
Prix Nobel de la paix pour Ingrid ?
VÉRONIQUE KIESEL
Ils sont une quinzaine à battre le pavé, ce vendredi matin, devant
l'entrée du Parlement européen à Bruxelles, attendant l'arrivée de Mélanie
Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt. Venus des quatre coins de la
Belgique, ils n'ont jamais rencontré Ingrid Betancourt, et pourtant,
depuis de longs mois, ils se battent eux aussi pour obtenir sa libération.
Avec son tee-shirt noir à l'effigie d'Ingrid Betancourt, Armand Burguet
est la cheville ouvrière des nombreux comités de soutien à la candidate
écologiste séquestrée qui se sont créés en Belgique. Nous en sommes
aujourd'hui à 123 communes belges qui ont choisi Ingrid comme citoyenne
d'honneur, alors que 220 comités de soutien existent déjà,
explique-t-il. Les villes flamandes commencent à s'y mettre aussi.
Ce dimanche, premier anniversaire de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt,
plusieurs cérémonies seront organisées dans diverses villes de Belgique,
dont une manifestation à Bruxelles, qui partira vers 14 h de la porte
de Hal.
Le slogan de l'association « Ingrid pour la paix » créée en
Belgique est dramatiquement limpide : « Parlez d'elle, elle
vivra. Oubliez-la, elle mourra. » Pour lutter contre l'oubli, les
sénateurs belges Marie Nagy et Jean Cornil, qui s'étaient rendus en
Colombie en mai 2002, ont pris l'initiative d'introduire officiellement la
candidature d'Ingrid Betancourt comme candidate au prix Nobel de la paix
2003. Lui donner ce prix, estiment les deux sénateurs, serait
rappeler à son pays et au monde entier qu'il existe une alternative non
violente et porteuse d'un espoir de paix pour résoudre les problèmes de la
Colombie.·
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