30 Octobre 2003
Annulation du Congrès International sur les Droits Humains en Colombie, par
manque de des garanties
La Fédération Internationale de Droits Humains (FIDH) a
indiqué que "les accusations récentes contre les ONG en Colombie sont incompatibles avec
la tenue d'un congrès dans ce pays ".
"Les accusations réitérées (celles
proférées par le président Álvaro Uribe) contre les organisations non
gouvernementales colombiennes sont incompatibles avec la cause qui nous
réunira durant la réunion triennale qui réunira les défenseurs de droits humains des cinq continents ', a
dit président de la Fédération Internationale de Droits Humains
(FIDH), Sidiki Kaba, dans une lettre divulguée à Bogota.
Cette organisation non gouvernementale avec des statuts
consultatifs devant les Nations Unies et l'UNESCO, avait prévu de se réunir en février
prochain
dans la capitale Bogota, et vient de prendre la décision de l'organiser plutôt
en Équateur.
Pour le moment, le gouvernement ne s'est pas prononcé sur
la décision de la FIDH.
En septembre, Uribe avait affirmé au cours d'une cérémonie
militaire que les organisations non gouvernementales étaient
"des organisations politiques au service du terrorisme, qui agitent le drapeau des droits
humains pour essayer de restituer au terrorisme
l'espace que la force publique et la citoyenneté lui ont enlevé ".
Trois jours plus tard il avait réitéré son discours devant
une
population touchée par une action terroriste.
Le ministre de Défense, Martha Lucia Ramirez, avait par
la suite déclaré qu'elle allait demander une enquête sur les organisations non
gouvernementales qui opèrent en Colombie.
Les défenseurs des droits humains ont déclaré que les
déclarations d'Uribe les mettaient dans une situation encore plus
dangereuse, puisque des douzaines d'activistes des Droits Humains ont été assassinés
au cours des dernières années par les forces d'extrême droite.
"La FIDH trouve non seulement nécessaire mais aussi
urgent de demander le concours de la Communauté nationale et
internationale pour éviter que la stigmatisation contre les
défenseurs de droits humains en Colombie ne résulte, comme c'est arrivé au
cours des derniers mois, en actes de violence et en crimes encore plus nombreux et
plus graves contre les organisations non
gouvernementales ", a indiqué la FIDH dans une lettre.
La Colombie vit depuis plus de quarante ans une guerre interne
qui fait plus de 4.000 morts chaque année, selon le
dernier rapport de développement humain patronné par des Nations
Unies.