
En Colombie, même les prisonniers se mobilisent contre les
enlèvements, devenus spécialité nationale
« Libertad. » C'est avec leurs corps, tous ensemble, que les
détenus de la prison Bellavista, à Medellin, ont formé les lettres du mot
« liberté ». Mais pas pour eux-mêmes. Pour tous ceux qui ont été
kidnappés en Colombie. Et ils sont nombreux : selon un rapport de la
fondation privée Pais libre publié samedi, près de 13.000 personnes ont
été enlevées dans le pays durant la présidence d'Andres Pastrana, de 1998
à 2002. Soit une moyenne de 8,5 personnes par jour. « C'est le plus
haut taux dans l'histoire du pays », selon le rapport, qui indique
qu'en 1997 le nombre d'enlèvements ne dépassait pas les 4 personnes par
jour. Les cibles ? D'abord les commerçants et les mineurs d'âge.
Ensuite les employés, les fonctionnaires, les ingénieurs, les éleveurs,
les conducteurs, les agriculteurs, les policiers, les étudiants, les
militaires et les femmes au foyer. Et puis il y a les personnalités
politiques, comme la candidate écologiste à la présidentielle, Ingrid
Betancourt, enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie
(Farc), la guérilla communiste. Le rapport de Pais libre note encore que,
sur les 12.948 personnes enlevées, 3.958 restent en captivité, 552 sont
mortes durant leur séquestration, 5.543 ont payé une rançon pour leur
libération et 183 se sont enfuies. Les autorités ont de leur côté sauvé
2.335 personnes. On n'a aucune nouvelle de 377 kidnappés. Photo AP.
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