24/12/02 : Avec
2002 se termine en Colombie une des années les plus difficiles et
le plus violentes.:
Avec 2002 se
termine en Colombie une des années les plus difficiles et le plus
violentes. Les atrocités commises contre le peuple par divers
groupes terroristes sont innombrables. Ils ont assassiné des
milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils retiennent plus
de 5000 personnes séquestrées. La violence a obligé le
déplacement de plus de 2 millions de paysans. La quantité de
blessés et de mutilés est énorme. Le bilan est terrifiant. Et
il est terrifiant de constater que les victimes et les
tortionnaires sont nés sur ce sol et dirigés par la même
bannière.
Ces jours-ci, quand
les familles vont se réunir pour célébrer Noël et le Nouvel
An, on note la même cruauté de la part des kidnappeurs et la
souffrance des victimes et de leurs familles. Souvenons-nous que
des centaines de soldats séquestrés attendent depuis plus de 4
ans dans un camp de concentration qu’on s’occupe d’eaux. Et
c’est une infamie d’avoir séquestré le Gouverneur d’Antioquia
et l’ex ministre Gilberto Londono, alors qu’ils essayaient d’entamer
la paix dans une zone de violence.
La situation d’Ingrid
Betancourt et de Clara Rojas est dramatique. Séquestrées depuis
10 mois, courageuses, elles voulaient se rendre à Caguan pour
accomplir un engagement avec le peuple. Ils ont truqué la
campagne présidentielle d’Ingrid. Et quand son papa, qu’elle
adorait, est mort, ils ne lui ont pas permis de communiquer avec
sa famille. Depuis la vidéo diffusée en mai, dans laquelle on
voit Ingrid et Clara fatiguées, rien d’autre n’a filtré sur
elles.
Depuis, d’importantes
campagnes internationales contre la séquestration colombienne ont
été menées. La proposition généreuse menée par la France a
été soutenue par l’Italie et l’Allemagne, pays qui
symboliquement, ont honoré Ingrid pour son courage, pour sa lutte
contre la corruption. De plus, les européens exigent le respect
des droits de l’Homme, droits respectés dans d’autres mondes
combattants avec un peu de dignité. Mais que peut-on espérer de
personnes capables de séquestrer des petites filles de 3
ans ? Un papa a dénoncé son cas au moyen de la radio. Il a
vendu le peu qu’il avait et a payé pour qu’on lui rende sa
petite fille mais la gamine n’a pas été restituée.
Ce gouvernement,
qui veut tout jouer pour mettre ce pays en avant, devra résoudre
le problème de la séquestration. Quelquefois, il est prêt à
échanger des êtres humains contre de l’argent ; d’autres
fois, ils séquestrent des politiques pour s’en servir de
parapet et limiter l’action défensive des Forces Armées. Et
aussi pour l’échange de prisonniers. Solution impossible, pour
des raisons d’éthique, juridiques et constitutionnelles.
Pendant ce temps, les familles des victimes ont confiance dans l’échange
humanitaire. Mais le problème est immense car les kidnappeurs
veulent imposer leur sainte volonté et le Gouvernement ne peut
pas céder.
Mais il faut
trouver une autre solution parce que le fait qu’en Colombie, il
y ait 5000 séquestrés est une tragédie nationale. Et c’est
une honte internationale. Cependant, nous les colombiens, nous
devons faire beaucoup plus. Mais ce qui est sûr c’est qu’en
Europe les campagnes contre la séquestration sont beaucoup plus
agressives et plus constantes. Et, pour être francs, nous avons
laissé seules les familles des séquestrés. Et celles-ci, bien
qu’il ne se passe rien, continuent à se mobiliser. Et elles ont
confiance dans les bons offices du président Uribe, du
vice-président Santos, du Commissaire de la Paix.