif, qui a catalysé le rejet de toute une société. Que se passerait-il si la Place Bolivar de Bogota était régulièrement remplie de gens qui exigent la libération de tous les kidnappés ? Pourquoi les parents des milliers de capturés anonymes de la guérilla, qui négocient leur libération séparément, ne s'unissent-ils comme l'ont fait fait les familles des soldats et policiers et des captifs 'politiques ? Des protestations massives seraient une manière de démontrer aux séquestreurs infâmes la taille de l'indignation nationale. Les Colombiens devraient aussi faire face au débat sur la question de de payer ou non une rançon. Le kidnapping un drame sans fin est et un opprobre pour les groupes armés qui le pratiquent. Les Nations Unies et la Communauté internationale sont fatiguées de leur dire que c'est une violation des normes les plus élémentaires du droit international. Peut-être que seule une immense mobilisation des citoyens contre cette pratique dégradante pourrait faire entrevoir une issue. Tant que les positions du Gouvernement et du Farc seront comme maintenant tellement éloignées, il est très difficile d'imaginer une autre solution.
17/07/04 : Les pays du Mercosur sont inquiets sur l'issue du référendum qui se tient en Bolivie sur l'avenir du gaz : une préoccupation pour l'ensemble de la région car il pourrait déboucher sur une instabilité aux portes de la Colombie et du Venezuela, que les Américains redoutent plus que tout. Ils ne sont pas les seuls. Les milliers de soldats et de policiers ne seront pas les seuls à scruter le bon déroulement du référendum de demain sur l'avenir du gaz, principale richesse du pays. Une bonne partie de la communauté internationale a les yeux rivés sur la Bolivie, où se joue à la fois l'avenir énergétique de la région et son équilibre géopolitique. Témoin, la présence de représentants de l'Organisation des Etats américains (OEA), du Centre Carter (du nom de l'ex-président américain) et d'envoyés du gouvernement argentin venus constater la bonne tenue du scrutin. Située exactement au centre du continent Sud-Américain, la Bolivie est devenue une source de préoccupation pour toute la région. Elle cumule une pauvreté extrême, une instabilité politique conduite par une révolte des indigènes (qui représentent les trois quarts de la population), des ressources énergétiques considérables, mais aussi la troisième production de feuille de coca du sous-continent. C'est cette dernière, produit de consommation traditionnelle dans les Andes mais aussi ingrédient de base de la cocaïne, qui met depuis vingt ans la Bolivie pratiquement sous tutelle américaine. Ici, les partis traditionnels ont pour habitude d'envoyer la liste de leurs candidats à toutes les élections à l'ambassade des Etats-Unis pour s'assurer de leur soutien. Un échec du référendum, et partant, de Carlos Mesa, pourrait s'avérer désastreux : il pousserait Evo Morales, le chef des producteurs de feuilles de coca (cocaleros) de la région du Chaparé à se radicaliser. Or, depuis quelques mois, cet homme, longtemps bête noire des Américains, ne renie plus le système politique bolivien, comptant même faire des municipales de décembre 2004 un tremplin pour les élections présidentielles de 2007. Que son parti revienne à des positions plus dures, en ralliant les syndicats ouvriers de l'Altiplano ou les mouvements indigènes extrémistes, et c'est toute la région andine qui pourrait s'embraser, alors que la situation est aussi très tendue au Pérou et en Equateur. Une instabilité aux portes de la Colombie et du Venezuela que les Américains redoutent plus que tout. Ils ne sont pas les seuls. A Puerto Iguazu, où ils se retrouvaient pour un sommet du Mercosur, les présidents argentin et brésilien n'ont pas caché leurs inquiétudes. En quittant la réunion, Luiz Inacio «Lula» da Silva a même fait un crochet par la Bolivie, pour faire connaître son soutien au référendum. Il n'a pas en tête que la sécurité de la région. Pour Brasilia, comme Washington, Paris, Londres et Madrid, les intérêts économiques sont considérables. Quelque 20 grandes multinationales (dont la britannique British Gas, la française Total et l'espagnole Repsol, via sa filiale argentine) ont investi dans le pays. La remise en cause des contrats signés avec la brésilienne Pétrobras est inenvisageable, a clairement annoncé jeudi l'ambassadeur brésilien à La Paz, Antonio Mena, qui refuse également d'envisager une hausse des royalties. Pour faire passer la pilule, le Brésil joue les puissances généreuses en annulant une partie de la dette publique bolivienne et en délivrant des crédits pour la construction de routes. Pour l'Argentine, l'enjeu est autre : le pays, qui connaît une grave crise énergétique, dépend aujourd'hui des livraisons quotidiennes de 4 millions de m3 de gaz bolivien, dont la pérennité est en péril. Carlos Mesa est donc dans une situation d'autant plus compliquée que les «méchants» traditionnels, les Etats-Unis, ne sont pas seuls en cause. Nationaliser les hydrocarbures, comme l'exigent les mouvements sociaux, ce serait aussi tenir tête à Zapatero, Lula et Kirchner, ses principaux soutiens. 16/07/04 : Harcelé par l'armée, Manuel Marulanda, le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), alterne combats et dialogue avec les pouvoirs successifs, sans baisser la garde. Aujourd'hui, Marulanda se trouverait quelque part dans les jungles du Sud colombien, peut-être hors d'atteinte d'une offensive lancée par l'actuel président, Alvaro Uribe. Des rumeurs le disent mort, comme tant de fois par le passé ; d'autres, affecté par un cancer de la prostate. Le plus probable est que Pedro Antonio Marin (son vrai nom) meure de vieillesse, comme avant lui les principaux rescapés de Marquetalia. Voir son portrait publié vendredi par Libération. 16/07/04 : A Bogota, une "Assemblée Permanente de la Société Civile pour la Paix" lance une campagne pour un accord humanitaire. La Campagne se propose de dynamiser et de coordonner des actions existantes comme celles promues par les parents des kidnappés et des prisonniers politiques qui exigent du gouvernement national et des groupes armés un accord qui permette la libération de toutes les personnes privées de liberté en raison du conflit ; les peuples indigènes qui exigent des combattants le respect de leur autonomie, de leurs territoires et de l'intégrité de leurs Communautés ; les hommes et les femmes de la campagne qui exigent la cessation des attaques réitérées et des abus dont ils sont les victimes ; les millions de personnes en situation de déplacement forcé qui aspirent à des solutions durables qui leur garantissent une vie digne ; et les propositions humanitaires promues par tous les secteurs sociaux et dans toutes les régions touchées par le conflit armé et la violence politique. La Campagne développera des campagnes de mobilisation, des débats publics, toutes formes de communication et d'expression dans tout le pays en vue de sensibiliser l'opinion publique, pour obtenir le soutien des citoyens et le concours de la Communauté internationale autour des propositions pour des Accords et Compromis Humanitaires conclus entre l'État et les groupes armés. La campagne se tiendra entre le 15 juillet et le 9 décembre 2004
Jaime Felipe et et Juan Sebastián sont rentrés hier à leur maison de Neiva, grâce au paiement d'une rançon, après trois années de détention. "Mr le Président, notre joie n'est pas complète. il y a encore d'autres kidnappés là-bas. Nous vous demandons, ainsi qu'aux commandants de la guérilla, de ne plus retarder l'accord humanitaire ", a dit Jaime Felipe, dans une de ses premières déclarations à la presse après la libération. Les Farc détiennent encore leur mère, Gloria Polanco, élue au Congrès, tout comme un groupe d'autres prisonniers que les Farc prétendent 'échanger ' contre des guérilleros emprisonnées par le gouvernement. Le kidnapping de Jaime Felipe et Juan Sebastián s'est terminé grâce au paiement d'une rançon. 'Pipe 'et 'Tatán ', comme les appellent affectueusement leur famille et leurs amis, ont entrepris leur retour il y a cinq jours depuis les montagnes du Caquetá. "Nous n'avons jamais senti la pression de l'Armée. Nous avons toujours été détenus dans la forêt ", rapporte" Pipe ". Ils ont quitté les Farc à cinq heures de marche de San Vicente du Caguán, l'ancienne par zone de distension, et ils ont attendu calmement que leur oncle Gustavo Polanco et l'ingénieur Germán Vargas, ami de la famille, viennent les chercher en voiture. Ils ont dormi dans l'hôtel Orchidée de San Vicente, ont mangé de la glace, ont bu, et ont dépensé 141.800 pesos en appels longue distance à leur famille. Hier, ils se sont baignés et ils ont été changés de vêtements et ont mis à nouveau les bottes de caoutchouc avec lesquelles ils marchaient dans la forêt, pour entreprendre leur retour à Neiva. Ils ont rejeté l'offre du président Uribe de dormir dans la base militaire et d'être transportés en avion militaire pour retrouver les leurs. 'Pipe 'et 'Tatán 'sont des hommes maintenant, très amicaux et sûrs d'eux. Ils ont laissé là-bas non seulement leur mère, mais aussi une autre famille, celle des autres kidnappés avec lesquels ils ont passé toute leur captivité depuis ce 26 juillet 2001, et avec lesquels ils sont restés jusqu'il y a un mois. Durant leur captivité, ils priaient ensemble, ils jouaient aux "naipes" et aux dominos, ils mangeaient des haricot, des pois, des lentilles et du riz et de la viande. Jaime Felipe se donne comme mission de parler avec le président Uribe, avec les familles de séquestrés et avec toute la Colombie : "Président : notre joie n'est pas complète. Ils reste encore beaucoup de séquestrés. Je veux lui demander ainsi qu'aux commandants de la guérilla qu'ils ne retardent plus l'accord humanitaire ".
14/07/04 : Les fils de l'ex congressiste Gloria Polanco, libérés par les Farc, sont arrivés à San Vicente del Caguán. Cette nouvelle a été confirmée par Gustavo Polanco, oncle de Juan Sebastían et d'Andres Felipe Losada Polanco, qui viennent d'être libérés après trois ans de détention. Les jeunes sont arrivés à San Vincente vers neuf heures du soir ce mardi; leur moral est bon mais "ils sont assez fatigués parce qu'ils ont marché pendant huit jours dans la forêt" a indiqué Polanco à Radio Caracol, après avoir déclaré que les deux frères se trouvaient dans un hôtel de San Vicente, gardés par les autorités, et que dans les prochaines heures ils se rendraient à Neiva, où ils habitaient avant leur enlèvement. Juan Sebastián, 20 ans, et Andres Felipe Losada Polanco, 18, avaient été kidnappé avec leur mère (toujours détenue) le 26 juillet 2001, quand la guérilla avait fait irruption dans leur résidence, dans le bâtiment Miraflores de Neiva. Outre les fils de Lozada et leur mère, les Farc ont également kidnappé douze autres voisins du même bâtiment, la nuit du 26 au 27 juillet 2001. Près d'une cinquantaine de guérilleros avaient simulé une opération militaire anti-enlèvement et avaient occupé le bâtiment pour rechercher ceux qu'ils avaient l'intention de kidnapper. Ce que cherchaient les rebelles c'était Lozada, qui à l'époque occupait un siège au Sénat, par le Parti Libéral. Lozada s'est abstenu de participer à la réélection aux élections de mars 2002, mais à sa place il a proposé de voter pour son épouse, qui a été élue à la Chambre de Représentants. La majorité de victimes de ce kidnapping, sans précédent dans le pays, ont été remises en liberté de manière progressive par les insurgés. La congressiste Gloria Polanco a été désignée par les Farc pour faire partie du groupe de plus de soixante détenus de la force publique, de politiciens et d'étrangers - trois Américains - qu'ils veulent échanger contre 500 rebelles emprisonnés. Le Gouvernement du président Álvaro Uribe a rejeté un accord dans les termes proposés par le groupe insurgé; il exige que ces derniers remettent en liberté sans condition tous les citoyens qu'il a kidnappés, après quoi il considérerait l'élargissement de prisonniers. Un comité de l'Église Catholique, autorisé par l'Exécutif, agit comme médiateur entre les parties, tâche à laquelle s' ajoute une mission de "bons offices" des Nations Unies, qui dans les deux cas n'ont pas donné de résultats.
14/07/04 : 95% des meurtres de journalistes commis dans le pays au cours des deux dernières décennies, restent impunis ! C'est ce qu'a dénoncé l'Argentin Ricardo Trotti au cours du séminaire de la Société Interaméricaine de Presse (SIP), qui se tient à Bogota. Trotti, directeur de la section de Liberté de Presse de la SIP, a expliqué que cet organisme promeut depuis cinq années ses recherches propres de plusieurs crimes de journalistes colombiens. Il a indiqué que ce travail cherche à "exercer une pression sur les autorités régionales pour que les crimes contre les journalistes ne restent pas impunis". "L'impunité des meurtres de journalistes en Colombie dépasse 95 pour cent des cas", a souligné Trotti. En ce moment, la SIP étudie 52 cas de crimes contre des journalistes en Colombie, et spécialement "six qui ont été énormes", a indiqué Trotti. Parmi ceux-ci celui du directeur du périodique "El Espectador", Guillermo Cano, assassiné le 17 décembre 1986 à Bogota et qui est attribué à Pablo Escobar, l'ex-dirigeant du cartel de Medellín.
13/07/04 : Le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a exprimé sa préoccupation pour le déplacement forcé de paysans en Antioquia et Casanare. Une
centaine de familles secteur rural de San Carlos (Antioquia) ont fui
leurs terres après que les Farc aient assassiné sept paysans qui étaient
revenus dans leur village, sous le prétexte qu'ils l'avaient fait sans autorisation.
A Casanare, ce sont des confrontations entre deux factions
paramilitaires qui ont généré un exode de paysans. Dans cette zone ce sont les Auto-défenses Campagnardes du Casanare (ACC) contre le Bloc Centauros des Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC) qui s'opposent. Selon le général Avila, la confrontation est due "à un conflit de territoire et à une guerre pour la commercialisation de la coca". 12/07/04
: Nous célébrons ce lundi le 100ème anniversaire de la naissance du poète chilien Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature, ancien diplomate persécuté politiquement qui mourut de maladie 12 jours après le putsch du général Pinochet en 1973. Dans son interview par Michèle Cédric (RTBF, diffusée par la Télévision belge deux semaines avant son enlèvement) Ingrid raconte :
11/07/04
: C'est avec
un message aux groupes armés illégaux pour qu'ils libèrent dès que
possible tous les kidnappés que la Conférence Épiscopale a terminé
son assemblée plénière à Bogota.
10/07/04 : On connaît la grande influence de l'Eglise Catholique en Colombie. L’agence Fides (agence du Vatican) a demandé à Mgr Oscar José Vélez Isaza, CMF, Evêque du diocèse de Valledupar, un témoignage sur la situation de violence qui ensanglante ce pays depuis des décennies, sur ses causes, et sur l’engagement de l’Eglise Catholique locale pour la pacification, engagement qui lui a coûté un lourd tribut de sang, avec des prêtres, des religieux et des laïcs assassinés. Voir ci dessous le texte de cet entretien :
09/07/04 : Le frère du Ministre de l'Éducation, qui avait été kidnappé par les Farc il y a trois ans, a été assassiné par ses ravisseurs. Le cadavre de Bernardo Vélez White a été retrouvé dans la commune de Frontino, où il avait été kidnappé le 23 mars 2001. Sa famille avait payé une rançon, mais elle n'avait pas obtenu de résultats. Vélez est la dernière victime d'une famille qui a été soumise à des menaces et à des meurtres pendant la dernière décennie par des groupes armés en marge de la loi.
08/07/04 : Le directeur de Human Rights Watch pour l'Amérique, José Miguel Vivanco, a demandé que l'on évite d'accorder l'impunité pour les crimes commis par les paramilitaires de l'AUC, qui sont en ce moment en négociation avec le gouvernement colombien. "Il faut veiller que ces groupes n'obtiennent pas simplement de blanchir leurs actifs, d'améliorer leur crédit et de passer quelques petites années dans un système de réclusion, pour ensuite continuer à mener leurs affaires comme ils l'ont fait jusqu'à présent". Le
gouvernement vient en effet de leur concéder légalement une
"zone de regroupement" dans le département de Cordoue, où
quelque 400 paramilitaires se sont concentrés, avec parmi eux une
vingtaine de leurs dirigeants. 07/07/04
: L'unique guérillero
extradé par la Colombie aux Etats-Unis, Nelson Vargas, accusé des
meurtres de trois Américains, a été renvoyé à Bogota vendredi par
les autorités américaines, a révélé mardi une source du
gouvernement. Il n'y a pas de preuves. 06/07/04 : Les évêques de l'Église Catholique insistent la nécessité d'un accord humanitaire avec les Farc. En entamant aujourd'hui leur Assemblée Plénière, ils ont rappelé que les raisons humanitaires devaient avoir priorité sur les raisons juridiques "pour la liberté de tous ceux qui en sont privés". Ils ont demandé aux Farc de "manifester leur volonté de paix avec des actes significatifs qui démontrent à la population colombienne qu'en effet ils veulent mettre un terme à tant de douleur et d'angoisse, et contribuer positivement à la construction de la paix à laquelle la population aspire". En outre, ils ont rappelé aux paramilitaires de l'AUC qu'il était "nécessaire d'agir avec cohérence et avec grandeur pour construire la confiance et gagner l'appui de la Communauté nationale et internationale". Les évêques du pays ont reconnu que les négociations avec les AUC, tout comme celles avec l'ELN, ouvrent un espace d'espoir pour le pays. "Malgré les frustrations des processus précédents, nous réclamons des Colombiens une attitude positive et une volonté décidée de seconder les efforts qui sont faits pour que se terminent avec succès ces processus", a dit le Cardinal Pedro Rubiano, président de la Conférence Épiscopale de la Colombie. Sur la situation avec l'Eln, les évêques ont exprimé leur satisfaction quant aux propositions de gouvernement mexicain de faciliter les négociations entre les parties en conflit. "Le Mexique est un pays qui non seulement a donné des preuves d'amitié tout au long de son histoire républicaine, mais il a s'est montré également respectueux de la libre détermination des peuples et il représente donc une garantie de sérieux pour un processus de paix", a dit monseñor Rubiano. l'Église de Colombie condamne donc une fois de plus le kidnapping et la détention illégale de civils. Elle insiste sur la nécessité d'un Accord Humanitaire avec les FARC, tant pour des raisons de légalité que des raisons de dignité humaine. Elle rappelle qu'il faut distinguer entre un "Accord Humanitaire" et un "Échange de prisonniers". L'échange concerne les combattants, membres des Forces Armées ou de la Police, mais jamais les civils qui sont en marge du conflit ; ce serait donner une valeur économique à la personne humaine et on ouvrirait ainsi une porte à des pratiques inacceptables : quand l'autorité légitime mettrait en prison un insurgé, la guérilla pourrait alors kidnapper un citoyen pour servir de monnaie d'échange. Pour cet accord, le Droit International Humanitaire met à la disposition du Gouvernement National des instruments juridiques conformes à la Constitution et aux arrêts de la Cour Constitutionnelle.
05/07/04
: En décembre 2000, des bataillons étasuniens entraînés à la lutte contre les narcotiques, des hélicoptères Blackhawk fournis par les Etats-Unis et des avions étasuniens mènent à bien la campagne de fumigation aérienne du Plan Colombie. | ||||||||