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Le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo, qui a été détenu par les FARC avec la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, est en visite mardi à Paris, tandis que la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez fait renaître l'espoir d'une libération des otages.
M. Araujo devait rencontrer son homologue français Bernard Kouchner dans l'après-midi pour aborder la question d'un échange humanitaire et des efforts internationaux en cours pour faire libérer Mme Betancourt, enlevée en 2002, et plusieurs dizaines d'autres otages de la guérilla marxiste.
Le ministre colombien avait lui-même échappé en décembre à ses ravisseurs des Forces armées révolutionnaires de Colombie après six ans de captivité. Il avait été nommé aux Affaires étrangères un mois et demi plus tard.
Cette rencontre intervient à un moment où le numéro 2 des FARC, Raul Reyes, s'est dit favorable à une réunion entre le chef de la guérilla colombienne Manuel Marulanda et M. Chavez, dans un entretien publié lundi par le quotidien mexicain La Jornada. "Ce sera une rencontre historique (et) nécessaire pour le bien de toute la région et particulièrement pour le peuple colombien, qui est victime de l'actuel gouvernement" colombien, affirme M. Reyes.
En attendant cet entretien au sommet extrêmement difficile à organiser, c'est à la lumière de la rencontre, vendredi à Bogota, entre le président colombien Alvaro Uribe et M. Chavez que les ministres s'entretiendront, selon le ministère français des Affaires étrangères. M. Chavez se réclame de la gauche révolutionnaire, ce qui peut favoriser un climat de confiance avec les FARC. Il a été mandaté pour assumer les fonctions de médiateur vendredi par son homologue colombien.
Le président vénézuélien a annoncé ensuite avoir envoyé un message au chef historique des FARC, avec lequel il souhaiterait pouvoir négocier directement. L'initiative de M. Chavez tombe d'autant plus à pic que les efforts du président français Nicolas Sarkozy, qui a fait de l'affaire Betancourt l'une de ses priorités, n'ont pas suffi jusqu'à présent à débloquer la situation.
La France a salué lundi "les efforts" du président Chavez et appelé les FARC à "réaliser sans attendre les avancées nécessaires". Il s'agit d'obtenir un échange entre 500 rebelles emprisonnés et le groupe d'otages retenus par la guérilla, dont M. Araujo faisait lui-même partie aux côtés de Mme Betancourt.
M. Kouchner a jugé pour sa part "très inquiétant" que la France n'ait pu obtenir jusqu'à présent des preuves de vie d'Ingrid Betancourt, candidate des Verts à la présidentielle, enlevée le 23 février 2002. La France a d'autre part réaffirmé qu'elle restait fermement opposée à toute tentative de libération des otages par la force, et a obtenu du président colombien l'engagement d'être consultée avant toute décision de ce genre.
M. Araujo avait toutefois déclaré dès sa nomination qu'il préconisait la force pour libérer les otages, en soulignant que, malgré l'opposition de la France, l'Etat colombien ne pouvait renoncer à cette option.