28/04/04 : Le refus des FARC de négocier tant que le président Alvaro Uribe sera au pouvoir et la perspective d'une offensive majeure de l'armée au sud du pays, compliquent encore la situation des otages, dont Ingrid Betancourt. Dans un message diffusé lundi par la chaîne de télévision "Noticias Uno", le numéro deux des FARC Raul Reyes, a indiqué que "tant qu' Uribe sera président, les FARC n'auront pas d'interlocuteur pour l'échange" des otages contre les rebelles capturés par les autorités. Selon lui, en raison de l'intransigeance de M. Uribe qui dit vouloir abattre la guérilla, "la possibilité pour les familles des prisonniers de revoir bientôt leurs êtres chers s'éloigne encore plus". La déclaration du numéro deux des FARC est une réponse aux propos belliqueux du président lancés le 17 avril depuis Neiva, au sud du pays, lorsqu'il avait dit avoir donné l'ordre à l'armée de tenter par tous les moyens de trouver les otages et de les sauver. "Ou (l'armée) libérera les otages, ou (les rebelles) devront les libérer unilatéralement", avait-il déclaré, dans un durcissement visible de sa position. Vendredi dernier, les FARC ont en outre accusé le gouvernement de planifier avec l'appui du Département d'Etat et du Pentagone, une grande offensive destinée à les anéantir. Selon les journaux colombiens, l'offensive, déjà en cours, a été baptisée "Plan Patriote" et prévoit le déploiement de 14 à 15.000 hommes afin de quadriller les jungles du sud du pays (Caqueta, Meta, San Vicente, Puerto Losada, La Macarena, Yaguara, Cartagena del Chaira, rio Guayabero) où les FARC concentrent leur puissance de feu, contrôlent la culture de la coca et détiennent la majorité de leurs otages. Les FARC ont précisé lundi que les commandants en charge de la sécurité des otages ont l'ordre d'empêcher à tout prix leur sauvetage. L'escalade de la tension a suscité de vives préoccupations et des réactions de colère lundi chez les familles des séquestrés, qui ont insisté sur une libération à travers un accord humanitaire négocié. Le parti Oxygeno Verde fondé par Ingrid Betancourt a accusé lundi la guérilla d'utiliser les otages comme boucliers humains à des fins politiques mais a aussi critiqué l'offensive gouvernementale qui fait craindre pour la vie des otages. "Il est temps de ne plus se contenter de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités ", a indiqué Oxygeno Verde, condamnant "l'utilisation injuste et politiquement inadmissible de civils séquestrés comme boucliers politiques du conflit". "Nous devons nous préparer à retrouver nos proches dans des cercueils", a averti l'ex-gouverneur du département de Huila, Jaime Losada, dont l'épouse et deux enfants sont entre les mains des FARC. "Nous ne savons plus que faire. La perspective d'un accord paraît très lointaine , mais nous continuons à faire confiance à l'intervention de l'Église ", a déclaré Luis Ernesto Araújo, fils de l'ex ministre Fernando Araújo, qui fait partie des détenus. "Nous ressentons que nous n'avons pas avancé sur ce sujet, malgré nos efforts. Il y a une forte résistance dans les deux parties ", a commenté Rubis Jaramillo, époux de l'ex député Nacianceno Orozco Grisales. "Les deux parties sont radicalisées et c'est une impasse parce que l'accord est la seule manière certaine de les retrouver vivants", a assuré, pour sa part, Marleny Orjuela, de l'association qui représente les policiers et les sous-officiers détenus. "Le problème des kidnappés n'est pas seulement celui de 3.000 familles, c'est celui de la Colombie toute entière, et il n'est pas juste que nos militaires pourrissent depuis plus de six ans dans la forêt", a-t-il ajouté. Depuis Tunja, l'archevêque Luis Augusto Castro, a déclaré, en un ton plus posé, que la réaction de Raul Reyes à la déclaration récente du Président n'excluait pas la possibilité de concrétiser quand même un accord. "Il y a une troisième possibilité (hors de celle du sauvetage ou de celle de la libération unilatérale) ; c'est de dialoguer avec l'autre partie et pour cela au Congrès on a déposé un projet de loi qui donnerait au Président la possibilité, avec une plus grande liberté et sans qu'on puisse lui reprocher quelque chose par la suite, de prendre une initiative qui permettrait aux détenus de retourner à leurs maisons en bonne santé", a déclaré Mgr Castro. L'archevêque et le père Darío Echeverri ont été désignés par l'Église Catholique pour prêter leurs bons offices dans ce problème. Les Farc acceptent de négocier un accord humanitaire mais ils ne proposent d'échanger que 20 politiciens dont Ingrid Betancourt, 40 soldats et trois Américains contre des dizaines de guérilleros incarcérés. Les FARC veulent en outre que l'échange ait lieu dans une zone démilitarisée. Le gouvernement de M. Uribe, élu en août 2002 sur un programme de guerre totale contre les FARC, exige la libération de 1.600 otages, propose que les rebelles soient libérés dans un autre pays mais refuse toute démilitarisation.
27/04/04 : Trois Irlandais, arrêtés en Colombie en août 2001 sous l'accusation d'avoir entraîné la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), ont bénéficié lundi d'un non-lieu. Soupçonnés par les autorités colombiennes d'appartenir à l'Armée Républicaine Irlandaise (IRA), les trois hommes, qui ont été seulement condamnés à payer une amende pour usage de faux documents, vont être mis en liberté conditionnelle et expulsés du pays. Selon l'un de leurs défenseurs, Eduardo Matias, ils pourraient sortir de prison mardi ou mercredi. L'idée est de solliciter aujourd'hui même (lundi) au juge qu'il leur accorde un permis spécial pour sortir du pays, car ils craignent pour leur sécurité car tout cela a été un montage des services secrets militaires. Ce permis pourrait être donné même s'il y a appel", a déclaré l'avocat. Le parquet général colombien a annoncé qu'il fera appel. Arrêtés le 11 août 2001 à l'aéroport de Bogota, Martin McCauley, James Monaghan et Niall Connolly avaient été accusés d'appartenir à l'Armée républicaine irlandaise (IRA) et d'avoir entraîné les rebelles des FARC aux techniques du terrorisme. Leur procès s'était ouvert le 16 octobre 2002 à Bogota en l'absence des prévenus, qui exigeaient des garanties de sécurité et n'ont cessé de clamer leur innocence depuis leur arrestation. "Nous voulons la vie sauve et un procès juste et impartial avec des garanties du droit national et international", avaient-ils fait savoir par l'intermédiaire de leurs avocats. Les trois Irlandais avaient finalement accepté de comparaître devant la justice le 30 juillet 2003, et mis en cause les autorités américaines et britanniques. "Les accusations d'entraînement des FARC sont fausses. Tout est basé sur des preuves factices apportées par les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne pour affaiblir les processus de paix en Irlande et Colombie", avait alors affirmé James Monaghan. "Les témoins présentés par l'armée colombienne sont des faux témoins", avait-il ajouté. Le ministère public les accusait d'avoir entraîné les FARC à "utiliser des explosifs, préparer des voitures piégées et fabriquer d'autres armes spéciales dont l'IRA a l'expérience" dans la zone démilitarisée cédée à cette guérilla par le gouvernement colombien du 7 novembre 1998 jusqu'au 20 février 2002, date de la rupture du processus de paix en Colombie. Le gouvernement et l'armée colombiens accusent les FARC de copier les techniques terroristes de l'IRA. 26/04/04 : Plus de cent media au monde
ont collaboré à la Seconde Journée Mondiale des
Messages pour la Libération des Kidnappés en Colombie.
25/04/04 : A la frontière du Vénézuela, le département de l'Arauca est une des endroits les plus violents de Colombie. La présence de ressources pétrolières exploitées entre autre par l'américaine OXY, n'y est sans doute pas étrangère. Une grève vient de s'y déclancher, justement dans l'industrie pétrolière, pour protester entre autre contre les privilèges octroyés à cette firme étasunienne dont paraît-il le vice-président des USA Dick Chenney est un des principaux actionnaires
24/04/04 : La disparition mystérieuse
depuis près d'une semaine du chef historique des
paramilitaires, Carlos Castano, fait naître une série
de rumeurs en Colombie, où jeudi le responsable de
Human Rights Watch (HRW) pour les Amériques a estimé
que s'il était mort, le processus de paix "serait
plus difficile". Les mouvements de défense des Droits de l'Hommes dénoncent régulièrement le parmilitarisme qui continue à gangrener l'état colombien, et dont les liens avec certaines parties de l'armée et avec le pouvoir sont bien connus : Les groupes paramilitaires le disent : « Nous navons pas de divergences avec lEtat. Nous travaillons avec les mêmes objectifs. » Plusieurs rapports de l'ONU démontrent des relations directes entre des paramilitaires et des fonctionnaires ou des administrations. On constate d'ailleurs que les paramilitaires sont surtout actifs dans les zones où larmée régulière est la plus présente... Carlos Castaño a régulièrement affirmé se reconnaître pleinement dans la politique dUribe. Et les paramilitaires ont estimé quils étaient représentés par 35% des députés...
22/04/04 : Les familles des politiciens, des
militaires et des policiers kidnappés par la guérilla
du Farc ont critiqué l'annonce faite par le président
Alvaro Uribe Vélez qu'il allait organiser une opération
sauvetage des séquestrés par la force. "Je sais que ce n'est qu'au moment où les terroristes seront sérieusement harcelés par la force publique, qu'ils envisageront une négociation raisonnable. Ou nous les libérons, ou ils doivent être libérés unilatéralement", a affirmé Uribe samedi passé dans une réunion à Neiva. Le président a écarté la possibilité de signer un accord, dans les termes proposés par le Farc, puisque "on ne peut pas comparer des membres de la force publique à des terroristes". Parmi les otages du Farc se trouve l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, douze députés de la Vallée, six ex congressistes, un ex gouverneur, un ex ministre et des dizaines soldats et de policiers, en plus de trois contractants américains. Pour accepter l'"accord humanitaire", le Gouvernement réclame la libération inconditionnelle de tous les kidnappés et un cessez-le feu de la guérilla.
21/04/04 : Amnesty International dénonce la situation en Arauca, qu'elle décrit comme un "violent laboratoire de guerre" en Colombie, et demande à la Communauté internationale de cesser l'aide militaire à ce pays, jusqu'au moment où il y aura des garanties que cette aide n'est pas utilisée pour violer les droits humains. Dans un rapport de 44 pages présenté ce mardi à Madrid l'ONG indique que la situation en Arauca est un exemple clair de la "tragédie cachée" que vit le pays. (L'Arauca est un territoire au Nord-est de la Colombie, où se trouvent de très grosses exploitations pétrolières; c'est dans cette région que se trouvent également les troupes étasuniennes chargées de "former l'armée colombienne à protéger ces installations"). D'après AI, "pendant les 18 derniers mois, le gouvernement a utilisé le département comme un banc d'essai" pour plusieurs des principales stratégies de sa politique de sécurité démocratique, et le seul résultat a été "d'aggraver la crise des droits humains en Arauca", en entraînant encore plus de civils dans le conflit et en augmentant encore l'impunité. Rien que dans la ville de Tame on a assassiné 175 personnes en 2003; 47 % des homicides et des détentions arbitraires contre des syndicalistes de toute la Colombie" se sont produites en Arauca. Le rapport dénonce en particulier la 18 ème Brigade de l'Armée, dont les membres sont accusés "d'être impliqués dans des violations graves aux droits humains" ; d'avoir des liens avec les paramilitaires ; de pratiquer la torture (le rapport cite le cas de quatre membres de l'Association Paysanne d'Arauca arrêtés en mai 2003) ; d'être responsable d'homicides et de disparitions ; d'être le moteur d'une campagne de détentions massives et d'une "stigmatisation" des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et des leaders sociaux en Arauca. Marcelo Pollack, spécialiste de la Colombie chez Amnesty, a déclaré devant divers media espagnols et internationaux : "Nous avons été plusieurs fois en Arauca et nous avons dénoncé devant le commandant de la 18 ème Brigade l'existence de bases paramilitaires que tout le monde connaît. Mais le commandant est le seul en Arauca qui semble ne pas être au courant de l'existence de ces bases paramilitaires, qui sont fréquemment à peu de distance des positions de l'Armée. C'est quelque chose de franchement incroyable ". Pollack a dit qu'Amnesty avait des preuves de ces liens, "que dénoncent aussi des rapports venant de l'ONU et de l'OEA", et il a ajouté : "c' est une politique de la force publique, de maintenir un lien étroit avec les paramilitaires". Esteban Beltrán, directeur d'Amnesty International en Espagne, a déclaré que "la période de tolérance" accordée par la Communauté internationale au gouvernement Uribe "doit se terminer", parce que la situation en Arauca démontre que "la stratégie de sécurité démocratique du président Uribe a aggravé la situation". Pollack a déclaré que "la Communauté internationale peut jouer un rôle fondamental" si les pays et les entreprises (pétrolières comme Occidental Petroleum de Los Angeles) qui financent, équipent ou forment les Forces Armées colombiennes "mettent fin à l'aide militaire jusqu'à ce qu'il puisse être vérifié, sans aucun doute, que cette aide ne contribue pas à violer les droits humains". Beltrán a ajouté que le prochain voyage du président Álvaro Uribe en Espagne est une "grande occasion" pour que le nouveau gouvernement espagnol révise son aide militaire et de renseignements à la Colombie. Et il a demandé un débat parlementaire à ce sujet, "parce qu'il n'est pas acceptable qu'on envoie unbe aide militaire en violation flagrante du code de conduite de l'Union Européenne sur le commerce des armes, qui interdit envoyer des armes à des pays qui sont en conflit armé et où se passent des violations graves et systématiques aux droits humains comme c'est le cas en Colombie ". l'Espagne doit insister, "avec fermeté", devant le gouvernement Uribe pour qu'il se plie aux 25 recommandations des Nations Unies, dont "il n'a pratiquement respecté aucune, et qui sont le principal thermomètre pour mesurer sa volonté politique en matière de lutte contre les violations aux droits humains", a souligné Beltrán. Pollack a reconnu "qu'il y a certaines statistiques dans le domaine des droits humains, comme sont les déplacements forcés et les kidnappings, qui ont diminué ; mais - a-t-il signalé - on a constaté que les cas de tortures, de disparitions et de meurtres politiques continuent au même niveau que par le passé " Un chapitre spécial est consacré à la stigmatisation des défenseurs de droits humains qui, selon AI, sont qualifiés d'auxiliaires de la guérilla, ce qui en fait automatiquement des cibles pour les paramilitaires. Pour Amnesty, il est clair qu'il y a une campagne systématique pour "faire taire" ces activistes et les leaders sociaux en Colombie. "Amnistie Internationale reconnaît que l'état colombien a le droit et le devoir de protéger tous ses citoyens, et c'est précisément pour cette raison que nous avons réitéré que la sécurité et les droits humains sont inséparables. Parce que lorsque les gouvernements ignorent les droits humains dans leur lutte contre la violence, ils courent le risque de perdre leur autorité morale face à ces mêmes groupes armés qu'ils combattent légitimement ", a-t-il ajouté. L'ONG a aussi condamné avec fermeté les violations "nombreuses et persistantes" au Droit International Humanitaire par les groupes partisans. Et AI exige d' ''arrêter immédiatement leurs menaces contre des fonctionnaires publics et des chefs locaux, ainsi que leurs attaques contre la population civile et la prise d'otages. El Tiempo signale qu'Amnesty consacre seulement trois pages du rapport à la dénonciation des actions de la guérilla et, au contraire du gouvernement qui n'utilise que l'appellation de "terroristes" il continue à les appeler des "groupes d'opposition armée", bien que Pollack ait spécifié que "pour Amnesty International il n'est pas légitime d'utiliser la violence pour revendiquer des objectifs politiques". Réaction gouvernementale : Le vice-président Francisco Santos a dit qu'il étudierait en détails le rapport, mais qu'il avait de grandes différences conceptuelles avec AI, qui appelle les Farc un groupe d'opposition armée, ce qui d'après lui est "une erreur totale". Il a dit toutefois qu'il évaluerait l'information et que si celle-ci pouvait être vérifiée il faudrait corriger les situations spécifiques là où ce serait nécessaire. Il a ajouté que les organisations non gouvernementales avaient la manie de "ne mettre en avant que la réalité qui est adaptée à leurs intérêts". Pendant ce temps, en Arauca le commandant de la 18 ème Brigade, le général Gustavo Matamoros Camacho, a soutenu que le rapport "est une redite des plaintes habituelles de tous les organismes internationaux". "Cela ne vaut pas la peine de discuter avec eux. Si les conditions de sécurité n'ont pas changé en Arauca, où - je me demande - ont-elles changé alors?", s'est-il interrogé. Il a ajouté que s'il existait en Colombie une région où réellement il s'était agi de remettre de l'ordre c'était précisément en Arauca. Pour leur part, des fonctionnaires de la Defensoría du Peuple ont dit qu'ils avaient signalé au Gouvernement l'aggravation de la situation en Arauca, à cause du conflit territorial qui oppose les acteurs armés illégaux et à cause de l'intensification des actions des forces de l'État. Le gouverneur de la région, Julio Enrique Acosta Bernal, a déclaré que le rapport correspondait à la situation de l'ordre public des années précédentes, ce pourquoi il ne partageait pas les approches d'Amnesty International. À son avis, la sécurité dans la région s'est améliorée.
20/04/04 : Plus de 20 paysans sont portés disparus dans la région colombienne de la Sierra Nevada de Santa Marta, située sur la côte caribéenne à près de mille kilomètres au nord de la capitale, Bogotá. D'intenses combats entre la guérilla, les paramilitaires et l'armée régulière sont signalés dans cette région. Mgr Héctor Fabio Henaõ, directeur de la Pastorale sociale et représentant de la Commission du dialogue entre le gouvernement central, les FARC et l'ELN, a déclaré : "il est encore trop tôt" pour se prononcer sur les responsables de ces disparitions, qui pourraient être des enlèvements ou bien des assassinats, mais une délégation de l'Eglise se rendra très vite sur place pour recueillir des informations. Ce qui est sûr, c'est que la zone de la Sierra Nevada est le théâtre d'une grave urgence humanitaire. Les plaintes de la population locale ont été confirmées en décembre par un rapport d'une commission humanitaire - formée notamment de Mgr Henaõ, de Mgr Alberto Giraldo Jaramillo, archevêque de Medellín, et de Père Darío Echeverri - après sa visite sur le terrain, qui confirme l'activité des groupes paramilitaires, auteurs d'assassinats, de massacres et d'attaques, surtout de communautés indigènes. Entre 1998 et 2002 il y a eu au moins 166 exécutions arbitraires, 44 disparitions forcées, 92 cas de torture et 52 enlèvements perpétrés par lesdites "autodéfenses civiles" dans la région. Le bilan n'est cependant pas complet car il ne se réfère qu'aux épisodes effectivement dénoncés. Considérée stratégique pour le trafic de drogue et d'armes pour sa proximité géographique de la Mer des Caraïbes, la Sierra Nevada de Santa Marta a été le théâtre en septembre 2003 de l'enlèvement pendant 2 mois de 8 touristes étrangers par l'ELN.
19/04/04 : Dans un communiqué diffusé dimanche, le parti Oxygeno Verde dénonce la manipulation de l'opinion publique par le gouvernement colombien, en ce qui concerne l'accord humanitaire. Le parti d'Ingrid Betancourt est convaincu que le gouvernement profite de la situation politique actuelle que constitue la possible réélection présidentielle pour occulter les évènements politiques liés à la guerre civile, et en particulier la situation des séquestrés, qui est un thème fondamental dans la défense de la vie et des droits de l'Homme. "Il
est inadmissible que le gouvernement et en particulier le
Président Uribe pénalise les civils détenus par les
groupes armés illégaux en utilisant le vieux prétexte
qu'il faudrait modifier la Constitution, qu'il sen
serve comme excuse pour ne pas négocier, et qu'il empêche
ainsi de trouver une issue humanitaire à ce cruel fléau"
déclare Oxygeno Verde. Le parti
dénonce cette manipulation puisque dans le même temps
le gouvernement négocie avec des groupes armés illégaux
autres que les Farc. Et il se demande quels sont les intérêts
qui poussent le Président Uribe à exclure dune façon
aussi manichéenne la possibilité de conclure un accord
humanitaire. Oxygeno Verde critique également la position présidentielle qui estime que "seule la menace dun siège militaire peut acculer les terroristes à entamer une négociation raisonnable". De quelle négociation parle-t-il ? En revanche le parti l'approuve quand il déclare que lon ne peut pas traiter de la même façon les soldats séquestrés et les guérilleros emprisonnés. Oxygeno Verde exige la libération immédiate de tous les citoyens civils retenus en otage, grâce à un accord humanitaire.
16,5 kg d'héroïne et 10 kg de cocaïne avaient été trouvés dans la salle des machines du bateau à voiles, ancré dans le port de Cartagena de Indias (1.100 km au nord de Bogota) sur la côte caraïbe, et trois marins sont actuellement entendus pour leur présumée participation à ce trafic de drogue, destinée à être livrée aux Etats-Unis lors d'une prochaine croisière du "Gloria". A peine connue, la nouvelle a suscité une vive colère au Congrès. Le député Gustavo Petro (gauche) a affirmé que "le trafic de drogue, en Colombie, touche de multiples niveaux au sein de l'Etat". Son collègue Alvaro Araujo (libéral) a qualifié de "lamentable et apatride un acte vil et infâme comme celui-ci", avant de demander "une sanction exemplaire contre ce genre d'attentat à la réputation de la nation".
17/04/04 : D'après "El Tiempo"
les Eurodéputés auraient des réserves quant à l'
"échange" Il a fait cette déclaration au nom de la délégation de cinq eurodéputés qui a rencontré jeudi des parents de personnes détenues par les Farc. Les parlementaires ont rencontré le Président de la République, d'autres hauts fonctionnaires, ainsi que des représentants de la société civile. "Quelle explication donner au reste des kidnappés ? on sait qu'il y en a près de 3.000 ", a dit Redondo; "on ne peut pas dialoguer avec le terrorisme", a-t-il ajouté. El Tiempo ajoute qu'il aurait déclaré qu'il parlait ainsi non seulement au nom des Eurodéputés qui ont visité la Colombie et qui font partie de la Commission pour les Relations avec les Pays d'Amérique du Sud et de Mercosur, mais également de tout le Parlement Européen qui a récemment réitéré la qualification d'organisation terroriste pour le Farc et a inclus dans cette liste l'Eln. 16/04/04 : Avec d'autres paysans de La Vega, son village, Antonio Gómez a rejoint la Coopérative paysanne du sud du Cauca (Cosurca), association soutenue par les Nations unies pour lutter contre la production de drogue. La condition : arracher tous ses plants illégaux pour se mettre au café. «A l'époque, la coca battait son plein dans le secteur, raconte Jesus Castro, représentant de l'association à La Vega. Nos voisins nous ont pris pour des fous.» La chute des cours du café avait fait perdre aux cultivateurs colombiens la moitié de leur pouvoir d'achat en une décennie. Luis Antonio Gómez n'a pourtant pas hésité à brûler sa coca, grossissant les 1 000 hectares que Cosurca a permis d'éradiquer. Dès 2000, son café a été vendu, comme celui des 1 200 autres familles que compte désormais la coopérative, à travers les réseaux du commerce équitable. Le néerlandais Max Havelaar, l'américain Cooperative Coffee ou le français Andines leur a permis d'augmenter leurs revenus de 40 % à 50 %. «Ça ne rend pas riche, mais ça donne les moyens de s'assurer une vie digne», commente Jesus Castro.
Le Haut Commissaire aux droits de l'homme par intérim, M. Bertrand Ramcharan, a notamment regretté qu'aucun des groupes armés illégaux n'ait tenté d'appliquer de quelque manière les recommandations du dernier rapport. Les deux groupes de guérillas, les FARC-EP et l'ELN, ainsi que les groupes paramilitaires ont continué à tuer, à prendre des otages, à provoquer des déplacements de populations, à recruter des mineurs et à poser des mines antipersonnel, a-t-il déploré. Des informations ont également été reçues sur des violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international imputables à des membres des forces armées et de la police, a souligné M. Ramcharan. Il a également réitéré l'importance qu'il y a à ne laisser aucune place à l'impunité et a déploré que l'application de la loi de «sécurité démocratique» ne soit pas toujours compatible avec les engagements internationaux pris par la Colombie. M. Ramcharan a particulièrement insisté sur la nécessité d'amender la loi contre le terrorisme, qui est incompatible avec les instruments internationaux auxquels la Colombie est partie. Le Haut-Commissaire par intérim a souligné l'importance cruciale de progresser sur la voie du dialogue afin de rétablir la paix . Il a également réitéré l'importance qu'il y a à ne laisser aucune place à l'impunité et à garantir les droits des victimes et de leurs familles à la vérité, à la justice et à une indemnisation. La situation des droits de l'homme en Colombie a continué d'être critique, affirme le rapport. Le dialogue a été développé entre le bureau en Colombie du Haut-Commissaire et le Gouvernement, en particulier avec le vice-président et d'autres organes de l'État, afin d'obtenir une meilleure application des recommandations. Il y a eu quelques progrès mais la majorité des recommandations n'étaient toujours pas appliquées quand le présent rapport était sur le point d'être achevé. Le Bureau de l'ONU en Colombie a continué de recevoir de plus en plus de plaintes dénonçant des violations dans lesquelles étaient directement impliqués des agents de l'État, et en particulier des forces de sécurité, dans plusieurs cas conjointement avec la Fiscalía General. Malgré une diminution des meurtres de dirigeants syndicaux, la situation des défenseurs des droits de l'homme et des dirigeants syndicaux a continué d'être critique. La discrimination et les violations des droits économiques, sociaux et culturels subies par les groupes ethniques n'ont pas cessé. Le conflit armé interne a aggravé le sort des communautés autochtones et des Afro-Colombiens, un accroissement des actes de violence sélectifs commis par les groupes armés illégaux étant observé. La situation des journalistes, toujours aussi précaire, s'est caractérisée par des restrictions à l'exercice du droit à la liberté d'opinion, d'expression et d'information, en particulier à cause des actions des groupes armés illégaux. En 2003, la tendance à l'augmentation des déplacements forcés s'est inversée mais le phénomène a continué d'être important.
14/04/04 : Un groupe de députés néerlandais, tant de droite que de gauche, ont exprimé mercredi leur préoccupation pour la situation d'Ingrid Betancourt. Les députés ont reçu
une réponse du ministre des Affaires Etrangères néerlandais
Bernard Bot à leurs questions sur les négociations pour
sa libération.
14/04/04 : Les otages n'ont pas à
payer d'impôts en Colombie pendant leur captivité, a
ordonné un tribunal saisi par la famille d'un chef
d'entreprise retenu par la guérilla depuis trois ans, a-t-on
appris mardi de source judiciaire. On se rappelera qu'en septembre 2002 Juan Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid, avait trouvé dans son courrier un avis d'imposition qui assujettissait Ingrid au nouvel « impôt de sécurité » destiné à financer la lutte contre les groupes armés « Nous nous retrouvons pratiquement entre deux feux, celui des adeptes de la violence et celui de l'État », avait déclaré M. Lecompte, dont l'épouse avait également des ennuis avec le Fonds national d'épargne, une entreprise publique où elle avait souscrit un emprunt immobilier. Le Fonds avait annoncé une procédure judiciaire pour obtenir le paiement des arriérés, bien que Juan Carlos ait demandé le gel des mensualités tant que sa femme resterait détenue par les guerilleros.
13/04/04 : Les parents des kidnappés de Colombie, conscients que le Gouvernement National, en souscrivant le Protocole II de Genève en 1994, a acquis par ce fait l'obligation de mettre en vigueur le Droit International Humanitaire, exigent la conclusion d'un Accord Spécial qui permette la libération des personnes détenues - obligation qui s'applique également aux Farc. Les parents rappellent qu'en Colombie il existe plus de deux mille personnes qui sont entre les mains des FARC et que beaucoup d'entre eux sont détenus depuis presque 6 années, exposés à un danger constant, étant donné les opérations militaires qui ont déjà fait plusieurs victimes, les maladies dues aux conditions inadéquates de salubrité et aux dangers de la nature ; ils en appellent à la communauté internationale pour qu'elle exige des parties en conflit qu'elles accélèrent la conclusion d'un "Accord Humanitaire" qui permet le retour à maison de ces personnes qui sont maintenant oubliés dans la forêt. "Un État ne peut laisser à l'abandon ni ses soldats, ni ses civils retenus en raison d'un conflit armé interne et il doit être prêt à payer le prix fort pour la vie et la liberté de chacun d'entre eux. Un "Accord Humanitaire" n'est pas une preuve de faiblesse. Au contraire, il constitue un acte responsabilité et de grandeur de l'État. S'il n'en était pas ainsi, qui pourrait affirmer qu'Israël, qui vient de souscrire un accord humanitaire après tant d'autres dans son histoire, n'a pas une politique forte de sécurité ? C'est pour ces motifs que les parents des détenus invitent la Communauté Internationale à prendre part le 22 avril 2004 à partir de 6h du matin, à la Journée Mondiale des messages pour l'accélération d'un Accord Humanitaire en Colombie. On attend les déclarations de personnalités et d'organismes reconnus mondialement tout comme celles de particuliers intéressés par le sujet, au moyen de messages radio, de la télévision, de lettres, de télégrammes qui pendant toute la journée seront envoyés pour demander tant au Gouvernement colombien qu'aux FARC, qu'ils ne retardent plus la conclusion d'un accord Humanitaire.
Les députés ont été capturés au siège même de l'Assemblée, à Cali, par des guérilleros déguisés en militaires qui les ont ensuite emmenés vers une zone montagneuse. Partant ce dimanche également du siège de l'Assemblée, une caravane de quelque 100 véhicules a parcouru la même route et plus de 150 personnes ont défilé en portant des panneaux représentant les députés enlevés et un policier qui a été assassiné en essayant de s'opposer à ce kidnapping massif. "La situation est aujourd'hui la même qu'il y a deux ans : nous continuons à nous battre pour un accord humanitaire qui rende possible leur libération ", a dit Fabiola Perdomo, l'épouse du député Juan Carlos Narváez. "Depuis deux ans je me bats pour désendurcir le coeur du président Álvaro Uribe et des Farc, afin qu'ils arrivent à un accord sur l'échange des kidnappés" a ajouté Perdomo. Les députés font une partie d'une liste de plus de 50 personnes, qui comprend l'ex candidat présidentielle Íngrid Betancourt et plusieurs ex congressistes, que les Farc ont proposé d'échanger contre des guérilleros emprisonnés. Bien que tant le Gouvernement que les Farc aient déclaré accepter un échange humanitaire, il n'y a toujours pas d'accord sur les conditions de cet échange.
Le mois dernier, Yolanda Pulecio avait exprimé sa solidarité à Dick Erkel, le père d'Arjan, lors de sa visite à Rotterdam (voir photo) Les autorités daguestanaises ont annoncé dimanche matin la libération du collaborateur de MSF, à la suite d'une "opération spéciale" des vétérans et des forces de l'ordre russes, menée dans la nuit. Aucune précision n'a été fournie sur la manière dont cette opération a eu lieu. MSF avait accusé la Russie de ne pas faire les efforts nécessaires pour obtenir la libération de son collaborateur et même de freiner l'enquête "pour que ne soit pas découverte l'implication de certains responsables". Elle a révélé, factures à l'appui, que des appels à des responsables du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB) avaient été passés à partir du téléphone portable de son collaborateur, après l'enlèvement de celui-ci. Plusieurs observateurs avaient avancé l'idée à l'été 2002 que le but de ce rapt était de faire peur aux ONG étrangères travaillant dans la région, afin qu'elles cessent leurs activités. Le président de MSF-France, Jean-Hervé Bradol, a lui aussi dénoncé un enlèvement s'inscrivant "dans le cadre d'une campagne d'intimidations visant à faire taire les personnes qui parlent encore de la Tchétchénie".
11/04/04 : Depuis l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, un phénomène tant médiatique que social sest développé dans le monde -surtout francophone -, sa double nationalité franco-colombienne aidant. Les media en parlent très régulièrement; de nombreux documentaires la concernant ont déjà été réalisés. Sa famille est invitée très régulièrement dans des émissions de télévision et de radio. Au-delà de ce phénomène médiatique, lenlèvement de la candidate à la présidence colombienne a déclenché un véritable phénomène social avec la création de centaines de groupes de solidarité faisant pression tant sur les FARC que sur le gouvernement colombien pour quelle soit libérée. Ingrid Betancourt est au centre de nombreuses et régulières manifestations de solidarité. Elle sest vue décerner le titre de citoyenne dhonneur dans plus de mille communes et municipalités. Et on parle maintenant delle pour le prix Nobel de la paix. En octobre 2003 le phénomène a été analysé par Frédéric Lévêque qui a interviewé des invités bien au courant de la réalité du conflit colombien :
Au terme de ce reportage, la parole est donnée à Olivier Mouton, journaliste à La Libre Belgique. Il travaille depuis un certain temps sur lAmérique latine et donne son avis sur le phénomène médiatique entourant le kidnapping dIngrid Betancourt et plus globalement sur sa manière de couvrir lactualité colombienne et latino-américaine. Les interviews sont entrecoupées dextraits sonores des médias audiovisuels francophones (Radio Canada, RTBF, France 2, etc.), ainsi que dextraits de chansons que les habitués de ce site reconnaîtront certainement. Olivier Taymans a prêté sa voix pour présenter le thème de lémission et les invités. Ce reportage a été réalisé pour lémission hebdomadaire de critique des médias AlterEcho.
11/04/04 : Les évêques de Colombie demandent la libération de de tous les kidnappés et insistent sur la nécessité d'un accord humanitaire. Ils ont demandé aux parties en conflit de "mettre fin au calvaire pénible du kidnapping". S'adressant à la guérilla, et en particulier aux Farc , ils leur ont demandé de donner des signes de leur volonté de paix. La meilleure preuve de bonne volonté, ont-ils dit, "ce serait la libération de de tous les kidnappés". Monseñor Pedro Rubiano, président de la Conférence Épiscopale, a invité dans son homélie les insurgés "à construire la paix" et a demandé aux parties officielles impliqués dans le conflit de "faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser le calvaire pénible du kidnapping". Il a incité tous les citoyens à prier pour les milliers de colombiens séquestrés, humiliés et atteints dans leur dignité humaine". Les évêques ont insisté particulièrement sur la nécessité d'obtenir un accord humanitaire. En ce sens, monseñor Luis Augusto Castro, archevêque de Tunja, vice-président de l'Episcopat et membre de la Commission de facilitation, a affirmé qu' "il était temps de cesser de palabrer, pour passer à l'action. Les kidnappés ne le supportent plus ". 10/04/04 : Les modifications apportées au projet "Alternatividad Penal" - ou "Justicia y Reparación", ouvrent une voie légale à la libération de personnes kidnappées sur le territoire national, a déclaré le sénateur José Renán Trujillo en soulignant l'inclusion d'un article qui permettra un accord humanitaire avec les groupes armés illégaux. L'article 36
de ce projet stipule que : "Le président de la République
pourra solliciter de l'autorité compétente, dans les
termes de cette loi, la suspension conditionnelle de la
peine pour des membres d'organisations armées en marge
de la loi qui souscrivent un accord pour garantir
l'application du droit international humanitaire".
09/04/04 : La fondation La Nueva Esperanza, que dirige Gustavo Adolfo Muñoz Roa et qui soutient les familles des victimes du kidnapping, a déclaré que le débat au sujet de l'accord humanitaire devrait considérer le sort des séquestrés "pour raisons économiques" et non seulement celui des politiques et des membres de la Force Publique détenus par les Farc. Selon le directeur de cette fondation ce sujet a été personnalisé à un tel point que "Íngrid Betancourt semble être la seule kidnappée dans le pays". Il fait valoir qu'on doit prendre en considération le nombre scandaleux de personnes kidnappées par les Farc par des motivations purement financières (1.785 selon les statistiques de cette Fondation), au moment où on envisage des pourparlers avec cette guérilla. Muñoz lui-même a été kidnappé par les Farc dans la Vallée du Cauca. Après sa libération contre paiement d'une rançon, il a créé une fondation pour soutenir les familles des victimes de cette pratique horrible, ainsi que les kidnappés eux-mêmes une fois qu'ils recouvrent la liberté. Sa fondation La Nueva Esperanza considère mesquin que l'accord humanitaire essaye seulement de résoudre le problème d'un petit nombre de familles : aujourd'hui environ 30 politiciens se trouvent en pouvoir des Farc et il y a à peu près autant de militaires et de Policiers. En juin 2001 les Farc avaient libéré plus de 200 soldats et ils avaient gardé les gradés pour ce qui appellent l' "échange". "Le problème n'est pas seulement celui de 20 familles. La fondation que je dirige représente beaucoup de kidnappés pour des raisons économiques, qui demandent que le sujet de l'accord humanitaire soit remis en question pour mettre un terme à cette pratique ", a dit Muñoz au Tiempo. Jusqu'à présent, et bien que le Gouvernement ait demandé la libération de tous les kidnappés dans un éventuel accord humanitaire, il s'est centré sur de libération des politiciens, des soldats et des policiers qui sont entre les mains des Farc. Toutefois cette affaire, dans laquelle l'Église Catholique est le seul canal entre les parties, n'a pas évolué et on ne voit pas encore d'issue à la situation dramatique des kidnappés. 08/04/04 : Lun des faits les mieux connus et les plus tragiques de la guerre civile colombienne est que la majorité de ses victimes sont des civils. Mais ce que lon connaît moins sur cet aspect de la guerre de Colombie, cest que les diverses factions armées - légales et illégales - justifient un aussi grand nombre de décès de civils (au moins 3.500 par an) comme lélimination de « collaborateurs » et de « sympathisants » de lennemi. En vertu du droit international, les civils sont considérés comme des non-combattants à moins quils ne participent à des activités qui visent à nuire physiquement aux combattants ou à endommager leur matériel de guerre. Il est important de comprendre que si de nombreux civils peuvent nourrir des sympathies pour lun ou lautre camp en conflit, peu dentre eux aident ou harcèlent ouvertement les groupes armés de manière significative. La majorité des civils de Colombie sont prisonniers dune situation où ils doivent à tout moment veiller à ne pas montrer dallégeance ou daversion envers le(s) groupe(s) armé(s) qui domine(nt) dans la région où ils vivent et où ils travaillent. En dépit de leurs meilleurs efforts pour éviter dêtre impliqués, des milliers de civils sont assassinés par les groupes armés pour le simple fait de vaquer à leurs activités quotidiennes - et des milliers dautres sont à ce point terrorisés quils fuient de chez eux et deviennent des déplacés de lintérieur ou des réfugiés. Le Colombia Journal vient de publier un rapport, traduit en français sur RISAL, qui tente dexpliquer dans quelles circonstances des civils sont présentés comme des collaborateurs. Le rapport, assez long mais très clair et manifestement bien documenté, permet de mieux comprendre la tragédie humaine qui se déroule en Colombie. 07/04/04 : Mélanie Bétancourt est venue lundi soir sexprimer devant un amphi de lUniversité catholique de Lille pour témoigner de la situation des trois mille séquestrés et de leurs familles en Colombie. En quelques mois, la fille dIngrid Betancourt est devenue en France le porte-parole dune cause jusqualors peu médiatisée : celle des 3 000 séquestrés de Colombie et leurs familles. Interview par Samuel Lievin dans "La Voix du Nord" :
07/04/04 : Depuis plus de 40 ans, la guerre civile déchire la Colombie. Une grande partie de la population est prise en otage par des mouvements de guérillas ou des milices paramilitaires. Le gouvernement est toujours resté impuissant et on ne voit pas très bien comment le président, Alvaro Uribe, pourrait enrayer cette spirale de violence. Depuis quelques années, le développement du narcotrafic a encore compliqué le problème. Assassinats, enlèvements. on a beaucoup parlé de celui d'Ingrid Betancourt qui est toujours détenue par les FARC. Les déplacements forcés sont le lot quotidien d'une population civile à qui on reproche tantôt son soutien aux guérilleros, tantôt sa complicité avec les milices armées. Cette pression constante a contraint des villages entiers, à la recherche d'un minimum de sécurité à se regrouper dans des camps éloignés de leurs terres et souvent aux abords des grandes agglomérations où ils peuvent espérer la protection de l'armée régulière. Depuis quelques années, des hommes courageux ont décidé de ne pas quitter leur terre ou de les réintégrer avec pour seule défense un badge ou un tee-shirt marqué de la « Fleur de soleil » les identifiant comme appartenant aux « communautés de paix ». Pas d'armes, pas de drogue et un seul objectif : retrouver une certaine autosuffisance alimentaire, pour permettre à leurs communautés de retrouver un développement normal à offrir à leurs enfants. 06/04/04 : Des hommes armés ont tué dimanche un homme politique local alors qu'il faisait campagne dans le centre de la Colombie, ont déclaré les autorités colombiennes. Deux de ses gardes du corps ont été blessés. Juan Manuel Gonzalez était candidat pour le parti libéral aux élections municipales qui doivent avoir lieu le 25 avril prochain à Grenada, située à 130km au sud de Bogota. Cet assassinat survient quelques jours seulement après les assassinats de Claude Bernal, secrétaire général du Parti communiste colombien, et celui d'Oscar Alberto Polanco Herrero, un journaliste de la presse télévisée. 05/04/04 : Dans l'Economist, un article sur Ingrid Betancourt et son parti Oxygeno Verde : En Europe, la captivité d'Ingrid Betancourt est vue comme un acte d'accusation du gouvernement colombien. Pour les Colombiens, elle n'est qu'une parmi beaucoup de victimes d'un conflit que leur président espère bien gagner. Depuis qu'elle a été enlevée il y a deux ans par les FARC, Ingrid Betancourt est devenue une espèce de mythe dans plusieurs pays européens. On la considère comme une "croisée" pour la justice sociale et contre un establishment politique corrompu, comme une espèce de Jeanne d'Arc colombienne. En France, des centaines de conseils municipaux l'ont nommée citoyenne d'honneur, tout comme beaucoup d'autres en Belgique et dans une demi-douzaine d'autres pays. Toiut cela est dû à une campagne superbement organisée, menée par son époux Juan Carlos Lecompte, un directeur d'une firme de publicité. ndlr : jusqu'à aujourd'hui je considérais l'Economist comme un journal bien informé ... 04/04/04 : Deux assassinats ont été perpétrés en Colombie, tuant notamment un leader de gauche et un journaliste. Carlos Bernal, 43 ans, secrétaire général du Parti communiste colombien (PCC) dans le département de Santander du Nord, a été tué par balles jeudi soir dans un restaurant de la ville de Cucuta, chef-lieu de ce département septentrional du pays. Deux autres personnes ont également trouvé la mort dans ce massacre. Cucuta se trouve au pied d'une des plus grandes régions productrices de cocaïne dans le pays; elle est ravagée par de violents combats entre les paramilitaires et la guérilla. Connu pour ses convictions pacifistes et sa lutte pour défendre les Droits Humains, Carlos était également. secrétaire pour la région de la coalition du Pôle Démocratique Indépendant, la nouvelle formation de gauche à laquelle appartient l'actuel maire de Bogota, Luis Eduardo Garzon. Objet de menaces depuis longtemps, Il était censé être protégé par l'Etat, C'est ce qu'indique le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits Humains. M. Bernal a été abattu par deux tueurs qui ont pris la fuite à moto. Le parlementaire Gustavo Pedro, du même parti, a déclaré qu'il avait des preuves que des plans pour son assassinat avaient été faits par les paramilitaires, qui sont accusés de plus de 600 assassinats depuis le cessez-le-feu de décembre dernier. Cet assassinat survient peu de temps après celui d'Oscar Alberto Polanco Herrero, un journaliste de la presse télévisée. Depuis le début de l'année c'est le septième journaliste assassiné en Colombie. Rappelons Juan Carlos Lecompte, époux d'Ingrid Betancourt et dirigeant du parti Oxygenio Verde, a dû fuir le pays récemment suite aux menaces de mort dont il était l'objet "s'il continuait à dire du mal du président Uribe".
(pour rappel, les Etats-Unis "aident" eux aussi la Colombie à qui ils ont donné plus de 2,6 milliards de dollars depuis août 2000, presque entièrement sous forme d'armes et d'assistance militaire...) 02/04/04 : Les Nations Unies estiment que 2 à 3 millions de Colombiens ont dû fuir leur ville, leur village, leur terre, leur travail, leurs amis ou leur famille sous la menace. En 2002, pas moins de 400.000 Colombiens ont été contraints à lexil interne. "Le Courrier" vient de publier une interview de Gloria Mansilla De Diaz, une des victimes de la violence qui a décidé de réagir. Au péril de sa vie, et depuis la « disparition forcée » de son ami en 1984, elle consacre sa vie à la lutte contre limpunité et à tisser des liens entre les persécutés. Fondatrice en 1990 dANDAS, une association nationale dAide solidaire aux victimes des déplacements forcés, elle en est devenue la présidente et participe, à ce titre, à la 60e session de la Commission des droits de lHomme. Et selon le Bureau de consultants pour les Droits Humains et le Déplacement (Codhes), la politique de sécurité démocratique du président Uribe aggrave encore la crise humanitaire. Si en 2003 le nombre de personnes expulsées de leurs villages se monte à 207.607, un chiffre significativement plus petit que celui de 2002 (412.553 personnes déplacées), cela ne signifie pas que la situation s'est améliorée, mais qu'au contraire, les stratégies de contrôle territorial des populations sont devenues plus rigoureuses. "La politique de sécurité démocratique du président Álvaro Uribe produit des conditions qui aggravent, développent et prolongent la crise humanitaire dans le pays", indique le rapport de Codhes. Selon cet organisme, "les parties en conflit intimident ou menacent leurs victimes pour qu'ils s'abstiennent de déclarer leur situa |