31/12/03 : Une autre année se termine... En Colombie, Ingrid et Clara sont toujours détenues, et avec elles des milliers d'autres personnes retenues en otage par divers groupes armés. Combien sont-elles ? 3.000, comme l'indique un rapport diffusé ce lundi par l'organisation Pais Libre ? 3000 personnes, y compris 400 enfants.... seulement en Colombie ! Mais hélas il n'y a pas que là ! les enlèvements sont devenus maintenant monnaie courante dans la région. On vient de kidnapper une Française à Caracas, où 3,9% des adultes indiquent avoir eu un parent séquestré ou l'avoir été eux-mêmes, alors qu'à Cali, l'une des villes les plus dangereuses de Colombie, ce chiffre n'est que de 1,4%, selon une enquête de la Banque interaméricaine de développement (BID). Au Venezuela, quelque 250 personnes sont actuellement aux mains de leurs ravisseurs, selon Ivan Simonovis, ex-responsable de la sécurité de Caracas. Au Mexique, 732 enlèvements, affectant spécialement les classes moyennes et les plus aisées, ont eu lieu en 2001, selon des chiffres des services de justice. D'autres sources officielles estiment cependant que ces chiffres ne sont pas fiables car ils n'incluent pas tous les "rapts express", ne durant que quelques heures, qui ne sont souvent pas dénoncés par les victimes. En Argentine, l'enlèvement crapuleux n'affecte pas que les personnes riches ou célèbres mais également des personnes aux revenus modestes, au rythme moyen d'un cas quotidien. En Amérique centrale, le phénomène concerne principalement le Honduras, le Salvador et le Guatemala, où des dizaines de cas sont signalés chaque année. Dans ce dernier pays, deux Français, Sonia Jimenez Rojas, d'origine colombienne, et son compagnon, Olivier Barouk, ont été enlevés à leur domicile dans l'ouest du pays. ....vous vous demandiez quels voeux formuler pour 2004 ????
À partir du premier janvier, Kamper assumera la représentation de la présidence du Conseil des Ministres de l'UE, assumée dans les 18 prochains mois par trois pays qu'il représente : l'Irlande, les Pays-Bas et Luxembourg. Il faudra "mettre de l'ordre dans la maison", a-t-il déclaré en parlant de sujets sensibles comme la mise en oeuvre des 27 recommandations pour les Droits Humains que l'ONU a données à la Colombie, la table ronde des pays donateurs en 2004 et la signature un accord de libre échange entre la Communauté Andine de nations (CAN) et l'Union Européenne (UE). Rappelons qu'en juillet 2003 juillet s'est déroulée à Londres une réunion des 24 pays "amis de la Colombie". On y a signé un accord politique, qui devra être suivi en 2004 par une table ronde des pays donateurs. Dans cette "Déclaration de Londres" on a abordé plusieurs sujets relatifs aux Droits Humains, à l'appui politique et à la coopération. C'est au sujet de la mise en oeuvre des 27 recommandations de l'ONU dans le domaine des Droits Humains qu'il y a débat. Dans une réunion avec le vice-président Santos, les 24 pays ont déclaré qu'il était regrettable que le Gouvernement ait présenté cette proposition (statut antiterroriste) et que le Congrès l'ait approuvée le 11 décembre, un jour seulement après la Journée Internationale des Droits Humains. D'après Kamper, il faut chercher une manière de mettre un terme au conflit et d'une façon pacifique et négociée. Bien sur "il faut être deux pour danser" et jusqu'à présent la guérilla a rejeté la possibilité d'un dialogue. Kamper rappelle que les "laboratoires de paix" (projet soutenu par l'Europe) sont une manière de soutenir le pays dans la recherche d'un développement durable, pour mettre fin aux cultures illicites. 29/12/03 : Quelques minutes avant que les cinq étrangers soient confiés à la commission humanitaire dans la Sierra Nevada de Sainte Marta après 101 jours de kidnapping, deux des plus importants commandants de l'Eln, Nicolás Rodriguez "Gabino" et Antonio García ont répondu aux questions d'un groupe de journalistes. Voici le compte-rendu paru dans "El Espectador. Quand, de quelle manière et où pourraient avoir lieu les dialogues régionaux que vous proposez aujourd'hui ? Nicolás Rodriguez : Une fois définie cette proposition avec les autorités régionales et aussi avec l'Église, par le biais de laquelle nous avons concrétisé cette approche, on pourra finaliser tous les détails pour qu'on entame des dialogues régionaux. Nous sommes ouverts pour les concrétiser parce que nous n'avons pas, en ce moment, un schéma précis. Après tout ce qui s'est produit dans la Sierra Nevada, que va-t-il se passer ? Envisagez-vous un contact direct avec le Gouvernement ? N.R. : Nous constatons que le gouvernement a une stratégie de guerre, pas une stratégie de paix. C'est pourquoi nous ne voyons pas de dialogue viable avec ce Gouvernement, parce que nous croyons que ce qu'il faut examiner et définir dans notre pays c'est un chemin vers la paix et non vers la guerre. Tant qu'une telle stratégie de paix ne sera pas communiquée au pays, l'Eln ne pourra pas dialoguer avec le Gouvernement. Le dialogue régional ne signifierait-il pas la présence du Gouvernement ? N.R. : Nous pensons que la paix se construit dans des activités concrètes et non dans des discours politisés. Nous pensons que la situation de la Sierra Nevada et de beaucoup d'autres régions du pays, comme le Perijá, le sud de Bolivar, le Catatumbo, la Caucana Mate, demande une politique d'action sociale et humanitaire, et une abolition des violations aux droits humains. Les autorités locales et l'Église se sont engagées dans cette direction, et cela c'est l'essentiel pour nous. Le Président a dit qu'il était disposé à vous rencontrer dans les montagnes... Antonio García : On a beaucoup propagé dans le pays l'idée que le Président a son style et sa manière d'aborder les choses et qu'il veut, sans intermédiaire, organiser une réunion avec le Commando Central. Nous disons que le plus important, c'est que le pays connaisse quelle est la stratégie du Gouvernement. Parce que nous croyons que c'est le pays dans son ensemble qui doit définir le chemin à suivre. Si le Gouvernement veut proposer une stratégie de paix, ce n'est pas à l'Eln, mais au pays qu'il doit le proposer. N.R. : La conception de l'Eln avec cette proposition, c'est de parler un peu plus concrètement de la paix pour ne pas en faire une affaire politique, mais plutôt la mise en place de solutions aux problèmes graves dont souffrent les habitants. Nous croyons que nous attacher aux problèmes de nos concitoyens, c'est le meilleur chemin pour construire la paix. Vous mentionniez le triomphe des partis de la gauche démocratique. Cette possibilité existe-t-elle pour l'Eln dans le futur ? A.G. : Ce que nous voyons c'est qu'en Colombie il existe des gouvernements qui gagnent des élections pour la Présidence avec une stratégie de guerre, qui est la stratégie annoncée publiquement. L'Eln ne peut pas dialoguer avec un gouvernement qui a choisi la guerre et qui espère triompher militairement. Au peuple on ne peut pas tenir deux langages. On doit lui montrer une seule stratégie, un seul chemin. ... Il est clair que le kidnapping dans la Sierra a compliqué pour l'Eln le climat international... N.R. : Nous avons vu l' importance que la Communauté internationale puisse percevoir la réalité du conflit colombien de manière directe et non déformée par les moyens de communication ou par les positions officielles du Gouvernement National. Nous pensons que le Gouvernement donne des analyses fausses et qui sont trop orientées, tout comme les grands moyens de communication. Nous regrettons qu'il en soit ainsi et cela cause une déformation de la réalité du conflit colombien. ... Nous croyons que ce qui s'est passé dans la Sierra démontre que l'Eln doit recourir à des actions de force pour que l'État remplisse ses obligations institutionnelles et constitutionnelles. Il est grave qu'une force insurgée doive effectuer des actions de force pour que le Gouvernement accomplisse ses obligations. De sorte que si ce message est pris en considération par la Communauté internationale, nous croyons qu'il y aura un autre regard et un considération différente quant à la qualification de "terroristes". Quel est votre avis sur les dialogues avec les Auc (paramilitaires) ? A.G. : On a souvent dit que quand l'ELN s'était proposée de participer à des négociations nationales et que l'on parlait d'une zone démilitarisée dans le sud Bolivar, ce qui les en a empêchés et a torpillés ce projet, c'est l'extrême droite et la position du président Uribe Velez qui, ayant fait alliance avec les paramilitaires et avec le mouvement "Non à la zone démilitarisée", a bloqué ce formidable espoir de paix. La paix qu'avait proposée l'ELN ainsi que de nombreux secteurs de la société s'est vue ainsi bloquée par ceux qui dirigent aujourd'hui la Colombie. Par ceux-là même qui négocient des accords de paix avec les paramilitaires. Pour l'ELN, ces négociations ne sont rien de plus qu'une volonté de rendre légale une force militaire dont le gouvernement n'a plus besoin. Parce que les paramilitaires ont été remplacés dans ces zones par des bases militaires pour contrôler les territoires. Et aussi parce que l'armée s'est modernisée et que les paramilitaires ne représentent plus aujourd'hui qu'une force dépassée par rapport aux exigences de la confrontation. D'autre part, il est évident que les paramilitaires - surtout leurs dirigeants - sont aussi des gens qui ont accumulé de grandes fortunes, et qui pensent qu'il est temps maintenant de profiter de leurs richesses en passant à la légalité. On sait aussi qu'un énorme changement serait nécessaire pour que les paramilitaires évoluent et se positionnent comme une force politique. Ce serait alors un changement général. Cette force militaire serait enrôlée dans les "armées paysannes" ou dans le réseau de renseignements qui est en train de se construire (ndlr: deux projets mis en place par le président Uribe). Il s'agit d'une stratégie générale, qui n'est rien de plus que le projet d'Uribe dont le but est de mettre en place un régime autoritaire, car il croit à la possibilité d'une victoire militaire. Comment va l'union avec les Farc ? N.R. : Nous avons en effet publié un communiqué conjoint, et sûrement ce ne sera pas le seul. Les deux organisations sont souveraines, autonomes, ont deux histoires et deux passés. Le processus d'union doit se baser sur des points de vue communs, sur des activités communes qui peuvent être développées, mais sans aucun doute nous restons indépendants, disposés à dialoguer et à approfondir l'union, pour répondre aussi aux exigences du pays.
28/12/03 : Le général Carlos Alberto Ospina, commandant en chef des Forces Militaires de Colombie, a écarté la possibilité d'une zone démilitarisée pour des accords humanitaires qui permettraient la libération de personnes kidnappées par les groupes armés illégaux. "On
n'a pas besoin de zones démilitarisées pour libérer les kidnappés.
Je ne comprends pas pourquoi ils doivent se protéger derrière des
personnes sans défense pour atteindre leurs buts. l'Eln avait exigé du Gouvernement le retrait des troupes de la zone comme condition pour libérer les étrangers, ce qui avait été rejeté par le président Alvaro Uribe.
Dans une entrevue pour El Tiempo, Juan Pedro Schaerer affirme que l'accord dont on parle pour libérer des civils kidnappés ne peut pas être humanitaire, parce que si on voulait respecter strictement les normes du DIH, les Farc devraient libérer inconditionnellement leurs prisonniers. On a beaucoup spéculé sur ce que devrait être cet accord humanitaire. Selon les Protocoles et les Conventions de Genève, ces accords sont-ils réellement possibles comme on les présente ? Il y a une confusion dans ce que l'on désigne sous le terme "accord humanitaire". L'article 3 qui est commun aux quatre Conventions de Genève considère ce qu'on appelle des accords spéciaux, qui sont des instruments qui cherchent à étendre une protection déjà existante. Cela veut dire que dans le cadre d'un conflit armé, international ou intérieur, on offre la possibilité aux parties de chercher des mesures pour étendre cette protection minimale. Ici, lorsque nous parlons de libération ou d'échange humanitaire, il n'y a pas d'extension d'un droit existant. Dans cette situation, comment protéger la vie des kidnappés à la lumière du DIH ? Ce qui complique la situation, dans le cas de la Colombie, c'est que le DIH dit que les personnes qui ne prennent pas part directement aux hostilités - qui est le cas des civils qui sont entre les mains des Farc - ne peuvent pas être prises en otages et qu'il faut les libérer de manière inconditionnelle. Il s'ensuit que parler d'un accord humanitaire pour chercher la libération de ces personnes, en se référant au DIH, reviendrait à diminuer le niveau de protection dont ces otages jouissent déjà. Ce qui peut être considéré à la lumière du DIH est un échange des prisonniers qui ont pris part aux hostilités, ce qui est le cas des soldats et des policiers capturés. Alors, un accord s'applique clairement pour les soldats et les policiers au pouvoir des Farc... Le DIH considère le fait que les parties en conflit peuvent "neutraliser" l'ennemi - en d'autres termes, le capturer - au lieu de les exécuter. À la lumière du DIH, c'est quelque chose qui est licite pour les Farc, mais ce n'est pas considéré ainsi dans la législation colombienne. Le DIH ne préconise pas spécifiquement des échanges ou des libérations des personnes qui prennent part aux hostilités, mais ne les interdit pas non plus. À la lumière de ce principe, une sortie de prison des guérilleros du Farc est donc possible ? Ce n'est pas interdit. Simplement, le DIH dit qu'à la fin des hostilités il faut libérer, dans la mesure du possible, un maximum de personnes. Mais il ne stipule pas ce qu'il faut faire pendant les hostilités. Alors, on peut dire que ce n'est pas contraire au DIH. Peut-on affirmer qu'une négociation pour la libération des civils n'est pas possible ? C'est notre participation qui n'est pas possible, car notre institution est la gardienne du DIH, qui stipule bien justement qu'on ne peut pas prendre de civils en otages. Le Commissaire à la Paix a déclaré que, dans ce cas, on a passé sous silence la responsabilité des Farc, et qu'on a insisté sur celle du gouvernement - alors que ce sont les Farc qui sont à la base du problème des séquestrés... Ce sont effectivement les Farc qui sont responsables du problème. Le Cicr a toujours rappelé que la prise d'otages est une violation au DIH. Tant que ces personnes seront entre les mains des Farc, ceux-ci ont la responsabilité de les traiter avec humanité et de leur donner toute la protection qu'ils méritent. La responsabilité retombe sur les Farc, mais est clair que ceux-ci ne vont pas libérer les otages sans recevoir quelque chose en échange. Alors, que faire ? C'est là toute la difficulté de trouver une solution qui permette à toutes ces personnes de retrouver la liberté. Et c'est là, aussi, la difficulté pour nous d'essayer d'aider à trouver une solution. Que reste-t-il comme alternative ? Quand on parle d'un accord humanitaire, c'est avant tout une façon de parler. Il est clair qu'il s'agit réellement d'un accord politique. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas à la lumière du DIH qu'on pourra trouver une autre solution que la libération inconditionnelle. Dans ce domaine, celui de l'accord politique, voyez-vous la possibilité d'une plus grande marge de manoeuvre? Oui. Il est important de ne pas diminuer les protections déjà existantes. Le DIH dicte des règles minimales et il est important de ne pas descendre sous cela, parce que ce serait dangereux pour le futur. Le Cicr, en tout cas, est-il d'accord pour rechercher une solution qui adoucisse la douleur des kidnappés et de leurs familles... Tous les efforts qui sont fournis pour rechercher une solution sont très importants. Le Cicr les soutient. Si notre participation est requise à un moment donné, tant qu'elle est compatible avec le droit international humanitaire, notre institution fera tout ce qui est possible pour aider à rechercher une solution.
27/12/03 : "Le Président Álvaro Uribe est disposé à entamer un processus de paix avec l'Eln. Si nécessaire il peut aller dans les montagnes, parler directement avec les dirigeants de cette guérilla et, en commençant par un accord de cessez-le-feu, conclure une issue négociée à la situation". C'est ce que vient de déclarer Luis Carlos Restrepo, commissaire à la paix, qui a ajouté : ""Nous espérons que l'Eln va examiner cette proposition et qu'on pourra ouvrir rapidement un processus de paix avec cette organisation". "Le Gouvernement est disposé à examiner avec eux l'organisation d'une "Convention nationale". La condition pour mettre en marche ce processus, estr une déclaration de cessez-le-feu par l'Eln qui - selon le commissaire Restrepo - serait respecté également par la Force Publique. l'Eln a proposé d'examiner les réformes structurelles de l'État dans une espèce de forum national,
auquel prendraient part les différents représentants de la société et
des membres de cette guérilla, pour trouver des solutions spécifiques qui peuvent être
appliquées. 26/12/03 : Soixante-quatre meurtres ont eu lieu en Colombie pendant la nuit de Noël, a annoncé hier le directeur de la police colombienne, Jorge Daniel Castro. Il a toutefois souligné que ce chiffre constituait une amélioration par rapport à celui de Noël 2002. « Pour les homicides, il y a eu 64 cas, ce qui signifie une baisse de 20 % en comparaison avec le 24 décembre de l'année dernière, où il y avait eu 80 cas », a déclaré M. Castro à la presse.
25/12/03 : Comme l'année dernière, Ingrid Betancourt "célébrera" son anniversaire en détention... 24/12/03 : Libérer des guérilleros sans qu'ils déposent les armes est politiquement impossible, déclare le Commissaire à la Paix Luis Carlos Restrepo, qui explique la position du Gouvernement. Selon lui, si l'administration a ouvert une
porte pour un accord humanitaire, il ne faut pas perdre de vue que
pour les Farc une libération des prisonniers, loin d'être un
problème humanitaire, est d'abord un problème politique. (voir
24/12/03
: A Bogota, des parents de de kidnappés demandent de "démythifier" l'accord humanitaire. 23/12/03
: Reporters sans frontières a exprimé sa vive préoccupation
suite à l'assassinat à Buenaventura (Centre-Ouest de la Colombie),
le 18 décembre dernier, du journaliste William Soto Cheng. Au moins 83 journalistes ont été tués dans le monde en 2003, dont 7 en Colombie...
Les quatre Israéliens -- Beni Daniel, Ortaz Ohayon, Ido Guy et Erez Altawil -- et le Britannique Mark Henderson ont été remis à une commission de médiation qui était partie un peu plus tôt en hélicoptère de l'aéroport de Valledupar, à 950 km au nord de Bogota. Lors de la remise des otages, les membres de la commission ont discuté par téléphone avec les principaux chefs de l'ELN, Nicolas Rodriguez et Antonio Garcia qui ont "lu un communiqué annonçant la libération et (insistant sur) la nécessité de promouvoir le dialogue et chercher des solutions au conflit". 22/12/03
: Rome (Italie) a accordé ce lundi la "citoyenneté
honorifique" à Ingrid Betancourt. Son époux, Juan Carlos
Lecomte, a assisté à la cérémonie. La citoyenneté a été
accordée à Ingrid "pour son combat en faveur de la légalité
et contre la corruption, et pour ses efforts pour la promotion des
droits humains, de la liberté et de la démocratie".
22/12/03 : Après trois mois de captivité, quatre Israéliens et un Britannique retenus en otages par les rebelles colombiens ont entamé leur marche vers l'endroit où ils doivent être libérés cette semaine.
Suite à l'occupation de la cathédrale de Bogota par les proches des otages, c'est à lui que le président Uribe a confié la tâche de trouver un accord humanitaire adéquat, en toute autonomie. Cette mission de bons offices s'ajoutera aux efforts réalisés par Monseigneur Luis Augusto Castro, archevêque de Tunja, et par le Père Darío Echeverri, secrétaire général de la Commission de Conciliation Nationale, au nom de l'Eglise catholique. Monseigneur Castro précise que ces négociations n'aboutiront pas du jour au lendemain, il s'agit d'un processus en construction. Sur ce point, l'Eglise et Lopez se rejoignent. Selon l'ex-Président, cette formule pour la libération des otages n'est pas une marche vers la paix mais doit rester quelque chose d'exceptionnel, d'occasionnel, propre à une situation de conflit. "J'ai l'impression que le Gouvernement a amorcé un virage favorable vers un accord humanitaire. Les Farc, également, semblent plus intéressés par un accord humanitaire pour l'échange de prisonniers que par un accord sur le processus de paix." Le Gouvernement pour sa part exige que, dans le cadre d'un éventuel accord humanitaire, les guérilleros libérés quittent la Colombie. A ce propos, l'opinion de Lopez diverge de celle d'Uribe : "La Liberté implique de ne pas imposer de condition sur la manière de bénéficier de celle-ci. La proposition du DIH (Droit International Humanitaire) est de rendre la liberté et on ne peut rendre la liberté si on impose des conditions postérieures à la liberté physique."
Cet informateur "avait indiqué qu'Ingrid était très malade et qu'ils allaient la libérer, parce que sinon elle allait mourir et que la guérilla ne voulait pas qu'elle meure en leurs mains". C'est à la suite de cette réunion que la soeur d'Ingrid, Astrid Betancourt, "avait demandé l'aide de la France à l'ambassadeur français en Colombie, Daniel Parfait". On connait l'épopée de l'avion militaire Hercules C-130 qui avait atterri le 9 juillet à Manaus, avec onze hommes à bord, dont Pierre-Henri Guignard, chef adjoint du cabinet de Dominique de Villepin. Quatre membres de cette équipe s'étaient ensuite rendus en avion taxi près de la frontière colombienne pour attendre - en vain pendant 24 heures - la libération d'Ingrid Betancourt. L'équipe avait dû quitter le Brésil de 13 juillet à "l'invitation" des autorités brésiliennes, excédées de ne pas avoir été informées de l'opération. Fin juillet M. de Villepin avait exprimé ses "regrets" à son homologue brésilien Celso Amorim.
21/12/03 : L'armée de libération nationale de Colombie (ELN) va relâcher lundi ou mardi les quatre Israéliens et le Britannique détenus en otage, a déclaré un ecclésiaste chargé des négociations. Des officiels du ministère des Affaires étrangères ont confirmé l'information le samedi 20 décembre.
20/12/03 : Clara Rojas a 40 ans aujourd'hui ! Dans El Tiempo, on peut lire des messages de Noël adressés à quelques séquestrés par leur famille. Parmi ces messages, celui de Juan Carlos pour Ingrid : "Íngrid, nous combattons maintenant par tous les kidnappés comme tu l'as demandé dans la dernière vidéo... je t'aime et tu me manques plus que jamais, surtout ce 25 décembre, le jour de ton anniversaire. Je pars maintenant pour Rome et le 22 décembre je vais y recevoir en ton nom le prix de Rome pour La Paix et l'Action Humanitaire, qui t'a été décerné cette année pour ta force et pour ton courage. Les enfants arrivent aujourd'hui à Bogota pour passer la Noël avec ta maman. Ils vont être tous avec Astrid et ses enfants. Continue a être courageuse comme tu l'as montré dans la dernière vidéo ; je t'y ai vu plus "Íngrid" que jamais; sois patiente mon amour, ici je t'attends"
19/12/03 : Le pouvoir a donné des garanties de sécurité pour faciliter une prochaine libération par la guérilla de l'ELN de ses otages étrangers (quatre israéliens et un britannique), a assuré jeudi l'un des négociateurs, le prêtre Dario Echeverry. "Le président (Alvaro Uribe) nous a assuré que nous pouvions compter avec toute la sécurité pour qu'il soit procédé à ces libérations", a déclaré à la presse le prêtre Dario Echeverry, directeur de la Pastorale sociale de l'Eglise catholique colombienne, et membre de la commission de négociation. Antonio Garcia, chef militaire de l'ELN, aurait annoncé par radio que la libération aurait lieu avant Noël, selon monseigneur Hector Henao, un membre de la commission.
D'autre part, Reporters sans frontières est vivement préoccupée par la violente agression dont a été victime au Pérou la journaliste américaine Sharon Stevenson. Le 10 décembre 2003, Sharon Stevenson, correspondante au Pérou de la chaîne CNN, de l'hebdomadaire Newsweek et de la radio Voice of America, a été retrouvée étendue et inconsciente près de son véhicule dans un quartier populaire de la capitale péruvienne. Elle portait des traces de strangulation et de multiples contusions sur le corps, dont un coup particulièrement fort sur la tête, probablement responsable de son amnésie partielle. Sharon Stevenson enquêtait depuis une dizaine d'années sur l'utilisation d'un champignon, le Fusarium Oxysporum, dans les programmes de lutte contre le trafic de drogue au Pérou. Malgré les nombreuses plaintes déposées par les fermiers victimes des campagnes de destruction des plants de coca, le gouvernement péruvien et l'administration américaine, qui soutient ces opérations, ont toujours démenti en avoir fait usage. La journaliste avait quitté son domicile dans l'après-midi pour se rendre à un rendez-vous avec Romel Pinedo, un informateur colombien censé lui apporter la preuve de l'usage d'un agent biologique dans les opérations d'éradication de la culture de la coca menées par le gouvernement. Cet informateur a été identifié, par la suite, comme un ex-membre des FARC.
18/12/03 : Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé mercredi les deux plus importants groupes rebelles colombiens à libérer les civils qu'ils détiennent en otages et à reprendre les négociations avec Bogota pour tenter de mettre fin à la guerre civile en Colombie. Le secrétaire général de l'ONU a également appelé les parties à prendre des mesures "pour nourrir la réconciliation, le respect des droits humains et la loi humanitaire internationale".
17/12/03 : Ingrid est une des 15 personnes désignées "personnalité de l'année" par l'hebdomadaire colombien "Semana" D'après cet hebdomadaire,
"si Ingrid Betancourt a été très peu vue cette année (une vidéo de 23 minutes dans lequel le pays a pu voir qu'elle conservait son caractère intact malgré la longueur de sa captivité), son nom n'a pas été absent des media - bien au contraire.
16/12/03 : Les dirigeants de l'ELN, l'autre guérilla marxiste, ont annoncé qu'ils avaient l'intention de libérer bientôt les cinq otages étrangers qu'ils détiennent, parce que les opérations militaires colombiennes dans le secteur ont augmenté la possibilité pour ces otages d'être tués par les forces gouvernementales. `` comme preuve de notre flexibilité et de notre maturité, nous promettons de libérer les otages dans les prochains jours, si tout va bien avant que la fin de l'année, pour éviter une telle tragédie, '' ont-ils indiqué.
D'autre part, la guérilla des FARC vient de subir son plus important revers depuis l'investiture du président Alvaro Uribe avec la capture lundi de "Hugo", son chef dans la région de Bogota, et un proche du commandant rebelle «Mono Jojoy, un commandant militaire important des FARC. Commandant du 22e Front des FARC, "Hugo", est accusé de l'exécution de l'otage japonais Chikao Muramatsu et de l'attentat contre le Club Nogal, qui avait fait 36 morts en février à Bogota. 15/12/03
: Ingrid Betancourt et le secrétaire général de l'ONU, Kofi
Annan ont été nommés aujourd'hui citoyens d'honneur de la ville de
Rome. Le maire de Rome, Walter Veltroni, a déclaré que l'attribution
de ce titre à Ingrid Betancourt était "une reconnaissance à un
devoir politique et civil en faveur de la légalité et du respect des
droits humains en Colombie".
13/12/03 : Lorsque la nouvelle de l'occupation pacifique de la cathédrale de Bogota par les proches d'Ingrid et d'autres familles de séquestrés fut connue, des milliers de personnes à travers le monde ont utilisé l'email pour alerter la presse, marquer leur soutien au mouvement, mais aussi pour protester contre l'attitude de l'Evêque de Bogota ,Mgr Juan Miguel Huertas, qui avait fermé les portes de son église pour empêcher la presse de rencontrer les occupants et pour empêcher qu'on leur apporte de la nourriture. Parmi les destinataires de ces emails : la hiérarchie catholique dans plusieurs pays. Peut-être un effet de cette action ? en France, l'organisation catholique CARITAS vient de publier un communiqué pour marquer son soutien à l'occupation pacifique de la cathédrale de Bogota et à la demande des familles pour que le gouvernement du président Álvaro Uribe nomme une commission chargée de négocier l'échange de prisonniers avec les rebelles du Farc. L'organisation catholique demande aussi au gouvernement colombien d'accomplir "la promesse qui a faite aux familles des otages de chercher avec détermination un accord humanitaire de mettre un terme au drame des personnes privées de liberté en Colombie". Elle exprime "sa condamnation énergique de la pratique du kidnapping" et manifeste "sa grande préoccupation pour le grand nombre de personnes kidnappées en Colombie".
12/12/03 : Le Congrès colombien vient d'approuver un statut "antiterroriste" qui donne entre autres à l'armée de pouvoirs judiciaires. Ce statut suscite des critiques acerbes de la gauche et des défenseurs des droits de l'homme. Proposé par le président Alvaro Uribe pour renforcer le combat contre les groupes armés, ce statut donne aux Forces armées les fonctions de police judiciaire, dans les zones éloignées privées de ministère public. Les forces de l'ordre pourront ainsi procéder à des détentions de suspects sans mandat d'arrêt, réaliser des perquisitions sans autorisation légale, intercepter le courrier et utiliser des écoutes téléphoniques. Cette décision intervient au moment où les organismes internationaux des droits de l'homme protestent contre le choix récent d'Uribe de nommer à la tête des forces armées. le Général Carlos Alberto Ospina, accusé de collaboration avec l'AUC (paramilitaires d'extrème-droite) lorsqu'il dirigeait la 4ème brigade. L'AUC s'était alors rendue coupable de nombreux massacres de populations civiles - massacres qui sont toujours restés impunis. La critique la plus acerbe contre le statut antiterroriste est venue des rangs de la gauche parlementaire. Pour le sénateur Jaime Dussan, il s'agit du "projet le plus atroce contre les droits de l'homme". Un autre sénateur, Dario Martinez, l'a qualifié à son tour "d'inutile, car les outils dont dispose l'Etat sont suffisants". Pour leur collègue Hector Helo Rojas, "c'est une grave initiative de la Colombie face à la communauté internationale".L'ONU, par la voix de son Haut commissaire pour les droits de l'homme dans le pays andin, Michael Frühling, n'a cessé depuis les premiers débats de dénoncer le projet.
Selon ces sources concordantes, qui ont requis l'anonymat, Bogota étudie la possibilité de "renforcer" la médiation de l'Eglise, chargée en janvier de négocier avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), "avec de nouveaux délégués nommés par le gouvernement".
La révolte des familles à la cathédrale de Bogota a conduit Alvaro Uribe à accepter de recevoir mercredi soir, durant trente minutes, une délégation, avec à sa tête le cardinal de Bogota, Mgr Pedro Rubiano. Le cardinal était accompagné notamment de l'ancien ministre Augusto Ramirez Ocampo, de Carlos Lozano, président du parti communiste colombien, et d'Astrid Betancourt, soeur d'Ingrid, l'ex-candidate des Verts aux présidentielles enlevée par les FARC le 23 février 2002.
Les protestataires ont passé la nuit "couchés sur les bancs". "Il faisait froid, et Juan Carlos Lecompte n'a pu se lever ce matin, il avait de la fièvre" a dit un témoin. Mais Yolanda Pulecio était toujours aussi souriante quand elle a quitté l'église apres 28h30 dans le froid et sans manger... Retranchés depuis mardi dans la cathédrale de Bogota, les proches d'Ingrid Betancourt et d'autres otages n'ont en effet pas pu se nourrir depuis vingt quatre heures : "l'Eglise nous a proscrit de manger pour ne pas manquer de respect aux lieux saints", affirme l'oncle d'un militaire séquestré par la guérilla . L'interdiction de recevoir de la nourriture depuis l'extérieur s'est doublée de la décision du chapelain, Mgr Juan Miguel Huertas, de fermer de l'intérieur les portes avec des chaînes. Mgr Huertas n'a pu être joint par l'AFP pour expliquer ces initiatives. "Il est occupé", a indiqué au téléphone un porte-parole.
"Nous sommes tous sortis et attendons les résultats d'une réunion avec le président" Alvaro Uribe, a déclaré à l'AFP Juan Carlos Lecompte. L'archevêque de Bogota, le cardinal Pedro Rubiano, et Astrid Betancourt, soeur d'Ingrid, participent à cette réunion. La présidence de la République n'avait pas fait connaître mercredi matin sa position sur l'éventuelle constitution d'une commission de négociation demandée par les protestataires.
En Belgique, deux parlementaires publient une lettre ouverte à Louis Michel, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Étrangères de Belgique et lui demandent de faire savoir au Président de la Colombie, Monsieur Uribe, que la Belgique est attentive à cette question et qu’elle demande qu’il mette tout en œuvre pour obtenir la libération des otages 10/12/03
: A 12.00 ce mardi une trentaine de parents de séquestrés
parmi lesquels Yolanda Pulecio et Juan Carlos Lecompte, la mère et
l'époux d'Ingrid Betancourt, ont commencé à occuper pacifiquement la Cathédrale
de Bogota pour obtenir du président Uribe la désignation d'une
commission de négociations avec les Farc.. La police a tenté de les expulser par la force, mais les policiers se sont retirés lorsque ils ont réalisé que parmi les occupants se trouvent entre autres des familles de policiers et de militaires séquestrés. "Monsieur le Président, l'accord humanitaire ne peut pas attendre, faisons un premier pas pour sauver la vie de 3.000 fils de Colombie ", ont dit les parents des séquestrés dans un communiqué. "Nous ne pouvons pas comprendre qu'on puisse parler avec d'autres groupes en marge de la loi mais qu'on ne puisse pas parler avec le groupe qui a capturé nos enfants ', a dit Yolanda Pulecio. En ce moment le gouvernement négocie avec les paramilitaires et a entamé des communications informelles avec Eln. Mais en ce qui concerne les Farc on n'en est nulle part. Les parents des kidnappés ont assuré qu'Uribe leur avait donné sa parole de travailler pour un accord humanitaire, mais ont souligné qu'il n'a pas tenu cette parole. "En tant que Colombiens nous exigeons avec respect mais avec fermeté du Président qu'il accomplisse la promesse qu'il nous a faite", a indiqué le communiqué. Les parents se plaignent aussi de ce que le gouvernement n'a pas nommé une commission de négociations officielle pour un accord humanitaire, bien que deux représentants de l'Église aient été délégués par Uribe pour entamer des contacts avec le Farc. Monseñor Auguste Castro et le père Darío Echeverri ont déjà entamé des communications avec les rebelles, dont le contenu n'a pas été révélé. Mais il s'agit d'une commission exploratoire, qui n'a aucun pouvoir de négociations. "Nous demandons d'urgence un accord humanitaire et que le gouvernement nomme finalement une commission de négociations. Nous ne savons pas jusqu'à quand nous allons rester dans la cathédrale, nous ne bougerons pas d'ici ", a affirmé Marleny Orjuela, présidente de l'association de parents de membres de la force publique kidnappés par la guérilla. Les parents ont invité ce mardi à la cathédrale un groupe de personnalités nationales et internationales pour qu'ils les aident obtenir un accord humanitaire. Plusieurs ambassadeurs de pays européens et autres ont déjà indiqué qu'ils se rendraient à la cathédrale. Parmi ces personnalités se trouve l'ex président Alfonso López ; le délégué de Nations Unies pour les Droits Humains, Michael Fröhling ; l'ambassadeur de la France, Daniel Parfait ; l'ambassadeur suédois, Olaf Skogg ; l'ambassadeur mexicain, Luis Ortiz Monasterio ; l'activiste humanitaire Ana Teresa Bernal ; le directeur de l'hebdomadaire communiste Vox, Carlos Lozano ; et d'autres.
09/12/03
: L'inégalité entre riches et pauvres en Colombie a cessé d'être simplement préoccupante. Elle est maintenant devenue
effrayante. Pendant que certains se réjouissent parce que l'économie croît de plus de 3.5% par an, 500.000 chefs de famille
restent sans travail pendant plus d'un an, et quelque 20 millions de personnes vivent dans la misère. D'après une enquête récente la Colombie est revenue 40 ans en arrière dans la lutte contre l'inégalité : on se retrouve maintenant au niveau de la fin des années 50 - milieu des années 60. Cette enquête constate que le
déséquilibre dans la distribution de la richesse est écrasant. Le
coefficient de Ginni (dans lequel 0 est l'égalité parfaite et la 1
l'inégalité totale entre riches et pauvres) la Colombie atteint
0.60, un indicateur que n'a atteint aucun pays en Amérique latine
sauf le Brésil, le pays avec le déséquilibre social le plus grand
au monde.
08/12/03 : Une nouvelle opération de désarmement de paramilitaires a débuté dans la localité El Eden, sur la commune de Cajibio, à 625 km au sud-ouest de Bogota, en présence du Haut commissaire colombien à la paix, Luis Carlos Restrepo. Cette opération concerne 160 hommes qui appartiennent aux Autodéfenses paysannes locales d'Ortega, principale ville de la région. Leur chef n'est connu que par ses surnoms, "Franco", ou encore "Mono". Ce désarmement sera suivi d'une "réinsertion sur place, à l'intérieur de la communauté" de Cajibio, des ex-paramilitaires, a précisé le Haut commissaire à la paix.Décidé à éradiquer par la force les groupes armés, sans exclure des accords de paix comme celui-ci, le président Alvaro Uribe (droite), investi en 2002, n'a pas encore réussi à concrétiser avec la guérilla un échange entre les 400 rebelles emprisonnés et les 900 otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, l'ancienne candidate écologiste aux présidentielles de Colombie enlevée le 23 février 2002. 07/12/03
: Le processus de paix entre le gouvernement du président
colombien Alvaro Uribe et les guérilleros ne présente aucun signe de
déblocage. Tel est le constat d'une délégation suisse qui a
achevé une visite officielle de quatre jours à Bogota.
Mais les écologistes et les paysans colombiens sont plus fâchés et effrayés que jamais. Pourquoi? Parce que, en dépit de la décision judiciaire, la Colombie continue à pulvériser les camps avec le Roundup-Ultra de Monsanto, et les fonctionnaires des ETATS-UNIS continuent à maintenir un silence absolu sur la question. "Malheureusement," a dit Astrid Puentes, une mandataire colombienne de droits de l'homme, "tandis que cette décision devrait protéger la santé et les droits de l'homme en Colombie, les ETATS-UNIS et le gouvernement colombien prétendent que la pulvérisation n'est pas nocive, et donc le programme continue. Parmi ceux qui tirent avantage de ce programme, il y a la firme Bell qui fournit des hélicoptères utilisés pour protéger les avions qui assurent la pulvérisation, et DynCorp, une compagnie bien connue pour ses liens avec la CIA, et qui s'est vu octroyer un contrat de 600 millions de $ pour effectuer cette pulvérisation. "Nous savons que les ETATS-UNIS "forment" les forces colombiennes pour la protection de l'oléoduc d'Occidental Petroleum a déclaré" Puentes, "et nous savons qu'une partie de la terre qui est maintenant exploitée pour en extraire le pétrole est une terre appartenant aux indigènes (qui ne pouvait donc pas être concédée par le gouvernement à la firme américaine). Certains pensent que la fumigation a pour but de "dégager" la terre pour la destiner ensuite à l'exploitation pétrolière"
05/12/03 : En Colombie la guerre civile dure depuis 40 ans. L'année dernière elle a causé plus de morts que les conflits en Irak, en Afghanistan et au Moyen-Orient réunis. Il y a en Colombie un taux de meurtre 60 fois plus élevé qu"en Grande-Bretagne. C'est la guerre civile qui a amené Médecins sans Frontières (MSF) à Quibdó. Le combat a déplacé presque 3 millions de personnes qui ont fui la violence, et peu de secteurs ont été plus affectés que la région du Chocó, dont Quibdó est la capitale. Il y a 40.000 déplacés ici, beaucoup sans documents d'identification, vivant dans la misère dans des bidonvilles autour de la ville. Un des objectifs du projet de MSF à Quibdó est de s'assurer que les déplacés obtiennent le traitement médical auquel ils ont théoriquement droit, mais dont ils sont le plus souvent exclus par la bureaucratie locale. Ceci comporte un travail d'éducation, la rénovation de deux centres de santé et les efforts de "motivation" du gouvernement local à assurer ses responsabilités. Il y a des risques dans le secteur. Deux membres de MSF ont été enlevés, mais tous deux ont été libérés. MSF conseille à son personnel de rester en bonne forme physique, car s'ils sont enlevés, ils seront forcés de marcher beaucoup...
04/12/03 : La Colombie supprime l'offre de récompense pour la capture des chefs des escadrons de la mort. "Ces personnes ne sont plus sur la liste (des récompenses) parce qu'elles sont en cours de négociations avec le gouvernement," a dit le nouveau ministre de la Défense. Le nouveau "Who is Who" des
personnes recherchées en Colombie,
édité cette semaine, ne contient pratiquement plus maintenant
que les noms des responsables des guérillas marxistes. On a retiré
de la liste des chefs paramilitaires comme Carlos Castano et Salvatore
Mancuso, recherchés aux Etats-Unis pour trafic de drogue et en
Colombie pour crimes de guerre. Les escadrons de la mort
paramilitaires ont créés dans les années 80 et ont des liens
étroits avec une partie des forces armées colombiennes.
Le gouvernement propose maintenant une
loi controversée d'amnistie pour les paramilitaires et les rebelles
qui abandonnent le conflit.
Les groupes de droits de l'homme
exigent que les chefs de ces organisations soient emprisonnés pour
les assassinats et les massacres qu'ils ont commis, et qui les ont
fait mettre sur la liste américaine des organisations terroristes 02/12/03 : A Bruxelles, le Vice-Président Santos de Colombie a participé hier à une table ronde organisée au Parlement Européen par OIDH-ACO (International Office for Human Rights - Action on Colombia) regroupant diverses ONG dont Amnesty International. James Lemoyne, conseiller spécial de Koffi Annan pour la Colombie et Michael Früehling, directeur à Bogota de l'office du Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations-Unies, participaient à cette réunion de même que des représentants de tous les Etats-membres de l'Union Européenne. La Présidence Italienne de l'Europe était représentée par Ludovico Ortona, directeur général pour les Amériques. Des commentaires et des questions sur divers aspects de l'application des Droits Humains et du droit international humanitaire en Colombie ont été présentés au Vice-Président Santos par cinq représentants d'ONG parmi lesquels Armand Burguet, le représentant des Comités Ingrid Betancourt, qui a demandé une intervention de l'Europe pour aider le président Uribe et le Vice-Président Santos à conclure au plus tôt un accord sur l'échange de prisonniers militaires des Farc contre des guérilleros emprisonnés, premier pas d'une solution plus globale au problème des otages. L'utilisation du kidnapping et de la prise d'otages pour atteindre des buts politiques ou autres doit être dénoncée de la manière la plus ferme; pour cette raison l'échange d'otage civils pour libérer des combattants prisonniers ne peut être accepté. Mais il est en même temps du devoir de n'importe quel gouvernement de faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la sécurité de ses citoyens et ses militaires, et pour les faire libérer lorsqu'ils sont détenus. En ce qui concerne les combattants en uniforme retenus prisonniers, des règles internationales existent et ont été appliquées depuis longtemps. Les contacts - directs ou indirects - nécessaires pour conclure un tel accord sont compliqués par le fait qu'il s'agit ici de groupes armés illégaux. Néanmoins de tels contacts ont toujours eu lieu - et continuent à avoir lieu. En
Colombie, deux otages – une Allemande et un Espagnol, viennent d’être
libérés par l’ELN. Ces libérations sont le fruit de pourparlers
avec la guérilla et manifestement ni le gouvernement espagnol, ni le
gouvernement allemand ne se sont opposés au principe de tels
contacts. Cinq autres – quatre Israéliens et un Britannique –
sont sur le point de l’être et il n'apparaît pas non plus que le
gouvernement israélien ou le gouvernement britannique s’y soient
opposés. Il
est évident qu´il n´y a rien de dégradant ou d´humiliant pour un
Président de la République de libérer des combattants pour récupérer
ses soldats. Au contraire, en accomplissant un tel geste, le Président
Uribe bénéficierait d´un prestige accru au sein des Forces Armées
et apparaîtrait aux yeux du peuple colombien et de la Communauté
Internationale comme un homme de coeur et de courage. Et
un tel accord serait un premier pas qui devrait être suivi par
d’autres libérations – sans doute sous forme de gestes unilatéraux
– dont bénéficieraient Ingrid Betancourt et les autres prisonniers
des Farc.
01/12/03 : Malgré ses 9735 prises d'otage durant ces trois dernières années, ses 5285 massacres, ses 4655 personnes disparues pour raison politique, ses 211 municipalités attaquées, ses enfants soldats enrôlés... la guerre en Colombie se fait souvent oublier. Pourtant, des milliers d'enfants, d'adultes, subissent chaque jour et ce, depuis plus de 40 ans, les effets de cette guerre où la violence vient de toutes les parties au conflit. Javier Vélaz Arbizu, médecin colombien, travaillant pour Médecins Sans Frontières dans la région du Tolima (au centre de la Colombie) a décidé de briser un peu de ce silence. Avec une équipe mobile, il parcourt les villages les plus isolés et apporte soins mais aussi écoute à toutes ces personnes isolées dans les campagnes, prise au piège et traumatisées par la violence. 01/12/03 : Les FARC ont déclaré "cibles militaires" les soldats américains déployés en Colombie . "Il y a plus de 1 000 soldats américains en Colombie qui entraînent et soutiennent les forces officielles dans la guerre contre les insurgés", a indiqué un des responsables des FARC, Luis Devia, dans une déclaration publiée sur internet. "Les cibles militaires sont les envahisseurs et leurs instruments de guerre", a affirmé l'ex-négociateur des FARC dans un dialogue de paix non réussi avec le gouvernement précédent. La Colombie est un des pays bénéficiaires d'assistance militaire et économique américaine. Au cours des trois dernières années, l'aide américaine à la Colombie a dépassé les deux milliards de dollars, une somme seulement légèrement inférieure ce qu'ils ont fourni à Israël ou à l'Égypte. En raison de l'escalade du conflit entre les guérillas colombiennes et le gouvernement depuis l'année dernière, les États-Unis ont intensifié leur aide militaire. Les FARC avaient averti auparavant que l'intervention américaine dans les conflits intérieurs de leur pays avait compliqué le processus de paix et détérioré la situation. Le groupe de guérilla a demandé le retrait de tous les effectifs militaires américains de Colombie, une condition préalable à un cessez-le-feu. |
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