Bogota - la Colombie 14 mars 2004
Dimanche
 

Ils concoctent un accord pour libérer les kidnappés

Unité de Paix

Avec soin, sans tapage et à feu lent, on concocte un rapprochement entre le Gouvernement National et les Farc pour mettre fin au drame des politiciens et des membres de la Force Publique kidnappés par ce groupe partisan.

Cet accord commence à apparaître après de longs mois d'embrouilles et de confusions juridiques. Tant les Farc que le Gouvernement auraient commencé à examiner la proposition de la Commission de Conciliation Nationale, qui cherche une solution de compromis à la liberté des personnes enlevées par ce groupe insurgé et des membres de cette organisation illégale détenus dans les prisons gouvernementales.

L'accord, qui serait appelé "acuerdo de voluntades", est le fruit de plusieurs réunions entre les Farc et les porte-parole de la Commission de facilitation de l'Église pour la construction d'un accord humanitaire, mise en place par la Commission de Conciliation Nationale.

De cette commission font partie l'évêque Tunja, monseñor Luis Augusto Castro, et le père Darío Echeverri González, qui depuis le gouvernement du président Andres Pastrana ont cherché une issue politique pour la libération de 59 membres de la Force Publique, deux mineurs d'âge, 10 dirigeants politiques nationaux et 12 ex députés de la Vallée du Cauca.

La première réunion entre les porte-parole de l'Église Catholique et le Farc a eu lieu le 5 octobre 2003. Ce jour-là, monseñor Castro et le père Echeverri ont négocié avec Raúl Reyes, Joaquin Gómez, Fabian Ramirez et Martín Sombra, sur la possibilité d'appliquer un accord humanitaire pour libérer les kidnappés et les guérilleros détenus.

L'Église et la Guerilla ont pu à nouveau entamer des conversations et construire des relations de confiance, après les dialogues de paix l'ancienne zone de distension qui ont été interrompus en 2002.

Une seconde rencontre de la Commission de facilitation et de la guérilla, sur le même sujet, a eu lieu le 27 décembre passé. Mais dans cette réunuion, le Farc avait changé presque tous ses porte-parole. Outre Reyes, du secrétariat, il y avait les membres de l'Etat-Major Ricardo et Camilo, qui ne figurent pas dans l'organigramme de cette guérilla.

Une troisième réunion s'est tenue approximativement il y a 20 jours. En elle, la Commission de facilitation de l'Église a présenté au Farc un projet qui en ce moment est en discussion entre les deux parties. On ne sait pas quels ont été les porte-parole cette fois-ci.

Le document élaboré le 9 janvier passé qui a été aussi soumis au Haut Commissaire pour la Paix Luis Carlos Restrepo, est le produit de cinq projets successifs qui ont été présenté par la Commission de faciloitation. Selon des sources proches à ce processus de rapprochement et qui ont voulu rester anonymes, la majorité de points présentés dans le "préaccord spécial" ont été méticuleusement révisés par le Gouvernement et les Farc. Toutefois, le bureau du Haut Commissaire pour la Paix s'est abstenu de tout commentaire.

Le texte ne contient pas les termes "échange humanitaire" ni "accord humanitaire", qui étaient sujets à contreverse. En échange, on parle d'"accord de bonne volonté" avec des buts humanitaires.

Le document de sept points prévoit la libération, presque simultanée, de quelques membres des Farc arrêtés par l'État ainsi que de militaires et de politiques au pouvoir du groupe partisan. Cette détermination est conditionnée, par le Gouvernement, à ce que les insurgés qui sortent de prisons signent un compromis où ils promettent de respecter les lois et de "de cne plus ommettre de délits". De fait, selon les sources, Raúl Reyes ne s'est pas opposé à la signature du compromis, pourvu qu'on leur offre les garanties requises.

Raul Reyes a introduit un alinéas dans le document présenté par l'Église : "Par le biais d'une Commission, intégrée, par exemple, par un représentant de l'Église, un représentant du Bureau de Droits Humains du Ministère public et de l'Inpec, il sera vérifié avec chacun des membres de la liste des Farc-Ep, sa disponibilité face à l'échange, son désir d'accéder à une réintroduction ou à un autre programme spécifique, sa disponibilité pour signer un compromis dans lequel on définit quelques obligations en rapport avec le respect des lois ; ses espoirs quant à la situation nationale ou internationale ".

Sur cet dernier aspect, trois sources consultées par El Espectador - une d'entre elles est diplomatique - ont admis qu'entre 40 et 60 guerilleros pourraient sortir des prisons. Toutefois, apparemment plusieurs de ceux-ci ne le signeraient pas, parce qu'ils sont sur le point de terminer leur peine.

Les autres libérés

On note également dans le document du préaccord qu'outre la révision du listing des politiques et militaires au pouvoir du Farc, on doit clarifier la présence des fils de Jaime Losada (Jaime Felipe et Juan Sebastián, kidnappés dans le bâtiment Miraflores de Neiva), Ramiro Carranza - frère de María Mercedes Carranza -, et de l'agent de Policie Heliodoro Lozano.

Pour la libération simultanée kidnappés et les prisonniers, le texte du préaccord écarte la neutralisation des départements le Caquetá et de Putumayo, proposée par le Farc. "La proposition ne fait pas référence à des 'défrichages 'ou des 'zones démilitarisées '".

Les parties seraient d'accord sur une "immobilisation des militaires opérationnels". De toute manière, c'est la proposition présentée par la Commission et c'est celle qui, selons sources, aurait des chances d'être acceptée.

 

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