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En Colombie, Hugo Chavez s'implique dans les tractations sur les otages colombiens

01/09/2007 - Le Monde, CyberPresse, Le Nouvel Obs, UniVision, 2001.ve, Radio Netherlands

Yolanda Pulecio, mère d'Ingrid Betancourt, embrasse le président vénézuélien, Hugo Chavez, à Caracas le 20 août 2007. Le président vénézuélien Hugo Chavez est arrivé en Colombie, vendredi 31 août, où il devrait endosser le rôle de médiateur en vue d'obtenir un accord humanitaire pour la libération des 45 otages retenus par les FARC, dont Ingrid Betancourt. L'implication récente de M. Chavez dans les tractations entre le gouvernement colombien et la guérilla marxiste est perçue comme positive d'un côté comme de l'autre, le chef d'Etat vénézuélien bénéficiant à la fois d'une légitimité étatique et du respect des FARC.

"Cette médiation a des chances de succès bien supérieures aux précédentes qui ont toutes échoué, parce que Chavez bénéficie de la confiance des deux camps", a confirmé Pavel Rondon, ambassadeur du Venezuela à Bogota sur une radio colombienne. M. Rondon a ajouté qu'Hugo Chavez avait récemment "reçu de la guérilla une nouvelle proposition", dont il n'a pas révélé la teneur. Le 19 août, M. Chavez avait demandé au chef des FARC, Manuel Marulanda, de lui "faciliter la tâche" et de "débloquer le jeu".

Avant toute libération, la guérilla marxiste exige toujours l'établissement pendant quarante-cinq jours d'une zone démilitarisée dans les municipalités de Florida et Pradera, afin de procéder aux négociations. Elle demande également la libération de 500 guérilleros actuellement emprisonnés.

IL "PEUT APPORTER SA TOUCHE PERSONNELLE"

A la veille du départ de M. Chavez pour Bogota, il semblait que les deux camps étaient prêts à faire des concessions. Le président vénézuélien a accordé une amnistie à un groupe de 41 paramilitaires colombiens, accusés d'avoir fomenté un putsch contre lui en 2004. De leur côté, les FARC s'apprêtaient à remettre les corps de onze députés provinciaux tués le 18 juin, alors qu'ils étaient retenus en otage, selon le président colombien.

Pourtant, la visite du président vénézuélien n'a pas démarré sous les meilleurs auspices. Ainsi, le quotidien colombien El Tiempo rapporte l'existence d'un"agenda parallèle" de M. Chavez, qui aurait l'intention d'effectuer une visite de deux jours et de rencontrer les familles d'otages et de guérilleros emprisonnés, alors que la présidence colombienne souhaiterait réduire ce déplacement à une rencontre de six heures entre les deux chefs d'Etat.

La France, qui, avec l'Espagne et la Suisse, est le pays européen qui s'implique le plus dans cette l'affaire, suivra de près le déplacement de M. Chavez en Colombie. Nicolas Sarkozy s'est entretenu, par téléphone, avec ses homologues vénézuélien et colombien au cours de la semaine, leur faisant part de sa confiance. Vendredi, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a dit espérer que cette médiation "sera au moins utile", estimant qu'Hugo Chavez "peut apporter sa touche personnelle, bien qu'il soit lui-même très controversé".


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