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30/06/04 : Un vaste coup de filet antidrogue a mis fin au cartel des Caraïbes, responsable de l'envoi de 94 tonnes de cocaïne par an entre la Colombie et les Etats-Unis. Parmi les 87 trafiquants interpellés dans six pays, figurent les responsables du cartel.

Réalisée en deux temps, elle constitue l'un des plus grands coups portés au narcotrafic dans le monde après le démantèlement des cartels de Medellin en 1993 et de Cali en 1995, selon les experts antinarcotiques. Outre la Colombie, elle s'est déroulée aux Bahamas, Panama, Jamaïque, Canada et Etats-Unis.

Le «baron» du cartel des Caraïbes, le Colombien Elias Cobos Munoz, ainsi que ses six lieutenants du pays andin ont été arrêtés dans différentes villes de Colombie.

Ces sept chefs du trafic de cocaïne faisaient tous l'objet d'une demande d'extradition par les autorités judiciaires des Etats-Unis. Le cartel des Caraïbes a ainsi été démantelé. Les enquêtes ont exigé 15 mois de filatures dans les six pays.

Les interventions policières dans les pays concernés ont été réalisées avec l'aide de la DEA (Administration antidrogue américaine). Elles ont permis d'abord la détention de 18 trafiquants en Colombie, 43 aux Bahamas, 2 au Panama, 2 en Jamaïque et 5 au Canada, puis de 11 autres en Colombie et 6 aux Etats-Unis, selon la même source.

La cocaïne envoyée par le cartel des Caraïbes aux Etats-Unis représentait 27% de la drogue colombienne destinée à ce pays. Elle était transportée sur mer à bord de vedettes rapides, notamment depuis les ports de Barranquilla et Santa Marta.

29/06/04 : L'Ambassadeur des Etats-Unis se montre sceptique quant au dialogue du gouvernement colombien avec les Auto-défenses (paramilitaires d'extrême droite)

William Wood a déclaré que les paramilitaires n'avaient pas rempli les conditions pour ce dialogue et qu'ils avaient pour but le narcoterrorisme, non la paix.

"La valeur du processus dépend cent pour cent de l'accomplissement des conditions par les paramilitaires et ils n'ont rien accompli", a déclaré l'Ambassadeur.

"Je ne suis pas sûr que les auto-défenses aient un objectif tant soit peu politique... Ils n'ont qu'un seul programme : le narcoterrorisme et un seul agenda : la destruction ", aurait ajouté le diplomate.

L'ambassadeur, qui a dit par ailleurs que les relations entre les deux pays étaient "très positives", a signalé que les paramilitaires ne peuvent pas poursuivre leurs activités illicites et qu'ils devaient se préparer à en assumer les conséquences s'ils ne changent  pas.

Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les groupes paramilitaires sont engagés dans des rapprochements pour entamer un dialogue de paix depuis un an et demi. Jeudi prochain on inaugurera la zone démilitarisée de 368 kilomètres carrés que le gouvernement leur a concédée pour être le siège des dialogues et où les chefs de ces groupes irréguliers pourront se réfugier.

Le gouvernement a présenté un projet de loi, connu comme "alternatividad penal", qui permettrait que les chefs paramilitaires ne risquent pas la prison pour leurs crimes, bien qu'ils soient accusés de crimes contre l'humanité.

Le dirigeant principal des paramilitaires, Salvatore Mancuso, est réclamé pour extradition par les Etats-Unis avec des charges de terrorisme, et d'autres dirigeants sont dans la liste des grands narco-trafiquants établie par le département d'État.

Les paramilitaires figurent dans la liste de terroristes du gouvernement américain, avec les deux principales organisations guérillas colombiennes (Farc et Eln).

28/06/04 : Le directeur en Colombie du Bureau du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits Humains, Michael Frühling, considère que les normes internationales permettent un accord avec la guérilla.

Les Nations Unies insistent sur les inconvénients du Statut Antiterroriste. Michael Frühling n'a pas de doutes à ce sujet : les responsables du drame des personnes kidnappées dans le pays sont les organisations qui les maintiennent en captivité. Et dans cet ordre d'idées, seule une une libération sans condition est acceptable.

Selon le diplomate, cette position n'empêche pas l'État de rechercher des accords éventuels pour obtenir leur liberté, dans le cadre du Droit International Humanitaire.

Quelle serait une issue possible pour le drame des combattants en uniforme et des politiciens kidnappés par les Farc ?

Les Farc ont l'obligation de libérer sans aucune condition, saines et sauves et dès que possible, les personnes qu'ils ont kidnappées. Dans l'absence pénible de cette libération, c'est à l'État  de chercher des moyens de garantir leur droit à la liberté.

Les normes du Droit International Humanitaire n'interdisent-elles pas ce type d'accords ?

Il n'y a aucune limitation, légalement parlant, pour envisager des solutions. En ce qui concerne les soldats et les policiers détenus, on pourrait sans problèmes se  baser sur l'Article III des Conventions de Genève. Quant aux civils retenus en otage, on peut se baser sur le préambule du Protocole II Additionnel.

Accepter les prétentions des Farc n'aurait-il pas comme conséquence de provoquer d'autres kidnappings ?

Le Gouvernement a une politique ferme pour faire face à ce problème. Les chiffres démontrent que cette politique et d'autres facteurs ont fait diminuer dans les kidnappings dans une faible mesure. Nous ne voyons pas pourquoi on ne pourrait pas chercher une solution sans qu'elle aboutisse à un accroissement de cette pratique condamnable.

27/06/04 : Oxygeno Verde, le parti politique d'Íngrid Betancourt, a rejeté la déclaration de l'Église.

Le parti a manifesté son désaccord avec la position de l'Église Catholique selon laquelle cette dernière ne soutiendrait pas un échange humanitaire éventuel.

"Nous voyons avec préoccupation que les perspectives d'une libération de nos proches s'obscurcissent, dans la mesure les positions de nos dirigeants ne nous aident pas", a déclaré Oxygèno Verde dans un communiqué.

Cette déclaration fait suite à celles formulées par le directeur du Conseil Épiscopal latino-americain (CELAM), monseñor Pedro Rubiano, qui avait déclaré que "il ne peut pas y avoir un échange entre des civils et des insurgés".

Le parti politique a réitéré sa préoccupation concernant la situation actuelle et a exigé, une fois de plus, "l'immédiate libération d'Íngrid Betancourt, de Clara Rojas (sa colistière dans la campagne présidentielle) et de tous les kidnappés de Colombie".

"Nous sommes alarmés par le degré d'indifférence, pour ne pas dire plus, quand nous voyons que l'on ne met pas l'accent sur la liberté pour les kidnappés, mais sur un rejet à l'échange entre les kidnappés des Farc et des rebelles de ce groupe armé,  sous le fallacieux prétexte de ne pas donner une valeur économique à des personnes", ajoute le communiqué.

ndlr : Lorsqu'on lit attentivement les différents communiqués, on peut remarquer que l'Eglise ne rejette pas le principe d'un accord humanitaire, mais qu'elle limite l'application de cet accord aux prisonniers "en uniforme". C'est une position qui semble identique à la fois aux règles internationales, et à la déclaration d'Ingrid Betancourt elle-même, dans sa vidéo tournée en mai 2003.

26/06/04 : L'Eglise colombienne s'est opposée jeudi à un échange éventuel entre otages civils de la guérilla et rebelles détenus, et au paiement de rançons pour libérer les séquestrés, par la voix du cardinal Pedro Rubiano, président de la Conférence épiscopale colombienne.

"Il ne peut y avoir un troc entre insurgés et civils, ces derniers ne peuvent être séquestrés, un tel échange n'est normal qu'entre combattants", a déclaré le prélat lors d'une réunion à Bogota du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM).

Mgr Rubiano faisait ainsi allusion à la détention par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principale guérilla du pays avec 17.000 hommes, de 1.600 otages, dont 21 responsables politiques, y compris Ingrid Betancourt, 47 officiers de l'armée, trois Américains, les autres séquestrés étant des membres de la société civile. 300 rebelles des FARC sont détenus dans les prisons locales.

Ingrid Betancourt a été enlevée par les FARC le 23 février 2002, alors qu'elle était candidate à la présidence de Colombie pour le parti Vert Oxygène.

"Le pays rejette l'idée de donner une valeur économique à une personne comme s'il s'agissait d'un animal emmené à la foire", a ajouté Mgr Rubiano, avant d'assurer que "jamais un centime ne sera payé si un évêque est enlevé, car ce serait abandonner les principes de dignité et de liberté de la personne".

Les FARC limitent leurs concessions, dans l'hypothèse d'un échange à la libération des politiques, des militaires et des Américains, les civils en étant exclus.

Le président Alvaro Uribe exige la libération de tous les otages des FARC sans exception, contre celle des guérilleros détenus, à condition que ces derniers ne "reprennent pas les armes" ou soient expatriés dans un pays "comme la France".

25/06/04 : Le Congrès espagnol demande à son gouvernement de "réviser le protocole de coopération militaire avec la Colombie"

La Commission des Affaires Extérieures du Congrès espagnol a approuvé ce mercredi une proposition de loi dans laquelle elle incite le Gouvernement "à réviser et à ré-évaluer le protocole de coopération militaire avec la Colombie".

Cette proposition n'a pas été soutenue par le PP (parti de droite) qui a fait valoir qu'il ne pouvait pas approuver une initiative dans laquelle on mettrait la "démocratie amicale" que préside Alvaro Uribe "au même niveau" que la guérilla et les groupes paramilitaires colombiens.

Le texte de la proposition incite l'Exécutif "à maintenir une politique plus 'proactive 'en faveur de la défense des droits humains" en Colombie et à "ouvrir un dialogue avec le gouvernement colombien, directement et par le biais des organismes internationaux" pour l'accomplissement des 27 recommandations formulées par le Haut Commissariat de l'ONU sur ce sujet.

La Commission Européenne a rappelé au gouvernement espagnol la nécessité "de respecter le Code de Conduite de l'UE qui stipule qu'aucun État membre ne peut exporter des armes vers des pays en conflit et où les organismes compétents de Nations Unies, le Conseil de l'Europe ou l'Union Européenne ont constaté des violations graves aux droits humains".

24/06/04 : Si des millions d’Etats-Uniens ont été émus par l’histoire du soldat Lynch, capturée en mars 2003 par les troupes irakiennes, et qui a été transformée en héroïne  après sa libération, peu de personnes ont entendu parler de Thomas Howes, Marc Gonsalves ou Keith Stansell. 

Ces trois Etats-Uniens sont séquestrés depuis déjà seize mois par les FARC. Ils n’étaient pas des membres actifs des Forces armées des Etats-Unis, mais des civils sous contrat [contratistas], engagés par deux auxiliaires de la Northrop Grumman (une entreprise privée qui rend des services au Département d’État nord-américain dans la lutte antidrogue en Colombie et en Afghanistan), et dont l’avionnette fut abattue le 13 février 2003 alors qu’ils survolaient la province de Caquetá, au sud du pays.

Le nombre de civils états-uniens qui participent aux programmes anti-drogues en Colombie a doublé au cours des deux dernières années. Washington vient de décider d’augmenter les effectifs états-uniens de 400 à 500 dans le pays, et de supprimer la limite fixée à la présence d’employés privés.

Dans le pays andin, il y a plusieurs entreprises privées, certaines d’entre elles intimement liées aux sphères du pouvoir de Washington, travaillant pour le gouvernement des Etats-Unis (Lockheed Martin, ARINC, Northrop Grumman, MPRI...). En ce qui concerne le volume d’affaires, c’est DynCorp qui domine. Ses contratistas arrosent des champs de coca, rendent opérationnels des avions et des hélicoptères du Département d’État, organisent des programmes de développement alternatif, réparent les avionnettes et conseillent le ministère de la Défense colombien. Cette mini armée nord-américaine fournit en outre des pilotes, des techniciens, et presque tout type de personnel demandé pour mener la guerre en Colombie, y compris du personnel administratif.

La DynCorp a une longue histoire d’opérations de par le monde. En Colombie, selon Peter Singer, analyste du centre d’études Brookings Institution et auteur du livre Corporate Warriors, les hommes de cette entreprise ont mérité la réputation de « méprisants et prêts à combattre ». Au cours de la guerre dans les Balkans, plusieurs employés de cette compagnie ont été impliqués dans un scandale de trafic sexuel, de prostitution de mineurs et de trafic illégal d’armes en Bosnie.

L’ampleur de l’utilisation en Colombie d’un personnel civil sous-traitant, au lieu de personnel militaire, signifie que peu d’Etats-Uniens ont conscience du niveau d’implication de leur pays dans cet État andin. L’escalade de l’engagement états-unien - au point que la Colombie est le troisième « bénéficiaire » d’aide militaire états-unienne, après Israël et l’Egypte-, met en lumière, tout comme cela s’est passé dans le secteur énergétique, que de nombreuses entreprises militaires ont des intérêts en Colombie et des accords représentant des millions de dollars avec l’administration Bush.

(plus de détails sur ce sujet dans l'article de Risal :)

23/06/04 : Un jour tu te réveilles dans ta maison avec ta famille et le lendemain, tu te réveilles, et ils ont disparu.... 

Ils ont été kidnappés, et tu ne sais pas s'ils sont vivants ou morts. Tu n'as pas encore de nouvelles d'eux, et la seule chose que tu sais c'est que tu as reçu un appel dans lequel on te disait qu'ils avaient été kidnappés. .. 

Dans des pays comme la Colombie, le pays qui où se passent 80 % des Kidnappings dans le monde, ce crime est malheureusement devenu quotidien. Ils y a davantage de kidnappings que de vols et d'autres crimes moins violents.

Et malheureusement le nombre de kidnappings ne baisse pas, et la Communauté internationale paraît souvent ne pas s'intéresser au sujet. Souvent ils cataloguent ce crimes comme du "terrorisme", mais beaucoup de cas de kidnappings ne sont même pas couverts par la presse internationale, même s'ils représentent une des violations les plus flagrantes des droits humains.

Actuellement, on compte autour de 4200 personnes kidnappées en Colombie, selon les chiffres publiés par "Las Voces del Secuestro". 

Le kidnapping est devenu une affaire mondiale. Non seulement la Colombie en souffre, mais également des pays comme l'Argentine, les Philippines, et plusieurs états du Moyen-Orient

Dans certains cas les criminels sont des groupes subversifs partisans, comme le sont les FARC ou l'ELN en Colombie; dans d'autres cas c'est la délinquance commune, ou des groupes rebelles avec motivations uniquement politiques. Mais en général, le but final revient toujours à obtenir de l'argent destiné à commettre davantage de crimes, en privant des personnes privées de leur droit à la liberté.

Le kidnapping est maintenant devenu un moyen de financer la culture de drogues et le trafic d'armes. Et il est assez facile pour les criminels de profiter de la douleur des familles et des amis des kidnappés pour leur extorquer des sommes souvent très importantes. 

Le kidnapping est un crime qui non seulement affecte le pays intérieurement, mais qui en outre affecte la Communauté internationale. Indirectement le kidnapping affecte par exemple des pays comme les Etats-Unis, dans la mesure où on dit que beaucoup de groupes partisans utilisent l'argent du kidnapping pour financer la culture de drogue qui sont ensuite exportées illégalement dans ce pays.

Les habitants de pays comme la Colombie, sensibilisés au moyen de marches pacifiques et d'actions de solidarité de la Communauté internationale, ont besoin de l'appui de cette communauté pour exercer une pression contre les délinquants. Dans des villes comme Miami, et Weston dans le sud de la Floride, on a organisé des marches de soutien et des messes catholiques pour démontrer le besoin d'un soutien de tous.

Le droit à la liberté ne peut continuer à être violé et si, comme en Colombie, certains pays n'ont pas pu le résoudre intérieurement , on a alors besoin de la présence internationale pour combattre ce crime révoltant.

22/06/04 : "Il faut donner la priorité à la paix et à la réconciliation", c'est ce qu'a déclaré le Pape Jean Paul II au groupe des évêques de la Conférence épiscopale de la Colombie originaires des provinces de Medellín, Barranquilla, Cali, Cartagena, Manizales, Popayán et Santa Fe de Antioquia.

En les recevant le jeudi 17 juin, après les avoir reçu ces derniers jours en audiences séparées, à l'occasion de la Visite "ad Limina Apostolorum" et après avoir renouvelé "l'affection et la solidarité ressenties pour votre pays", le Pape les a invité à "poursuivre leur oeuvre d'évangélisation, mission primordiale de l'Eglise" pour ensuite s'attarder avec une attention toute particulière sur la spirale de violence à laquelle la Colombie est en proie depuis au moins 4 ans.

"L'Eglise fidèle au mandat de Jésus, fait encore de l'oeuvre d'évangélisation son action principale" a dit le Souverain Pontife aux évêques colombiens, en soulignant que, dans le cas particulier du pays d'Amérique du Sud " on vit depuis des années un conflit interne qui a causé tant de victimes innocentes, tant de douleur aux familles et à la société; qui engendre la pauvreté, l'insécurité, la perte de la capacité de développement intégral".

Le Pape a ensuite ajouté: "vous êtes conscients que les choix pastoraux doivent donner la priorité à la paix et à la réconciliation, en contribuant ainsi à édifier la société sur les solides principes chrétiens de la vérité, de la justice, de l'amour et de la liberté en poussant au pardon qui naît du désir sincère de réconciliation avec Dieu et avec les frères".

21/06/04 : Selon un rapport qui vient d'être publié par le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), la surface totale cultivée de coca a diminué de 20% dans la région des Andes (Bolivie, Colombie et Pérou) au cours des cinq années qui ont suivi la Session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les stupéfiants.

Mais "le déclin régulier de la culture de la coca dans cette région ne doit pas être surestimé : les trois pays en question sont en effet en mesure de combler à eux seuls la demande mondiale en matière de cocaïne.  Pour soutenir la tendance à la baisse, il faudrait convaincre (et non pas forcer) les planteurs de coca à renoncer aux activités illégales et à y substituer des alternatives en vue de subvenir à leurs besoins. Il incombe également aux pays consommateurs d'assumer leurs responsabilités dans la lutte contre la production de stupéfiants.

« La responsabilité de la réduction du trafic illégal de stupéfiants incombe aussi aux pays producteurs », précise l'UNODC. « La demande oriente la production. Le problème mondial que pose la cocaïne ne sera pas réglé à moins que les pays consommateurs ne réduisent la dépendance. »

En Colombie, l'étude montre qu'à la fin décembre 2003, environ 86 000 hectares de coca étaient cultivés, soit 16% de moins par rapport aux 102 000 recensés un an auparavant.  Un changement notable porte sur la taille moyenne des parcelles cultivées: 93% d'entre elles s'étendent désormais sur moins de trois hectares, alors que les grandes plantations ont largement disparu au cours des trois dernières années.  Quant à la valeur marchande des 440 tonnes de coca dont on estime qu'elles ont été produites en 2003, elle se chiffrerait à 350 millions de dollars, contre 491 millions en 2002.

"Alors que la Colombie demeure le plus grand producteur mondial de coca, les ressources allouées à l'amélioration des conditions de vie dans les régions où elle est cultivée restent parmi les plus faibles au monde", a regretté Antonio Maria Costa, Directeur exécutif du PNUCID, qui a préconisé davantage d'investissements.

20/06/04 : Ingrid Betancourt aurait été vue à plusieurs reprises par des Indiens dans le sud-est de la Colombie, à la frontière avec le Brésil et le Venezuela, a annoncé vendredi Luis Carlos Sandoval, maire de la ville de Puerto Inirida, chef-lieu du département de Guainia.

Le département de Guainia, avec 24.000 habitants pour 72.000 km2, se trouve en pleine jungle, ne dispose pratiquement pas de routes, et ses flancs dans le sud-est, où se trouve la localité de San Felipe, sont frontaliers du Venezuela et du Brésil.

"Les caciques le long du fleuve Guainia, m'ont dit avoir vu Ingrid Betancourt dans les parages de la commune de San Felipe à 980 km au sud-est de Bogota", a indiqué à la presse Carlos Sandoval qui, toutefois n'a pas pu préciser quand les Indiens avaient vu pour la dernière fois l'ex-candidate aux élections présidentielles colombiennes.

"Les chefs indigènes nous ont fait part à plusieurs reprises de sa présence et nous avons informé les forces armées, mais le problème est que nous n'avons pas de militaires le long du Guainia", a ajouté le maire.

On ne sait pas s'il s'agit ici d'une information exacte ou d'une rumeur propagée involontairement ou intentionnellement

19/06/04 : Risal publie ce vendredi un long article qui explique le conflit colombien depuis les années 40 jusqu'en 1999. 

Il s'agit en fait d'une traduction du rapport "Colombia : Fifty Years of Violence", écrit en 1999 par Gary Leech pour le Colombia Journal (anciennement Colombia Report). Si ce texte date déjà de plusieurs années, il donne néanmoins aux lecteurs de nombreuses données sur l’histoire de la Colombie et des éléments de compréhension de la tragique actualité du conflit armé interne. Essentiel pour comprendre la complexité du problème qui déchire ce pays.

18/06/04 : Reporters sans frontières s'inquiète de la situation de la presse à Cúcuta (département Norte de Santander, près de la frontière vénézuélienne) où Cristian Herrera Nariño, du quotidien La Opinión, a subi des pressions à plusieurs reprises ces derniers mois et où trois journalistes de l'antenne locale de RCN Radio ont reçu des menaces.

"La situation de la liberté de la presse a Cúcuta s'est nettement dégradée depuis le début de l'année", s'est inquiétée Reporters sans frontières. "Alors que le maire est mis en cause dans les pressions subies par Cristian Herrera Nariño, nous vous demandons de faire toute la lumière sur cette affaire et de fournir une protection au journaliste s'il le demande", a souligné l'organisation dans une lettre adressée à Luis Camilo Osorio, procureur général de la Nation. "Une enquête approfondie doit également être menée sur l'origine des menaces reçues par l'équipe de RCN Radio."

Dans une seconde lettre adressée à Edgardo José Maya Villazón, procureur chargé des enquêtes sur les irrégularités commises par des fonctionnaires, Reporters sans frontières a demandé que des sanctions soient prises contre l'agent de la DIJIN (police judiciaire) qui a menacé Herrera Nariño et l'un de ses collègues.

L'organisation a rappelé que Jorge Elias Corredor, de la radio La Voz del Norte, a échappé à une tentative d'assassinat à Cúcuta le 22 avril dernier. Le journaliste avait critiqué de nombreuses personnes à l'antenne, dont le maire de la ville. Sa belle-fille a trouvé la mort lors de l'agression.

Le 10 juin 2004, Cristian Herrera Nariño, responsable de la rubrique judiciaire du quotidien La Opinión, et son photographe, Carlos Patiño, ont été agressés alors qu'ils prenaient en photo un narcotrafiquant présumé lors d'une opération de police à Cúcuta. Le photographe a été violenté par un agent de la DIJIN qui a menacé de le tuer s'il apparaissait sur une photo. Le soir-même, Cristian Herrera Nariño apprend que deux hommes à moto sont passés à son domicile afin de le mettre en garde contre la publication des mêmes photos. Il affirme que ce n'est pas la première fois que des policiers entravent son travail. Ces derniers lui reprochent la publication d'informations contredisant les chiffres officiels sur la délinquance.

Entre mars et avril 2004, Cristian Herrera Nariño a reçu six appels anonymes de menaces et d'insultes dont il affirme qu'elles sont liées à son travail. Le 26 février, le journaliste avait publié un article intitulé "La délinquance s'abat sur Cúcuta" traitant de la hausse du nombre de vols de voitures dans la ville. Le même jour, au cours d'une conférence de presse, le maire de Cúcuta, Ramiro Suárez Corzo, avait accusé le journaliste de "faire le jeu du terrorisme", c'est-à-dire des guérillas d'extrême gauche. L'élu lui avait recommandé de se tenir sur ses gardes. Il avait porté plainte contre lui avant d'abandonner les poursuites.

Cristian Herrera Nariño est préoccupé par les accusations du maire. Elles s'ajoutent à celle d'un témoin signalant, lors d'un procès, que le journaliste serait lié aux paramilitaires opérant à Cúcuta. Le journaliste a indiqué qu'il avait en effet des contacts avec des groupes armés dans le cadre de son travail. Des paramilitaires lui ont d'ailleurs déclaré avoir été contactés par des représentants des autorités locales pour le tuer. En Colombie, les journalistes soupçonnés d'être liés à un groupe armé sont menacés de mort par les groupes rivaux. Cristian Herrera Nariño a été amené à changer régulièrement de domicile. Aujourd'hui il craint pour sa vie et celle de sa famille.

Par ailleurs, le 8 juin 2004, trois journalistes de l'antenne locale de RCN Radio à Cúcuta ont reçu des lettres signées du front local de la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN), dont l'authenticité est mise en doute par les enquêteurs. Dans ces documents, il est signalé à Olga Lucia Cotamo, directrice des informations régionales, Angela Echeverri, présentatrice, et Fernando Fonseca, journaliste et gérant de l'antenne, qu'ils sont considérés comme des "objectifs militaires" et qu'ils doivent quitter le pays. Les lettres les accusent de participer à "la campagne de désinformation" menée par "les organismes de sécurité de l'Etat". La radio a été victime d'attentats à l'explosif attribués à l'ELN en 1997 et 2002. Depuis, elle continuait de recevoir des menaces par téléphone de membres présumés de ce groupe armé.

17/06/04 : La guérilla des Farc a tué 34 journaliers qui ramassaient la coca pour les paramilitaires.

Trente-quatre personnes ont été massacrées tôt mardi matin dans un ranch isolé du nord-est de la Colombie, alors même que le gouvernement lançait officiellement des pourparlers de paix en vue de la démobilisation de 12.000 paramilitaires d'extrême droite.

Le massacre a été annoncé par le maire de Gabarra, ville située à 500 kilomètres au nord-est de la capitale Bogota, qui en a attribué la responsabilité aux FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, principale mouvement de guérilla de gauche, qui combat depuis 40 ans.

Selon le maire, Taiz Ortega, les ouvriers du ranch dormaient dans leurs hamacs quand des hommes en armes ont fait irruption dans leurs dortoir, les ont attachés, puis ont tiré sur eux à l'arme automatique. Au moins cinq personnes ont survécu à leurs blessures et ont été transportées à l'hôpital de la ville proche de Cucuta.

Les motifs de l'attaque n'étaient pas clair, mais le ranch est situé dans une région de production de la coca, ingrédient de base de la cocaïne.

Le contrôle de cette région, où seraient plantés jusqu'à 20.000 hectares de coca, fait l'objet d'une lutte sanglante depuis des années. L'arrivée des AUC  (Forces d'auto-défense de Colombie, un mouvement paramilitaire d'extrême droite) à La Gabarra, en 1999, avait déjà été marquée par l'assassinat de 42 paysans en une semaine. La tuerie de mardi est la plus sanglante depuis lors, dans ce secteur stratégique proche de la frontière avec le Venezuela. 

Elle fait suite à d'autres massacres récents de civils, perpétrés dans le nord du pays par les AUC pour assurer l'accès à la mer de leurs chargements de drogue. 

Entre avril et mai, une soixantaine d'Indiens Wayuú, qui vivent sur une des routes de la contrebande, ont disparu ; certains ont été retrouvés, découpés à la tronçonneuse ou incinérés dans des fours. Les Indiens promettent aujourd'hui de combattre eux-mêmes les AUC, avec qui Bogota doit entamer des négociations de paix le 1er juillet.

L'attaque intervient aussi le même jour que le début officiel d'un processus de paix engagé par le gouvernement du président de droite Alvaro Uribe avec les AUC.

"Le gouvernement déclare ouvert le processus de dialogue, de négociation et de signature d'un accord" avec les AUC, a annoncé mardi un communiqué de la présidence.

Le but de ce processus est de parvenir d'ici à 2006 à la démobilisation de quelque 12.000 paramilitaires et d'accorder formellement aux commandants de ces forces un sanctuaire dans lequel ils ne risqueront pas d'être arrêtés. Le gouvernement a fixé un délai de six mois pour parvenir à un accord avec les AUC.

Les AUC, qui ont été mises en place dans les années 1980 par de riches propriétaires terriens pour combattre les guérillas marxistes des FARC et de l'ELN, ont ensuite mené une "guerre sale" et sont accusées de certaines des pires atrocités commises dans le pays, où la guerre fait chaque année 3.500 à 4.000 tués. 

Soupçonnés de se financer par le trafic de drogue - comme toutes les guérillas du pays - les AUC sont considérées aux Etats-Unis comme une organisation terroriste. Washington demande d'ailleurs l'extradition de quatre chefs du mouvement, dont le commandant Salvatore Mancuso, accusés de trafic de cocaïne.

Salvatore Mancuso ainsi que trois autres dirigeants des AUC ont au contraire reçu l'autorisation de se rendre le 7 juillet devant les parlementaires colombiens pour présenter leurs propositions de démobilisation.

En attendant, 13 commandants militaires et 400 gardes du corps sont autorisés à se déplacer librement dans le sanctuaire de 368 km qui leur a été accordé, et qui est centré autour de la ville de Santa Fe de Ralito, dans le nord-ouest du pays.

Le gouvernement tente de parvenir à un accord du même type avec l'ELN, l'Armée de libération nationale, un des mouvements de guérilla de gauche. Mais les FARC, le principal groupe rebelle, refuse tout arrangement de se type avec le gouvernement Uribe. AP

16/06/04 : Lors de sa visite à Rotterdam où elle avait reçu au nom d'Ingrid la haute distinction du Geuzenpenning des mains de la Princesse Maxima des Pays-Bas, Yolanda Pulecio avait rencontré le père d'Arjan Erkel, un membre de Médecins Sans Frontières qui avait été enlevé le 12 août 2002 au Daguestan et libéré le 11 avril 2004, après vingt mois de captivité. On sait maintenant que cette libération a été obtenue contre paiement d'une rançon. 

Le gouvernement néerlandais demande maintenant à Médecins Sans Frontières de lui rembourser le montant de la rançon qu'il a versée pour cette libération.

Le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas a déclaré le 28 mai 2004 que la somme déboursée était un "prêt" consenti à MSF. Selon MSF, cette déclaration est un mensonge d'Etat. De plus, ajoute l'ONG, à aucun moment durant la captivité d'Arjan, le gouvernement néerlandais n'a soulevé la question de la responsabilité du gouvernement russe dans cet enlèvement, tenu par le droit international de respecter les travailleurs humanitaires et d'assurer leur protection sur son territoire.

MSF refuse de céder aux pressions du gouvernement néerlandais et de lui verser le montant de la rançon.

16/06/04 : L'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Wood, a exprimé aujourd'hui son désaccord avec "un éventuel échange humanitaire" de personnes kidnappées contre des guérilleros emprisonnés dans les prisons du pays. 

Wood, qui a pris part à Bogota au forum "Terrorisme, sécurité et démocratie", s'est référé à la proposition de la guérilla des Farc qui propose l'élargissement de quelque 500 rebelles en échange de plus de 60 politiciens, soldats et policiers qu'elle a en son pouvoir.

"Nous comprenons le désir des parents de préserver leurs chers êtres à tout prix, mais nous devons penser non seulement aux victimes d'aujourd'hui, mais à celles de demain", a indiqué le diplomate américain.

Wood a été demandé, "ce qu'il arriverait si on libérait les sergents, les lieutenants, les capitaines des Farc qui se trouvent en ce moment dans les prisons colombiennes, en les échangeant par les centaines de séquestrés qui vivent des circonstances tragiques actuellement". Il a ajouté que "la première réponse des Farc serait de chercher de nouveaux otages pour la prochaine fois où ils en auraient besoin".

D'après lui, "grâce à la fermeté de la réponse colombienne et à l'assistance des USA, les actes de terrorisme ont dramatiquement diminué en Colombie". Il a spécifié que "durant le premier trimestre de cette année, comparée avec la même période de l'année précédente, le kidnapping a été réduit de 46 pour cent et les victimes de massacres de 52 pour cent, les homicides de 16 pour cent et les attaques terroristes de 30 pour cent".

"Les USA sont décidés à ce que les terroristes ne reçoivent ni concession, ni considération, ni bénéfice de leur violence contre la société civile" et il a affirmé que son pays soutiendrait les autorités colombiennes pour combattre les groupes illégaux.

Le Farc ont quelque 17.000 membres et entre ses otages figurent l'ex candidat présidentielle indépendante Ingrid Betancourt, ainsi que plusieurs ex congressistes, ex députés, des militaires et des policiers, et trois contractants américains.

15/06/04 : Le géant américain de la banane, Chiquita Brands, l'a reconnu le mois dernier : sa filiale colombienne, Banadex, a acheté la protection d'escadrons armés, dont elle n'a cependant pas révélé le nom.  

Banadex aurait recherché la protection de groupes d'extrême droite, via les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, 10 000 à 15 000 membres).

Les soupçons ne sont pas nouveaux : la filiale de Chiquita est déjà mouillée dans une affaire de trafic d'armes à destination des AUC. En novembre 2001, près de 3 000 kalachnikovs en provenance du Nicaragua ont transité par le petit port de Turbo, en face du Panama, et une enquête de l'Organisation des Etats américains rapporte que le chargement avait été débarqué par la filiale de Chiquita elle-même.

L'affaire réveille de vieilles accusations contre Banadex. Les huit municipalités du nord du pays où elle est implantée ont subi pendant longtemps le chantage de l'ELN et des Farc. Mais dès la fin des années 80, rapporte Alirio Uribe, avocat défenseur des droits de l'homme, «des entreprises comme Chiquita ont payé la formation de groupes paramilitaires dans ces régions». Objectif : nettoyer la zone ­ et notamment l'Uraba, dans le nord-est ­ des factions marxistes et des puissants syndicats qu'elles appuyaient. Depuis 1998, les Farc n'y tentent plus que des incursions occasionnelles. En revanche, les AUC ont établi leur mainmise dans la région. «On trouve des paramilitaires dans les plantations, le pistolet à la ceinture», témoigne un habitant. Dans l'Uraba, où la prospérité des exploitations bananières contraste avec la misère environnante, le «nettoyage social», ou assassinat des voleurs, homosexuels ou gauchistes présumés, est toujours en vigueur.

Le thème des liens sulfureux entre multinationales et paramilitaires n'est pas nouveau en Colombie : depuis juillet 2001, une filiale de Coca-Cola est accusée par la justice américaine d'avoir eu recours aux AUC pour menacer ou assassiner plusieurs syndicalistes. L'entreprise minière américaine Drummond, qui exploite du charbon dans le nord du pays, doit répondre de faits semblables.

14/06/04 : Les Farc viennent de libérer 14 kidnappés qu'il maintenaient en leur pouvoir depuis trois semaines. 

Le fait s'est produit dans la commune d'Algésiras, dans le département du Huila.

Les civils kidnappés ont été confiés par un commando rebelle à une commission humanitaire dirigée par le prêtre Alonso Sánchez, prêtre d'une église de Neiva et ils se trouvent en bon état de santé, a déclaré à la presse un porte-parole policier de la région. 

Onze d'entre eux avaient été kidnappés le 20 mai passé dans une zone rurale d'Algésiras, selon le rapport officiel, qui a indiqué qu'il s'agit de vendeurs ambulants qui étaient arrivés à cette localité proche de Garzon.

Les trois autres personnes avaient été kidnappées dans les jours qui ont suivi ces événements.

Selon les autorités, les rebelles avaient téléphoné  aux parents qu'ils faisaient des recherches sur les raisons qui avaient amené les civils kidnappés à Algésiras.

"Bien que nous n'ayons pas été vraiment kidnappés, nous avons été traités exactement comme d'autres personnes séquestrées tandis qu'ils faisaient des recherches sur nos activités, et nous reconnaissons que ceux qui souffrent de nos jours du problème du kidnapping ont besoin d'accords humanitaires et de la médiation de certains organismes, ont déclaré les jeunes après qu'ils soient retournés sains et saufs chez eux, dans les quartiers populaires de Garzon. 

"Il nous ont fait marcher un peu mais ils ne nous ont jamais ligotés, et ils nous ont toujours bien traités", a dit Wilson Fernández, un jeune de 26 ans. "La guérilla n'est pas tellement mauvaise qu'on le croit, et ce n'est pas un lavage de cerveau", a spécifié le jeune, après avoir demandé au Gouvernement de conclure un accord pour que tous les kidnappés retournent chez eux.

13/06/04 : Certains media colombiens affirment que Manuel Marulanda, alias Tirofijo, n'est plus le chef des FARC.

Selon les rapports journalistiques, les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) ont confirmé au groupement politique Pôle Démocratique Indépendant que son nouveau chef est Alfonso Cano.

L'information a été livrée à la presse par le sénateur Jaime Dussán Calderón, président de ce parti.

Dussán a expliqué que le groupe lui a dit qu'on avait remplacé Manuel Marulanda, connu comme Tirofijo parce qu'il se meurt de cancer.

Alfonso Cano, dont le véritable nom est Guillermo Leon Sáenz, est connu comme le chef idéologique des FARC.

Pour sa part, le sénateur a offert au gouvernement du président Álvaro Uribe et le groupe rebelle une médiation politique qui pourrait rendre propice une négociation sur un échange humanitaire et la solution au conflit armé.

Le sénateur a demandé au nouveau chef des FARC "de faire des gestes de paix, d'envoyer des messages de paix et s'offre comme médiateurs pour aller parler avec eux".

Selon le correspondant de la BBC, le changement dans la haute direction pourrait signifier que le groupe rebelle s'inclinerait vers une action plus politique que militaire. 

12/06/04 : Le sénateur Jaime Dussán,  président du Pôle Démocratique Indépendant, a offert au Gouvernement et aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc) une médiation politique qui pourrait faciliter une négociation sur un échange humanitaire et sur une solution au conflit armé. 

Dussán a assuré que selon une source "cent pour cent fiable", Alfonso Cano (un des dirigeants actuels des Farc) aurait été choisi par Manuel Marulanda pour le remplacer. Marulanda, qui jouit par ailleurs d'une très bonne santé, voudrait effectuer cette passation de pouvoir "d'une manière tranquille".

Le Pole Démocratique a déclaré : "Nous demandons aux Farc de faire des gestes de paix, d'envoyer des messages de paix; et nous nous offrons comme médiateurs pour aller parler avec eux. Nous le faisons en tant que groupe indépendant et autonome qui a pris part avec succès les élections passées". 

Dussán a aussi proposé à toutes les forces politiques de gauche et au Parti Libéral de se mettre d'accord sur une candidature unique pour faire face à une possible réélection du président Álvaro Uribe.

"Nous proposons un candidat unique de gauche qui inclurait des groupes comme Alternative Démocratique et toutes les forces indépendantes. Et nous invitons le Parti Libéral à faire partie de cette coalition démocratique ", a déclaré Dussán.

Le sénateur a aussi annoncé que le Pôle avait demandé aux maires de Bogota et de Medellín, Luis Eduardo Garzon et Sergio Naranjo, ainsi qu'au gouverneur de la Vallée, Angelino Garzon, qu'ils prennent des contacts pour explorer une négociation éventuelle avec l'ELN. 

Le Pôle concevra, en outre, un programme de gouvernement qui recherchera un renforcement de l'État de Droit et une démocratisation de l'économie, grâce auquel ils espèrent vaincre Uribe dans les élections présidentielles de du 2006.

11/06/04 : Le gouvernement colombien est prêt à suspendre les opérations militaires contre l'Armée de libération nationale (ELN), le deuxième mouvement de la guérilla colombienne, si elle accepte un cessez-le-feu, a fait savoir jeudi un haut responsable gouvernemental, une déclaration qui élargit les perspectives d'un accord de paix.

Une délégation représentant le président Alvaro Uribe, partisan de la ligne dure face à la guérilla, a été envoyée jeudi présenter la proposition au commandant emprisonné de l'ELN, Francisco Galan, a précisé, sous couvert de l'anonymat, ce responsable à des journalistes étrangers au palais présidentiel.

Francisco Galan avait fait savoir la semaine dernière qu'un cessez-le-feu bilatéral et la libération de prisonniers politiques pourraient conduire à la tenue de pourparlers de paix avec Bogota.

L'ELN, guévariste, et le principal mouvement de la guérilla, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), marxiste, ont pris les armes contre les gouvernements de Bogota il y a 40 ans. AP

10/06/04 :La Colombie a connu ces deux derniers jours d’intenses négociations entre l’administration du président Álvaro Uribe et les membres de l’État-major négociateur des Autodéfenses unies de Colombie (Paramilitaires : AUC) pour la concertation sur la zone située à Tierralta, Córdoba. 

Cet accord sera en vigueur un minimum de six mois, mais il y a des perspectives de prorogation de son échéance à la demande des paramilitaires, qui auront carte blanche du gouvernement pour agir dans le territoire assigné de 368 km² au nord du pays.

Selon les termes de l’accord entre la Haute commission pour la paix, organe de l’État colombien, et les AUC, le gouvernement établit que "pendant la durée de l’accord, les ordres de capture et les opérations offensives contre les membres des groupes d’autodéfense qui se trouvent sur le territoire délimité sont suspendus". Bien que l’espace cédé ne soit pas très étendu, la zone d’affectation peut devenir grâce à cette mesure un paradis légal où les paramilitaires pourront affluer en cas d’infractions.

Même si le gouvernement affirme que l’accord avec les paramilitaires doit "faciliter la participation citoyenne et la contribution des Colombiens au processus", le climat dans le pays est à l’appréhension, et la préoccupation de la Communauté internationale s’accroît devant les perspectives d’une militarisation parallèle à ces négociations qui provoquerait davantage de déplacements.

Le principal responsable d’une éventuelle intensification des conflits est le "Plan Patriota", qui prétend envoyer environ 15 mille soldats contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans les régions les plus difficiles d’accès contrôlées par la guérilla au sud du pays. On estime à 110 millions de dollars l’aide du Plan Colombie à cette offensive, qui disposera en outre de l’envoi sur place de contractants, un personnel mercenaire militaire contracté spécialement par le gouvernement des Etats-Unis, nouvelle tactique pour éviter de perdre des soldats dans des guerres étrangères.

La Commission des services armés de la Chambre des représentants des Etats-Unis a elle-même confirmé le renforcement, direct et indirect, de la présence militaire étasunienne en Colombie. L’organe législatif a décidé d’augmenter de 400 à 500 les effectifs de nationalité étasunienne et de ne plus limiter la présence de contractants privés dans le pays.

Toute cette mobilisation implique la recrudescence des combats entre l’armée, la guérilla et les paramilitaires. 

En avril, une équipe humanitaire de l’ONU en Colombie avait déclaré craindre une augmentation des déplacements de la population civile dans le département du Chocó si le gouvernement n’intervenait pas pour restaurer la sécurité. Selon la mission conjointe de cinq agences de l’ONU qui se trouvent dans cette région au nord-ouest du pays, environ 1.200 indigènes de l’ethnie Emberá ont été déplacés. La région forestière du Chocó est considérée comme un corridor stratégique pour le trafic des drogues et des armes.

De même, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) exige des groupes armés guérilleros et paramilitaires de Colombie le respect de la Communauté indigène Paez. Les Paez ont été victimes de plusieurs attaques des FARC et des paramilitaires le week-end passé à Toribio, à 500 kilomètres de Bogotá.

Selon le bureau colombien du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le problème des déplacements affecte 816 communes sur les 1.100 que compte la Colombie, c’est-à-dire 75% du pays. D’après les estimations de cet organisme, presque un million de personnes ont été contraintes d’entreprendre un exode intérieur en raison de menaces pour leur vie dues au conflit.

09/06/04 : La Colombie reste le pays le plus dangereux au monde pour un syndicaliste, avec 90 morts en 2003. Le gouvernement colombien attribue de façon mensongère ces morts à la guérilla.

La mondialisation a aggravé en 2003 la répression des droits syndicaux dans le monde. Celle-ci a coûté la vie à 129 personnes, selon le rapport annuel de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).

08/06/04 : L'ambassadeur d'Espagne en Colombie, Carlos Gómez Múgica Sanz, a dit que son pays était lui aussi disposé à collaborer à un éventuel processus de paix entre le gouvernement colompien et l'ELN.

"Tout ce qui permet d'ouvrir des possibilités de paix dans le pays est suprêmement positif", a affirmé Múgica Sanz. "Nous sommes à votre disposition pour pouvoir collaborer, aider et faciliter des négociations, comme nous l'avons fait jusqu'à présent", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur espagnol a rappelé que l'Espagne faisait partie du "Groupe des Pays Amicaux", constitué en juin 2000 et dont font aussi partie Cuba, la France, la Norvège et la Suisse.

Le 9 février 1998, peu avant la fin de l'administration du président Ernesto Samper (1994-1998), on avait signé à Madrid l'"Accord de Viana".grâce aux bons offices du gouvernement espagnol.

On avait alors décidé la convocation d'une Convention Nationale pour La Paix, la Démocratie et la Justice Sociale, promesse qui ne s'est pas réalisée.

07/06/04 : Le Mexique offrira au gouvernement colombien et à la guérilla de l'Eln une "table neutre" pour négocier directement, avec la collaboration d'un groupe de contact que prépare le Secrétariat de Relations Extérieures, a annoncé Luis Ernesto Derbez, le chef de ce bureau. 

Le fonctionnaire a expliqué que la possible médiation, négociée il y a une semaine pendant la visite du président colombien Alvaro Uribe, était déjà entamée. Ceci est une preuve de plus que le Mexique veut donner à la Communauté internationale, de sa volonté d'offrir ses services en utilisant ce pays comme un terrain neutre, comme un endroit où les deux parties pourraient venir converser et négocier.

Derbez a spécifié que dans une première étape le ministère qu'il dirige espère former "une équipe de fonctionnaires mexicains qui  "se consacreraient à temps plein à cette tâche". Le second pas sera de commencer à converser avec d'autres pays qui ont été impliqués dans le travail de pacification en Colombie.

"Il y a à l'heure actuelle un groupe de pays qui ont été impliqués dans des activités de médiation, et nous devons aussi collaborer avec eux. En particulier avec Cuba et le Brésil, avec lesquels nous établirons des contacts.

"Et finalement il faudra impliquer les Nations Unies et l'Organisation des États Américains (OEA)", a ajouté le ministre. Derbez considère que son pays assumera donc "un rôle prépondérant en organisant ces conversations" et "offrira son territoire comme une zone neutre pour qu'elles soient menées à bien".

"Si tout se passe comme nous l'espérons tout au long de ce processus que peut durer longtemps (...) nous pouvons penser que dans un délai de 12 à 24 mois, et avec le soutien et l'aide d'autres pays, de l'ONU et de l'OEA, nous pourrons mener à bien un processus qui donnerait des espoirs de paix à la nation colombienne", a-t-il souligné.

Le gouvernement colombien a exigé comme condition minimale pour entamer des conversations un cessez-le-feu unilatéral par la guérilla. A l'Eln on a insisté sur le fait que la participation du Mexique était positive, mais le groupe attend des résultats, non des espoirs. Pour la Chancellerie mexicaine, les défis les plus importants seront de garantir la sécurité de l'éventuelle réunion ainsi que de déterminer les nécessités logistiques de cette dernière.

l'Eln avait tenu des conversations avec le Gouvernement du président précédent, Andres Pastrana (1998-2002) mais celles-ci ont été suspendues. Le Mexique pour sa part dispose d'une expérience de médiateur dans des processus de paix, comme en janvier 1983, où sa médiation avait évité une guerre généralisée en Amérique Centrale et l'intervention militaire des Etats-Unis au Nicaragua.

05/06/04Les Etats-Unis ont demandé à la Colombie d'extrader le chef guérillero des FARC, Ricardo Palmera (alias Simon Trinidad)

Les USA souhaitent qu'il répondre à des accusations de trafic de drogue et à la séquestration de 3 Nord-Américains en février 2003. Le parquet général de Colombie a notifié à Simon Trinidad, détenu dans la prison de haute sécurité de Combita (nord de Bogota), cette demande des Etats-Unis, a affirmé l'avocat sur la chaîne de télévision RCN.

"Simon Trinidad va être mis à la disposition de la Chambre pénale de la Cour suprême de justice, qui, après les procédures de rigueur, rendra un avis favorable ou non à son extradition vers les Etats-Unis", a déclaré l'avocat.

Trinidad, qui fait l'objet en Colombie de 45 chefs d'inculpation dont rébellion, terrorisme, prises d'otages et homicides, avait été arrêté le 2 janvier à Quito. Il avait été transporté dès le lendemain à Bogota. Considéré comme le numéro 4 des FARC, mais comme son principal idéologue, il est le plus important membre de l'organisation révolutionnaire actuellement interné en Colombie. Il a déjà été condamné en mai dernier à 35 ans de prison pour enlèvement et rébellion.

Son avocat l'a toujours présenté comme un rebelle de second rang sans responsabilités autres qu'administratives ou éducationnelles, mais Bogota affirme que l'ancien banquier Trinidad était membre de l'état major et même du secrétariat des FARC.

Le gouvernement colombien considère de son côté que l'arrestation de Palmera est le coup le plus dur porté aux FARC depuis leur création il y a 40 ans. Sa libération avait été demandée par les FARC, qui détiennent 1.600 otages, et ont proposé de libérer 20 politiciens, dont l'ex-sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, ainsi qu'une quarantaine de policiers et militaires et trois américains, contre la libération de membres de leur mouvement dans
un endroit démilitarisé.

Les FARC constituent la principale guérilla du pays avec 17.000 hommes.La guerre civile colombienne, avec plus de 200.000 morts depuis 1964, oppose les forces de l'ordre, les rebelles des FARC et de l'ELN (4.500 hommes), ainsi que les paramilitaires (13.000 hommes).

04/06/04La Colombie va libérer pour 24 heures un commandant de l'Armée de libération nationale (ELN), un groupe rebelle, pour qu'il puisse s'entretenir avec des responsables du gouvernement et proposer des pourparlers de paix, a annoncé jeudi le porte-parole du président Alvaro Uribe.

Un hélicoptère conduira vendredi matin Francisco Galan, porte-parole de l'ELN, de sa prison près de Medellin, la deuxième ville colombienne, jusqu'à la capitale Bogota, a expliqué le porte-parole Ricardo Galan.
Francisco Galan prendra d'abord la parole lors d'un forum sur les mines anti-personnel au Congrès colombien, où il présentera une ébauche de proposition de paix. Il rencontrera ensuite en privé le vice-président colombien Francisco Santos, avant de s'entretenir avec l'ambassadeur mexicain Mario Chocon.
Cette semaine, le président mexicain Vicente Fox a annoncé que son gouvernement était prête à faciliter des négociations de paix entre l'ELN et Bogota.

Francisco Galan a déjà été libéré temporairement pour participer à des conférences, mais c'est la première fois qu'il quittera sa prison depuis l'élection il y a deux ans d'Alvaro Uribe, partisan d'une position ferme face aux mouvements rebelles.

L'ELN est le deuxième mouvement de guérilla de Colombie après les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et mène depuis 40 ans avec ces dernières une guerre civile contre les forces gouvernementales et des groupes paramilitaires d'extrême-droite. Cette guerre fait chaque année quelque 3.500 morts. AP

03/06/04La guérilla colombienne de l'Armée de libération nationale (ELN) a accepté la médiation du Mexique pour un dialogue de paix avec Bogota, dans un message au président mexicain cité mardi par les médias colombiens.

Cette annonce survient après un appel lancé dimanche à l'ELN par le président colombien Alvaro Uribe, lors d'une visite officielle à Mexico, pour un cessez-le-feu et l'engagement de négociations sous les auspices du Mexique. Forte de 4000 hommes, l'ELN est la deuxième guérilla en importance après les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

01/06/04Le chef des paramilitaires d'extrême droite, Carlos Castano, disparu depuis le 16 avril, a été exfiltré de Colombie, a appris lundi l'AFP de diverses sources diplomatiques et proches du gouvernement, toutes concordantes.

Selon les mêmes sources, Carlos Castano, 39 ans, fondateur des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite), pourrait être en route pour Israël.

Carlos Castano avait disparu le 16 avril près de Monteria (nord) dans de mystérieuses circonstances, sans qu'il puisse être établi s'il avait été tué, enlevé ou même s'il était en cours de négociation avec les Américains pour son éventuelle extradition. Un accord signé le 13 mai entre le pouvoir et l'état-major des AUC prévoit la prochaine démobilisation des milices de dix chefs paramilitaires et leur concentration dans une zone de 368 km2 dans le nord de la Colombie, avant la reddition d'ici fin 2005 de leurs forces qui comptent près de 20.000 hommes.

La guerre civile en Colombie a fait plus de 200.000 morts depuis 1964. A côté des forces de sécurité gouvernementales, les AUC mènent leur propre guerre contre les guérillas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - 17.000 hommes) et de l'Armée de libération nationale (ELN - 4.500 hommes). Ces deux forces rebelles n'ont engagé aucune négociation avec l'actuel président Alvaro Uribe.

Carlos Castano ne se trouve plus en Colombie depuis l'incident non éclairci du 16 avril. Le commandant en chef des milices d'extrême droite a été exfiltré dans des conditions non encore élucidées. Il aurait d'abord été conduit à Panama, pays proche du nord de la Colombie et serait en route, ou aurait déjà été acheminé, jusqu'à Israël. Son exfiltration aurait été réalisée par les Américains.

Un porte-parole du gouvernement, interrogé, n'a ni confirmé ni démenti. L'ambassade des Etats-Unis à Bogota, également contactée, n'a pas répondu au message laissé sur le répondeur de l'un de ses porte-parole. Un commandant dissident des milices d'extrême droite en Colombie, Rodrigo Franco, alias "Double Zéro", retrouvé assassiné samedi à Santa Marta (nord), avait affirmé le 30 avril que Carlos Castano, avait été assassiné par des compagnons d'armes à la solde de son propre frère Vicente Castano.


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