El Espectador

La France recevra des guerrilleros libérés

(El Espectador 10 jan 03)

Le gouvernement national, par la voix de la Ministre de la Défense, Martha Lucia Ramirez, a confirmé hier que la France était prête à accueillir des guerrilleros des Farc qui seraient libérés dans le cadre d’un éventuel accord humanitaire qui permettrait de libérer des personnes séquestrées par cette guerre.

Comme l’avait prévu El Espectador dans son interview avec le président de la conférence épiscopale, monseigneur Pedro Rubiano, publiée le dimanche 27 octobre 2002, le Gouvernement « encouragerait » un accord humanitaire, avec des mécanismes spéciaux pour éviter que les guerrilleros qui en bénéficieraient ne retombent pas dans la délinquance.

Ainsi, le gouvernement est en train de prendre des contacts avec des pays amis qui pourraient accueillir les guerrilleros démobilisés.

« Nous avons dit que les guerrilleros qui éventuellement sortiraient des prisons ne devraient pas retourner chez eux mais aller dans un pays ami de la Colombie et c’est dans ce sens que la France a manifesté son désir de coopérer pour les accueillir sur son territoire » a affirmé la Ministre de la Défense.

Ramirez, ex Ambassadrice de Bogota à Paris, a ajouté, que, dans tous les cas, les relations de l’éventuel accord humanitaire seraient canalisées par l’Organisation des Nations Unies (ONU) à la demande du président Alvaro Uribe.

Le Ministre français des Relations Extérieures, Dominique de Villepin, a annoncé le 29 novembre dernier à Bogota l’engagement de Paris pour « aider et faciliter un échange humanitaire » qui permettrait la libération de séquestrés dans le pays andin, et a demandé aux Farc de l’avertir pour initier un dialogue sur ce sujet.

Les Farc ont refusé l’exigence officielle de recourir aux bons offices de l’ONU pour souscrire l’accord, avec l’argument que « tout dialogue avec l’Etat doit être réaliser face à face, sans intermédiaires ».

Le groupe insurgé exige, pour sa part, une loi de caractère permanent qui permettrait d’échanger 23 politiques – parmi eux l’ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt – et 47 membres de la Force Publique qu’il maintient en sou pouvoir, contre des dizaines de guerrilleros prisonniers, ce qui a été totalement été refusé par l’Exécutif.

Uribe a signalé mercredi qu’il ne se passerait pas de la médiation de l’ONU pour rechercher un dialogue de paix avec les Farc et un accord humanitaire qui permettrait la libération des personnes séquestrées par cette guerrilla.

« Je ne me passerais pas de la participation de l’ONU car j’ai des devoirs supérieurs avec ma patrie, comme avoir un interlocuteur qui garantisse à la Colombie un processus de paix sérieux et irréversible » a dit le mandataire à la presse.

Le Chef de l’Etat, a signalé que son gouvernement a autorisé quelques pays, institutions et personnes a aidé à la réalisation de l’accord humanitaire.

« Après avoir examiner minutieusement la problématique du processus humanitaire, j’ai proposé deux conditions qui sont raisonnables : que tous les séquestrés soient libérés et que les guerrilleros qui sortiront de prisons ne redeviennent pas des délinquant, qu’ils ne retournent pas chez les Farc mais qu’ils soient accueillis par un pays comme la France afin qu’ils puissent jouir de liberté mais à la condition de ne pas redevenir des délinquants » a-t-il indiqué.

Les Farc ont accusé Uribe de n’avoir aucune volonté de paix, d’être « fasciste et néolibéral », de s’être allié avec les paramilitaires d’extrrême droite et de conduire le pays vers une guerre civile et c’est pour cette raison qu’ils ont proposé un « gouvernement alternatif ».


AlterFocus : info Ingrid Betancourt www.Betancourt.info