29/02/04 : ... à lire et à méditer ! Peu connaissent le drame des fils des soldats et des politiciens kidnappés qui ont grandi sans leurs parents et qui ne savent pas combien d'années il leur faut attendre encore pour les revoir. Un article de Armando Neira dans "Semana". Un grand merci à Carlos Chaparro, André Dumoulin et Laure Castin pour la traduction !
28/02/04 : L'otage français des paramilitaires de droite, Julien Fouchet, a été libéré en Colombie ce vendredi par ses ravisseurs. Par contre, toujours aucune nouvelles de Marc Beltra. Julien Fouchet a été remis à une délégation du Comité international de la Croix rouge dans un lieu non précisé du département de Magdalena, à quelque 1.000 km au nord de Bogota.et son état de santé "est très bon", selon une source diplomatique française. Un autre Français, Marc Beltra, Parisien de 23 ans, assistant de français à l'université Javeriana de Bogota, a disparu le 2 janvier, après avoir franchi la frontière brésilienne à Leticia, chef-lieu du département colombien de l'Amazone, à 1.000 km au sud de Bogota. Il comptait se rendre dans des villages indiens à bord d'une pirogue. On ignore toujours son sort, aucune revendication sur un éventuel enlèvement n'ayant été adressée aux autorités locales. Une équipe de policiers français et colombiens s'était rendue la semaine dernière à Leticia pour tenter de le retrouver, mais sans succès après sept jours passés dans la jungle amazonienne. 27/02/04 : Julien Fouchet, un des deux Français disparus depuis janvier en Colombie, a été pris en otage par les paramilitaires d'extrème-droite. Son compatriote, Marc Beltra, reste introuvable malgré les recherches menées en Amazonie dans le sud du pays par une équipe de policiers français et colombiens. Décidé à "rencontrer les guérilleros de l'ELN", ainsi que l'a relaté à l'AFP une amie colombienne de l'otage, il a été, selon une source autorisée, capturé par un commando paramilitaire à une date non précisée dans la Sierra Nevada, "Julien avait été refoulé une première fois par les autorités indiennes de l'ethnie Arhuaca, sur les contreforts de la Sierra Nevada, mais il est reparti par la suite à la recherche des rebelles, qu'il ne considérait pas comme des gens mauvais", a ajouté l'amie de Julien Fouchet, qui a requis l'anonymat.
"On un véritable soutien de la part du président, de la part de la France. (...) J'espère que tout cela va permettre que la libération de maman et de tous les otages advienne vite", a-t-elle souligné. "Je lui ai demandé, au nom de ma famille, de faire tout ce qu'il pouvait pour encourager une mobilisation internationale qui permette de faire pression sur le gouvernement colombien pour accepter un accord humanitaire", a-t-elle ajouté. Le chef de l'Etat a réaffirmé à l'intention de son homologue Alvaro Uribe qu'une "solution militaire" était exclue pour régler le problème des otages. "Pour le président de la République, il n'y a pas de solution militaire à une telle situation. La France appelle de ses voeux un accord humanitaire qui permettrait la libération des personnes concernées", a rapporté Catherine Colonna, la porte-parole de Jacques Chirac. "Les prochaines réunions européennes et le sommet Union-Amérique latine des 28-29 mai seront l'occasion de saisir à nouveau nos partenaires de l'urgence d'une telle solution", a-t-elle indiqué. "La France reste disponible avec ses partenaires européens pour accueillir des personnes qui pourraient être libérées", a-t-elle ajouté.
27/02/04 : à Barrancabermeja, deux journalistes sont menacés de mort par les paramilitaires d'extrème-droite. Deux de plus... Le 14 février, Diego Waldrón, directeur de l'hebdomadaire Siete Dias a été menacé, à son domicile, par le garde du corps d'une personne proche de la mairie. Le journaliste avait dénoncé la veille, dans son émission, la sous-qualification d'une personne nommée par le maire à la tête d'une entreprise municipale. Diego Waldrón avait déjà été menacé de mort, le 26 janvier 2004, par le frère du président de la chambre de commerce. Ce dernier avait tenté de l'agresser avec une barre de fer, après que le journaliste avait fait état de malversations dans la gestion de la chambre. L'agresseur était revenu l'attendre devant sa maison, deux jours plus tard, mais il avait été neutralisé par la police, avant d'être relâché. Le 9 février, Garibaldi López, directeur de deux espaces d'information radio, avait également été menacé. Il avait reçu, à son domicile, un appel des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) affirmant : "Le premier était José Emeterio Rivas [journaliste tué en avril 2003], le deuxième sera Garibaldi López et le troisième sera Diego Waldrón." Les émissions animées par le journaliste à la radio traitent de l'actualité en général, y compris des sujets relatifs aux AUC, qui lui reprochent de trop parler Les dénonciations de menaces contre des journalistes travaillant dans la région de Barrancabermeja se sont multipliées depuis plusieurs mois. Le 28 janvier, Inés Peña, présentatrice de la séquence "Cultura por la vida" de l'émission d'information "La Mohana", diffusée sur la chaîne régionale Enlace 10 à Barrancabermeja, avait été enlevée et torturée par des membres des AUC. La journaliste avait dénoncé l'arrivée des paramilitaires dans la région et les violations de droits de l'homme commises par les différents groupes armés. En octobre 2003, Pedro Javier Galvis Murillo, de l'hebdomadaire La Noticia, et Yaneth Montoya, correspondante du quotidien régional Vanguardia Liberal, avaient été contraints de quitter la ville après avoir été menacés de mort. Une liste des personnes à abattre attribuée aux AUC et comportant le nom de Yaneth Montoya avait été remise au défenseur du peuple (médiateur). Selon le dernier rapport de la Fédération pour la liberté de la presse (FLIP) paru en février 2004, la dénonciation de faits de corruption par les journalistes est l'une des causes principales des agressions et des menaces qu'ils subissent. L'organisation souligne que dans de nombreux cas, les fonctionnaires mis en cause et les groupes armés se sont alliés pour faire taire les journalistes. D'après les informations recueillies par Reporters sans frontières, il est fréquent, depuis plusieurs mois, que les fonctionnaires de Barrancabermeja dont la gestion est mise en cause par la presse revendiquent leurs liens avec les AUC pour faire pression sur les journalistes.
26/02/04 : Le président français Jacques Chirac recevra jeudi après-midi Mélanie Delloye la fille d'Ingrid Betancourt, a annoncé mercredi l'Elysée.
Non adaptés à une topographie à la fois andine et amazonienne, ces chars contribueront-ils vraiment à la lutte contre la guérilla ? Un ex-ministre de la Défense, le sénateur colombien Rafael Pardo, estime que le poids (36 tonnes) des AMX 30 les rend inutiles non seulement dans la topographie montagneuse et forestière de la Colombie à la fois andine et amazonienne, mais aussi sur la plupart des routes et des ponts du pays, qui risqueraient de céder. L'expert colombien en sécurité nationale et terrorisme Andres Villamizar est du même avis. Selon lui, les chars espagnols sont une arme de terrain plat et vouloir les utiliser contre la guérilla dans la géographie colombienne reviendrait à tenter "de tuer des mouches avec un marteau". Autre hypothèse, celle de l'influent hebdomadaire colombien Cambio qui affirmait le week-end dernier que ces chars s'inscriront plutôt dans une politique de dissuasion à l'égard du Venezuela, notamment dans le département septentrional de La Guajira, région qui est l'objet d'une vieille dispute territoriale entre les deux pays. Le ministre colombien de la Défense, Jorge Alberto Uribe (sans lien de parenté avec le président Alvaro Uribe), a démenti cette interprétation : "En près de 200 ans d'existence, la Colombie n'a jamais commis et ne commettra jamais une action belliqueuse contre aucun de ses cinq voisins... Seul un esprit malade pourrait voir dans l'acquisition de ces équipements [les chars] une finalité agressive contre un quelconque voisin" a-t-il déclaré. Le Venezuela est entré dans ce débat par la voix de son ex-ministre de la Défense Fernando Ochoa Antich, qui fut aussi ministre des Affaires étrangères. Il prétend que les 46 AMX 30, ajoutés aux hélicoptères livrés à Bogota par les Etats-Unis pour combattre la guérilla, vont rompre l'équilibre militaire entre la Colombie et le Venezuela et "obligeront [le président vénézuélien] Hugo Chavez à déclencher une course aux armements". ...les marchands d'armes et ceux qui tirent profit de la situation de guerre en Colombie se frottent les mains...
25/02/04 : Les adversaires d'un
accord humanitaire - on sait qu'ils sont puissants en
Colombie - ne reculent devant aucun moyen. Depuis
quelque temps circule à Bogota un faux document, censé
présenter une proposition d'échange humanitaire qui
aurait été acceptée par les Farc, mais qui en
réalité ne fait que radicaliser les deux parties. 25/02/04 : «On ne négocie pas avec des terroristes», avait déclaré avec insistance le président Uribe lors de sa visite en Europe, et on ne relâche pas les «délinquants» des Farc. «Les Colombiens qui tiennent ce discours ne souffrent pas, lâche Marleny Orjuela, la mère d'un officier mainjtenant détenu par les Farc. Leurs enfants sont à Miami, parce qu'ils sont assez riches pour échapper au service militaire.» C'est vrai que ce n'est un secret pour personne en Colombie que le service militaire - officiellement obligatoire pour tous - ne concerne que les couches les plus pauvres de la population. Les fils de ceux qui ont les moyens de "s'arranger" ont peu de risques de se voir un jour sous uniforme - encore moins d'aller se battre dans la jungle... Longtemps seules et amères face à un pouvoir indifférent, les familles des militaires et policiers enlevés, issus de classes populaires, ont maintenant l'appui des proches des politiciens kidnappés. L'entourage d'Ingrid Betancourt et son parti, Vert Oxygène, ont porté la question des otages jusque dans les chancelleries européennes. Son époux, Juan Carlos Lecompte, et sa mère, Yolanda Pulecio, ont participé avec les mères de soldats à la prise de la cathédrale de Bogota, le 9 décembre, pour attirer l'attention du gouvernement. Le même jour, à Cali, les proches de douze députés locaux enlevés en pleine assemblée départementale par les Farc en avril 2002 occupaient une autre église. Fort de l'appui de trois anciens présidents, ce dernier groupe a aussi tenté de contacter les chefs régionaux des Farc, qui ont dit ne rien pouvoir décider. «Le président Uribe nous a dit qu'il était très sensible à notre douleur, mais qu'il devait d'abord "en finir avec cette bande d'assassins"», se rappelle Angela Giraldo, soeur d'un des députés... 24/02/04 : La mari d'Ingrid, Juan Carlos Lecompte, affirme avoir reçu des menaces anonymes, par téléphone et courriel, pour ses critiques du président Alvaro Uribe en l'absence d'un accord pour un échange de prisonniers. "Alvaro Uribe ne me plaît pas, mais j'aime la Colombie, et je ne me tairai que lorsqu'Ingrid sera libérée", assure avoir répondu le mari de l'otage à ses détracteurs, avant de mettre en cause des "groupes de paramilitaires d'extrême droite" comme possibles auteurs de ces menaces.
Des manifestations similaires ont eu lieu dans de nombreuses autres villes en France et à l'étranger
23/02/04 : Les manifestations du week-end dans la presse colombienne :
A noter : un article d'opinion publié par "El Tiempo" de Bogota. L'article est signé par l'une des plus célèbres journalistes colombiennes, Maria Jimena Duzan. La journaliste fut
menacée de mort des dizaines de fois. Un attentat à la
bombe fut perpétré contre El Espectador où elle
travaillait. Plusieurs de ses journalistes et employés
ont été assassinés ou contraints à l'exil. La soeur
de Maria Jimena Duzan, journaliste elle aussi, fut
abattue alors qu'elle enquêtait sur le trafic de drogue
et les commandos paramilitaires. Vu de ce côté de l'Atlantique l'article suscite aussi des questions. Qu'une journaliste comme Maria Jimena Duzan se soit aussi peu documentée sur le mouvement de soutien à Ingrid laisse perplexe - par exemple lorsqu'elle déclare "...des centaines de Colombiens, séquestrés longtemps avant elle, pourrissent dans la jungle au pouvoir de la guérilla, sans susciter de pancartes dans les rues de Paris, car ils ne parlent pas français." Car les manifestations des Comités Ingrid Betancourt - non seulement celle de Paris - mais également bien d'autres, sont vraisemblablement le seul endroit au monde où sont justement arborés des panneaux avec le nom de 3000 séquestrés. Et cela depuis longtemps. Maria Jimena Duzan ne connaît manifestement pas nos actions - entre autre la campagne Aéropostale-3000 - pourtant référencée aujourd'hui par El Colombiano
23/02/04 : «Nous espérons que cette année sera celle d'une libération.» La phrase est lancée par le père Dario Echeverri, le «petit curé» des otages en Colombie. Dans son bureau, à Bogota, le prêtre a accroché une carte du pays. Un territoire immense où se trouvent, cachés quelque part, Ingrid Betancourt et une cinquantaine d'autres otages, militaires ou civils, de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Ce 23 février, l'ex-sénatrice aura passé deux ans entre leurs mains, et l'Eglise détient, peut-être, les clefs de sa libération et de ses retrouvailles avec sa famille. Depuis l'an dernier, une poignée de religieux multiplient les efforts pour engager un dialogue avec les Farc. «Le gouvernement avait nommé une commission, dont nous faisions partie, mais qui avait été rejetée par le groupe armé. Nous avons décidé de reprendre le chemin des négociations de notre côté», explique l'archevêque Luis Augusto Castro. Le prélat, qui a déjà permis en 1997 la libération de 80 soldats prisonniers des Farc, soutient depuis le début les actions de Dario Echeverri. Après plusieurs voyages dans les zones les plus reculées de Colombie, le prêtre obtient un premier rendez-vous avec les chefs de l'organisation en octobre 2003, puis un autre en décembre. Les guérilleros demandent
alors aux religieux de rédiger une proposition
d'échange de prisonniers, remise au gouvernement. Le
contenu en est resté confidentiel, mais les conditions
des rebelles sont connues: ils exigent la libération de
leurs combattants actuellement en prison pour relâcher
leurs otages, dont Ingrid Betancourt. Le troc est
rejeté, par principe, par le pouvoir, mais reste
possible, comme le président colombien, Alvaro Uribe,
l'a rappelé, le 9 février, lors de sa visite en Europe,
«si les guérilleros libérés ne reprennent pas les
armes». Or l'Eglise promet que, sur cette base, les Farc
pourraient accepter des négociations.
22/02/04 : Plus de 52 villes dans le monde participent ce week-end et autour du 23 février à la 1ère Journée Internationale des Séquestrés, organisée par les Comités Ingrid Betancourt. Le maire de Rome Walter Veltroni est arrivé vendredi soir à Bogota pour prendre part à une action de solidarité avec Íngrid Betancourt. Tout comme une centaine de manifestants, Walter Veltroni à peint sur un trottoir de Bogota une étoile blanche en l'honneur d'Ingrid. A midi exactement, comme l'avait demandé Ingrid dans son dernier message, sa famille et ses amis ont commencé à réciter à haute voix le chapelet sur la 7e avenue. Sa mère a pris le micro, et a évoqué, entre deux sanglots, son "chemin de croix". "Pendant les 730 jours de ta captivité, nous n'avons cessé une seule seconde de penser à toi", parvient à dire au micro Yolanda Pulecio, habillée de sombre, devant les trois cents sympathisants de sa fille rassemblés à Bogota pour cette commémoration. Assise au pied de l'estrade, la mère de Clara, qui porte le même prénom, portait sur ses genoux un portrait géant en couleur de sa fille, qui avait refusé d'être libérée par les rebelles après leur prise en otage. Des ballons blancs gonflés à l'hélium, avec l'inscription "Ingrid libre" sous son portrait, flottaient par centaines dans la foule. Sur un mur en drap blanc long de 30 m, on avait inscrit à l'encre bleue les noms des 1.056 villes du monde entier qui ont nommé Ingrid Betancourt "citoyenne d'honneur" .
21/02/04 : Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, a accusé vendredi dans une interview le gouvernement colombien d'avoir "fait capoter" il y a quelques jours une solution négociée par l'église locale. La soeur de l'otage, qui accuse le gouvernement Uribe de "jouer un double jeu", ajoute: "Il y a quelques jours, une solution "négociée" par l'Église avait été acceptée par les deux parties. Cet accord équilibré prévoyait même pour la première fois et de manière très concrète des garanties pour éviter que les éléments des FARC libérés en échange des otages puissent retourner au combat". Selon Astrid Betancourt, "le président Uribe avait donné son accord de principe, mais au moment de la rédaction du projet, il a reculé en expliquant que cet accord risquait de démoraliser les troupes engagées contre la guérilla. Une volte-face idéale pour discréditer les négociateurs de l'Eglise", déclare encore la soeur d'Ingrid Betancourt. Dans son interview, Astrid Betancourt accuse par ailleurs les Etats-Unis de s'opposer à un "accord humanitaire" permettant de "procéder à un échange de prisonniers de part et d'autre (..) qui peut s'appuyer sur le droit international humanitaire ou sur un accord politique". "L'ambassadeur des USA en Colombie répète dans tous les dîners que son pays est contre un accord humanitaire. Il a d'ailleurs osé l'exprimer en privé à ma mère en janvier. Comment voulez-vous dans ces conditions que le gouvernement colombien, qui est complètement tenu économiquement par les Etats-Unis, puisse véritablement s'engager dans cette voie?", interroge Astrid Betancourt.
20/02/04 : Le 23 Février prochain,
cela fera 2 ANS qu'Ingrid Betancourt a été enlevée par
les FARCs. Un anniversaire de plus. Un anniversaire
de trop. Il est grand temps que cette tragédie
colombienne en finisse.
(une analyse intéressante de Rodrigo Pardo, un politique Colombien - ancien ministre et ambassadeur - dans les colonnes libres de El Tiempo) Patricia Lara, journaliste rigoureux, assure que Tirofijo (Marulanda, le chef des Farc) pourrait mourir d'un cancer de la prostate dans moins de six mois. Il est paradoxal de constater que la mort naturelle est vraiment très fréquente dans la guérilla - Jacobo Arenas a fait un infarctus, tout comme Efraín Guzmán, et le prêtre Manuel Pérez a été terrassé par une hépatite B ... Et que la mort de 'Manuel Marulanda ' soit divulguée six mois avant de se produire est assez surréaliste... Mais la vérité c'est que Tirofijo a laissé passer le train de l'histoire. Avec un cancer de la prostate, vieux et anachronique, il a perdu l'occasion de sa vie dans le processus de négociation avec le naïf gouvernement de Andres Pastrana. Nous savons aujourd'hui que pendant qu'il dialoguait, il achetait des armes au Pérou de Fujimori, il en demandait d'autres au Vénézuéla de Chávez, il utilisait la "zone de distension" pour y dissimuler des kidnappés et il s'efforçait de conclure un échange de prisonniers avec l'obsession erronée de prétendre à un statut de belligérant - sans aucune signification contemporaine. Il n'y a déjà pas de doute que toutes les actions des Farc pendant le processus de paix faisaient en fait partie d'une stratégie de guerre. Tout ceci, en outre, en étant financées par le trafic de drogues. La majorité des interlocuteurs de "Don Manuel" durant les années dorées du Caguán en sont sortis frustrés. Surpris par sa cécité face aux changements du monde après la chute du mur de Berlin. Par son isolement face aux nouveaux phénomènes de la globalisation; par la maladresse politique avec laquelle il a radicalisé l'opinion publique, et son dédain pour les progrès enregistrés par la gauche démocratique en Colombie. Quelqu'un m'a dit à l'époque qu'après le voyage de Raul Reyes et de ses camarades en Europe, il avait imposé aux voyageurs une espèce de retraite pour les "dépolluer" du contact avec le monde, et qu'il les avait obligés à brûler tout ce qu'ils avaient rapporté avec eux - il pensait que cela pourrait contenir des émetteurs permettant de les localiser. Marulanda désapprouve le dialogue privilégié avec le gouvernement, avec l'ONU, avec plusieurs pays européens et avec des dizaines de visiteurs au Caguán. Après avoir fait la guerre pendant presque quarante ans, il aurait pu passer à l'histoire comme l'artisan de la paix. Mais à la place il a gagné la haine de l'opinion publique : 93 pour cent d'image négative. Et il a créé un phénomène sans antécédent pour un président comme Álvaro Uribe, que les colombiens soutiennent dans tout ce qu'il fait contre les Farc : 61 pour cent s'opposent à l'échange humanitaire, 79 pour cent soutiennent le dialogue avec les paramilitaires, 71 pour cent croient que la guérilla peut être mise en échec par la voie militaire, et les Forces Armées occupent la première place de sympathie parmi toutes les institutions, avec 80 pour cent.d'opinions favorables Tout ceci, selon la dernière enquête trimestrielle d'Invamer. Avec un minimum d'astuce politique, Marulanda libérerait les kidnappés qu'il détient aujourd'hui. Il allégerait la douleur de dizaines de familles et gagnerait la tolérance de l'opinion publique et de la Communauté internationale. Il l'a déjà fait une fois : en 1997 il a unilatéralement libéré 70 soldats. Un geste qui a contribué, sûrement, à créer la confiance grâce à laquelle laquelle le gouvernement Pastrana a décidé la généreuse démilitarisation de cinq communes. Mais maintenant, radicalisé et sectaire, il est s'est engagé au contraire dans une épreuve de force avec gouvernement Uribe, dans le chantage de l'échange de prisonniers ou accord humanitaire, attitude qui nourrit le vaste rejet que provoque aujourd'hui sa figure. L'aberrant kidnapping d'Íngrid Betancourt l'a convertie en martyre mondiale, et jusqu'à la candidature au Nobel de La Paix. J'ai entendu des analyses sérieuses sur la possibilité que l'Académie lui accorde cette distinction dans le seul but de souligner la barbarie des Farc (et, clairement aussi, l'obstination du gouvernement Uribe). Presqu'incroyable, mais certain : dans les quelques mois de vie qui lui restent apparemment, Marulanda pourrait encore influencer la désignation du prochain président. La réélection d'Uribe, pour laquelle il a déjà fait beaucoup, ou celle d'Íngrid Betancourt, qui est à la troisième place de sympathie dans les sondages parmi les présidentiables. Fortifier ses ennemis, voilà le legs de sa dernière heure, qui donne la mesure indiscutable de sa myopie politique. 20/02/04 : Un jeune Français est kidnappé en Colombie - c'est le deuxième cette année. Julien Fouchet, 27 ans, étudiant en droit à l'Université del Rosario à Bogota, a disparu en janvier lors d'un voyage à la Sierra Nevada de Santa Marta, quelque 1.000 km au nord de Bogota. Les dernières informations le concernant remontent au 15 janvier. Sa disparition a été confirmée à l'AFP par Noel Saez, consul de France à Bogota. "Les autorités colombiennes ont été alertées par l'ambassade de France en Colombie et ont entamé les recherches pour le retrouver" a-t-il a ajouté. Le deux janvier un autre jeune Français, Marc Beltra, 23 ans, étudiant à l'Université Javertiana de Bogota, avait également disparu après avoir passé la frontière entre le Brésil et la Colombie à Leticia - capitale du département colombien d'Amazonas, à 1.000 kilomètres du sud de Bogota - pour visiter un village indigène.
19/02/04 : Une ONG colombienne dénonce la politique de détentions massives pratiquées par le gouvernement : dans 90 pour cent des cas ces détentions sont arbitraires. l'Assemblée Permanente de la Société Civile par La Paix explique que cette pratique est une conséquence de témoignages "d'informateurs anonymes". Pour cela ils ont demandé au président colombien, Alvaro Uribe, de réviser la politique de "sécurité démocratique", qui a instauré cette pratique. Selon Agustín Jiménez Col, du Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques, on a arrêté l'année passée 4.846 personnes accusées de collaborer avec la guérilla. Dans 3.939 cas on a démontré que ces détentions étaient arbitraires et 3.750 ont été libérés par la suite, aucune charge n'ayant pu être retenue contre eux. Lilia Solano, membre de l'Assemblée Permanente de la Société Civile par La Paix, a souligné que "la politique de 'sécurité démocratique ' du président Uribe remplit les prisons de gens innocents". "À notre avis il s'agit de mettre un terme à l'opposition" a déclaré l'avocat Eduardo Carreño, directeur du Groupe d'avocats José Alvear Restrepo. Lors de ces détentions collectives, les prisonniers sont fichés comme comme "collaborateurs de la guérilla", ce qui provoque pour eux des dommages irréparables quand ils sont par la suite remis en liberté faute de preuves. "Dans quelques zones, une fois que la population a ainsi été criminalisée, le territoire est alors "nettoyé" par la force publique et reste par la suite entre les mains des paramilitaires", a-t-il indiqué. On connaît le sort réservé par les paramilitaires aux personnes simplement "soupçonnées" de soutenir la guérilla. Les ONG ont critiqué "le rôle" du Ministère public Général de la nation et disent qu'il est "inexplicable qu'on procède d'abord à des détentions massives et qu'apparaissent ensuite des ordres de détention, sans l'intervention de magistrats". Dans un document livré à la presse, l'es ONG déclarent qu'en Colombie on se livre à "une guerre idéologique systématique, où la population est considérée comme un "objectif de guerre; cela fait partie d'une politique où on prétend éliminer l'ennemi en le présentant systématiquement comme un groupe "terroriste ou narco-terroriste".
18/02/04 : A loccasion de la deuxième année de détention dIngrid Betancourt, le comité qui soutient sa cause et celle de tous les otages politiques en Colombie, a fait appel à la mairie de Caen pour sortir lévénement de loubli. Le Mémorial de Caen, premier musée de province raconte lhistoire du XXème siècle et accueille près de 500 000 visiteurs par an. En 2001, le musée a ouvert de nouveaux espaces consacrés à la Paix et à la défense des Droits de lHomme. Madame Brigitte Le Brethon, Député-maire de Caen, a décidé, en accord avec le Mémorial de Caen, doffrir à la cause dIngrid Betancourt une vitrine permanente dans lespace « Observatoire de la Planète ». Linauguration, qui aura lieu le lundi 23 février 2004 à 11h, sera aussi loccasion de rappeler la lutte pour la démocratie menée par Ingrid Betancourt. 18/02/04 : Paris se mobilise pour le 23 février. A l'Hôtel de ville, une soirée de mobilisation sera organisée en présence de Mélanie Delloye, avec projection d'un film et conférence-débat. Ont été conviés les maires d'une cinquantaine de communes de la région parisienne qui ont déclaré Mme Betancourt citoyenne d'honneur, comme l'a fait la ville de Paris, et les comités de soutien d'Ile-de-France. Par ailleurs, un portrait d'Ingrid Bétancourt sera apposé sur la façade de l'Hôtel de Ville à partir du 20 février et une marche sera organisée par les comités de soutien d'Ile-de-France le 22 février au départ du Parvis du Trocadéro, précise la mairie. 18/02/04 : Les autorités colombiennes intensifient leur campagne pour capturer ou tuer les commandants des rebelles, plaçant dans les aéroports principaux du pays des affiches qui offent des millions de dollars de récompense. Cette semaine, le ministère de la défense a lancé la deuxième phase d'une campagne intitulée `` Mobilisons la Colombie contre le terrorisme, ''annonçant la publicité sur les écrans spéciaux installés dans les aéroports à travers le pays. La campagne vise à obliger les Colombiens à dénoncer des suspects et à rapporter les mouvements rebelles dans le pays. Sur cette liste le personnage recherché qui est le plus connu est Manuel Marulanda, fondateur et chef des Farc. Il y a également ses commandants Luis Suarez et Alfonso Cano. Notamment absents de la liste sont les deux commandants en chef des paramilitaires de droite, qui sont accusés de certaines des plus graves atrocités dans la guerre civile, mais qui poursuivent actuellement des entretiens de paix avec le gouvernement. En attendant, un principal journaliste colombien, citant `` des sources très fiables 'proches des FARC, a rapporté mardi que Marulanda, 73 ans, souffrirait d'un cancer terminal et qu'il n'aurait probablement pas plus de six mois à vivre.
17/02/04 : La famille d'un enfant kidnappé demande une pression internationale pour sa libération Les parents de l'enfant
colombien Mayra Alejandra Gómez, 9 ans, qui a été
kidnappé par des inconnus la semaine passée à Cali,
ont demandé une pression internationale pour que la
mineure soit libérée par ses ravisseurs. 16/02/04 : Deux articles sur la Colombie dans "L'Huma" : le premier revient sur l'accueil chahuté du Président Uribe à Strasbourg, l'autre est une interview de Gustavo Petro, député de l'assemblée nationale colombienne, sur la situation de violence dans son pays Le président du groupe de la gauche unitaire européenne (GUE-NGL), Francis Wurtz a qualifié la visite d'Uribe d' " incompréhensible " et d' " injustifiable ". En boycottant ainsi la réception solennelle, son groupe ainsi que ceux des Verts et des libéraux ont voulu signifier leur refus de voir l'Union européenne cautionner l'état de non droit qui règne en Colombie : les violation des droits et des libertés, les détentions arbitraires, les déplacement de populations indigènes et paysannes, les exécutions sommaires et l'impunité qui caractérisent selon Francis Wurtz la politique du régime d'Uribe depuis sa prise de fonction en août 2002. Ce dont ont témoigné des représentants de la société civile et du monde politique et syndical, invités mardi par les trois groupes parlementaires. " Soixante-douze syndicalistes ont été tués en 2003. Et bien que le nombre d'assassinats ait diminué, les menaces de mort et les intimidations ont, elles, augmenté. Ainsi, d'aucuns ont été contraints de signer un code de bonne conduite. Aux salaires non versés s'ajoutent les pressions des paramilitaires qui ont poussé quelque trois cents enseignants à quitter leurs organisations ", témoigne ainsi Gloria Innés Ramirez de la Central Unitaria de Trabajadores (CUT). Cette répression systématique de l'activité des syndicalistes, à laquelle s'ajoute celle vécue par l'opposition et les militants des droits humains, a été légalisée par l'octroi de nouveaux pouvoirs aux militaires. En décembre dernier, le Parlement colombien a voté une législation autorisant l'armée à procéder à des arrestations sans mandats, à des écoutes téléphoniques sous couvert de la lutte contre le terrorisme. Mais la légitimité du non-droit ne s'arrête pas là. Alvaro Uribe projette de faire voter une loi dite d'" alternativité pénale ". Elle viserait en fait à blanchir les exactions des paramilitaires d'extrême droite liés au pouvoir et à l'armée pour anéantir les guérillas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l'Armée de libération nationale (ELN). Le prétexte avancé par le chef de l'État serait motivé par le " fait " que les paramilitaires auraient déposé les armes. Une démobilisation de façade et partielle puisque des assassinats, attribués à ces milices, ont été enregistrés ces dernières semaines. Cette politique de négociation à géométrie variable a été dénoncée par les intervenants. Pour le chef de l'État aucun compromis n'est possible avec les FARC puisque celles-ci sont, selon lui, des terroristes. Pour Reinaldo Villalba, du collectif des avocats Alvear Restrepo, qualifier de terroristes les guérillas permet de ne pas reconnaître que le pays est en guerre et, de ce fait, empêche tout processus de dialogue susceptible d'aboutir à la libération des otages détenus par les rebelles. Mélanie Delloye et Yolanda Pulecio, respectivement fille et mère d'Ingrid Betancourt, candidate Verte à l'élection présidentielle de 2002 et otage des FARC depuis cette année-là, abondent en ce sens. " Le président est, si je peux me permettre l'expression, un charmeur de serpent, déclare Yolanda Pulecio. Dès le lendemain de son élection, il est venu nous trouver et nous a promis de faire tout son possible pour libérer Ingrid. Mais il se refuse à passer tout accord humanitaire (...) Alors que de leur côté, les FARC ont nommé une commission de négociation, Uribe s'est refusé à en faire de même. " Pour Gustavo Petro, député à l'Assemblée nationale colombienne : " Le discours mondial dominant, en matière de lutte contre le terrorisme, a permis à Alvaro Uribe de qualifier de terroriste tout rival. Mais dans le même temps, il négocie avec Carlos Casta¤o et Salvatore Mancuso, chefs paramilitaires, reconnus coupables d'organiser le trafic de cocaïne à destination de l'Europe. " L'ancienne maire de la ville d'Apartado, Gloria Cuartas, rappelle l'époque, entre 1995 et 1997, où Alvaro Uribe était gouverneur de Antioqua. Elle dénonce sa politique dite de pacification. " Il a mis en place un plan d'extermination, avec l'appui des secteurs économiques et des paramilitaires. Des populations entières ont été déplacées. " Soit trois millions de personnes depuis 1995, selon Reinaldo Villaba. Le dispositif s'inscrit clairement dans le Plan Colombie, rédigé sous le sceau de Washington et condamné par l'Europe. Les États-Unis ont accordé une aide militaire à la Colombie et procédé à la fumigation de champs de coca et de pavot au nom de la lutte contre le trafic de drogue. Ces intentions affichées ne masquent pas cependant les visées financières états-uniennes pour la région, l'activité des guérillas contrariant les desseins des firmes pétrolières et agricoles, dans le cadre de la zone de libre-échange des Amériques censée voir le jour en 2005. Les témoins colombiens ont tenu à dire que l'Europe avait un rôle à jouer non seulement pour faire respecter les droits humains, mais aussi pour asseoir sa crédibilité. En investissant quelque 54 millions de dollars dans un programme d'aide sociale baptisé " les laboratoires de paix ", elle engage sa responsabilité d'autorité, qui ne saurait souffrir d'aucune indulgence à l'égard d'un régime présidentiel, qui renoue tristement avec les pires dictatures qu'a connues l'Amérique latine ces dernières décennies.
Selon Gustavo Petro, député à l'Assemblée nationale colombienne, qui dénonce l'utilisation du climat de violence à des fins politiques et financières " La terreur des paramilitaires sert aux affaires " Il s'agissait pour Alvaro Uribe d'obtenir de l'Europe une caution politique dans le cadre de son processus de négociations avec les paramilitaires colombiens. Il semble qu'il n'y soit pas parvenu. En premier lieu, parce que les paramilitaires colombiens sont responsables de l'introduction de la cocaïne en Europe. En second lieu, et cela nous concerne plus directement, parce que ces paramilitaires ont commis des crimes contre l'humanité dans notre pays. Gustavo Petro croit que le président Uribe s'est trompé dans cette stratégie. "Il ne comprend pas, dans les circonstances actuelles, qu'on ne puisse pas gracier des criminels de guerre qui ont aidé le pouvoir" "... la paix - tout comme la guerre - sert de prétexte à faire du commerce. Les armes qui pénètrent en Colombie proviennent d'Israël, des États-Unis, d'Europe. Les affaires profitent de n'importe quel contexte, de la guerre comme de la paix. Mais sans aucun doute, la guerre bénéficie à ceux qui possèdent tout en Colombie : la terre et le capital. Le pays est terriblement inégalitaire. Sur les 15 millions de Colombiens qui vivent dans le monde rural, 11 000 personnes détiennent plus de la moitié des terres. Alvaro Uribe en fait lui-même partie. 15/02/04 : Oslo. Le "commandant" Antonio García, considéré comme le nombre deux dans la hiérarchie de l'Armée de Libération Nationale de la Colombie (ELN) , a affirmé que le président colombien, Álvaro Uribe, empêche tout accord humanitaire car il poursuit une "stratégie de guerre" qui rend impossible d'arriver à un accord de paix. "Le dialogue avec le Gouvernement est arrivé à un point tel que les conversations sont inutiles. Uribe base sa politique sur une stratégie de guerre qui affecte tout ce qu'il fait. La Colombie a besoin d'un gouvernement qui souhaite réellement la paix et la justice pour sa population ", déclare-t-il dans une entrevue publiée ce samedi par la publication norvégienne" Aftenposten ". Le nombre deux de l'Eln a souligné que "seuls les Colombiens peuvent créer la paix dans le pays", mais a ajouté que la Communauté internationale - à à laquelle il a demandé la "neutralité" - puisse jouer un rôle important. García, dont le nom vrai est Erlington de Jesus Chamorro, a défendu l'alliance conclue récemment avec l'autre groupe rebelle du pays, les Farc, parce que, selon lui, ils partagent des objectifs politiques et cette alliance profite aux deux organisations. 15/02/04 : Les paramilitaires de droite colombiens enfreignent les conditions mises à leurs pourparlers avec le gouvernement par des atteintes répétées à un cessez-le-feu, ont fait savoir les Nations unies vendredi. Et le gouvernement est au courant, souligne l'ONU. 14/02/04 : La mère d'Ingrid Betancourt a lancé hier un appel au secours à la France pour qu'elle continue, malgré les récriminations de Bogota, à oeuvrer en faveur de la libération de sa fille. «Ingrid est de nationalité française. L'espoir pour nous, c'est la France», a déclaré Yolanda Pulecio. «Je demande au gouvernement français et à l'Union européenne de continuer à faire pression sur les autorités de Colombie... Le président colombien, Alvaro Uribe, doit comprendre que sauver des vies, ce n'est pas une faveur, mais un devoir». Exténuée par deux années d'angoisse pour la vie de sa fille, Yolanda Pulecio demande aux autorités de Bogota de conclure enfin un «accord humanitaire» avec les dirigeants des Farc. Un tel accord prévoirait la libération des guérilleros détenus dans les prisons gouvernementales, en échange des otages enlevés par les Farc. La mère d'Ingrid Betancourt s'élève vivement contre toute idée de récupérer de force les personnes séquestrées dans la jungle. «Tout le monde sait qu'une opération militaire pour les libérer signifierait la mort pour ma fille, dit-elle. La violence n'appelle que plus de violence. Il faut reprendre le processus de paix et négocier avec les Farc. Le dialogue est la seule solution pour la Colombie.» Yolanda Pulecio conteste les arguments avancés par le pouvoir pour refuser d'ouvrir des pourparlers. «Le président Uribe dit qu'on ne négocie pas avec des terroristes et qu'il veut en finir avec les Farc. Mais, au même moment, il discute avec les paramilitaires et pardonne leurs horribles massacres ! En outre, le président prétend que des négociations avec la guérilla démoraliseraient l'armée. Bien au contraire, je pense que s'il manifestait un peu plus de souci pour les militaires séquestrés par la guérilla, le moral de l'armée s'améliorerait.» A propos de l'épisode de juillet 2003, lorsqu'un avion militaire français avait rallié Manaus au Brésil dans l'espoir d'une libération imminente d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio n'exclut ni un piège tendu par les Farc ni une manipulation du pouvoir colombien. Elle avait alors alerté les autorités françaises, sur la foi d'une information reçue d'un paysan colombien se présentant comme un intermédiaire des Farc. «C'est Uribe lui-même qui m'avait appelée au palais pour me présenter le paysan, se souvient-elle. Mais finalement, où était le mensonge, où était la vérité ? Je ne sais pas.»
13/02/04 : Les «pressions» de Paris dans l'affaire Betancourt «exaspèrent» la Colombie, qui a renoncé de justesse à rappeler son ambassadeur en France mercedi, a révélé une haute source diplomatique colombienne à l'AFP. La tension entre les deux pays a atteint un niveau sans précédent dans un échange diplomatique épistolaire conclu par les excuses de la France, après les mises en cause du président Alvaro Uribe par un diplomate français, Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid Betancourt. «L'affaire Betancourt affecte les relations entre la France et la Colombie», a affirmé à l'AFP cette source, qui a requis l'anonymat. «Cette exaspération ne cesse de grandir, et nous étions à deux doigts de rappeler à Bogota Miguel Gomez, notre ambassadeur à Paris», a ajouté ce haut fonctionnaire avant de qualifier cette intention de «signal fort». Une telle décision, d'une évidente gravité dans les relations diplomatiques, n'a finalement pas été prise «grâce à la rapide réponse de Dominique de Villepin», ministre français des Affaires étrangères, selon la même source. «La France ne fait que nous mettre la pression, mais ne nous aide pas», a souligné le haut fonctionnaire colombien, avant d'inviter à nouveau Paris à dire s'il est «disposé à recevoir en France les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC)», en cas d'échange entre les otages des rebelles et leurs militants détenus.
13/02/04 : Dans "Le Courrier International,
une revue de presse colombienne concernant la visite du
président Uribe qui a entamé le 10 février à
Bruxelles (ndlr :
en fait c'était le 9...) une tournée européenne dans le but de
justifier la politique militariste de son gouvernement.
Le chef dEtat, de droite, a été mis en cause par
la gauche et les écologistes.
12/02/04 : Nouveaux échos dans la presse :
12/02/04 : Le gouvernement colombien a transmis une note de protestation auprès de Paris après la mise en cause mardi du président Alvaro Uribe par l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, diplomate français à Quito. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin a rappelé M. Fabrice Delloye à son devoir de réserve, et l'a prié de s'y tenir strictement à l'avenir". Dans un entretien au quotidien Le Monde daté de mardi, Fabrice Delloye, divorcé de l'ex-candidate des Verts à la présidence de Colombie, qui est otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis deux ans, avait accusé Alvaro Uribe d'avoir "manipulé" sa famille puis refusé de négocier avec les guérilleros pour obtenir sa libération. L'ambassadeur de Colombie à Paris, Mr. Miguel Gomez, a adressé une lettre à M. de Villepin pour manifester à la France sa "plus énergique protestation au nom de son gouvernement", face aux déclarations "inacceptables" de Fabrice Delloye. Ces mises en cause du président colombien "ne sont pas acceptables", lui a répondu le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. Dans ce même désaveu du diplomate, considéré par la Colombie comme la manifestation des "excuses de la France à la Colombie", le ministre français affirme avoir "demandé aussitôt à (ses) collaborateurs de rappeler fermement M. Fabrice Delloye à son devoir de réserve, et de le prier de s'y tenir strictement à l'avenir". Malgré la lettre de Dominique de Villepin, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt a de nouveau critiqué Alvaro Uribe mercredi, dans un entretien à l'AFP à Quito. "C'est incroyable que le président d'un pays démocratique ne fasse pas tout ce qu'il faut pour sauver (les otages)", a-t-il déclaré. «Je ne veux pas provoquer de problèmes, et encore moins avec le gouvernement français pour lequel je travaille, mais je souhaite seulement que le gouvernement du président Uribe nous aide, et permette un accord humanitaire pour que nos proches séquestrés puissent être libérés», a ajouté le conseiller commercial.
11/02/04 : Le président Uribe à Strasbourg : échos dans la presse :
Plusieurs parlementaires européens, dont beaucoup portaient des écharpes blanches avec la devise "Paix et justice en Colombie!" ont abandonné la séance plénière dès le début de l'intervention d'Uribe. D'autres avaient boycotté la séance dès le début. Sur un total de 626 Eurodéputés, seuls sont restés 250 (selon El Tiempo - moins d'une centaine selon des témoins présents dans la salle, ce qui est plus vraisemblable quand on voit les photos), dont une dizaine portaient encore des écharpes blanches.
Il a souligné que "le conflit requiert aussi des réponses sociales, économiques et politiques", et que "il est essentiel de développer un État démocratique qui fonctionne pleinement avec des institutions démocratiques qui respectent les droits humains et l'État de droit ". Pat Cox a estimé "inacceptables" les violations des droits humains et au nom du Parlement Européen il a lancé "un appel spécial à faire tout ce qui est possible pour libérer, non seulement Ingrid Betancourt, mais également tous les otages détenus en Colombie". Pendant son intervention, Uribe a défendu sa politique de sécurité démocratique; il a aussi affirmé que "le terrorisme est le plus grand violeur des Droits Humains", tandis que "l'État et la force publique l'observent avec dévotion". Le président colombien a repris les arguments exposés auparavant : "mon gouvernement ne va pas faire un accord avec des terroristes qui affaiblissent notre politique de sécurité". Cependant, il a voulu manifester sa "compréhension totale pour l'angoisse et la tristesse des parents dans le cas du kidnapping de Madame Ingrid Betancourt et de plus de mille citoyens détenus en captivité par les Farcs. À son avis, il n'est pas "nécessaire pour la démocratie, pour la Colombie ni pour le monde, que le débat se centre autour d'un accord humanitaire". À la fin de son discours, un homme non identifié dans public l'a apostrophé en le traitant de "narcoparamilitaire". On a appris également que la Commission Européenne avait réitèré ses critiques à Álvaro Uribe pour le statut antiterroriste et le processus avec les paramilitaires De même, la Commission a refusé la demande du gouvernement colombien d'organiser une conférence des donneurs à Bruxelles.
10/02/04 : Amnesty International exhorte
l'Union européenne à ne pas soutenir des orientations
qui risqueraient d'exacerber la crise relative aux droits
humains dans le pays. l'Union
européenne devrait regarder de plus près ce qui ce
passe réellement dans le pays, a déclaré Dick Oosting,
directeur de l'Association d'Amnesty International pour
l'Union européenne. Le processus de démantèlement est
loin d'être parfait. Le gouvernement colombien offre en
fait aux groupes paramilitaires la possibilité de se
reformer sous une nouvelle apparence juridique. Ils sont
en effet "recyclés" sous la forme
d'entreprises de sécurité privées ou d'autres
structures créées par le gouvernement, sans avoir à
rendre de comptes pour leur rôle dans les atteintes aux
droits humains. Les militants
des droits humains colombiens sont de plus en plus
menacés, ce qui complique encore leur tâche de
surveillance des atteintes aux droits humains. Amnesty
International craint qu'ils ne soient l'objet d'une
stratégie coordonnée de l'armée et des groupes
paramilitaires destinée à affaiblir leur travail et à
les mettre à la merci des attaques.
10/02/04 : Le Président colombien a
entamé à Bruxelles une visite en Europe. Son mot
d'ordre: l'intransigeance. En visite dans les bureaux de l'Union européenne, M. Uribe a déclaré que les otages détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie étaient de "bons citoyens" qui ne pouvaient pas être échangés contre des membres emprisonnés de la guérilla, qu'il a qualifiés de "terroristes". Yolanda Pulecio, la maman d'Ingrid, a exprimé sa déception aux autorités européennes. «Pendant deux ans, j'ai gardé espoir», dit-elle. «Aujourd'hui, je l'ai perdu. Le Président nous a trop trompés. Il nous est désormais inutile de le rencontrer, même si ce constat m'angoisse.» «Je suis arrivée au constat que le Président ne souhaite plus qu'une chose: obtenir une victoire militaire.» Avec le soutien des Etats-Unis dont elle dit sans aucun souci diplomatique à quel point ils l'ont déçue. La famille d'Ingrid Betancourt a aussi dénoncé, en compagnie de syndicalistes et de paysans colombiens, le «maccarthysme» régnant actuellement dans ce pays déchiré par une guerre civile complexe et sanglante depuis une quarantaine d'années. «Il n'y a pas de guerre en Colombie», a toutefois répliqué Alvaro Uribe. «Nous sommes un État démocratique au sein duquel la population souffre de terrorisme.» Et des résultats à la clé, plaide-t-il en citant une avalanche de chiffres illustrant une baisse sensible de l'insécurité et une reprise réelle de l'économie. Le président a utilisé des formules fortes pour défendre sa politique. A l'instar d'un George W. Bush, l'homme est déterminé à éradiquer le fléau du "terrorisme" à tout prix : "En Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale, il aurait été impensable de négocier avec Hitler"... a-t-il déclaré. Et pourtant Mr Uribe négocie avec les paramilitaires... "J'accuse Uribe d'employer |