Bogota - la Colombie 28 mars 2004
Dimanche
 

"Il faut libérer tous les kidnappés en Colombie"

María Alejandra Villamizar/Madrid

À partir de cette semaine le nom de la Colombie et le drame du kidnapping que vit le pays se lira dans la partie extérieure de l'entrée de l'hémicycle au Parlement Européen à Strasbourg et à Bruxelles.

C'est le résultat d'une initiative des dirigeants de quatre parmi les partis politiques européens les plus importants qui siègent au Parlement : ils ont approuvé une résolution pour exiger "des groupes insurgés, partisans ou paramilitaires, la libération immédiate de de tous les kidnappés qui se trouvent en leur pouvoir".

Le président du Parti Populaire Européen, l'allemand  Hans-Gert Pottering ; l'eurodéputé espagnol Enrique Baron Crespo, président du Parti Socialiste ; le français Charles Pasqua du Groupe Union par l'Europe des nations ; et le britannique Graham Watson, du parti libéral, sont les signataires du document.

Selon le règlement du Parlement, on appelle ceci une "déclaration par écrit", qui est une procédure du Parlement pour traiter un sujet qui est considéré comme "une question propre du cadre d'activité de l'Union Européenne".

Le premier des quatre points de la déclaration soutient la raison fondamentale de la préoccupation européenne : "Le kidnapping de civils pour toute raison politique, économique ou religieuse est un crime contre l'humanité qui affecte le kidnappé, sa famille, ses proches et de la société dans son ensemble".

La déclaration indique que : "En Colombie la pratique du kidnapping constitue un problème de grandes dimensions et qui, bien qu'il ait diminué dernièrement, continue à exister à des niveaux inacceptables".

Bien que la déclaration mette l'emphase sur "tous" les kidnappés sans distinction, dans un de de ses paragraphes elle se réfère à quelques cas en particulier : "la situation regrettable où se trouvent un grand nombre de colombiens, y compris quelques mineurs d'âge, des soldats et des policiers kidnappés il y a plus de 7 ans, des congressistes comme Jorge E Gechem, Oscar Tulio Lizcano et Luis Eladio Pérez, les députés de la Vallée, l'ex ministre Fernando Araújo, l'ex candidate présidentielle Íngrid Betancourt et quelques citoyens européens".

Finalement, les eurodéputés signataires demandent "à la Commission et au Conseil" de l'Union Européenne, qui en sont les organes exécutifs, d' "entamer toutes les actions et et les efforts qui sont à leur portée, pour obtenir la libération de tous les kidnappés".

De nombreux soutiens

Il n'est pas habituel que les partis européens se mettent d'accord dans ce type "de déclaration par écrit", étant donné la diversité d'intérêts, de sujets et de positions qu'on examine aujourd'hui en Europe ; par conséquent ce fait a une signification politique spéciale pour la Colombie et c'est un message ferme pour les groupes qui détiennent des séquestrés.

Cette déclaration vient un mois et demi après la visite du président Uribe au siège du Parlement, au cours de laquelle plusieurs groupes politiques avaient quitté l'enceinte en guise de protestation contre certaines politiques du Gouvernement colombien, considérant la présence du président "peu appropriée et malvenue", comme l'a dit en son temps, le porte-parole du groupe des Verts, Mónica Frassoni. Les libéraux qui signent aujourd'hui cette résolution, n'avaient pas assisté au discours d'Uribe en février .

L'idée de la déclaration a été soutenue depuis deux semaines au sein du Parlement par l'eurodéputé espagnol du parti populaire, José Ignacio Salafranca, membre de la Commission des Relations Extérieures et des Droits Humains, et par un autre eurodéputé du PP, Iñigo Méndez de Vigo, deux proches de l'ex président Pastrana, qui depuis qu'il a accompagné le Président dans sa tournée en Europe, essaye de promouvoir les intérêts de son pays dans le vieux continent.

Comme le stipule le règlement du Parlement, cette déclaration sera imprimée dans toutes les langues officielles de l'Union et restera à considération des 626 membres du Parlement. Tous les eurodéputés qui le souhaitent pourront la signer dans les trois mois qui suivent, parce qu'il faut la signature de la majorité pour qu'elle poursuive son cours et qu'elle n'expire pas.

C'est Nicolás Echavarría,  l'ambassadeur de Colombie à Bruxelles, qui s'est vu confier la tâche d'obtenir cette majorité parce que bien qu'il soit facile de prévoir que les groupes armés ne s'occuperont pas de cette exigence de l'Union Européenne, la Colombie ne peut pas perdre une occasion d'obtenir des appuis internationaux pour résoudre, comme dans ce cas, un des fléaux les plus pénibles que génère le conflit.

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