Paris, le 19 mai 2004

Colombie : c'est la démocratie qu'on assassine !



Les Verts protestent vigoureusement contre la décision du Conseil d'Etat colombien qui vient de retirer leur existence légale à quatorze partis non représentés au Parlement, en validant la réforme politique adoptée dans ce but par le Parlement colombien en 2003. Le Conseil National Electoral avait jugé sagement que cette mesure ne pouvait s'appliquer de manière rétroactive à des partis qui satisfaisaient à toutes les conditions de reconnaissance jusqu'en 2006, mais il vient d'être désavoué par le Conseil d'Etat.

Cette réforme scandaleuse, ce véritable attentat contre la démocratie et contre le pluralisme, a été adoptée par les deux partis - conservateur et libéral - qui font régner de toute éternité la corruption et le bipartisme au Parlement, dans le but d'empêcher l'émergence de forces politiques nouvelles susceptibles de faire sortir la Colombie d'un conflit armé qui dure depuis quarante ans et qui plonge le pays dans la misère et le chaos.

Au premier rang des partis qu'on assassine légalement aujourd'hui figure le parti Vert colombien (Partido Verde-Oxigeno) d'Ingrid Bétancourt  qui a été maintenu en vie avec une foi admirable, depuis l'enlèvement d'Ingrid en 2002, par son mari, Juan-Carlos Lecompte, et par ses militants.

C'est au moment même où Ingrid Bétancourt, devenue dans le monde entier le symbole de la lutte pour la paix, pour la démocratie et contre la corruption, est menacée dans sa vie et privée de parole par les FARC, c'est au moment même où son parti est ainsi affaibli - et qu'ils auraient donc besoin d'aide - c'est à ce moment précis que l'Etat colombien décide de leur porter le coup de grâce. Si la classe politique corrompue qu'Ingrid et son parti n'ont cessé de dénoncer supprime aujourd'hui le Partido Verde-Oxigeno, c'est qu'elle se satisferait très bien de la disparition d'Ingrid.

C'est pourquoi les Verts mettent en garde le président colombien Alvaro  Uribe  contre toute action qui pourrait mettre en danger la vie d'Ingrid Bétancourt, si précieuse pour la Colombie, pour les Verts et pour l'espoir d'un monde plus juste et plus démocratique.

Les Verts