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Jhon Pinchao, policier colombien , détenu huit ans par la guérilla des FARC, est en tournée de communication à l'initiative de son gouvernement.
Le visage crispé, le regard fixe, le débit un peu sec... Il y a peu d'émotion quand Jhon Frank Pinchao, sous-officier de la police colombienne, raconte sa séquestration de 8 ans par les FARC. Quand il évoque son évasion ou parle d'Ingrid Betancourt qu'il aurait côtoyée dans un camp durant 2 ans et 9mois... Il est venu spécialement de Colombie à la demande de son gouvernement. Opération médiatique à Madrid, Paris et Bruxelles... au moment même où un autre Colombien très populaire est en Europe. Gustavo Moncayo, cet enseignant, père d'un soldat retenu comme otage depuis 10 ans, vient d'être reçu au Sénat belge et au Parlement européen, après une longue marche de la paix (900km) à travers le pays. «Coïncidence», affirme Pinchao.
Il communique en tout cas à la manière des policiers latino-américains. Sans en dire de trop. Sa formation l'empêche sans doute aussi de s'épancher sur lui-même et sur le sort des autres otages.
Le 1ernovembre 1998, son unité a été attaquée par un groupe de 1500 guérilleros. Pinchao a été détenu avec 45 autres policiers kidnappés. Jusqu'à son évasion en mai dernier, ce ne furent que marches forcées dans le sud-est du pays, côté Brésil.
Il répète qu'Ingrid Betancourt vit enchaînée à un arbre ou à son lit. Qu'elle ne peut avoir de contacts avec les autres otages (dont les 3 Américains et le sénateur Luis Eladio Perez). Du travail forcé? «Non, on lit et on fait des exercices physiques.»
Pinchao assure que les otages sont informés de la campagne de soutien internationale. Et que les FARC leur laissent écouter tous les jours les messages de solidarité lus par leurs familles sur différentes radios. Avec force, il rejette le terme de «guerre civile» pour parler du conflit. Mais il qualifie la guérilla de groupe de délinquants devenus terroristes. «Ils veulent soi disant le bien du peuple mais prennent ce peuple en otage.» Il s'interroge sur le financement des comités Betancourt. «C'est une grande mobilisation, ça doit coûter cher», dit-il songeur, comme s'il évoquait un grand complot. Après son évasion, Pinchao a dit que les interventions armées pouvaient mettre en péril la vie des otages. Il le confirme, mais ajoute aussi qu'un État se doit de faire ce qui est en son pouvoir pour récupérer les otages.