Le Soir en ligne
VENDREDI 14 NOVEMBRE 2003 RECHERCHER   DANS  ok
LE JOURNAL
LE SOIR EN PDF
SITES SATELLITES
LIENS
SERVICES
Le 14/11/2003  |  06 h 00

Colombie - Démissions et limogeages au sommet

Le président Uribe fait le ménage

CHRISTINE RENAUDAT

BOGOTA

Le président colombien n'a pas attendu bien longtemps pour faire le ménage dans son équipe. À peine trois semaines après l'échec d'un référendum anticorruption soumis aux électeurs le 25 octobre, les deux ministres les plus importants du gouvernement et deux généraux ont « démissionné ». Des départs en fait demandés par Alvaro Uribe, qui a balayé les personnages les plus conflictuels de son équipe.

D'abord son ministre de l'Intérieur, Fernando Londoño. Il était critiqué pour ses sorties cinglantes face au Parlement, qui avaient fini par éloigner les députés du président. La veille de son départ forcé, la semaine dernière, le ministre avait même annoncé qu'Alvaro Uribe quitterait le pouvoir si les congressistes n'appuyaient pas ses réformes. Information démentie quelques heures plus tard par le palais. Autre casserole : Londoño, également ministre de la Justice, était poursuivi pour l'acquisition illégale d'actions d'une entreprise en cours de privatisation. Cette affaire lui avait déjà valu une motion de censure au congrès qui n'avait pas abouti.

Deuxième sortie : la ministre de la Défense, Marta Lucia Ramirez. Femme, dans un milieu machiste, elle se heurtait depuis le début de son mandat aux généraux. Ces querelles irritaient le président et des rumeurs couraient sur son départ depuis plusieurs semaines.

Enfin, dans la foulée, le général Teodoro Campo, directeur de la police, quittait l'institution, officiellement pour des affaires de corruption et de conflits internes. Le lendemain, le général Jorge Enrique Mora, chef des forces armées, démissionnait lui aussi, pour prendre sa retraite, après des années de service.

Le président n'a fait aucune déclaration durant la crise, laissant la presse interpréter librement cette vague de départs, qui correspondrait au remaniement ministériel attendu après le revers du référendum et la percée de l'opposition de gauche aux élections locales du 26 octobre. Selon d'autres versions, il s'agirait d'un coup de balai sur les « fortes têtes » de l'équipe Uribe, qui attiraient les foudres de la presse.

La sortie précipitée du général Mora serait liée à l'absence de résultats de l'armée face à la guérilla. En dépit des bilans très optimistes diffusés tous les mois par Bogota, le président patine dans cette guerre qu'il s'était promis de gagner lors de son arrivée au pouvoir en août 2002. Aucun chef important des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxiste) n'a été capturé. Les tentatives militaires de libération des otages, se sont soldées par la mort de dix d'entre eux, et la voie du dialogue n'a jamais été envisagée sérieusement par Alvaro Uribe au cours de ces 14 mois.

Après cette tempête, le président a nommé deux amis politiques aux postes restés vacants: Sabas Pretelt à la Justice et à l'Intérieur et Jorge Alberto Uribe (sans lien de famille avec le président), deux anciens patrons. La stratégie du régime, austérité budgétaire et priorité à la guerre, resterait inchangée pour les prochains mois.·

PUBLICITE
MONDE
*Une guérilla générée par Saddam ?
*Attentat en Ingouchie
*Sus à la Constitution de Giscard !
*Polémique autour du mémorial juif
*Washington et Israël défient l'Iran et l'AIEA
*Le président Uribe fait le ménage
*La Géorgie sous tension
*Au Sri Lanka, on veut négocier
*Les accords de Genève sont sans voix
*Le président sur un siège éjectable
*Affaire Elf : appels
 
L'ARTICLE EN PDF
IMPRIMER
ENVOYER
RETOUR EN UNE
 NOS PARTENAIRES
© ROSSEL ET CIE sa, LE SOIR EN LIGNE, BRUXELLES, 2003