BESANÇON. Le 23 février 2002, la sénatrice
Ingrid Betancourt, 41 ans, et son amie Clara Rojas étaient
enlevées par les FARC, du nom d'une des principales
guérillas colombiennes. Depuis, toutes deux restent détenues
dans une jungle du sud de la Colombie.
La sénatrice, fondatrice d'« Oxygène », un parti
écologiste et anti-corruption, était candidate aux
élections présidentielles dans son pays. Les FARC, qui
accumulent les prises d'otages et financent leurs armes par le
trafic de drogue, veulent échanger cette figure emblématique de
la vie politique sud-américaine contre des guérilleros capturés
par l'armée colombienne.
Des comités de soutien à Ingrid Betancourt se sont
formés partout dans le monde, et tout particulièrement en
France, où elle a fait ses études. « Il en existe
aujourd'hui 217 dans 26 pays », souligne la Bisontine
Pascale Joly, créatrice du comité de soutien de Saône-et-Loire,
où elle est infirmière (1). « Par ailleurs, 405 villes et
villages l'ont faite citoyenne d'honneur. Dont Dublin, Paris,
Lyon, et dans le Doubs Besançon, Pontarlier, Morteau, Le
Russey... On espère que beaucoup d'autres vont faire de
même. »
Pascale Joly s'est prise de passion pour cette battante à
la lecture de son livre, « La Rage au coeur » (XO
Editions) où elle retrace sa lutte politique. « C'est une
femme exceptionnelle qui rêve de faire de la Colombie un pays
de justice sociale. Et très courageuse : en plein Sénat, il
lui est arrivé de dénoncer la corruption de ses
collègues. »
Avec des bottes
A l'approche du premier anniversaire de l'enlèvement,
la Bisontine avait d'abord songé à organiser dans
différentes villes un lâcher de ballons aussi nombreux que le
nombre des otages des guérillas colombiennes, évalué à 4.200.
Puis l'idée de jumeler ces lâchers avec une marche a fait
son chemin, bien relayée par un site Internet belge (2).
« Marcher pour Ingrid et Clara Rojas, c'est un acte
symbolique lié à leurs conditions de détention. Car dans
l'unique message vidéo transmis en juillet dernier par les
FARC, elles expliquent que pour éviter de se faire repérer,
leurs geôliers se déplacent avec elles en pleine nuit dans
la jungle. Elles sont alors équipées de bottes de caoutchouc
à cause de l'humidité et des morsures d'animaux...
C'est pourquoi nous demandons que les participants à
nos rassemblements viennent chaussées de cette façon ».
Ces défilés sont prévus le 23 février prochain dans
14 villes en France (dont Besançon, Bordeaux, Montpellier,
Pau) et 16 ailleurs dans le monde (dont Bruxelles,
Montréal, Berlin, Madrid, mais aussi, en Afrique, Yaoundé
et Kinshasa). Besançon (rendez-vous à 11 h, parking
Chamars) sera le seul point de ralliement des Comtois
et Bourguignons. Autre temps fort, le 8 mars : « Nous
appelons toutes les associations féminines à mettre Ingrid et
Clara à l'honneur à l'occasion de la journée de la
femme ».