31/01/04 : Les candidatures au prix Nobel de la paix 2004 affluent. Parmi les candidatures connues ou présumées figure Ingrid Betancourt, retenue en otage en Colombie depuis presque deux ans par les FARC. La date limite pour l'envoi des «nominations» est fixée au premier février. Le lauréat sera désigné au mois d'octobre. 30/01/04
: Les paramilitaires colombiens étaient au service de la maffia
calabraise.
29/01/04 : Après le Soudan et la République du Congo, la Colombie est le troisième pays au monde pour le nombre de personnes déplacées par la violence à l'intérieur du pays. Kamel Morjane, Haut Commissaire Adjoint au Bureau pour les Réfugiés de l'ONU, en visite depuis la semaine passée en Colombie, a affirmé que "bien que les chiffres aient un peu baissé par rapport à 2002, on se trouvait toujours dans une grave crise humanitaire" : il y a entre deux et trois millions de personnes déplacées dans le pays
28/01/04 : Des familles de kidnappés se battent pour un échange humanitaire Le prêtre Darío Echeverry, membre de la commission de l'Église chargée de faciliter l'échange humanitaire a indiqué hier que des familles de kidnappés voulaient aller à la Cour Internationale des Droits de l'Homme pour obtenir la conclusion d'un échange. "Je crois qu'ils iront à cette Cour, je crois qu'ils chercheront même dans les Cours colombiennes les possibilité d'agir pour exiger du président qu'il se conforme à ses obligations juridiques et qu'il conclue un accord humanitaire", a dit Echeverry. Le prélat a exprimé sa satisfaction après l'envoi par les Farc de la troisième preuve de survie des 12 députés de la Vallée, kidnappés le 11 avril 2002. "Cet acte est très important pour les colombiens . Et la commission de facilitation de l'Église a négocié pour promouvoir ce type d'initiative ", a indiqué Echeverry. Pour sa part, Fabiola Perdomo, porte-parole des familles, a déclaré qu'elle étudiait la possibilité de poursuivre internationalement le gouvernement et les Farc "pour violation du Droit International Humanitaire". Le prêtre a déclaré que la commission se trouvait encore dans l'attente d'un accord humanitaire éventuel. Mais il a dit que celle-ci "dépendait de la bonne volonté manifestée par le président Uribe et le Secrétariat des Farc". À son tour le prélat a assuré que le président Uribe "avait besoin quelques outils juridiques (pour un accord humanitaire éventuel). Je sais que le président de la commission de paix du Sénat souhaite lui apporter ces outils".
27/01/04
: Human Rights Watch (HRW) critique la Fiscalia (le Ministère public colombien) et déclare que son action dans le domaine des Droits Humains s'est détériorée de manière significative.
27/01/04 : Le Conseil de l'Union Européenne a critiqué le statut antiterroriste, le non-accomplissement des recommandations de l'ONU et la démobilisation des membres du groupe armé paramilitaire en Colombie
Le Conseil des ministres a manifesté sa "vive préoccupation"
pour "la situation préoccupante dans le domaine des droits
humains et du Droit international humanitaire en Colombie" et a
incité "le gouvernement colombien à faire face urgemment à
cette situation, en appliquant les recommandations de l'ONU.
26/01/04 : L'étudiante française Stéphanie Minana, otage depuis 46 jours au Venezuela, a été libérée vendredi soir lors d'un assaut musclé de la police vénézuélienne, échappant de peu, selon des sources proches de l'enquête, à une exécution sommaire. La jeune fille a été hospitalisée "notamment pour déshydratation" dans une clinique de Valera, a annoncé samedi 24 janvier une source policière vénézuélienne. Elle souffrirait aussi de "douleurs musculaires, pour être restée attachée et entravée durant toute sa captivité".
26/01/04 : L'Organisation des États américains (OEA) a accepté de superviser les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et les paramilitaires, dont les agissements ont été vivement dénoncés par des organisations de défense des droits de l'homme. Cette décision prise samedi soir par l'organisation de 34 membres donne une légitimité internationale aux négociations entre le président colombien Alvaro Uribe et les Forces d'autodéfense unies de Colombie (AUC), un groupe considéré comme "terroriste" par les États-Unis. En vertu de cet accord, une mission de l'OEA sera envoyée en Colombie pour vérifier le respect du cessez-le-feu et la future démobilisation des AUC, qui comptent environ 18.000 membres, prévue d'ici 2005. Une clause précise toutefois que la mission de l'OEA ne devra pas "porter de jugement sur les décisions politiques ou légales prises par l'État souverain de Colombie". L'OEA est dirigée par l'ancien président colombien Cesar Gaviria, qui a pris cette décision, sans consulter les représentants des 35 états de l'organisation. Des groupes de défense des droits de l'homme ont reproché à Uribe de négocier avec les milices d'extrême droite, mises en place par de riches éleveurs et trafiquants de drogue pour lutter contre les rebelles marxistes. Les AUC sont accusées d'avoir perpétré de nombreux massacres et assassinats de civils.
Dans un enregistrement, de quelque 48 minutes, les députés ont envoyé des messages très préoccupants à leurs familles et ont réitéré leurs exigences au Gouvernement et aux rebelles pour qu'ils concluent avec promptitude un échange de prisonniers. "Les séquestrés et leurs familles se sentent trompés et humiliés. Il n'existe aucune excuse pour ne pas conclure l'accord humanitaire (...)", a dit Francisco Giraldo, un des captifs politiques. "Monsieur le président, passez des paroles aux actes", a continué Giraldo. On ne sait ni où ni quand la vidéo a été réalisée. Les douze députés sont apparemment en bonne santé, rasés, avec les courts cheveux et propres, mais leurs parents ont remarqué qu' "ils paraissaient fatigués et avaient l'air hagard". Bien que la majorité des députés aient pris un ton optimiste, d'autres, comme Carlos Alberto Charry, n'ont pas dissimulé leur désespoir. "À ma chère famille je la parle avec la douleur d'être séparé de vous depuis 610 jours (...) Ceci il est très dur (...)", a indiqué Charry. "Monsieur le président, ceux qui vont mourir te saluent." a dit un autre. Les parents des séquestrés, qui ont récemment demandé une mission humanitaire pour vérifier l'état de santé des députés, se sont montrés un peu rassurés par cette nouvelle preuve de survie mais insistent pour que le Gouvernement s'intéresse enfin à la signature de l'accord humanitaire. Alvaro Giraldo, frère de Francisco Giraldo, a déclaré que le Gouvernement a simplement oublié les kidnappés. Plusieurs des militaires sont maintenant en captivité depuis plus de six ans.
24/01/04
: Les Nations Unies ouvrent une porte au processus de paix avec les paramilitaires, mais
préviennent que cela doit être fait sérieusement. "Nous avons examiné avec Chris Patten (commissaire européen aux Relations Extérieures) le processus paramilitaire qui est maintenant en route. S'il est bien réalisé, il peut mettre fin pour toujours à la plaie du paramilitarisme, mettre fin à l'impunité, renforcer la légitimité de l'État pour fortifier la démocratie en Colombie et ouvrir une voie à des solutions négociées avec l'Eln et les Farc. "Mal fait, il pourrait affaiblir la démocratie et l'État colombien, et leur faire perdre une occasion historique d'arriver à une solution globale du conflit dans le pays. Nous avons l'espoir que le gouvernement va choisir la bonne voie", a-t-il dit déclaré. Le délégué spécial du Secrétaire Général de l'ONU a aussi fait référence à un éventuel accord d'échange humanitaire entre le Gouvernement et les Farc, qui permette la libération des otages de la guérilla. "Le Secrétaire Général réaffirme son offre de bons offices pour atteindre ce but. Il le fait avec un engagement réel, en toute transparence et sans ménager ses efforts. Nous espérons pouvoir aider à amorcer un dialogue avec le sFarc et l'Eln ", a-t-il dit. Il a ajouté que l'ONU espérait fermement une libération des otages et "que l'heure était venue
pour que le Gouvernement et les Farc prennent les décisions nécessaires".
Encensée par Washington, la politique jusqu'au-boutiste et antiguérilla du président Alvaro Uribe, assortie d'une suspecte clémence envers les paramilitaires d'extrême-droite et de déclarations incendiaires contre les défenseurs des droits de l'homme, continue d'être observée avec méfiance de l'autre côté de l'Atlantique. D'où la récente menace, émise par certains secteurs de la gauche européenne, de boycotter la prochaine visite (le 10 février) au Parlement de Strasbourg du président colombien. A la veille de son voyage dans le pays andin, Chris Patten exigeait que la Colombie «mette promptement en oeuvre les recommandations du bureau des droits de l'homme de l'ONU», «agisse contre l'impunité» et «remédie aux connivences avec les paramilitaires. » Des suggestions plutôt mal accueillies. Francisco Santos, le vice-président, accusait aussitôt l'Europe de diffuser une «vision néocoloniale» de la justice colombienne, et de considérer son pays comme une «république bananière». A Bogota, Chris Patten s'est cependant défendu de tout «paternalisme», avant de déclarer l'incident clos. Devant la presse, M. Patten a critiqué Le Plan Colombie de lutte anti-drogue par fumigation aérienne de la coca, appuyé par les Etats-Unis, et il a appelé parallèlement les FARC à signer un "accord humanitaire" pour un échange de prisonniers. L'Union europénne a toujours refusé de se joindre à Washington pour éradiquer la coca par fumigations, et préfère une aide sociale. Chris Patten a annoncé dans ce cadre un financement européen de 54 millions de dollars, baptisé "Laboratoire de paix", au profit de 62 des 1.100 communes colombiennes. "Je suis venu exprimer le ferme appui de l'Union européenne à la lutte difficile du gouvernement contre les terroristes, mais aussi souligner que le plus sage consiste à la réaliser dans le cadre de la loi", a-t-il ajouté, dans une allusion aux réticences de l'UE face à la nouvelle loi antiterroriste qui a été critiquée à plusieurs reprises par les Nations unies - entre autre parce quelle permet notamment de déléguer des pouvoirs judiciaires à l'armée.Juste avant de participer à une réunion avec des ONG qui défendent les Droits de l'Homme, Chris Patten a rencontré Yolanda Pulecio, mère d'Íngrid Betancourt, et Ángela de Pérez, épouse de l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, séquestré lui aussi. "Nous avons besoin de l'appui de l'Union Européenne pour l'accord humanitaire. Nous considérons qu'on doit séparer le processus de paix de l'accord humanitaire, parce que les séquestrés sont en danger de mort ", a dit Yolanda Pulecio. Après la rencontre, Chris Pattena déclaré qu'il était extrêmement préoccupé par les les abus des droits humains en Colombie. Il a invité les FARC à "négocier et à concrétiser un accord humanitaire (pour un échange de prisonniers)", et dénoncé les enlèvements de civils par les rebelles. "Il n'y a pas de pire violation des droits de l'homme que de séparer une famille pendant des années", a-t-il dit.
22/01/04 : Les paramilitaires de Colombie, redoutés pour leurs massacres, restent le seul groupe armé avec lequel le pouvoir a entamé des négociations. Un de leurs ex-chefs, Giovanny Marin, alias commandant "R", s'est même présenté mardi devant les 268 députés et sénateurs à Bogota pour les appeler à ne "pas laisser perdre ce moment historique" de la reddition en cours décidée par l'extrême droite en armes. Il partie des 1.015 miliciens qui ont déposé les armes depuis novembre dernier dans le cadre d'un accord avec le pouvoir. Cet ancien chef de la milice "Cacique Nutibara", dans la banlieue violente de Medellin a qualifié de "geste honnête" la reddition en cours, même s'il a admis avoir "compris la méfiance en Colombie" sur la réalité de ce processus. Avant leur cessez-le-feu de décembre 2002, les paramilitaires, responsables selon Amnesty International de 85% des atteintes aux Droits Humains en Colombie, étaient connus pour leurs tueries de civils suspectés de liens avec la guérilla, y compris à l'aide de tronçonneuses.
21/01/04 : Quinze jours après la capture de Simon Trinidad, les FARC dynamitent le principal oléoduc de Colombie, opéré conjointement par l'Américaine Oxy (Occidental Petroleum) et la compagnie nationale Ecopetrol. Le dynamitage de l'oléoduc a eu lieu dans le département d'Arauca, où 70 bérets verts américains ont entraîné l'an dernier le 18-ème bataillon colombien de l'armée à sa défense. Ce nouvel attentat a contraint les autorités à suspendre l'adduction de brut jusqu'à la côte caraïbe, jusqu'à la réparation de l'oléoduc sous la protection des troupes de la II-ème division de l'armée de terre. Considérant le rôle probable des services secrets étasuniens dans la capture de Simon Trinidad, on peut supposer que ce dynamitage qui touche directement les intérêts des USA n'est pas un hasard...
20/01/04 : La candidature d'Ingrid Betancourt, retenue en otage en Colombie depuis presque deux ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a été proposée par une députée française au comité qui décernera le Prix Nobel de la Paix 2004. Danielle Bousquet, députée (PS) de Saint-Brieuc qui a parrainé la candidature de Mme Betancourt, a expliqué lundi à l'AFP apprécier "la manière dont cette femme a posé la défense des droits humains au coeur de son engagement". "L'attribution du Prix Nobel de la Paix 2004 à Mme Betancourt favoriserait la prise en considération et une plus grande implication des organismes internationaux et aussi des pays démocratiques pour tenter de mettre fin à la situation intolérable subie par le peuple colombien", a-t-elle affirmé au comité. 19/01/04 : Alvaro Uribe semble être le président le plus populaire dans l'histoire de la Colombie. Ses erreurs, reconnues même par ses proches, n'ont en rien entamé son prestige : 80% de la population approuverait sa gestion, contre 15% d'opposants, selon un sondage publié samedi par lEl Tiempo (Bogota) et El Colombiano (Medellin). Alvaro Uribe avait pourtant subi une vague de critiques, y compris dans son entourage, pour son discours incendiaire du 8 septembre contre des Organisations non gouvernementales (ONG), accusées par lui de soutenir la guérilla, mais surtout après l'échec de son référendum du 25 octobre, aux 15 questions souvent hermétiques, sur une réforme politique et fiscale. 75% des habitants, selon le même sondage, appuient son programme
de guerre totale contre les Farc et l'ELN; 79% considèrent qu'il
respecte les droits de l'homme dans ce cadre. Les
deux guérillas n'obtiennent qu'1% d'opinions favorables dans
l'opinion, selon la même enquête.
Son prédécesseur, Andres Pastrana, qui vit désormais à Madrid,
reste honni des Colombiens pour son dialogue de sourd avec les FARC.
Quant à Ernesto Samper, président de 1994 à 1998, il avait passé
son temps à démentir le financement de sa campagne par les
trafiquants de drogue.
Les Colombiens ne tiennent manifestement pas rigueur à leur
président d'avoir échoué jusqu'ici à réaliser un échange
humanitaire entre les 400 militants des FARC emprisonnés dans le
pays, et les 900 otages de cette guérilla, dont Ingrid Betancourt. 18/01/04 : Mélanie Bétancourt, la fille d'Ingrid Bétancourt, otage des guérilleros en Colombie, participera le 7 février à Evry à un forum sur les droits des femmes organisé par le conseil général de l'Essonne, a indiqué dimanche Claire-Lise Campion, présidente déléguée du conseil général. 17/01/04 : Treize mois après la rupture des contacts entre le pouvoir et l'ELN, une reprise du dialogue avec les rebelles est à l'ordre du jour en Colombie grâce à l'intervention d'un commission civile de conciliation. Durant plus de six heures jeudi, une commission civile de conciliation s'est réunie avec un dirigeant de l'ELN, Francisco Galan, dans sa cellule de la prison d'Itagui, près de Medellin (400 km au nord-ouest de Bogota).Autorisée par le gouvernement, la rencontre carcérale avec Francisco Galan a réuni des personnalités de haut rang. Avant de rencontrer Francisco Galan à Itagui la commission de conciliation avait été reçue mardi à Bogota par le Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo qui avait alors manifesté l'intérêt du pouvoir pour un processus de paix avec l'ELN, mais avec pour préalable un "cessez-le-feu" incluant la suspension des enlèvements. Les divergences entre le pouvoir et l'ELN portent sur le cadre de futures négociations : la guérilla souhaite engager des "dialogues régionaux" entre les autorités locales et ses militants, alors que le gouvernement préfère un contact "direct" au niveau national avec les rebelles. En revanche, aucun rapprochement n'est en cours entre le pouvoir et les FARC16/01/04
: Dans "Latin Reporters", une analyse
intéressante de la dernière déclaration des Farc, qui
prétendaient dans un communiqué
diffusé mercredi que l'arrestation de Simon Trinidad les avait
empêchés de préparer en Equateur "une réunion avec le secrétaire
général de l'ONU" et une "rencontre avec des représentants
du gouvernement français pour trouver une solution définitive à la
captivité d'Ingrid Betancourt". (voir
le texte complet du
communiqué en français) Cette réunion est-elle plausible ? Kofi Annan a immédiatement publié un communiqué spécifiant que l'ONU «n'avait été impliquée dans aucun des faits auxquels la déclaration fait référence». Son envoyé spécial en Colombie, James Lemoyne, cité par les Farc, n'a jamais caché qu'il maintenait et cherchait à développer des contacts avec le groupe armé, mais la visite à Quito, début janvier, n'entrait pas officiellement dans son agenda. Le Quai d'Orsay a de son côté nié, hier, «avoir été approché». Une façon concise de couper court à toute polémique, surtout après les cafouillages de cet été. Malgré les démentis, le communiqué des Farc recoupe les premières déclarations de leur dirigeant arrêté. «J'ai recherché une [fausse] identité équatorienne au cas où les dialogues se seraient tenus à l'extérieur de la Colombie», aurait expliqué Simon Trinidad aux autorités de Quito. De toute manière cette version permet aux Farc d'affirmer leur disposition au dialogue, tout en accusant le gouvernement d'«entraver» l'accord prisonniers contre otages. Le ministre de la Défense colombien s'oppose, en effet, à échanger «des entrepreneurs, paysans, soldats et commerçants contre des criminels» comme Trinidad. La volonté de la France et de l'ONU «d'aider les Colombiens», réaffirmée malgré l'incident de Quito, se heurte pour l'instant à des positions irréconciliables. Ce qui est probablement le plus significatif dans
les événements des dernières semaines, c'est la fin apparente de la
tolérance et des facilités dont jouissaient jusqu'à présent les
Farc en Equateur. Jusqu'il y a peu en effet, des émissaires des FARC
tenaient des conférences de presse à Quito, capitale d'un pays qui
était, pour les rebelles colombiens, une espèce de base arrière
naturelle et un couloir à peine clandestin d'approvisionnement en
armes.
15/01/04 : Les FARC ont affirmé ce mercredi avoir été en contact avec l'ONU et la France et assuré que la récente capture d'un de leurs chefs, Simon Trinidad, avait fait avorter un possible échange entre les otages de cette guérilla, dont Ingrid Betancourt, et leurs militants emprisonnés. "La détention du commandant Simon Trinidad le 2 janvier à Quito a fait échouer la mission clandestine que lui avait assignée le secrétariat des FARC pour chercher (en Équateur) un lieu adéquat pour la réunion avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et James Lemoyne (envoyé spécial de l'ONU en Colombie), ainsi que pour la rencontre prévue avec des représentants du gouvernement français afin de trouver une solution définitive à la captivité d'Ingrid Betancourt et des autres prisonniers de guerre, au moyen d'un échange humanitaire", indique le mouvement de guérilla dans un communiqué, authentifié, transmis à l'AFP. Dans leur communiqué, les Farc déclarent "en appeler à la solidarité avec tous les prisonniers politiques de Colombie pour exiger du gouvernement Uribe qu'il n'entrave plus la signature d'un échange ou d'un accord humanitaire avec les FARC, qui rende possible la libération des prisonniers de guerre et des politiciens au pouvoir des deux parties, dans lequel ils incluent, évidemment, le nom de Simón Trinidad". Ni les Nations unies ni le gouvernement français n'ont réagi face à ces assertions pour le moment. Aucun éventuel dialogue avec les FARC en Équateur n'avait été annoncé jusqu'ici par l'ONU et par Paris.
14/01/04 : «Je suis rassurée», a déclaré au Figaro Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid. «Apparemment, Ingrid n'est pas isolée, elle a la possibilité de dialoguer avec les gens du secrétariat général des Farc. Et malgré l'intransigeance du gouvernement, les Farc continuent de rechercher la réalisation d'un accord humanitaire.» Selon Astrid Betancourt, l'interview serait antérieure à la capture en Équateur, le 2 janvier, du chef guérillero Simon Trinidad, événement important qui n'est pas mentionné par Raul Reyes. Présentée par le gouvernement d'Alvaro Uribe comme une victoire sans précédents sur l'insurrection marxiste, la capture de l'idéologue de la guérilla complique la situation des otages. «Le gouvernement a annoncé que Simon Trinidad ne serait pas inclus dans un éventuel échange humanitaire, soi-disant pour ne pas démoraliser les troupes», relève Astrid Betancourt avant d'ajouter : «Il est évident que les Farc réclameront un échange global de prisonniers», sans exceptions. C'est d'ailleurs ce que vient de déclarer Raul Reyes à des journalistes d'Anncol (l'Agence de presse pour une Nouvelle Colombie - dont le siège est à Stockholm) qui lui demandait si son organisation était disposée à "libérer des prisonniers de guerre dans un échange éventuel avec 'de Simón Trinidad '". "Mon organisation maintient sa proposition "d'échange de prisonniers ou accord humanitaire avec un gouvernement qui exprimerait également le même intérêt" a-t-il déclaré.
13/01/04 : Dans "Café Babel", une réflexion sur le rôle de l'Europe en Colombie par Diego Rojas, Doctorant en Science politique. Auteur d'un mémoire de DEA sur "Les interventions des acteurs extérieurs dans le conflit colombien" "L'UE avait pourtant marqué sa différence en Colombie. Mais des objectifs angéliques et le manque d'une volonté politique marquée l'ont conduite à s'effacer. Leçons pour l'avenir."....
"Ingrid Betancourt, selon nos toutes dernières informations, est en bonne santé", a dit M. Reyes, considéré comme le numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), dans une interview diffusée aujourd'hui par TV5. "Elle a passé un bon anniversaire, elle attend un échange de prisonniers, elle sait parfaitement que sa libération dépend d'un tel échange humanitaire", a-t-il ajouté. "C'est une femme qui considère que sa vie n'est pas le plus important. Ce qui compte c'est le message qui permette d'avancer vers un échange humanitaire de prisonniers", a souligné M. Reyes. "A la famille d'Ingrid Betancourt et aux Français j'affirme que les FARC maintiennent cet objectif d'échange humanitaire et ce, quelle que soit l'instransigeance du gouvernement Uribe", a ajouté M. Reyes. "Nous réaffirmons au gouvernement français que les FARC maintiennent leur volonté de parvenir à un accord humanitaire", a souligné le leader guérillero en précisant: "nous sommes disposés à parler de cette affaire avec les gouvernements étrangers". M. Reyes, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères des FARC", a toutefois indiqué que son organisation n'acceptait pas de rencontrer le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe "tant qu'il n'existe pas de zone démilitarisée". Dans un communiqué publié ce matin, la famille d´Ingrid Betancourt
confirme avec regret cet état de fait, "tant l´attitude du Chef de l´Etat est restrictive et sans esprit de coopération;
tout porte en effet à croire que le President Uribe se désinteresse du sort de ses 900 compatriotes, pour certains otages de la guérilla des Farc depuis plus de cinq
ans".
12/01/04 : Du Venezuela au Chili, en passant par le Brésil et l'Argentine, c'est une Amérique latine singulièrement plus à gauche que lors du sommet des Amériques d'avril 2001 que retrouve aujourd'hui George Bush. Après avoir été le laboratoire des méthodes néolibérales dans les années 90, le sous-continent avait déjà, à la fin de la décennie, vu arriver à la tête du Chili un socialiste, Ricardo Lagos, le premier depuis le renversement de Salvador Allende, en 1973, alors que le bouillant Hugo Chavez, président du Venezuela depuis 1998, confirmait sa vocation à être le nouveau cauchemar des États-Unis. Mais c'est la vague d'élections présidentielles depuis 2002 qui a consacré le coup de barre à gauche... 11/01/04 : La situation de guerre civile, encouragée par les actions des groupes illégaux - guérilla et paramilitaires - ainsi que par la politique militariste du gouvernement colombien, est à la base de nombreux fléaux qui ravagent le pays. Parmi ceux-ci, le problème des déplacés et ses conséquences directes : la faim et la misère. Le Programme Alimentaire Mondial vient de publier un rapport qui révèle une extension inquiétante de la faim en Colombie. On estime à plus de trois millions de personnes le nombre total de Colombiens qui ont été chassés de leurs villages par la violence - la plupart vivent maintenant dans des bidonvilles insalubres autour des grandes villes. En 2003, au moins 350.000 colombiens dont 150.000 enfants se sont trouvés en situation de déplacement forcé. Ce sont les cas les plus urgent, signale Peter Goossens, représentant du PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL en Colombie, qui estime que le nombre total de victimes de la faim dans le pays oscille entre 700.000 et un million de personnes. Une étude réalisée par l'agence il y a six mois indique que 80 % des déplacés vivent dans une extrême pauvreté, tandis que 60 % souffrent d'une grave insuffisance en calories. Le budget du programme des Nations Unies destiné à combattre cette situation s'élève à à 47 millions de dollars, dont la moitié sont apportés par le gouvernement colombien.
10/01/04 : La politique "antidrogue" des Etats-Unis pour la région andine, dans le cadre du Plan Colombie, accorde une priorité excessive aux aspects militaires, ne se préoccupe pas assez des aspects socio-économiques, et se concentre trop sur la Colombie, a indiqué ce jeudi un rapport du Conseil des Relations Extérieures - un centre d'études à Washington. Certains fonctionnaires colombiens et américains ont déclaré qu'une diminution des secteurs utilisés pour la culture de coca et une réduction du niveau de violence en Colombie peuvent être présentées comme des preuves que la politique de Washington porte ses fruits. Mais les auteurs du rapport indiquent que la politique sera un échec dans le long terme car elle n'aura servi qu'à déplacer la production de drogue dans les pays voisins, notamment en Bolivie. Des sujets comme la sécurité, la
production de drogue, la corruption, la redistribution de terres et
l'iniquité sociale sont des domaines qui doivent être abordés de
manière multilatérale, a indiqué John G Heimann, controleur du Trésor
des Etats-Unis et un des auteurs du rapport.
09/01/04 : Une des figures les plus connues de la faction, Simon Trinidad n'était pourtant pas un chef militaire et n'avait pas accédé au saint des saints de ce groupe armé vieux de quarante ans : le «secrétariat», direction politico-militaire de sept membres. Le porte-parole de cette instance, Raul Reyes, l'a précisé avec une rapidité inaccoutumée, dès lundi, sur Internet : «guérillero remarqué et responsable», Trinidad ne serait membre «ni de l'état-major, ni de son secrétariat, ni commandant [militaire] du bloc Caraïbes, ni chef des finances des Farc».
Où en est la situation concernant l'accord humanitaire entre le Gouvernement et les Farc ? Tout ceci, pensions-nous, indiquait qu'on allait enfin ouvrir une voie pour un accord humanitaire, qui est la seule issue pour ma fille, pour Clarita (Clara Rojas, candidate à la Vice-présidence) et pour les autres kidnappés. C'est ce qu'avaient déclaré les Farc à plusieurs reprises. Cette issue est possible juridiquement, l'ex président López a insisté sur le fait qu'il n'y a pas d'inconvénients à cela. Le président Uribe nous a toujours fait croire qu'il allait faire son possible pour arriver à un accord, mais en réalité il n'a rien fait.
Tous les parents des kidnappés se sentent complètement abandonnés par le Gouvernement, parce que nous savons que nos proches sont en danger, et nous ne voyons rien se passer qui accélère un accord humanitaire
pour libérer les civils, mais aussi les militaires qui sont là depuis parfois six ans, abandonnés au milieu de la forêt ".
07/01/04 : La libération d'Ingrid Betancourt par les guérilleros n'est pas pour demain, mais depuis sa cellule, Simon Trinidad pourrait aider à un futur échange de prisonniers. Les éléments de cet apparent paradoxe sont ainsi perçus dans la mouvance rebelle, les familles des séquestrés, y compris d'Ingrid Betancourt, et la classe politique après l'arrestation de Simon Trinidad, qui n'est pas membre de l'état-major central des FARC, comme l'a rappelé lundi sur internet leur numéro deux, Raul Reyes, mais qui a joué un important rôle de négociateur dans le dernier dialogue de paix avec le pouvoir entre 1999 et 2002.Une libération d'Ingrid Betancourt et/ou de certains otages n'est plus à l'ordre du jour, car elle apparaîtrait comme un aveu de faiblesse après le coup porté avec la capture de Simon Trinidad, explique-t-on dans la mouvance rebelle consultée par l'AFP. Ces sources ont requis l'anonymat. La mère de la Franco-Colombienne, Yolanda Pulecio, a une analyse similaire. La détention de Trinidad "peut nuire à un accord humanitaire et à une libération par les rebelles de leurs otages", a-t-elle déclaré mardi à l'AFP. "Je suis très angoissée après cette arrestation, car on ignore ce que (le pouvoir et la guérilla) vont désormais exiger l'un de l'autre, dans cette course aux trophées de guerre", a-t-elle ajouté. 06/01/04
: La décision du Ministère public Général de la nation de changer l'intitulé de l'enquête qui a été ouverte contre les Farc par la privation de la liberté d'Íngrid Betancourt a suscité une discussion politique et juridique à Bogota.
Mais ce qui est sans doute le plus
significatif, c'est cette "soudaine" collaboration de la
police et de l'armée écuadorienne contre les Farc, ce qui ne
s'explique sans doute pas sans une intervention "ferme" des
Etats-Unis (il faut garder à l'esprit que les Farc détiennent
trois "civils" américains, plus que probablement employés
par la CIA).
L'opération - bien que présentée comme une simple arrestation par
la police de l'Ecuador d'un étranger circulant sans papier dans une rue
au centre de Quito - démontre quand même que les nouveaux outils qui sont utilisés pour combattre la guérilla sont
effectifs - en particulier la collaboration entre les services de
renseignements étatsuniens et colombiens. Les Etats-Unis ont apporté
un «appui vital» à cette arrestation, a reconnu le ministre
colombien de la Défense. En fait, la CIA a eu un rôle décisif et
Washington pourrait réclamer l'extradition du numéro 4 des Farc.
04/01/04 : En Colombie, le Conseil national électoral vient de rendre officiels les résultats du référendum du 25 octobre dernier : une seule réforme est approuvée par les électeurs, celle destinée à interdire aux hommes politiques condamnés pour corruption d'occuper un poste politique. Le Conseil a en outre confirmé les chiffres indiquant que le reste des réformes proposées par M. Uribe n'avaient pas remporté suffisamment de voix pour être votées. Le référendum, qui comptait 15 propositions, visait à réduire les dépenses gouvernementales et lutter contre la corruption politique. Il était férocement dénoncé par les syndicats, la gauche légale et même nombre de membres du parti au pouvoir. Pour Alvaro Uribe, il s'agissait avant tout de "voter contre le terrorisme", et d'éviter une crise économique à l'argentine. La confirmation des résultats du référendum soulignent l'échec du président colombien et de sa ligne dure, car le référendum d'octobre se présentait en fait sous forme de plébiscite pour ou contre Alvaro Uribe
Simon Trinidad est l'un des idéologues des FARC et commandait le front Caraïbes de la guérilla. Il avait été l'un des négociateurs durant le processus de paix avorté avec le pouvoir entre le 7 janvier 1999 et le 20 février 2002; il était un partisan déclaré de l'échange des kidnappés contre des guérilleros détenus dans les prisons de Colombie.
03/01/04
: l'Église colombienne a exprimé sa confiance et son
optimisme pour que cette année voit enfin se concrétiser un accord
humanitaire. Interviewé par Radio Caracol, le Père Darío
Echeverry a révélé que dans la réunion récente qu'a tenue la
commission de facilitation avec le porte-parole des Farc, Raúl Reyes,
ce dernier avait demandé des détails sur le processus de libération
des étrangers dans la Sierra Nevada de Santa Marta par l'ELN. D'après "Voces del Secustro", l'absence d'accord humanitaire a été ressentie comme la plus grande frustration de l'année 2003 par plusieurs membres du Congrès.
02/01/04 : À la recherche d'un accord humanitaire, Église s'est récemment réunie - pour la seconde fois en 2003 - avec un porte-parole des Farc . Deux représentants de l'Église Catholique se sont réunis fin de l'année avec un porte-parole des Farc dans le but de mettre au point un accord humanitaire qui permette de libérer les personnes kidnappées, a confirmé un membre de la Commission Nationale de Conciliation (CNC). A cette réunion, qui est déroulée samedi passé dans un endroit non précisé dans le Sud du pays, ont pris part monseñor Luis Augusto Castro, le père Darío Echeverri et le porte-parole des Farc, Raúl Reyes. Selon Velásquez, un membre de la CNC, les détails de la rencontre ont déjà été communiqués au Gouvernement. Le Farc ont accepté cette réunion avec les prélats sur base de son caractère autonome et indépendant. Velásquez a souligné l'importance de la réunion dont l'objectif était de "construire une atmosphère de confiance, condition nécessaire pour réussir à mettre au point un accord humanitaire qui permette la libération et le retour de tant de personnes kidnappées". Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les Farc ont des divergences quant à l'échange humanitaire, puisque chaque partie met différentes conditions pour y arriver. La guérilla propose de libérer quelque 60 politiciens et combattants en uniforme, en échange de la mise en liberté de centaines de rebelles. En outre, les Farc exigent la démilitarisation d'une immense zone dans le Sud du pays pour y effectuer l'échange de ceux qu'ils considèrent des "prisonniers de guerre". Uribe, lui, exige de la guérilla qu'elle libère tous les kidnappés, y compris ceux qui ont été capturés pour des raisons économiques; également que les rebelles éventuellement libérés s'engagent à ne plus commettre de délits, et il rejette le principe d'une zone démilitarisée. Récemment, le président a désigné l'ex-président Alfonso López Michelsen comme la personne chargée de superviser le sujet de l'échange humanitaire, en assistance à la tâche qu'effectuent les deux prélats. Le gouvernement "de main de fer" d'Uribe et les Farc n'entretiennent aucun type de contact direct. En outre, le Président insiste pour qualifier les rebelles de "terroristes" et promet de les vaincre "quelle qu'en soit la manière.
01/01/04
: Dans les journaux colombiens : "Ingrid
Betancourt a reçu la citoyenneté honorifique de plus de mille villes
au monde", a annoncé mardi à Bogota sa formation politique.
Le Parti Oxygeno Verde a expliqué que cette reconnaissance massive a
commencé en Belgique en mars de l'année passée et s'est transformée
un "mouvement mondial".
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