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31/01/04 : Les candidatures au prix Nobel de la paix 2004 affluent. Parmi les candidatures connues ou présumées figure Ingrid Betancourt, retenue en otage en Colombie depuis presque deux ans par les FARC. La date limite pour l'envoi des «nominations» est fixée au premier février. Le lauréat sera désigné au mois d'octobre. 

30/01/04 : Les paramilitaires colombiens étaient au service de la maffia calabraise.

La police italienne, qui vient de réussir un immense coup de filet dans laquelle sont tombées plus de 110 personnes, a réussi à infiltrer l'organisation de Salvatore Mancuso (un des chefs de l'AUC, l'organisation paramilitaire d'extrême droite) avec qui le gouvernement colombien est en train de négocier.

Plus de 110 personnes ont été arrêtées et accusées de trafic de drogue. Les détentions se sont produites en Italie, en Espagne, en France, en Australie, en Hollande et en Colombie: 5.500 kilos de cocaïne ont été saisis. 

La drogue provenait de Colombie (où de nombreux petits cartels vendent, au total, quelque 700 tonnes de cocaïne par an) et était distribuée par la puissante et organisation criminelle italienne 'Ndrangheta calabresa"; Le trafic vers l’Europe et l’Australie était organisé par le clan des Mancuso. Salvatore Mancuso, le chef des AUC, est un membre éloigné de cette famille. 

29/01/04 : Après le Soudan et la République du Congo, la Colombie est le troisième pays au monde pour le nombre de personnes déplacées par la violence à l'intérieur du pays. 

Kamel Morjane, Haut Commissaire Adjoint au Bureau pour les Réfugiés de l'ONU, en visite depuis la semaine passée en Colombie, a affirmé que "bien que les chiffres aient un peu baissé par rapport à 2002, on se trouvait toujours dans une grave crise humanitaire" : il y a entre deux et trois millions de personnes déplacées dans le pays

28/01/04 : Des familles de kidnappés se battent pour un échange humanitaire 

Le prêtre Darío Echeverry, membre de la commission de l'Église chargée de faciliter l'échange humanitaire a indiqué hier que des familles de kidnappés voulaient aller à la Cour Internationale des Droits de l'Homme pour obtenir la conclusion d'un échange. 

"Je crois qu'ils iront à cette Cour, je crois qu'ils chercheront même dans les Cours colombiennes les possibilité d'agir pour exiger du président qu'il se conforme  à ses obligations juridiques et qu'il conclue un accord humanitaire", a dit Echeverry. 

Le prélat a exprimé sa satisfaction après l'envoi par les Farc de la troisième preuve de survie des 12 députés de la Vallée, kidnappés le 11 avril 2002. "Cet acte est très important pour les colombiens . Et la commission de facilitation de l'Église a négocié pour promouvoir ce type d'initiative ", a indiqué Echeverry. 

Pour sa part, Fabiola Perdomo, porte-parole des familles, a déclaré qu'elle étudiait la possibilité de poursuivre  internationalement le gouvernement et les Farc "pour violation du Droit International Humanitaire". 

Le prêtre a déclaré que la commission se trouvait encore dans l'attente d'un accord humanitaire éventuel. Mais il a dit que celle-ci "dépendait de la bonne volonté manifestée par le président Uribe et le Secrétariat des Farc". 

À son tour le prélat  a assuré que le président Uribe "avait besoin quelques outils juridiques (pour un accord humanitaire éventuel). Je sais que le président de la commission de paix du Sénat souhaite lui apporter ces outils".

27/01/04 : Human Rights Watch (HRW) critique la Fiscalia (le Ministère public colombien) et déclare que son action dans le domaine des Droits Humains s'est détériorée de manière significative.

Dans un document annexé à son Rapport Annuel sur les DD. hh. (Droits Humains) dans le monde qui a été rendu public hier, HRW s'inquiète de ce que les actions du Ministère public Général en 2.003 ont envoyé tant aux paramilitaires qu'aux militaires colombiens le message que "les violations des Droits Humains sont une forme légitime de guerre".

Le document critique également le gouvernement colombien pour les mesures "antiterroristes" qui ont été approuvées en décembre passé et le dialogue "de paix" entamé avec les paramilitaires. 

HRW dit d'avoir reçu des "rapports crédibles" qui indiquent que le Ministère public procède à des arrestations arbitraires, en se basant sur de l' "information précaire", et en créant la sentiment que le gouvernement "manipule les preuves pour poursuivre ceux qui le critiquent". 

Dans le document HRW s'interroge aussi sur le processus de dialogue entamé avec les paramilitaires. Selon l'organisation internationale, la proposition du gouvernement pour l'éventuel processus de paix avec ces "escadrons de la mort" ne garantit pas une recherche impartiale sur les crimes qui ont été commis, et n'incite pas à rechercher ce qui s'est passé réellement, ni s'il y a eu une participation des forces de l'État dans ces atrocités.

Un des éléments les plus critiques du rapport de HRW est celui en rapport avec les mesures antiterroristes ou de sécurité qui ont été adoptées en 2.003.

Bien qu'il soit certain qu'on a réduit les statistiques de violence dans le pays pendant cette année, HRW fait valoir que ce résultat n'a pas nécessairement été obtenu par les politiques de sécurité du gouvernement, mais bien bien par le renforcement du pouvoir des paramilitaires dans quelques zones du pays.

Il souligne, de fait, que beaucoup des politiques de sécurité développées ont eu comme conséquence d' "aggraver" la situation de DD. hh qu'on cherchait à corriger. 

Certaines mesures "antiterroristes" approuvées par le Congrès colombien en décembre (ces mesures donnent le pouvoir aux militaires de poser des écoutes téléphones, d'arrêter ou d'emprisonner sans mandat d'arrêt judiciaire) sont un recul par rapport aux traités internationaux signés par la Colombie et sont contraires aux recommandations du Bureau du Haut Commissaire aux DD. hh de l'ONU. Pour cette raison, dit HRW, les relations entre l'ONU et la Colombie "sont tendues".

HRW signale qui pendant 2.003 les liens entre les paramilitaires et la force publique ont continué à être très présents . Il suggère même que cette relation va beaucoup plus loin que des "cas isolés" comme l'explique généralement par le gouvernement. "Ce type d'abus n'est clairement possible que s'il jouit de l'approbation, de la tolérance et la collaboration de fonctionnaires très haut placés", dit HRW. 

Dans le document HRW accuse aussi la guérilla (Farc, Eln) de multiples crimes, entre autres de massacres, de kidnappings, de torture et de l'utilisation d'enfants soldats.

27/01/04 : Le Conseil de l'Union Européenne a critiqué le statut antiterroriste, le non-accomplissement des recommandations de l'ONU et la démobilisation des membres du groupe armé paramilitaire en Colombie

Le Conseil des ministres a manifesté sa "vive préoccupation" pour "la situation préoccupante dans le domaine des droits humains et du Droit international humanitaire en Colombie" et a incité "le gouvernement colombien à faire face urgemment à cette situation, en appliquant les recommandations de l'ONU.

En ce qui concerne le processus de réhabilitation des groupes paramilitaires, l'Union Européenne souligne qu'il faut respecter le Droit et à la jurisprudence internationale dans ce domaine" et "respecter le droit des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation".

26/01/04 : L'étudiante française Stéphanie Minana, otage depuis 46 jours au Venezuela, a été libérée vendredi soir lors d'un assaut musclé de la police vénézuélienne, échappant de peu, selon des sources proches de l'enquête, à une exécution sommaire. La jeune fille a été hospitalisée "notamment pour déshydratation" dans une clinique de Valera, a annoncé samedi 24 janvier une source policière vénézuélienne. Elle souffrirait aussi de "douleurs musculaires, pour être restée attachée et entravée durant toute sa captivité".

26/01/04 : L'Organisation des États américains (OEA) a accepté de superviser les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et les paramilitaires, dont les agissements ont été vivement dénoncés par des organisations de défense des droits de l'homme.

Cette décision prise samedi soir par l'organisation de 34 membres donne une légitimité internationale aux négociations entre le président colombien Alvaro Uribe et les Forces d'autodéfense unies de Colombie (AUC), un groupe considéré comme "terroriste" par les États-Unis.

En vertu de cet accord, une mission de l'OEA sera envoyée en Colombie pour vérifier le respect du cessez-le-feu et la future démobilisation des AUC, qui comptent environ 18.000 membres, prévue d'ici 2005.

Une clause précise toutefois que la mission de l'OEA ne devra pas "porter de jugement sur les décisions politiques ou légales prises par l'État souverain de Colombie".

L'OEA est dirigée par l'ancien président colombien Cesar Gaviria, qui a pris cette décision, sans consulter les représentants des 35 états de l'organisation.

Des groupes de défense des droits de l'homme ont reproché à Uribe de négocier avec les milices d'extrême droite, mises en place par de riches éleveurs et trafiquants de drogue pour lutter contre les rebelles marxistes. Les AUC sont accusées d'avoir perpétré de nombreux massacres et assassinats de civils.

25/01/04 : Les Farc envoient une autre preuve de survie des douze députés kidnappés depuis 2002. Dans une vidéo diffusée aujourd'hui, les séquestrés ont demandé au président Álvaro Uribe d'avancer dans la voie d'un accord humanitaire.

Dans un enregistrement, de quelque 48 minutes, les députés ont envoyé des messages très préoccupants à leurs familles et ont réitéré leurs exigences au Gouvernement et aux rebelles pour qu'ils concluent avec promptitude un échange de prisonniers.

"Les séquestrés et leurs familles se sentent trompés et humiliés. Il n'existe aucune excuse pour ne pas conclure l'accord humanitaire (...)", a dit Francisco Giraldo, un des captifs politiques.

"Monsieur le président, passez des paroles aux actes", a continué Giraldo.

On ne sait ni où ni quand la vidéo a été réalisée. Les douze députés sont apparemment en bonne santé, rasés, avec les courts cheveux et propres, mais leurs parents ont remarqué qu' "ils paraissaient fatigués et avaient l'air hagard".

Bien que la majorité des députés aient pris un ton optimiste, d'autres, comme Carlos Alberto Charry, n'ont pas dissimulé leur désespoir.

"À ma chère famille je la parle avec la douleur d'être séparé de vous depuis 610 jours (...) Ceci il est très dur (...)", a indiqué Charry.

"Monsieur le président, ceux qui vont mourir te saluent." a dit un autre.

Les parents des séquestrés, qui ont récemment demandé une mission humanitaire pour vérifier l'état de santé des députés, se sont montrés un peu rassurés par cette nouvelle preuve de survie mais insistent pour que le Gouvernement s'intéresse enfin à la signature de l'accord humanitaire.

Alvaro Giraldo, frère de Francisco Giraldo, a déclaré que le Gouvernement a simplement oublié les kidnappés.

Plusieurs des militaires sont maintenant en captivité depuis plus de six ans.

24/01/04Les Nations Unies ouvrent une porte au processus de paix avec les paramilitaires, mais préviennent que cela doit être fait sérieusement.

Hier, le délégué de Koffi Annan en Colombie, James LeMoyne, a produit une déclaration en ce sens.

"Nous avons examiné avec Chris Patten (commissaire européen aux Relations Extérieures) le processus paramilitaire qui est maintenant en route. S'il est bien réalisé, il peut mettre fin pour toujours à la plaie du paramilitarisme, mettre fin à l'impunité, renforcer la légitimité de l'État pour fortifier la démocratie en Colombie et ouvrir une voie à des solutions négociées avec l'Eln et les Farc. 

"Mal fait, il pourrait affaiblir la démocratie et l'État colombien, et leur faire perdre une occasion historique d'arriver à une solution globale du conflit dans le pays. Nous avons l'espoir que le gouvernement va choisir la bonne voie", a-t-il dit déclaré.

Le délégué spécial du Secrétaire Général de l'ONU a aussi fait référence à un éventuel accord d'échange humanitaire entre le Gouvernement et les Farc, qui permette la libération des otages de la guérilla.

"Le Secrétaire Général réaffirme son offre de bons offices pour atteindre ce but. Il le fait avec un engagement réel, en toute transparence et sans ménager ses efforts. Nous espérons pouvoir aider à amorcer un dialogue avec le sFarc et l'Eln ", a-t-il dit. 

Il a ajouté que l'ONU espérait fermement une libération des otages et "que l'heure était venue pour que le Gouvernement et les Farc prennent les décisions nécessaires". 

La déclaration indique, en outre, que l'Union Européenne (UE) et l'ONU sont sur la même longueur d'onde concernant l'importance que doit consacrer la Colombie à "la mise en pratique des recommandations du Haut Commissaire de l'ONU pour les Droits Humains". 

À ce sujet, le commissaire Patten a indiqué que pendant la visite du président Uribe en Europe, en février prochain, ce sujet "serait mis sur la table, sûrement, par beaucoup de ses interlocuteurs". 

LeMoyne a aussi souligné que la Déclaration de Londres - signée en juillet passé avec le Gouvernement et qui exige l'accomplissement de ces recommandations - "est un consensus international sans précédent sur la Colombie et une feuille de route essentielle pour aider le pays". 

Chris Patten23/01/04Le commissaire européen aux Relations extérieures Chris Patten est à Bogota où il a rencontré entre autres le président Alvaro Uribe. Sa visite aura été l'occasion de détendre les relations entre le Vieux continent et le gouvernement colombien. Du moins sur le plan formel. 

Encensée par Washington, la politique jusqu'au-boutiste et antiguérilla du président Alvaro Uribe, assortie d'une suspecte clémence envers les paramilitaires d'extrême-droite et de déclarations incendiaires contre les défenseurs des droits de l'homme, continue d'être observée avec méfiance de l'autre côté de l'Atlantique. D'où la récente menace, émise par certains secteurs de la gauche européenne, de boycotter la prochaine visite (le 10 février) au Parlement de Strasbourg du président colombien.

A la veille de son voyage dans le pays andin, Chris Patten exigeait que la Colombie «mette promptement en oeuvre les recommandations du bureau des droits de l'homme de l'ONU», «agisse contre l'impunité» et «remédie aux connivences avec les paramilitaires. » Des suggestions plutôt mal accueillies. Francisco Santos, le vice-président, accusait aussitôt l'Europe de diffuser une «vision néocoloniale» de la justice colombienne, et de considérer son pays comme une «république bananière». A Bogota, Chris Patten s'est cependant défendu de tout «paternalisme», avant de déclarer l'incident clos. 

Devant la presse, M. Patten a critiqué Le Plan Colombie de lutte anti-drogue par fumigation aérienne de la coca, appuyé par les Etats-Unis, et il a appelé parallèlement les FARC à signer un "accord humanitaire" pour un échange de prisonniers.

L'Union europénne a toujours refusé de se joindre à Washington pour éradiquer la coca par fumigations, et préfère une aide sociale. Chris Patten a annoncé dans ce cadre un financement européen de 54 millions de dollars, baptisé "Laboratoire de paix", au profit de 62 des 1.100 communes colombiennes.

"Je suis venu exprimer le ferme appui de l'Union européenne à la lutte difficile du gouvernement contre les terroristes, mais aussi souligner que le plus sage consiste à la réaliser dans le cadre de la loi", a-t-il ajouté, dans une allusion aux réticences de l'UE face à la nouvelle loi antiterroriste qui a été critiquée à plusieurs reprises par les Nations unies - entre autre parce quelle permet notamment de déléguer des pouvoirs judiciaires à l'armée.

Juste avant de participer à une réunion avec des ONG qui défendent les Droits de l'Homme, Chris Patten a rencontré Yolanda Pulecio, mère d'Íngrid Betancourt, et Ángela de Pérez, épouse de l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, séquestré lui aussi.

"Nous avons besoin de l'appui de l'Union Européenne pour l'accord humanitaire. Nous considérons qu'on doit séparer le processus de paix de l'accord humanitaire, parce que les séquestrés sont en danger de mort ", a dit Yolanda Pulecio.

Après la rencontre, Chris Pattena déclaré qu'il était extrêmement préoccupé par les  les abus des droits humains en Colombie. Il a invité les FARC à "négocier et à concrétiser un accord humanitaire (pour un échange de prisonniers)", et dénoncé les enlèvements de civils par les rebelles. "Il n'y a pas de pire violation des droits de l'homme que de séparer une famille pendant des années", a-t-il dit.

22/01/04Les paramilitaires de Colombie, redoutés pour leurs massacres, restent le seul groupe armé avec lequel le pouvoir a entamé des négociations. Un de leurs ex-chefs, Giovanny Marin, alias commandant "R", s'est même présenté mardi devant les 268 députés et sénateurs à Bogota pour les appeler à ne "pas laisser perdre ce moment historique" de la reddition en cours décidée par l'extrême droite en armes. Il partie des 1.015 miliciens qui ont déposé les armes depuis novembre dernier dans le cadre d'un accord avec le pouvoir.

Cet ancien chef de la milice "Cacique Nutibara", dans la banlieue violente de Medellin a qualifié de "geste honnête" la reddition en cours, même s'il a admis avoir "compris la méfiance en Colombie" sur la réalité de ce processus.

Avant leur cessez-le-feu de décembre 2002, les paramilitaires, responsables selon Amnesty International de 85% des atteintes aux Droits Humains en Colombie, étaient connus pour leurs tueries de civils suspectés de liens avec la guérilla, y compris à l'aide de tronçonneuses.

21/01/04Quinze jours après la capture de Simon Trinidad, les FARC dynamitent le principal oléoduc de Colombie, opéré conjointement par l'Américaine Oxy (Occidental Petroleum) et la compagnie nationale Ecopetrol.

Le dynamitage de l'oléoduc a eu lieu dans le département d'Arauca, où 70 bérets verts américains ont entraîné l'an dernier le 18-ème bataillon colombien de l'armée à sa défense.

Ce nouvel attentat a contraint les autorités à suspendre l'adduction de brut jusqu'à la côte caraïbe, jusqu'à la réparation de l'oléoduc sous la protection des troupes de la II-ème division de l'armée de terre.

Considérant le rôle probable des services secrets étasuniens dans la capture de Simon Trinidad, on peut supposer que ce dynamitage qui touche directement les intérêts des USA n'est pas un hasard...

20/01/04La candidature d'Ingrid Betancourt, retenue en otage en Colombie depuis presque deux ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a été proposée par une députée française au comité qui décernera le Prix Nobel de la Paix 2004. 

Danielle Bousquet, députée (PS) de Saint-Brieuc qui a parrainé la candidature de Mme Betancourt, a expliqué lundi à l'AFP apprécier "la manière dont cette femme a posé la défense des droits humains au coeur de son engagement".

"L'attribution du Prix Nobel de la Paix 2004 à Mme Betancourt favoriserait la prise en considération et une plus grande implication des organismes internationaux et aussi des pays démocratiques pour tenter de mettre fin à la situation intolérable subie par le peuple colombien", a-t-elle affirmé au comité.

19/01/04Alvaro Uribe semble être le président le plus populaire dans l'histoire de la Colombie. Ses erreurs, reconnues même par ses proches, n'ont en rien entamé son prestige : 80% de la population approuverait sa gestion, contre 15% d'opposants, selon un sondage publié samedi par lEl Tiempo (Bogota) et El Colombiano (Medellin).

Alvaro Uribe avait pourtant subi une vague de critiques, y compris dans son entourage, pour son discours incendiaire du 8 septembre contre des Organisations non gouvernementales (ONG), accusées par lui de soutenir la guérilla, mais surtout après l'échec de son référendum du 25 octobre, aux 15 questions souvent hermétiques, sur une réforme politique et fiscale.

75% des habitants, selon le même sondage, appuient son programme de guerre totale contre les Farc et l'ELN; 79% considèrent qu'il respecte les droits de l'homme dans ce cadre. Les deux guérillas n'obtiennent qu'1% d'opinions favorables dans l'opinion, selon la même enquête.

Son prédécesseur, Andres Pastrana, qui vit désormais à Madrid, reste honni des Colombiens pour son dialogue de sourd avec les FARC. Quant à Ernesto Samper, président de 1994 à 1998, il avait passé son temps à démentir le financement de sa campagne par les trafiquants de drogue.

Les Colombiens ne tiennent manifestement pas rigueur à leur président d'avoir échoué jusqu'ici à réaliser un échange humanitaire entre les 400 militants des FARC emprisonnés dans le pays, et les 900 otages de cette guérilla, dont Ingrid Betancourt.

18/01/04Mélanie Bétancourt, la fille d'Ingrid Bétancourt, otage des guérilleros en Colombie, participera le 7 février à Evry à un forum sur les droits des femmes organisé par le conseil général de l'Essonne, a indiqué dimanche Claire-Lise Campion, présidente déléguée du conseil général.

17/01/04Treize mois après la rupture des contacts entre le pouvoir et l'ELN, une reprise du dialogue avec les rebelles est à l'ordre du jour en Colombie grâce à l'intervention d'un commission civile de conciliation.

Durant plus de six heures jeudi, une commission civile de conciliation s'est réunie avec un dirigeant de l'ELN, Francisco Galan, dans sa cellule de la prison d'Itagui, près de Medellin (400 km au nord-ouest de Bogota).

Autorisée par le gouvernement, la rencontre carcérale avec Francisco Galan a réuni des personnalités de haut rang. Avant de rencontrer Francisco Galan à Itagui la commission de conciliation avait été reçue mardi à Bogota par le Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo qui avait alors manifesté l'intérêt du pouvoir pour un processus de paix avec l'ELN, mais avec pour préalable un "cessez-le-feu" incluant la suspension des enlèvements.

Les divergences entre le pouvoir et l'ELN portent sur le cadre de futures négociations : la guérilla souhaite engager des "dialogues régionaux" entre les autorités locales et ses militants, alors que le gouvernement préfère un contact "direct" au niveau national avec les rebelles.

En revanche, aucun rapprochement n'est en cours entre le pouvoir et les FARC

16/01/04Dans "Latin Reporters", une analyse intéressante de la dernière déclaration des Farc, qui prétendaient dans un communiqué diffusé mercredi que l'arrestation de Simon Trinidad les avait empêchés de préparer en Equateur "une réunion avec le secrétaire général de l'ONU" et une "rencontre avec des représentants du gouvernement français pour trouver une solution définitive à la captivité d'Ingrid Betancourt". (voir le texte complet du communiqué en français)

Latin Reporters estime que cette affirmation doit être considérée avec précaution. Il se range du côté de nombreux observateurs qui estiment que le communiqué des FARC joue à nouveau avec l'émotion internationale liée à la longue séquestration d'Ingrid Betancourt pour tenter aujourd'hui de créer un courant d'opinion hostile à l'incarcération de Simon Trinidad.

Cette réunion est-elle plausible ? Kofi Annan a immédiatement publié un communiqué spécifiant que l'ONU «n'avait été impliquée dans aucun des faits auxquels la déclaration fait référence». Son envoyé spécial en Colombie, James Lemoyne, cité par les Farc, n'a jamais caché qu'il maintenait et cherchait à développer des contacts avec le groupe armé, mais la visite à Quito, début janvier, n'entrait pas officiellement dans son agenda. Le Quai d'Orsay a de son côté nié, hier, «avoir été approché». Une façon concise de couper court à toute polémique, surtout après les cafouillages de cet été.

Malgré les démentis, le communiqué des Farc recoupe les premières déclarations de leur dirigeant arrêté. «J'ai recherché une [fausse] identité équatorienne au cas où les dialogues se seraient tenus à l'extérieur de la Colombie», aurait expliqué Simon Trinidad aux autorités de Quito.

De toute manière cette version permet aux Farc d'affirmer leur disposition au dialogue, tout en accusant le gouvernement d'«entraver» l'accord prisonniers contre otages. Le ministre de la Défense colombien s'oppose, en effet, à échanger «des entrepreneurs, paysans, soldats et commerçants contre des criminels» comme Trinidad. La volonté de la France et de l'ONU «d'aider les Colombiens», réaffirmée malgré l'incident de Quito, se heurte pour l'instant à des positions irréconciliables.

Ce qui est probablement le plus significatif dans les événements des dernières semaines, c'est la fin apparente de la tolérance et des facilités dont jouissaient jusqu'à présent les Farc en Equateur. Jusqu'il y a peu en effet, des émissaires des FARC tenaient des conférences de presse à Quito, capitale d'un pays qui était, pour les rebelles colombiens, une espèce de base arrière naturelle et un couloir à peine clandestin d'approvisionnement en armes.

Or,  le président équatorien, Lucio Gutierrez, n'a pas hésité à autoriser l'extradition vers la Colombie de Simon Trinidad dès le lendemain de son arrestation à Quito. Rappelons que Gutierrez, ex-colonel putschiste, populiste de gauche a été élu le 24 novembre 2002 avec l'appui de la population amérindienne déshéritée et est considéré comme l'un des tenants de la nouvelle gauche latino-américaine. Est-ce, comme le prétendent les les FARC dans leur communiqué, simplement pour se "soumettre à l'ambition hégémoniste" de Washington ?

Paradoxalement, la mobilisation internationale en faveur d'Ingrid Betancourt pourrait contribuer à prolonger sa captivité en faisant croire aux chefs des FARC qu'ils détiennent en l'ex-candidate écologiste à la présidence colombienne le passe-partout ouvrant des portes politiques et diplomatiques en principe fermées à ceux dont l'arme principale est la terreur.

15/01/04Les FARC ont affirmé ce mercredi avoir été en contact avec l'ONU et la France et assuré que la récente capture d'un de leurs chefs, Simon Trinidad, avait fait avorter un possible échange entre les otages de cette guérilla, dont Ingrid Betancourt, et leurs militants emprisonnés.

"La détention du commandant Simon Trinidad le 2 janvier à Quito a fait échouer la mission clandestine que lui avait assignée le secrétariat des FARC pour chercher (en Équateur) un lieu adéquat pour la réunion avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et James Lemoyne (envoyé spécial de l'ONU en Colombie), ainsi que pour la rencontre prévue avec des représentants du gouvernement français afin de trouver une solution définitive à la captivité d'Ingrid Betancourt et des autres prisonniers de guerre, au moyen d'un échange humanitaire", indique le mouvement de guérilla dans un communiqué, authentifié, transmis à l'AFP.

Dans leur communiqué, les Farc déclarent "en appeler à la solidarité avec tous les prisonniers politiques de Colombie pour exiger du gouvernement Uribe qu'il n'entrave plus la signature d'un échange ou d'un accord humanitaire avec les FARC,  qui rende possible la libération des prisonniers de guerre et des politiciens au pouvoir des deux parties, dans lequel ils incluent, évidemment, le nom de Simón Trinidad".

Ni les Nations unies ni le gouvernement français n'ont réagi face à ces assertions pour le moment. Aucun éventuel dialogue avec les FARC en Équateur n'avait été annoncé jusqu'ici par l'ONU et par Paris.

14/01/04«Je suis rassurée», a déclaré au Figaro Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid. «Apparemment, Ingrid n'est pas isolée, elle a la possibilité de dialoguer avec les gens du secrétariat général des Farc. Et malgré l'intransigeance du gouvernement, les Farc continuent de rechercher la réalisation d'un accord humanitaire.»

Selon Astrid Betancourt, l'interview serait antérieure à la capture en Équateur, le 2 janvier, du chef guérillero Simon Trinidad, événement important qui n'est pas mentionné par Raul Reyes. Présentée par le gouvernement d'Alvaro Uribe comme une victoire sans précédents sur l'insurrection marxiste, la capture de l'idéologue de la guérilla complique la situation des otages. «Le gouvernement a annoncé que Simon Trinidad ne serait pas inclus dans un éventuel échange humanitaire, soi-disant pour ne pas démoraliser les troupes», relève Astrid Betancourt avant d'ajouter : «Il est évident que les Farc réclameront un échange global de prisonniers», sans exceptions.

C'est d'ailleurs ce que vient de déclarer Raul Reyes à des journalistes d'Anncol (l'Agence de presse pour une Nouvelle Colombie - dont le siège est à Stockholm) qui lui demandait si son organisation était disposée à "libérer des prisonniers de guerre dans un échange éventuel avec 'de Simón Trinidad '".

"Mon organisation maintient sa proposition "d'échange de prisonniers ou accord humanitaire avec un gouvernement qui exprimerait également le même intérêt" a-t-il déclaré.

13/01/04Dans "Café Babel", une réflexion sur le rôle de l'Europe en Colombie par Diego Rojas, Doctorant en Science politique. Auteur d'un mémoire de DEA sur "Les interventions des acteurs extérieurs dans le conflit colombien"

"L'UE avait pourtant marqué sa différence en Colombie. Mais des objectifs angéliques et le manque d'une volonté politique marquée l'ont conduite à s'effacer. Leçons pour l'avenir."....

12/01/04Dans une interview tournée le 28 décembre 2003, Raul Reyes, le numéro 2 des Farc, déclare qu´il est impossible pour son mouvement de negocier un accord humanitaire d´echange de prisonniers avec le Gouvernement Colombien en raison de l´intransigeance du President Uribe.

"Ingrid Betancourt, selon nos toutes dernières informations, est en bonne santé", a dit M. Reyes, considéré comme le numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), dans une interview diffusée aujourd'hui par TV5. 

"Elle a passé un bon anniversaire, elle attend un échange de prisonniers, elle sait parfaitement que sa libération dépend d'un tel échange humanitaire", a-t-il ajouté.

"C'est une femme qui considère que sa vie n'est pas le plus important. Ce qui compte c'est le message qui permette d'avancer vers un échange humanitaire de prisonniers", a souligné M. Reyes.

"A la famille d'Ingrid Betancourt et aux Français j'affirme que les FARC maintiennent cet objectif d'échange humanitaire et ce, quelle que soit l'instransigeance du gouvernement Uribe", a ajouté M. Reyes.

"Nous réaffirmons au gouvernement français que les FARC maintiennent leur volonté de parvenir à un accord humanitaire", a souligné le leader guérillero en précisant: "nous sommes disposés à parler de cette affaire avec les gouvernements étrangers".

M. Reyes, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères des FARC", a toutefois indiqué que son organisation n'acceptait pas de rencontrer le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe "tant qu'il n'existe pas de zone démilitarisée".

Dans un communiqué publié ce matin, la famille d´Ingrid Betancourt confirme avec regret cet état de fait, "tant l´attitude du Chef de l´Etat est restrictive et sans esprit de coopération; tout porte en effet à croire que le President Uribe se désinteresse du sort de ses 900 compatriotes, pour certains otages de la guérilla des Farc depuis plus de cinq ans".

"Au nom du droit humanitaire et du devoir d´ingérence pour sauver des personnes en danger de mort", la famille d'Ingrid appelle avec force la Communauté Internationale "à tout mettre en oeuvre pour trouver avec les Farc les chemins du dialogue qui permettront la libération de tous les séquestrés."

12/01/04Du Venezuela au Chili, en passant par le Brésil et l'Argentine, c'est une Amérique latine singulièrement plus à gauche que lors du sommet des Amériques d'avril 2001 que retrouve aujourd'hui George Bush. 

Après avoir été le laboratoire des méthodes néolibérales dans les années 90, le sous-continent avait déjà, à la fin de la décennie, vu arriver à la tête du Chili un socialiste, Ricardo Lagos, le premier depuis le renversement de Salvador Allende, en 1973, alors que le bouillant Hugo Chavez, président du Venezuela depuis 1998, confirmait sa vocation à être le nouveau cauchemar des États-Unis. Mais c'est la vague d'élections présidentielles depuis 2002 qui a consacré le coup de barre à gauche...

11/01/04La situation de guerre civile, encouragée par les actions des groupes illégaux - guérilla et paramilitaires - ainsi que par la politique militariste du gouvernement colombien, est à la base de nombreux fléaux qui ravagent le pays. Parmi ceux-ci, le problème des déplacés et ses conséquences directes : la faim et la misère. 

Le Programme Alimentaire Mondial vient de publier un rapport qui révèle une extension inquiétante de la faim en Colombie.

On estime à plus de trois millions de personnes le nombre total de Colombiens qui ont été chassés de leurs villages par la violence - la plupart vivent maintenant dans des bidonvilles insalubres autour des grandes villes. En 2003, au moins 350.000 colombiens dont 150.000 enfants se sont trouvés en situation de déplacement forcé. Ce sont les cas les plus urgent, signale Peter Goossens, représentant du PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL en Colombie, qui estime que le nombre total de victimes de la faim dans le pays oscille entre 700.000 et un million de personnes. 

Une étude réalisée par l'agence il y a six mois indique que 80 % des déplacés vivent dans une extrême pauvreté, tandis que 60 % souffrent d'une grave insuffisance en calories. 

Le budget du programme des Nations Unies destiné à combattre cette situation s'élève à à 47 millions de dollars, dont la moitié sont apportés par le gouvernement colombien. 

Cependant Goossens considère que cette somme est insuffisante : "Le problème de la faim dans ce pays augmente chaque année, c'est pourquoi nous cherchons la possibilité d'augmenter nos activités ici".

10/01/04La politique "antidrogue" des Etats-Unis pour la région andine, dans le cadre du Plan Colombie, accorde une priorité excessive aux aspects militaires, ne se préoccupe pas assez des aspects socio-économiques, et se concentre trop sur la Colombie, a indiqué ce jeudi un rapport du Conseil des Relations Extérieures - un centre d'études à Washington.

Certains fonctionnaires colombiens et américains ont déclaré qu'une diminution des secteurs utilisés pour la culture de coca et une réduction du niveau de violence en Colombie peuvent être présentées comme des preuves que la politique de Washington porte ses fruits. Mais les auteurs du rapport indiquent que la politique sera un échec dans le long terme car elle n'aura servi qu'à déplacer la production de drogue dans les pays voisins, notamment en Bolivie.

Des sujets comme la sécurité, la production de drogue, la corruption, la redistribution de terres et l'iniquité sociale sont des domaines qui doivent être abordés de manière multilatérale, a indiqué John G Heimann, controleur du Trésor des Etats-Unis et un des auteurs du rapport.

"Les programmes de fumigation manquent de mécanismes pour s'assurer que la coca à ne soit pas plantée à nouveau dans le futur et punit trop les paysans au lieu de s'attaquer aux puissants narco-trafiquants" - a-t-il indiqué.

09/01/04Une des figures les plus connues de la faction, Simon Trinidad n'était pourtant pas un chef militaire et n'avait pas accédé au saint des saints de ce groupe armé vieux de quarante ans : le «secrétariat», direction politico-militaire de sept membres. Le porte-parole de cette instance, Raul Reyes, l'a précisé avec une rapidité inaccoutumée, dès lundi, sur Internet : «guérillero remarqué et responsable», Trinidad ne serait membre «ni de l'état-major, ni de son secrétariat, ni commandant [militaire] du bloc Caraïbes, ni chef des finances des Farc».

08/01/04 : "Ce n'est pas la capture de Simón Trinidad qui constitue un obstacle à la libération des otages au pouvoir des Farc, mais plutôt le manque de volonté politique du Gouvernement pour conclure un accord humanitaire avec la guérilla" ...C'est ce que considère Yolanda Pulecio, la mère d'Íngrid Betancourt.

Interviewée par El Colombiano, Madame Pulecio s'est montrée affligée par le manque d'issues possibles pour la situation de sa fille, ainsi que celle d'autres politiques et membres de la Force Publique qui sont au pouvoir des Farc depuis plusieurs années. 

Où en est la situation concernant l'accord humanitaire entre le Gouvernement et les Farc ? 

"Après l'occupation dans la Cathédrale (début décembre 2003), le président Uribe a réagi et a nommé l'ex président López dans une commission de facilitation; la commission de l'Église était déjà en place, et la guérilla avait nommé une commission de négociations depuis février de l'année passée.

Tout ceci, pensions-nous, indiquait qu'on allait enfin ouvrir une voie pour un accord humanitaire, qui est la seule issue pour ma fille, pour Clarita (Clara Rojas, candidate à la Vice-présidence) et pour les autres kidnappés. 

C'est ce qu'avaient déclaré les Farc à plusieurs reprises. Cette issue est possible juridiquement, l'ex président López a insisté sur le fait qu'il n'y a pas d'inconvénients à cela. 

Le président Uribe nous a toujours fait croire qu'il allait faire son possible pour arriver à un accord, mais en réalité il n'a rien fait. 

Tous les parents des kidnappés se sentent complètement abandonnés par le Gouvernement, parce que nous savons que nos proches sont en danger, et nous ne voyons rien se passer qui accélère un accord humanitaire pour libérer les civils, mais aussi les militaires qui sont là depuis parfois six ans, abandonnés au milieu de la forêt ". 

Le changement de dénomination - otage au lieu de kidnappé - peut-il influencer la recherche de l'accord humanitaire ?

"La seule chose dont on a besoin c'est une volonté politique de la part du Président; tant qu'il n'aura pas cette volonté et ne la démontrera pas, nous serons dans les pires conditions. Ce changement de dénomination peut rendre les choses un peu plus faciles, mais celui qui doit prendre la décision c'est le Président. La guérilla est d'accord, le Président a pu conclure un accord avec les paramilitaires et avec l'Eln, mais il n'a pas voulu en faire avec ceux qui dé
tiennent nos proches". 

Alors à quoi servent les commissions ?

Elles sont réellement médiatrices entre le Gouvernement et la guérilla, mais ne peuvent pas prendre des décisions. l'Église a été très humaine avec nous et fait tout ce qu'elle peut. Le cardinal (Pedro Rubiano) a accompagné une partie de la commission, après l'affaire de la Cathédrale, pour parler avec le Président et tous nous avions alors de grands espoirs. Mais la vérité est que les jours passent et nous ne voyons aucun geste de la part du président. J'espérais que dans certains de ses discours de fin d'année il aurait abordé ce sujet, mais pour lui, cela ne signifie rien ". 

Mais la radicalisation n'est pas seulement du côté du Président, elle est aussi du côté de la guérilla... 

"Ils insistent effectivement sur le fait qu'on doit libérer tous leurs combattants, mais il est faux de dire qu'ils exigent une zone démilitarisée de deux départements, comme on le prétend parfois. Cette grande zone, c'est pour un processus de paix global; de notre côté nous avons toujours réclamé du Président qu'il sépare les deux sujets : il y a d'une part le processus de paix, et d'autre part l'accord humanitaire. Cet accord pourrait se faire comme il a été fait dans las Délicias, par exemple. Il s'agit d'une simple commune où on pourrait délivrer les otages, et rendre les guérilleros libérés.

Qu'avez-vous proposé aux parties pour conclure un accord ? 

"Nous avons demandé que les conditions détaillées soient discutées à la table de négociations, et pas avant. Si on met des conditions avant, on n'arrivera jamais à discuter. Nous vivons une situation de désespoir et de désespérance à cause du manque d'intérêt et de l'inertie de l'État. Il n'est pas juste que nous soyons coincés entre deux forces fermées, inhumaines et aveugles, cela ne se peut pas. Le dernier message d'Íngrid, qui était pratiquement adressé au Président, n'a pas été entendu par lui : je le lui ai personnellement demandé et m'il a dit qu'il ne l'avait pas entendu". 

La détention de Simón Trinidad, négociateur désigné des Farc pour l'échange humanitaire, peut-elle affecter ce processus ? 

"Je suis ennemie de la guerre - c'est quelque chose qui m'atterre - d'un côté et de l'autre. Que la guérilla veuille s'en prendre à des généraux et des colonels, que le Gouvernement veuille prendre des commandants partisans et les exhiber comme des trophées, tout cela me paraît terrible. Mais ceci n'a rien voir avec l'accord humanitaire. Il y a d'une part l'accord, que tous nous voulons, et d'autre part ce qui se passe avec Simón Trinidad.

Sans être du côté de la guérilla, mais bien du côté de la justice, je désire que la manière dont on jugera Simón Trinidad soit juste, sans qu'on l'accuse de tous les actes terroristes qu'a accomplis la guérilla. Je ne le connais pas, mais en tant que femme, en tant que colombienne, je dis qu'on ne peut pas faire porter à un seul homme toutes les fautes commises par un groupe ".

07/01/04La libération d'Ingrid Betancourt par les guérilleros n'est pas pour demain, mais depuis sa cellule, Simon Trinidad pourrait aider à un futur échange de prisonniers.

Les éléments de cet apparent paradoxe sont ainsi perçus dans la mouvance rebelle, les familles des séquestrés, y compris d'Ingrid Betancourt, et la classe politique après l'arrestation de Simon Trinidad, qui n'est pas membre de l'état-major central des FARC, comme l'a rappelé lundi sur internet leur numéro deux, Raul Reyes, mais qui a joué un important rôle de négociateur dans le dernier dialogue de paix avec le pouvoir entre 1999 et 2002.

Une libération d'Ingrid Betancourt et/ou de certains otages n'est plus à l'ordre du jour, car elle apparaîtrait comme un aveu de faiblesse après le coup porté avec la capture de Simon Trinidad, explique-t-on dans la mouvance rebelle consultée par l'AFP. Ces sources ont requis l'anonymat.

La mère de la Franco-Colombienne, Yolanda Pulecio, a une analyse similaire. La détention de Trinidad "peut nuire à un accord humanitaire et à une libération par les rebelles de leurs otages", a-t-elle déclaré mardi à l'AFP.

"Je suis très angoissée après cette arrestation, car on ignore ce que (le pouvoir et la guérilla) vont désormais exiger l'un de l'autre, dans cette course aux trophées de guerre", a-t-elle ajouté.

06/01/04La décision du Ministère public Général de la nation de changer l'intitulé de l'enquête qui a été ouverte contre les Farc par la privation de la liberté d'Íngrid Betancourt a suscité une discussion politique et juridique à Bogota. 

Le nouvel intitulé spécifie que l'enlèvement d'Ingrid Betancourt n'est pas un kidnapping pour extorsion de fonds, puisque ses ravisseurs n'exigent pas d'argent en échange de sa liberté, mais une prise d'otage - situation spécifiquement couverte par le Droit International Humanitaire (DIH). 

L'information, divulguée par l'hebdomadaire El Espectador, a été reçue avec enthousiasme par les parents d'Ingrid. "Un kidnapping fermait les possibilités d'un accord humanitaire, mais être considérée comme un otage permet d'accrocher son cas à ceux couverts par les protocoles de Genève", a déclaré Juan Carlos Lecompte. C'est d'ailleurs là une thèse défendue par l'ex président Alfonso López, chargé par le président de s'occuper d'un éventuel accord humanitaire. 

A Bogota quelques juristes se posent des questions. "Qualifier l'enlèvement d'Íngrid de prise d'otage serait reconnaître l'existence d'un conflit interne et non simplement du terrorisme comme veut le Gouvernement. Cela a des connotations politiques ", a dit le sénateur Darío Martínez. On sait qu'une partie de l'establishment refuse de toute force de reconnaître publiquement l'existence d'un conflit interne en Colombie... 

Pour d'autres, plus pragmatiques, le changement de qualification est "insignifiante". "Pour les Farc cela n'a aucune importance. Ce qui les intéresse, c'est de savoir est si le Gouvernement a la volonté politique pour faire l'échange, s'il approuve la thèse de l'ex président López. Le reste est insignifiant ". 

Arrivée de Simon Trinidad à l'aéroport, après sa capture05/01/04Dans la presse colombienne et étrangère, on essaye de comprendre ce que pourrait signifier la capture 'de Simón Trinidad'

Tout d'abord, c'est certainement un point extrèmement important marqué par Uribe, qui en avait rudement besoin : du point de vue politique, il épargne au Gouvernement le contre-coup du Referendum manqué et d'une réforme fiscale qui suscite des réactions pour le moins mitigées dans le pays. 

Mais ce qui est sans doute le plus significatif, c'est cette "soudaine" collaboration de la police et de l'armée écuadorienne contre les Farc, ce qui ne s'explique sans doute pas sans une intervention "ferme" des Etats-Unis (il faut garder à l'esprit que les Farc détiennent trois "civils" américains, plus que probablement employés par la CIA). L'opération - bien que présentée comme une simple arrestation par la police de l'Ecuador d'un étranger circulant sans papier dans une rue au centre de Quito - démontre quand même que les nouveaux outils qui sont utilisés pour combattre la guérilla sont effectifs - en particulier la collaboration entre les services de renseignements étatsuniens et colombiens. Les Etats-Unis ont apporté un «appui vital» à cette arrestation, a reconnu le ministre colombien de la Défense. En fait, la CIA a eu un rôle décisif et Washington pourrait réclamer l'extradition du numéro 4 des Farc.

Cette capture pourrait avoir des effets sur l'échange humanitaire. Tout indique en effet que l'administration Uribe pourra durcir encore plus sa position en ce qui concerne le sujet. Le Président avait toujours considéré l'échange comme une certaine capitulation devant l'ennemi, et maintenant, avec en main un atout aussi important, il pourra sans doute exiger davantage de la guérilla. 

"Si les Farc décident de l'inclure dans la liste des "échangeables", le Gouvernement leur demandera de libérer tous les kidnappés et d'offrir la garantie que les guérilleros libérés ne retournent pas à la guérilla", a commenté l'analyste du conflit, Alfredo Rangel. 

Pourtant, malgré la capture de 'Trinidad ', il reste encore à démontrer que l'État colombien a la capacité de pénétrer les zones tenues fermement par les Farc dans le pays. Tant que cela ne se produira pas, les experts continueront à applaudir les réalisations atteintes - augmentation de l'offensive militaire, réduction de la criminalité et des kidnappings, ...  mais continueront à signaler, comme maintenant, que la situation ne représente qu'une défaite relative pour la guérilla. Puisque, comme le dit Rangel : "Pour le Farc, à  moyen et à long terme, c'est un coup qu'ils peuvent supporter car ils ont la possibilité de faire libérer leurs chefs quand ils ont été capturés. 

En 2004, précisément, le vrai défi sera de tester les nouvelles capacités acquises par les commandos spéciaux pour opérations dans la jungle qui se sont formés avec l'appui du gouvernement des Etats-Unis, pour pénétrer jusqu'aux bases les plus secrètes que le Farc possède dans la forêt. 

04/01/04En Colombie, le Conseil national électoral vient de rendre officiels les résultats du référendum du 25 octobre dernier : une seule réforme est approuvée par les électeurs, celle destinée à interdire aux hommes politiques condamnés pour corruption d'occuper un poste politique.

Le Conseil a en outre confirmé les chiffres indiquant que le reste des réformes proposées par M. Uribe n'avaient pas remporté suffisamment de voix pour être votées.

Le référendum, qui comptait 15 propositions, visait à réduire les dépenses gouvernementales et lutter contre la corruption politique. Il était férocement dénoncé par les syndicats, la gauche légale et même nombre de membres du parti au pouvoir. Pour Alvaro Uribe, il s'agissait avant tout de "voter contre le terrorisme", et d'éviter une crise économique à l'argentine.

La confirmation des résultats du référendum soulignent l'échec du président colombien et de sa ligne dure, car le référendum d'octobre se présentait en fait sous forme de plébiscite pour ou contre Alvaro Uribe

Simon Trinidad04/01/04Simon Trinidad, l'un des  membres de la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie, a été arrêté à l'aube dans une clinique équatorienne, où il était soigné pour une maladie non précisée, a expliqué, sous couvert d'anonymat, un porte-parole de la DAS, la police secrète colombienne. Il est le premier membre de la direction des FARC à avoir été capturé depuis le début de la guérilla.

Ancien directeur de banque, Ricardo Palmera, alias Simon Trinidad depuis son entrée dans les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) il y a 16 ans, est l'un des 22 membres du secrétariat de cette guérilla fondée en 1964 par Manuel Marulanda "Tirofijo" ("Dans le mille"), son commandant en chef, actuellement dans la clandestinité.

Simon Trinidad est l'un des idéologues des FARC et commandait le front Caraïbes de la guérilla. Il avait été l'un des négociateurs durant le processus de paix avorté avec le pouvoir entre le 7 janvier 1999 et le 20 février 2002; il était un partisan déclaré de l'échange des kidnappés contre des guérilleros détenus dans les prisons de Colombie.

03/01/04l'Église colombienne a exprimé sa confiance et son optimisme pour que cette année voit enfin se concrétiser un accord humanitaire. Interviewé par Radio Caracol, le Père Darío Echeverry a révélé que dans la réunion récente qu'a tenue la commission de facilitation avec le porte-parole des Farc, Raúl Reyes, ce dernier avait demandé des détails sur le processus de libération des étrangers dans la Sierra Nevada de Santa Marta par l'ELN.

"La rencontre récente a en outre servi à clarifier des positions et évaluer des propositions qui permettent la libération des kidnappés" a dit le prélat, qui a rappelé que le rapport sur la réunion avait été remis au Commissaire pour la Paix Luis Carlos Restrepo,  qui y répondra la prochaine semaine.

D'après "Voces del Secustro", l'absence d'accord humanitaire a été ressentie comme la plus grande frustration de l'année 2003 par plusieurs membres du Congrès. 

02/01/04À la recherche d'un accord humanitaire, Église s'est récemment réunie - pour la seconde fois en 2003 - avec un porte-parole des Farc . 

Deux représentants de l'Église Catholique se sont réunis fin de l'année avec un porte-parole des Farc dans le but de mettre au point un accord humanitaire qui permette de libérer les personnes kidnappées, a confirmé un membre de la Commission Nationale de Conciliation (CNC). 

A cette réunion, qui est déroulée samedi passé dans un endroit non précisé dans le Sud du pays, ont pris part monseñor Luis Augusto Castro, le père Darío Echeverri et le porte-parole des Farc, Raúl Reyes. 

Selon Velásquez, un membre de la CNC, les détails de la rencontre ont déjà été communiqués au Gouvernement. Le Farc ont accepté cette réunion avec les prélats sur base de son caractère autonome et indépendant.

Velásquez a souligné l'importance de la réunion dont l'objectif était de "construire une atmosphère de confiance, condition nécessaire pour réussir à mettre au point un accord humanitaire qui permette la libération et le retour de tant de personnes kidnappées". 

Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les Farc ont des divergences quant à l'échange humanitaire, puisque chaque partie met différentes conditions pour y arriver. La guérilla propose de libérer quelque 60 politiciens et combattants en uniforme, en échange de la mise en liberté de centaines de rebelles. En outre, les Farc exigent la démilitarisation d'une immense zone dans le Sud du pays pour y effectuer l'échange de ceux qu'ils considèrent des "prisonniers de guerre". 

Uribe, lui, exige de la guérilla qu'elle libère tous les kidnappés, y compris ceux qui ont été capturés pour des raisons économiques;  également que les rebelles éventuellement libérés s'engagent à ne plus commettre de délits,  et il rejette le principe d'une zone démilitarisée. 

Récemment, le président a désigné l'ex-président Alfonso López Michelsen comme la personne chargée de superviser le sujet de l'échange humanitaire, en assistance à la tâche qu'effectuent les deux prélats. Le gouvernement "de main de fer" d'Uribe et les Farc n'entretiennent aucun type de contact direct. En outre, le Président insiste pour qualifier les rebelles de "terroristes" et promet de les vaincre "quelle qu'en soit la manière.

01/01/04Dans les journaux colombiens : "Ingrid Betancourt a reçu la citoyenneté honorifique de plus de mille villes au monde", a annoncé mardi à Bogota sa formation politique. Le Parti Oxygeno Verde a expliqué que cette reconnaissance massive a commencé en Belgique en mars de l'année passée et s'est transformée un "mouvement mondial".

Ce mouvement est représenté dans "279 comités de soutien qui travaillent dans le monde pour la liberté d'Ingrid Betancourt et des autres kidnappés colombiens", a souligné la formation politique.

Le parti fondé et dirigé par Ingrid a souligné qu'elle avait été nommée citoyenne d'honneur de capitales comme Bruxelles, Paris, Dublin et, plus récemment, de Rome, dont le maire, Walter Veltroni, vient de remettre cette distinction à son époux Juan Carlos Lecompte.

En Belgique, pays pionnier de cette campagne, 137 villes et communes ont accordé la citoyenneté honorifique à Íngrid Betancourt, qui a reçu le même titre dans 839 villes de France.

D'autres villes et communes en Italie, au Mexique, au Canada, en Argentine, aux Etats-Unis et en Espagne "se sont jointes à l'initiative", a ajouté le responsable du Parti.


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