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AFFAIRE BETANCOURT
“La France, seule responsable”

“Carta Capital” revient sur l’affaire Betancourt en affirmant que toutes les responsabilités peuvent être “imputées à la France”. L’hebdomadaire brésilien avait révélé dans son édition du 23 juillet que onze français détenteurs de passeports diplomatiques étaient entrés sur le sol brésilien, à Manaus en Amazonie, à bord d’un Hercules C-130, en vue de libérer Ingrid Betancourt, ancienne candidate aux élections présidentielles colombiennes, otage des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) depuis le 23 février 2002.

“‘Tout ceci n’est qu’un tissu d’inepties’, avait alors déclaré l’ambassadeur de la France au Brésil”, ironise “Carta Capital”. Et Bob Fernandes, rédacteur en chef de la revue, de signaler que “la version de la diplomatie française s’est pourtant ajustée aux circonstances pendant toute la semaine qui a suivi la révélation de l’affaire”.

Ces ajustements diplomatiques ont finalement conduit Dominique de Villepin à revenir sur ses précédentes déclarations et à exprimer, jeudi 31 juillet, son regret de n’avoir pu informer son homologue brésilien Celso Amorim de l’existence même de cette mission, que le Quai d’Orsay persiste à qualifier de “médicale”. “Je regrette, alors que le Brésil attendait un ‘Excusez-moi’”, relève l’hebdomadaire.

Médicale ou pas, pour “Carta Capital” la responsabilité de la France dans l’échec de cette opération est néanmoins totale. Dans son édition du 30 juillet, la revue accuse : “Le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, était présent à Paris jusqu’au 7 juillet pour une rencontre franco-brésilienne préalablement fixée sans lien avec Ingrid Betancourt. Il n’a été ni informé ni consulté.”

L’hebdomadaire tient cependant à clarifier un point qui a suscité l’indignation de la diplomatie française : “La police fédérale a tout d’abord cru à une opération de ‘biopiraterie’. Les services de renseignement brésiliens ont ensuite soulevé l’hypothèse que l’avion militaire français pouvait éventuellement transporter des armes en vue d’une future négociation avec les FARC. Mais il faut noter qu’il s’agissait d’un soupçon, ni plus ni moins. Soupçon qui a eu pour origine le refus répété des Français de laisser pénétrer la police fédérale du Brésil à l’intérieur de l’avion”, souligne le magazine.

Quoi qu’il en soit, ces “erreurs et bavures commis par la France” ont contraint la police fédérale “à enquêter sur les raisons de la présence française en Amazonie. Et la police a opéré sans aucune discrétion dans la région. La présence d’hélicoptères et les déplacements d’hommes ne sont certainement pas passés inaperçus aux yeux des FARC qui sont guérilleros depuis plus de quarante ans”, conclut l’hebdomadaire.

MM

© Courrierinternational.com

d'après Carta Capital

En bref
 

This Day
Taylor se battra jusqu’à sa démission !

Taylor se battra jusqu’à sa démission !
Un premier contingent de 300 militaires nigérians de la force ouest-africaine de maintien de la paix devrait arriver au Liberia aujourd’hui lundi 4 août, selon le quotidien nigérian “This Day”. Cette force, qui intervient sous l’égide de l’ONU, aura fort à faire car les combats entre forces loyales au président libérien Charles Taylor et rebelles du mouvement des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) se sont intensifiés le 3 août. Les forces présidentielles ont tenté de reconquérir trois ponts et le port tombés aux mains des rebelles la semaine dernière. Ce faisant, Charles Taylor a renié son engagement pris devant des émissaires africains de cesser les combats dans la perspective d’une démission officielle “pour le bien du Liberia” le 11 août prochain.


 
Irish Examiner
Gerry Adams menacé de mort dans son propre camp

L’Armée républicaine irlandaise (IRA) ressort de l’ombre cet été. Non pas l’IRA officielle, qui est en sommeil depuis la fin des années 90, mais ses branches dissidentes : IRA continue et IRA réelle. L’IRA continue, implantée principalement dans le sud de l’Irlande, a reçu un coup rude : la police irlandaise a en effet découvert l’un de ses camps d’entraînement. Une dizaine d’hommes, âgés de 18 à 45 ans, ont été appréhendés. Dans le même temps, selon les forces de police nord-irlandaise, l’IRA réelle tenterait d’assassiner Gerry Adams, le leader du Sinn Féin, la branche politique de l’IRA officielle. Gerry Adams ne s’en émeut pas plus que cela : “Je ne suis pas intimidé, je représenterai jusqu’au bout les personnes qui ont voté pour moi et qui croient au processus de paix”.


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