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  El comisionado de paz, Luis Carlos Restrepo, dice que presidente Uribe está dispuesto a dar el paso de excarcelar guerrilleros, pero no sin ninguna condición.
Claudia Rubio / EL TIEMPO
 
Diciembre 23 de 2003

Libérer des guérilleros sans qu'ils déposent les armes est politiquement impossible, déclare le Commissaire à la Paix Luis Carlos Restrepo, qui explique la position du Gouvernement.

Selon lui, si l'administration a ouvert une porte pour un accord humanitaire, il ne faut pas perdre de vue que pour les Farc une libération des prisonniers, loin d'être un problème humanitaire, est d'abord un problème politique.

Q: À quelle conclusion sont arrivés lundi le président Uribe et l'ex-président López, concernant leur différence d'opinion sur les conditions d'un accord humanitaire ?

Le président Uribe a réitéré à l'ex-président López sa confiance pour que, d'une manière indépendante et autonome, il s'attelle à chercher la libération des kidnappés retenus par les Farc. Mais l'ex-président López considère que l'accord ne doit pas avoir des conditions. Le président Uribe quant à lui considère que tout membre de la guérilla qui sortirait de prison grâce à cet accord devrait s'engager à ne plus commettre de délits. Dans le cas contraire, ce serait aller à l'encontre de la politique de "Sécurité Démocratique" et cela nuirait au moral de la Force Publique.

Q: Sur le terrain, comment dépasser cette divergence ?

On s'attend à ce que l'ex président López accomplisse sa mission en prenant en compte la position du Gouvernement. Lundi il a proposé une alternative : compléter l'accord humanitaire par un accord politique, de telle sorte que les guérilleros libérés ne commettent plus de délits. Les otages devraient être libérés sans condition, mais aussi dans le respect du Droit International Humanitaire (DIH), qui dit clairement que la législation pénale des pays où ce Droit est appliqué doit être maintenue. Alors, nous ne pouvons pas prétendre passer au-dessus de la législation colombienne. Les guerilleros qui voudraient bénéficier d'une libération devraient solliciter une grâce, qui pourrait n'être accordée que s'il y a ce compromis.

Q: Il y aurait ainsi deux accords : un humanitaire et autre politique ?

Il faut différencier deux choses. L'aspect humanitaire doit organiser la libération des kidnappés, ce qui implique que les Farc reconnaissent l'article 3 de la Convention de Genève et libère, sans conditions, les personnes en leur pouvoir. Simultanément, il y aurait la possibilité d'un accord politique pour que des personnes qui sont en prison soient libérées, pour autant qu'elles s'engagent à ne plus commettre de délits.

Q: Le Gouvernement a-t-il confirmé cette approche ?

On ne pourrait pas expliquer à l'opinion publique qu'un groupe de guérilleros à qui on accorderait la liberté s'attaquent le lendemain à la population en pratiquant le kidnapping. Ceci est une position de bon sens, minimale, qui - si elle était acceptée - pourrait faire avancer de manière rapide la matérialisation d'un accord humanitaire. Dans le cas contraire, ce serait politiquement impossible.

Q: Politiquement impossible ?

Parce que s'il était conclu sans cette condition, un accord affecterait gravement le moral de la Force Publique et affecterait donc l'autorité du Président sur les Forces Armées. La Force Publique a exposé sa vie et a fait de grands efforts pour capturer ces guerilleros. Ses membres pourraient penser que leurs efforts ont été inutiles et les conséquences politiques de ceci pourraient être immenses. La politique de "Sécurité Démocratique" en pâtirait.

Q: L'ex président López déclarait qu'il y avait au Gouvernement un virage favorable...

Le président Uribe a ouvert plusieurs fois des portes. Au début de son Gouvernement il a conditionné cet accord à un processus de paix, puis en décembre passé il a nommé une commission composée d'ecclésiastiques, puis vers le milieu de cette année il a proposé de constituer une mission médicale pour que des personnes en état de santé critique puissent être libérées dans une première phase de l'accord humanitaire. Maintenant, il insiste sur la condition de base dont nous avons parlé pour le matérialiser.

Q:  Jusqu'où va l'autonomie de l'ex-président López ?

Son autonomie doit être comprise comme une indépendance personnelle. Il n'est pas un représentant du Gouvernement. Évidemment, il ne représente pas non plus la guérilla. C'est un facilitateur qui maintient son indépendance de jugement et qui, pour des raisons altruistes, cherche à rapprocher les deux parties. Cette autonomie doit aussi être comprise par rapport à la commission de l'Église. Nous avons aujourd'hui deux missions de rapprochement : celle de l'ex-président López et celle de l'Église.

Q: L'exigence que soient libérés tous les kidnappés est aussi maintenue ?

Nous ne pouvons pas faire des distinction entre kidnappés de première et de seconde classe. S'il s'agit d'un accord humanitaire, on doit obligatoirement libérer tous les kidnappés. C'est établi dans l'article 3 (de la Convention de Genève) : que la prise d'otage est interdite.

Q: En ce sens, le Gouvernement demande un compromis de la guérilla face à la pratique du kidnapping en général ?

C'est une exigence que nous entendons de plusieurs côtés. Le Président ne l'a pas expressément posée, mais nous considérons que c'est une exigence légitime. Si nous nous en référons aux termes de l'application du DIH, il ne devrait y avoir aucun compromis.

Q: Du point de vue des réalités politiques, voyez-vous l'accord proche ou lointain ?

Il s'agit d'un grand débat politique. De fait la prétention des Farc est politique, et non pas humanitaire. Quand ils pratiquent le kidnapping et essayent d'imposer leurs conditions, ce que cherchent les Farc est de frapper le coeur de l'Establishment et la politique de "sécurité démocratique". C'est un débat politique dans lequel, curieusement, on a insisté sur le responsabilité du gouvernement tandis que la responsabilité des Farc est restée dans l'ombre, alors que ce sont eux qui violent ouvertement le DIH et qui veulent imposer leurs conditions.

Q: Que répondre aux familles qui demandent au Gouvernement de nommer une commission officielle au lieu de désigner des facilitateurs externes ?

Ce n'est pas encore le bon moment pour une commission de négociations. Il s'agit pour le moment d'essayer de rapprocher les deux parties. En cela je suis d'accord avec l'ex-président López et avec l'Église. Nous ne pouvons pas handicaper la fonction des futurs négociateurs par une approche précipitée. Ils ont encore un long chemin à parcourir. En nous préparant le terrain, ils vont grandement faciliter la conclusion d'un accord humanitaire.

BIBIANA MERCADO RIVERA
Unidad de Paz de EL TIEMPO



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