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la vidéo d'Ingrid Betancourt, le 30 aout 200331/08/03 : "Je suis vivante et en bonne santé" déclare Ingrid Betancourt dans une vidéo présentée samedi soir par la télévision colombienne Noticias Uno.

Dans cette vidéo Ingrid Betancourt fait allusion  à la mort, le 5 mai dernier, du gouverneur de Medellin, Guillermo Gaviria et de l'ex-ministre de la défense, Gilberto Echeverri, exécutés par les FARC lors d'une tentative de libération par l'armée colombienne; c'est la seule indication qui permette de "dater" plus ou moins la réalisation de la cassette. Dans la vidéo Ingrid apparaît seule : pas de nouvelles de Clara Rojas.

Dans cet enregistrement de 22 minutes, Ingrid estime que la libération des otages civils retenus comme prisonniers politiques - tels qu'elle-même, ainsi que douze parlementaires, anciens sénateurs et ministres- est de la seule responsabilité des rebelles. Les FARC doivent "faire un geste unilatéral de paix, c'est à dire des libérations humanitaires", explique-t-elle.

Elle se déclare également favorable à une intervention de l'armée pour tenter de la libérer : "On ne peut pas renoncer à ses droits, à sa liberté, même par prudence. Un sauvetage oui, définitivement oui, par principe, mais pas n'importe quel sauvetage : un sauvetage réussi "  ...  " Une telle décision doit être prise en conscience par le président Alvaro Uribe lui-même et non par l'armée», a-t-elle déclaré. "Car c'est une décision politique - pas militaire".

Elle exhorte également les autorités colombiennes à échanger les rebelles emprisonnés contre les soldats et policiers détenus par les FARC. "L'échange est l'obligation morale d'un Etat démocratique", affirme-t-elle. Par contre, elle affirme "être opposée à un accord humanitaire pour un échange de prisonniers entre des civils et des guérilleros". "Il s'agit d'une position de principe, et je souhaite que ma famille le comprenne".

Parlant des trois Américains détenus par les Farc, Íngrid dit ne pas être inquiète, parce qu'elle sait que les Etats-Unis "les sortiront de là - où qu'ils se trouvent".

Elle envoie en outre ses remerciements au Gouvernement de la France, à l'ambassadeur de ce pays en Colombie, Daniel Parfait, ainsi qu'au chancelier Dominique de Villepin.

La mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, a confié au "Nouvel Observateur" son "immense soulagement" après la preuve que sa fille est en vie. D'une voix hachée par l'émotion, Yolanda Pulecio affirme avoir "très peur" d'une opération de l'armée mais se déclare "finalement favorable" à une telle intervention des troupes militaires, comme Ingrid Betancourt le souhaite.

"Si le président (Alvaro Uribe) veut réaliser cette opération, qu'il le fasse, mais avec beaucoup de soin, car je suis terrorisée", ajoute-t-elle après avoir souhaité "revoir en vie" sa fille, "comme toutes les familles" des otages en Colombie.

Sa soeur Astrid a fait part du "grand soulagement de voir et de savoir que (sa) soeur est vivante" et de "la voir en bonne santé physique et morale".

"Il me semble que lorsqu'on voit que ma soeur s'exprime librement comme elle le fait actuellement, qu'elle est en bonne santé physique et morale, on peut penser que les FARC respectent son intégrité et sont des personnes qui seraient prêtes à rentrer dans le cadre d'une négociation politique avec le gouvernement", a-t-elle dit sur France-2.

A la fin de la cassette, Ingrid Betancourt adresse avec émotion des messages à ses deux enfants. A son mari, elle assure: "Nous serons prochainement ensemble".

Eduardo Cifuentes Muñoz Defensor del pueblo 30/08/03 " Le projet d'amnistie du président Uribe serait une catastrophe pour la Colombie" déclare Eduardo Cifuentes Muñoz, qui vient de donner sa démission comme "Défenseur de la Paix" le 23 juillet et qui dirige à présent à Paris le Bureau de Droits Humains de l'UNESCO, 

"Le pardon que l'on veut accorder maintenant aux paramilitaires devra aussi être accordé demain aux guérillas de l'Eln et du Farc. Les groupes armés peuvent croire qu'ils peuvent commettre des crimes de guerre en toute impunité, puisque dix ans plus tard ils seront amnistiés et on effacera jusqu'à la mémoire de leurs actes"...

"Le projet de rendre certaines terres volées en guise de réparation n'est pas suffisant; il faut en plus démanteler le système de "réforme agraire" actuel qui a donné legalement aux paramilitaires et à ceux qui les ont soutenus pendant 20 ou 30 ans la propriété d'une bonne partie de la meilleure terre du pays, en plus d'avoir perpétré des massacres pour les obtenir", a-t-il ajouté.

29/08/03 Environ 42 militants des droits sociaux et défenseurs des droits humains ont été placés en détention récemment à Saravena (département d'Arauca) ; parmi eux, 28 sont toujours en état d'arrestation. Ces évènements semblent s'inscrire dans le cadre d¹une campagne organisée, visant à affaiblir l'action des syndicalistes et militants des droits humains et à exposer ces secteurs à de nouvelles attaques par des groupes paramilitaires soutenus par l'armée, a déclaré Amnesty International ce mercredi. Ces arrestations sont intervenues après que le Comité régional de défense des droits humains eut dénoncé la présence de groupes paramilitaires opérant avec la complicité des forces de sécurité à Saravena.

29/08/03 Le FBI a obtenu une bande vidéo des trois "sous-contractants" du département de la Défense étatsunien qui avaient été capturés par les Farc  quand leur avion léger s'est écrasé en février. La bande, qui a été remise au FBI, montre les trois hommes rasés de frais, à l'intérieur de ce qui semble être une maison; on ignore encore quand elle a été réalisée.

Une vidéo récente avait montré d'autres prisonniers, certains détenus depuis plus de cinq années dans les camps dans la jungle infestés par les moustiques malariques.

Jo Rosano, la mère d'un des otages, Marc Gonsalves, a expliqué avoir reçu il y a un mois la visite d'un journaliste américain qui lui a permis d'enregistrer un message vidéo à destination de son fils et s'est débrouillé pour lui faire parvenir. Ce journaliste est revenu il y a deux semaines avec une cassette montrant l'otage en bonne santé, ainsi que ses deux compagnons Keith Stansell et Thomas Howes.

28/08/03 L'Eln a libéré un fonctionnaire du Gouvernement de la Vallée : Robert Pommier, sous-secrétaire d'Éducation, agé de 45 ans.

28/08/03 Après deux ans d'interruption, Washington reprend ses survols antidrogue en Colombie. 

En avril 2001 Veronica Bowers, une missionnaire baptiste américaine, était morte sous les balles de la lutte antidrogue alors qu'elle se déplaçait avec son bébé dans un avion de tourisme. Un vol d'espionnage de la CIA l'avait détectée et signalée comme ayant un chargement suspect. Sur cette indication, l'aviation péruvienne avait ouvert le feu. La bévue, d'abord qualifiée «d'incident isolé» à Washington, avait provoqué la suspension de l'aide américaine aux vols de surveillance aérienne.

La reprise des opérations en Colombie soulève l'inquiétude de Human Rights Watch, qui dénonce les risques courus par les civils face à ces shérifs du ciel. La Maison Blanche a balayé les doutes, considérant cette semaine que Bogota a adopté des «procédures appropriées de protection contre la perte de vies innocentes».

28/08/03 Dans une lettre diffusée par Radio Caracol, des soldats, des policiers et des politiciens retenus par les Farc envoient un cri d'alarme concernant leur grave situation de santé. Beaucoup souffrent de paludisme, de leishmaniasis et de l'hépatite ; ils ne reçoivent pas les soins nécessaires.

Dans leur lettre ils réclament du Gouvernement et des insurgés qu'ils accélèrent la conclusion d'un accord humanitaire qui leur permette de récupérer la liberté.

Une vidéo diffusée lundi à la télévision avait montré ces otages, dont certains sont prisonniers depuis bientôt six ans.

Patricia Elena Perdomo, la fille de Consuelo González, n'a pas expliqué comment elle avait reçu la lettre. Elle a ajouté que les otages "sont dans un campement avec 34 fonctionnaires et sous-officiers de l'Armée et de la Police, dans une situation de santé désastreuse".

28/08/03 Un juge de la Floride a condamné à 30 ans de prison Fabio Ochoa, l'ex-baron du cartel de Medellin, pour trafic de drogue et blanchiment d'argent. Fabio Ochoa est considéré comme étant l'un des rares survivants du cartel de Medellin. Il s'était livré aux autorités colombiennes en 1990 et avait passé six ans en prison. Il avait été arrêté de nouveau en 1999. La Colombie l'avait extradé aux États-Unis en 2001.

27/08/03 : La rupture semble consommée en Colombie entre la guérilla et le pouvoir après le rejet, lundi, par les deux groupes rebelles de toute négociation avec le gouvernement d'Alvaro Uribe, qualifié de "fasciste". 

Dans un communiqué commun inhabituel, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de libération nationale (ELN) ont abandonné toute possibilité de mettre fin dans un avenir proche à la guerre civile ; Alvaro Uribe a déclaré quant à lui a déclaré une guerre totale aux rebelles, désormais décidés à en découdre sans trêve sur le théâtre des opérations.

"Tant que le gouvernement illégitime d'Alvaro Uribe persistera dans ses politiques fascistes et militaristes, nous n'ouvrirons aucun processus pour des pourparlers politiques et un dialogue national", affirment les FARC et l'ELN dans un texte publié lundi sur le site Internet des premiers.

Il faut toutefois noter dans le communiqué la volonté des FARC de "Promouvoir tous les processus politiques qui tendent vers la paix avec justice sociale ..". et de "Ratifier la politique d'échange des prisonniers de guerre".

26/08/03 : Marche du 23 à Paris

  • pour voir le reportage TV sur TF1 choisir le JT de 20h00 le 23 août / cliquer sur le 11ème sujet : marche de soutien à Ingrid Betancourt    le JT de TF1
  • De nouvelles photos sont en ligne sur le site

25/08/03 : Les FARC n'ont pas actuellement l'intention de libérer Ingrid Betancourt, a répété Raul Reyes, numéro deux des FARC, à des médias brésiliens. 

"Il n'y a pas de justification pour une libération pour des raisons humanitaires" a-t-il déclaré. Il a rappelé que les FARC n'envisageaient de libérer Ingrid Betancourt et leurs autres otages qu'en échange de la libération de militants de l'organisation détenus par les autorités colombiennes.

Ingrid Betancourt est en bonne santé et a "un bon moral", a ajouté le numéro deux des FARC.

24/08/03 : Une centaine de personnes ont défilé samedi à Paris lors d'une marche de soutien à l'ancienne candidate à la présidentielle colombienne Ingrid Betancourt. 

Avant ce défilé, le maire de Paris Bertrand Delanoë a reçu en fin de matinée la soeur et la fille d'Ingrid Bétancourt, Astrid et Mélanie, ainsi que sa mère, Yolanda Pulecio. 

Le cortège composé d'une centaine de personne a quitté le parvis du Trocadéro pour se rendre au Mur de la paix à l'Ecole militaire.

Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid, a remercié le gouvernement français pour son "aide merveilleuse" et a estimé que "la France avait un grand rôle à jouer" dans les négociations avec la Colombie.

"Je continue d'espérer que la France va continuer à nous apporter son aide et à rallier autour d'elle d'autres pays européens et des pays d'Amérique latine qui peuvent à leur tour faire pression sur le gouvernement colombien pour qu'on arrive à un accord humanitaire", a-t-elle déclaré..

23/08/03 : Aujourd'hui Ingrid et Clara sont détenues depuis 18 mois. Une marche de soutien se déroulera à Paris, emmenée par sa fille Mélanie Delloye et sa mère Yolanda Pulecio ainsi que par une délégation nombreuse de maires français, de bourgmestres belges et d'une représentante irlandaise de communes ayant accordé la Citoyenneté d'Honneur à Ingrid Betancourt (830 communes dans le monde à ce jour...). 

La marche partira à 14h00 du Trocadéro et se dirigera vers le Mur pour la Paix (école militaire). Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait savoir qu'il recevrait la famille d'Ingrid Betancourt dans la matinée à l'hôtel de ville.

22/08/03 : Le gouvernement colombien a présenté jeudi un projet de loi qui accorderait l' amnistie aux combattants illégaux, y compris ceux condamnés pour des crimes contre l'humanité. Si ce projet est adopté par le Congres, des milliers de combattants de droite comme de gauche pourraient voir leurs sentences suspendues en dépit des condamnations encourues pour massacres, torture ou enlèvement de masse. 

Les paramilitaires de l'Auc, seraient les grands bénéficiaires ce ce projet - eux qui sont accusés d'avoir commis certains des plus crimes les plus atroces dans la guerre en Colombie - par exemple le massacre de paysans avec des scies à chaînes et des marteaux.

Les associations de défense des Droits Humains critiquent ce projet et disent que les paramilitaires utilisent les négociations de paix pour gagner l'amnistie et pour garder les fortunes, accumulées y compris 1,4 millions d'hectares de terre saisis illégalement aux  paysans.

21/08/03 : Le Président Uribe a déclaré mercredi qu'il avait demandé au Président du Vénézuéla Hugo Chavez de passer aux guérilleros le message qu'il est disposé à commencer des entretiens de paix. 

C'est la première fois que le président colombien suggère publiquement un lien entre Chavez et les FARC, mais les militaires colombiens avaient plusieurs fois laissé entendre que Chavez tolérait ces derniers sur le territoire du Vénézuéla. 

Les médias colombiens avaient aussi suggéré que Manuel Marulanda, commandant en chef des FARC, s'était caché dans ce pays depuis que le gouvernement colombien avait interrompu les entretiens de paix avec le groupe rebelle en février 2002. Chavez, qui a souvent critiqué le "Plan Colombie" américain nie toute collaboration avec les guérilleros.

Dans un discours fait à l'université à Bogota ce mercredi le Président Uribe a déclaré : "la semaine dernière j'ai dit à Chavez : "Président, dites aux FARC que s'ils n'aiment pas ma politique de "sécurité démocratique" ils peuvent engager des pourparlers avec moi dans les cinq minutes et que dans le gouvernement que je préside on ne répétera pas l'extermination de l'UP" *

* A la suite d'un accord de paix signé en 1984 entre les Farc et le gouvernement du président Belisario Betancur les Farc avaient accepté de cesser la lutte armée et avaient fondé le parti UP ("Union Patriotique"). Mais des forces d'extrême droite et des membres de l'armée avaient alors lancé une campagne d'extermination, assassinant plus de 3.000 des militants de ce parti, ce qui provoqua l'échec de tout accord de paix. Les responsables de cette extermination n'ont pas été poursuivis...

20/08/03 : De passage en France, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt a tenu à venir remercier les élus costarmoricains qui soutiennent la lutte pour la libération de sa fille : 66 communes des Côtes-d'Armor ont en effet fait d'Ingrid Betancourt leur citoyenne d'honneur. L'occasion pour elle d'appeler à nouveau le gouvernement colombien à négocier avec la guérilla, qui retient Ingrid Betancourt depuis déjà 18 mois.

La première journée de la visite fut extraordinaire. Lorenzo, le fils d'Ingrid, s'est tout de suite intégré dans l'équipe des jeunes et a participé au montage des stand avec son tee shirt "libérez les otages "

19/08/03 : Ce mardi le secrétaire à la défense des USA, Donald Rumsfeld, sera en visite à Bogota. 13.000 policiers et soldats ont été chargés d'assurer sa sécurité. C'est réconfortant de voir que quand la Colombie veut vraiment protéger quelqu'un elle le fait.

On peut espérer qu'un jour les candidat(e)s présidentiel(le)s, les maires et les élus de toutes les tendances politiques, les journalistes, les syndicalistes, les enseignants, les membres des associations de défense des droits de l'Homme, les membres des communautés indigènes et tous les citoyens colombiens auront eux aussi droit à la protection de l'Etat.

18/08/03 : Une attaque menée par des rebelles supposés a eu lieu dimanche dans un village du nord-ouest de la Colombie au moment où le président colombien Alvaro Uribe arrivait en hélicoptère, a annoncé le porte-parole du président.

Personne n'a été blessé durant l'attaque, qui a eu lieu dans une autre partie du village que celle où s'était posé l'appareil.

17/08/03 : Les preuves de survie, divulguées hier, de plus de trois dizaines de membres de la force publique et de politiciens au pouvoir du Farc, certains depuis plus de cinq ans,  ont ravivé l'urgence d'un accord humanitaire.

Les parents directs des kidnappés, après avoir vu les vidéos et écouté des enregistrements obtenus par le journaliste Jorge Enrique Botero, se sont réjouis de savoir leurs êtres chers en vie et ont insisté pour demander au Gouvernement de chercher un accord qui leur permette de revenir à la maison.

Cela contraste avec la sensation d'incertitude pour d'autres, dont on ne sait toujours rien. C'est le cas, entre autres, des familles du sénateur Luis Eladio Pérez et de celle d' Íngrid Betancourt.

Le ministre l'Intérieur et de la Justice, Fernando Londoño, a prétendu que l'Administration a toujours cherché la mise en liberté des kidnappés de la guérilla, mais que ce sont les Farc qui ne veulent pas dialoguer.

Pour les parents, il est "inexplicable" que les deux parties ne soient toujours pas parvenues à se mettre d'accord dans une affaire, qui, en plus d'être pénible pour tous, "devra de toute façon se terminer par un accord" !

16/08/03 : Un peu d'histoire qu'il faut connaître pour comprendre la situation actuele - et l'interview de Gloria,  la fille de Gaitan doit être lue avec attention : 

Le 9 avril 1948 Jorge Eliécer Gaitán, le chef le plus populaire du parti libéral, a été assassiné le jour où commençait la conférence Panaméricaine. Sa mort a été à l’origine du « Bogotazo » (« le coup de Bogotá ») et a tracé l’avant et l’après "violenza", causée par l'antagonisme entre libéraux et conservateurs.

A cette époque, Pedro Antonio Marín, fils d’un paysan libéral de Quindío, trayait des vaches dans une propriété de Santa Rosa de Cabal ; mais cet assassinat lui a fait prendre les armes en 1949 aux côtés des autodéfenses libérales. Des années plus tard il a pris le nom de Manuel Marulanda Vélez, en honneur au leader agraire assassiné par la police pendant le Bogotazo. Quelques années après il a intégré les FARC(Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) dont il est maintenant le dirigeant.

La violence bipartite ("violenza") a pris fin en 1956, lorsque libéraux et conservateurs ont créé le Front National qui a permis aux deux partis d’alterner au pouvoir. Mais la guérilla s’est peu à peu développée, et de nos jours la Colombie échafaude encore des plans militaires pour l’éliminer.

Le meurtre de Gaitán n’a pas été élucidé et sa fille, Gloria, déclare que l’image de son père est l’icône du peuple colombien. Un quotidien écuadorien l’a interviewée lors de son passage à Quito. Elle y critique les FARC ainsi que le président Alvaro Uribe : 

16/08/03 l'Église Catholique est disposée à entrer en contact avec les Farc. Monseñor Luis Augusto Castro a dit que pour chercher une sortie au conflit il n'avait besoin de l'autorisation de personne, allusion claire au Gouvernement.

Le Vice-président de la Conférence Épiscopale colombienne a ainsi répondu aux déclarations de Raul Reyes et a montré son approbation pour la porte qu'entr'ouvre ce groupement insurgé. 

Monseñor Castro, en entrevue de Radio Caracol, a déclaré qui il y a une possibilité d'établir des contacts qui  permettent, en outre, d'explorer les possibilités pour un échange humanitaire, pour obtenir le retour à maison des politiques et des militaires retenus par les Farc et la sortie de prisons des guérilleros de ce groupement.

16/08/03 Un sénateur dont l'enlèvement par les Farc en février 2002 avait été l'occasion pour le gouvernement Pastrana d'arrêter les entretiens de paix, et qui est détenu depuis lors dans les jungles du sud-ouest de la Colombie, a été interviewé par un journaliste du magazine Cromos, qui l'a vu ainsi que 31 autres otages, gardés par des centaines de rebelles. C'était la première fois qu'on a des npouvelles de Gechen depuis son enlèvement:

15/08/03 Réactions dans la presse concernant les informations publiées hier par le journal écuadorien "El Comercio" (voir plus bas) 

14/08/03 Le commandant en second des Farc, Raul Reyes,  a déclaré qu'íngrid Betancourt sera libérée quand un échange de prisonniers sera conclu avec le gouvernement du président Álvaro Uribe, selon un communiqué publié ce jeudi à Quito (Equateur).

"Les Farc maintiennent leur proposition que Madame Betancourt fasse partie du groupe de prisonniers echangeables", a affirmé Reyes.

"L'état de santé physique d'Ingrid est bon, de même que son moral", affirme-t-il, mais elle se montre "très inquiète parce qu'elle ne voit pas le moindre intérêt, du côté du gouvernement (colombien), pour que les autres prisonniers et elle-même recouvrent rapidement leur liberté".

Il rappelle aussi "le risque" de tout otage d'être exécuté en cas de tentative par l'armée de "le libérer par la force".

Prêt à recevoir un délégué de l'Eglise colombienne ou à se rendre "immédiatement" à l'ONU à New York pour "exposer le point de vue" des rebelles, Raul Reyes a clos l'épisode rocambolesque de la tentative française récente de libérer l'otage.

"Tout ce montage sur la remise présumée de Mme Ingrid Betancourt (par les FARC à la France) a été fabriqué au palais (présidentiel) de Narino, par le propre président de la République (Alvaro Uribe), avec l'aide de l'état-major", assure-t-il.

Consulté enfin sur son état de santé personnel, Reyes a accusé le gouvernement d'Uribe, l'armée et les media en Colombie de mener "une politique de désinformation" et a assuré qu'il n'est pas exact qu'il soit malade et encore moins qu'il ait un cancer terminal.

"Comme vous voyez, je suis en parfait état de santé", a dit Reyes qui a ajouté : "je ne me suis jamais senti mieux, mais selon les media je serais mourant".

14/08/03 Le gouvernement colombien réaffirme son intérêt pour un accord humanitaire avec les Farc, a indiqué le Commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo.

Dans un débat parlementaire, le fonctionnaire a indiqué que le Gouvernement "est disposé à un accord humanitaire qui permette la libération de toutes les personnes kidnappées. La proposition est sur la table, mais n'avons pas reçu réponse ", a-t-il déclaré.

14/08/03 L'Onu et l'Organisation des Etats Américains (OAS) avertissent le président Uribe de ne pas violer le droit international. Ces deux organisations ont précisé que la législation proposée par le Président est incompatible avec le droit international et qu'il doit s'abstenir de présenter certaines des mesures qu'il propose.

La loi "anti-terroriste" proposée par Uribe comprend en effet des dispositions qui permettront aux autorités de détenir indéfiniment des personnes, de fouiller des maisons et des bureaux, d'intercepter le courrier privé, les appels téléphoniques et les E-mails.

Est également mis en cause le désir d'Uribe d'établir un registre national de toutes les adresses de citoyens, de leurs lieux de travail et d'autres détails personnels, ainsi que les pouvoirs donnés au procureur de mettre en place des unités spéciales de la police juridique composées de membres de l'armée - ce qui revient à transférer aux militaires les pouvoirs juridiques et de police.

Le bureau du haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme et la Commission Inter-Américaine de droits de l'homme de l'OAS ont tous deux formulé ces objections dans des rapports diffusés il y a quelques jours. Selon ces rapports, les propositions d'Uribe violeraient des articles de la Convention internationale sur les droits sociaux et politiques, et d'autres articles de la convention américaine sur les droits de l'homme.

D'autres organismes internationaux tels que l'Organisation internationale du travail et les groupes internationaux de défense des droits de l'homme tels qu'Amnesty International et Human Rights Watch avaient soulevé des inquiétudes semblables durant ces derniers mois.

13/08/03 En plus de son "aide contre le narco-terrorisme" les USA coopèrent avec le gouvernement colombien dans la "lutte contre le kidnapping". 

Depuis le 15 juillet 2003, quatre cent hommes du Ministère public Général de la nation, du Département Administratif de Sécurité, des militaires et des policiers (Gaulas) sont formés par des instructeurs américains qui leur enseignent les règles stratégiques pour obtenir de meilleurs résultats avant, pendant et après un sauvetage.

Cette aide inclut la donation des équipements "nécessaires pour la recherche et le sauvetage",  la construction d'un "Centre Permanent d'Entraînement" dans les installations du Bataillon École des Communications de l'Armée Nationale ainsi que le développement du premier "Système d'Information pour la Prise de Décisions sur le kidnapping"

12/08/03 Dans L'Express cette semaine une nouvelle version de ce qui se serait passé au Brésil...

12/08/03 Un attentat au camion piégé a fait au moins une vingtaine de blessés, dimanche soir, dans la ville de San Martin, au centre de la Colombie. La police attribue l'attentat à la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Il s'agit du troisième attentat à la bombe en trois jours en Colombie. Samedi, un civil a été tué et un policier blessé dans l'explosion d'une voiture piégée sur une route entre Bogota et la localité de Caqueza, située à 80 km de la capitale colombienne.

Vendredi, cinq personnes, dont deux enfants, ont été tuées et trois autres blessées dans l'explosion d'une voiture piégée à Saravena, dans le département d'Arauca, frontalier du Venezuela. Un attentat à la grenade avait fait un mort et sept blessés le 17 juillet dans la même ville quelques heures après une visite du président Alvaro Uribe dans le département.

Riche en pétrole, cette région (Arauca) reste un fief des guérillas de l'Armée de libération nationale (ELN) et des FARC. C'est là que quelque 70 officiers américains des Bérets verts sont chargés depuis janvier d'entraîner un commando antiguérilla à la protection d'un oléoduc long de 800 km utilisé par la société américaine Occidental Petroleum.

11/08/03 En un an, le président Alvaro Uribe Vélez n'a réglé aucun des grands problèmes du pays, mais il a su convaincre les Colombiens que ceux-ci peuvent l'être". Le président pratique un populisme d'un nouveau genre et utilise magistralement les media. C'est payant : "impossible de critiquer trop fort un président aussi populaire. Alors que les élections locales et un référendum constitutionnel sont programmés pour octobre, ce serait un suicide politique", admet un de ses opposants. 

Au sein du Congrès, l'opposition est désormais embryonnaire. Rares sont les voix qui dénoncent l'option militariste de M. Uribe, son strict alignement sur Washington ou les risques de dérive autoritaire du régime. Les Colombiens restent convaincus des vertus de la "poigne de fer" promise par M. Uribe pour venir à bout d'une guérilla désormais systématiquement qualifiée de "narcoterroriste". S'interroger sur les causes sociales de la violence n'est plus de mise.

Choyée par le gouvernement, qui lui a fourni appui moral et moyens matériels, l'armée a marqué des points dans la lutte contre les principaux mouvements rebelles. Mais le conflit coûte cher, et la question de savoir si l'armée pourra soutenir son effort de guerre reste posée. Les largesses de Washington - la Colombie est le troisième pays récepteur d'aide militaire américaine - n'y suffiront pas. Et le déficit budgétaire se creuse tandis que l' escalade des dépenses militaires se fait au détriment de la protection des droits de l'homme et des budgets de développement.

Les négociations engagées avec une partie des paramilitaires d'extrême droite suscitent l'espoir de voir plusieurs milliers de jeunes combattants abandonner leurs armes. Mais les organisations de défense des droits de l'homme craignent que ce processus de paix ne débouche sur l'amnistie de miliciens sanguinaires au service du narcotrafic, voire sur leur incorporation dans les rangs de l'armée.

11/08/03 Francisco Lamus,  le secrétaire des Finances de Cali qui vient d'être libéré par les Farc,  était porteur d'un message envoyé par la guérilla concernant l'échange humanitaire. Ses ravisseurs l'ont rendu à une commission humanitaire qui comprenait le père Darío Echeverri, membre de la commission de facilitation créée par le Gouvernement National pour l'accord humanitaire, et trois autres personnes des bureaux de droits humains de Cali et de la Vallée du Cauca.

Le porte-parole des parents des députés kidnappés en avril 2002, Fabiola Perdomo, a demandé aux deux parties de chercher des moyens d'obtenir la liberté de ces députés .

"Nous sommes très préoccupés parce que nous ne voyons pas les parties se mettre d'accord ', a dit Perdomo.

"Il faut reprendre le plus vite possible le sujet de l'accord humanitaire ', a-t-il ajouté.

10/08/03 Alvaro Uribe Vélez finit cette semaine sa première année comme président de la Colombie

Après les événements du 11 septembre 2001 et l'arrêt du processus de paix en Colombie en février 2002, certains en Colombie et dans la communauté internationale pensent que l'action militaire est la bonne réponse au conflit armé qui dure maintenant depuis plus de 40 ans.

L'administration actuelle a mis en place une politique 'de sécurité démocratique '. Elle a installé des réseaux d'informateurs et de "soldats paysans" qui entraînent de plus en plus de civils dans le conflit. 

Concrètement, cette politique se traduit par une escalade des dépenses militaires au détriment de la protection des droits de l'homme et des budgets de développement. Les coupes dans les dépenses sociales ont un impact direct sur les 11 millions d'hommes, des femmes et des enfants qui vivent en Colombie dans des conditions d'extrême pauvreté.

La crise de droits de l'homme s'est aggravée, avec 8.000 personnes tuées ou 'disparues ' chaque année en raison du conflit - approximativement 20 personnes par jour. Le nombre de personnes qui sont forcées d'abandonner leurs maisons augmente également. Selon CODHES, une organisation indépendante colombienne, environ 412.000 personnes ont été forcées de quitter leur village en 2002 : cela fait plus de 1.000 personnes par jour, une aggravation de plus de 20 pour cent par rapport à 2001...

10/08/03 A Cali, libération de Francisco Lamus Barrios, directeur des Finances de la ville.

Séquestré depuis 12 jours, il était surveillé en permanence par sept gardes armés, et comme la plupart des séquestrés, il devait se déplacer continuellement - il a séjourné dans 17 camps différents durant ses quatre mois de captivité.

A sa libération, il a été reçu par le père Darío Echeverry -- membre de la commission de facilitation créée par le Gouvernement National pour l'accord humanitaire, par José Gutiérrez -- président du Comité permanent pour la Défense des Droits Humains, par Fabio Cardozo -- gestionnaire pour la Paix et la Coexistence de la Vallée -- et par Frangey Rendón, collaborateur humanitaire du bureau de gestion de Paix. 

09/08/03 Les Nations Unies dénoncent le meurtre de 118 indigènes en Colombie en 2003. Selon le rapport, les Communautés sont dépouillées de leurs terres parce qu'elles possèdent près de 80 pour cent des ressources énergétiques du pays.

Soumises à un régime de terreur, d'intimidation et de violence, les Communautés indigènes sont les victimes d'une campagne d'extermination en Colombie, où 118 aborigènes ont déjà été assassinés cette année. 

La dénonciation a été faite par le représentant des Nations Unies pour les Droits Humains Amerigo Incalcaterra ; la "Defensoría du Peuple" et les dirigeants des Communautés aborigènes, à l'occasion de la commémoration du Jour International des Populations Indigènes, ce 9 août.

Selon Armando Valbuena, le président de l'Organisation Nationale Indigène de la Colombie (ONIC), cette campagne est le fait des groupes armés irréguliers, tant les guérillas de gauche que les paramilitaires d'extrême droite, et de l'État colombien "par action ou omission". "Les liens entre des membres de la Force Publique et les groupes paramilitaires ont permis beaucoup de ces violations des droits des indigènes" a-t-il ajouté.

Valbuena a aussi rappelé que le conflit armé a provoqué le déplacement massif de milliers d'indigènes qui "deambulent maintenant dans des forêts de ciment".

Selon les données officielles, les indigènes, de 86 ethnies, représentent près 2% de la population colombienne, de 44 millions d'habitants.

08/08/03 : La Colombie envoie ses paysans au champ de bataille. Officiellement, les 15 000 villageois enrôlés dans l'armée pour défendre les bourgades isolées sont des volontaires à qui l'armée a "proposé" d'effectuer leur service militaire près de leur maison. Mais en fait la plupart des «engagés» racontent comment ils se sont fait surprendre à un barrage de l'armée, dans le bus pour Bogota. 

«En vérifiant mes papiers, ils ont vu que je n'avais toujours pas fait mon service, confie l'un d'eux, le sourire gêné. Ils m'ont convoqué aussitôt.» 

Alors que les bacheliers ont droit à un «service doux», dans la police des grandes villes par exemple, et que les fils des classes aisées (sans exception - y compris aux plus hauts niveaux de l'état) "achètent" facilement une exemption, les paysans sans éducation poussée doivent combattre à travers le pays pendant dix-huit mois. En Colombie, seuls les pauvres se font tuer dans la guerre civile... quel que soit le côté où ils combattent ! 

Si ces combattants abandonnent les zones des soldats paysans, estime l'analyste et ancien guérillero Edgar Ruiz, «ils seront tentés, au moins pour sauver leur peau, de rejoindre les paramilitaires». Amnesty International craint que ces milices antiguérilla, coupables de massacres de civils, ne cherchent des recrues faciles parmi les nouveaux conscrits.

07/08/03 : Dans "Le Monde" ce mercredi : " Le récit de l'opération secrète montée par des agents français de la DGSE pour récupérer l'otage des FARC" , Version sonore, en neuf tableaux.

La présentation sous forme de "puzzle" n'est peut-être pas du meilleur goût et peut choquer certains... au-delà des effets médiatiques, il ne faudrait pas oublier que derrière cette "story" il y a une femme remarquable qui est maintenant détenue en otage depuis près de 18 mois, et une famille qui se bat avec une obstination et un courage qui forcent l'admiration !

06/08/03 : Dans notre nouvelle campagne "Aéropostale-3000", nous comptons sur les radios colombiennes pour diffuser les messages que vous envoyez aux séquestrés. Les reçoivent-ils ? Apparemment oui : 

05/08/03 : “Carta Capital” revient sur l’affaire Betancourt en affirmant que toutes les responsabilités peuvent être “imputées à la France”. 

L’hebdomadaire tient à clarifier un point qui a suscité l’indignation de la diplomatie française : “La police fédérale a tout d’abord cru à une opération de ‘biopiraterie’. Les services de renseignement brésiliens ont ensuite soulevé l’hypothèse que l’avion militaire français pouvait éventuellement transporter des armes en vue d’une future négociation avec les FARC. Mais il faut noter qu’il s’agissait d’un soupçon, ni plus ni moins. Soupçon qui a eu pour origine le refus répété des Français de laisser pénétrer la police fédérale du Brésil à l’intérieur de l’avion”, souligne le magazine.

Voir aussi : 

04/08/03 : L'actualité s'est un peu mise en veilleuse.. c'est peut-être le moment de jeter un "autre regard" sur la Colombie que la violence actuelle nous empêche de connaître...

03/08/03 : Plus de détails sur ce qui s'est passé au Brésil, dans l'article de Carta Capital. A lire avec attention, pour comprendre l'impact - qui ne sera pas passager - de cette affaire sur l'opinion publique brésilienne

02/08/03 : Pour le Brésil, l'affaire Betancourt est close. 
Villepin s'est excusé de l'«embarras» causé aux autorités de ce pays. Le Ministre des Affaires Etrangères brésilien Celso Amorim a déclaré que ses explications étaient «en principe satisfaisantes, surtout parce qu'elles reconnaissent de manière très claire la nécessité du respect de la souveraineté brésilienne»

Heurté d'avoir été traité par la France «comme un no man's land», selon des sources citées par la presse, le Brésil, qui dit avoir été mis au courant de l'opération de manière «tardive et partielle», attendait de Paris des excuses et «des éclaircissements officiels», notamment sur des «déclarations de responsables français à la presse, suggérant que le Brésil était informé».

01/08/03 : La libération ratée d’Ingrid Betancourt est, selon l’hebdomadaire brésilien “Carta Capital”, l’incident le plus grave dans les relations récentes entre le Brésil et la France. 

Le quotidien de Bogotá “El Tiempo” cite le vice-président de Colombie, Francisco Santos, selon lequel “le gouvernement colombien n’a pas été prévenu de l’arrivée d’un avion français à Manaus”. 

Selon “O Estado de São Paulo”, “le gouvernement brésilien n’a pas non plus été informé du départ de cette mission ‘diplomatique’”. 

Du côté français, Jacques Chirac affirme aussi “ne pas avoir été informé”, remarque “El Tiempo”. 

Ainsi un avion militaire français aurait atterri au Brésil sans que la France ne l’ait envoyé ni que le Brésil l’ait accepté pour traiter une affaire colombienne dont Bogotá ne sait rien…

A lire aussi :

01/08/03 : La famille d'Ingrid Betancourt voudrait que le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, négocie sa libération, a révélé ce jeudi le journal brésilien "O Globo".

D'après l'Agence EFE, Astrid Betancourt, soeur d'Ingrid, aurait assuré que Lula peut convaincre le gouvernement colombien de négocier avec la guérilla un accord humanitaire pour libérer un certain nombre d'otages.

"L'appui du président Lula est très important, car il partage les objectifs de justice sociale de ma soeur. Lula est un démocrate. Nous ne pouvons pas laisser s'imposer la thèse qu'il ne serait possible de pacifier la Colombie que par la voie militaire", a assuré Astrid.

Les parents d'Ingrid considèrent que Lula peut convaincre le gouvernement du président Alvaro Uribe Vélez d'accepter "un accord humanitaire qui permette la libération" des kidnappés. 

Astrid Betancourt a également dit que de fausses informations parues dans la presse et des "spéculations romanesques" sur l'opération militaire française avaient empêché la libération. 

Dominique de Villepin01/08/03 : Le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin a "regretté" ce jeudi lors d'un entretien avec son homologue brésilien Celso Amorim "l'embarras" qu'a pu constituer pour les autorités de Brasilia l'envoi à Manaus (nord) d'un avion médicalisé français. Il a assuré le ministre des Affaires étrangères brésilien de "sa volonté de tout faire pour éviter de pareilles difficultés à l'avenir".

L'ambassadeur de France au Brésil avait été convoqué pour la deuxième fois il y a deux jours par les autorités brésiliennes au sujet de cette tentative de libération, et les autorités brésiliennes avaient fait savoir à l'ambassadeur qu'elles "attendaient une clarification officielle et une déclaration sans équivoque que ce genre d'événement était incompatible avec le respect mutuel".


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