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Le "marcheur pour la paix" arrive en France à la recherche d'un appui international

15/09/2007 - Terra España

click to enlargeLe professeur colombien Gustavo Moncayo, père d'un militaire captif des FARC depuis presque dix ans et que l'on surnomme maintenant "le marcheur pou la paix", est arrivé aujourd'hui en France à la recherche d'un appui international à son combat par un accord humanitaire qui permette la libération des otages.

"Avec mon arrivée en Europe, c'est une grande porte qui s'ouvre pour rechercher l'appui de la Communauté européenne et du reste du monde pour que le gouvernement colombien et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) se rendent compte qu'il y a un soutien pour notre marche ', a déclaré le professeur agé de 55 ans dans une conférence de presse à Paris.

Avec des larmes dans les yeux, Moncayo a raconté le calvaire qu'il souffre depuis presque dix années et aussi la "marche pour la paix" qui l'a récemment porté à la première page des journaux, en couvrant à pied les 950 kilomètres qui séparent son village de Sandona, dans l'État de Nariño (sud de la Colombie), et Bogota.

À son arrivée à Bogota, 45 jours après le début de sa randonnée, Moncayo a été acclamé par des milliers de personnes et a été reçu par le président, Alvaro Uribe, auquel il a remis deux millions de signatures qui appuyent l'accord humanitaire pour l'échange des otages en pouvoir des FARC contre un demi - millier de guérilleros emprisonnés.

La capitale française est la première étape de son periple qui, à bord d'un motorhome, l'amènera dans 25 villes françaises, ainsi qu'à l'Assemblée Nationale (Chambre de députés) mercredi prochain.

La route européenne de Moncayo inclut aussi des étapes en Belgique, où sera reçu par le Parlement Européen mardi prochain, en Allemagne et en Italie, où il est prévu qu'il rencontre le premier ministre, Romano Prodi, ainsi que le Pape, au Vatican.

Moncayo a tenu aujourd'hui une conférence de presse à Paris où, après avoir rappelé sa lutte de dix années pour la libération de son fils Pablo Emilio, il a souligné l'importance 'd'internationaliser ' le message de paix qu'il a porté au cours des derniers mois à travers la Colombie.

'Nous devons dire au gouvernement colombien et aux FARC que nous ne nous mobilisons pas seulement pour l'accord humanitaire, mais que le monde entier nous approuve, pour qu'il n'y ait plus cette méfiance, pour donner de la solidité à notre demande ', a-t-il déclaré.

Le professeur, qui voyage en Europe avec sa fille Yuri Tatiana qui l'avait aussi accompagné dans sa randonnée, a assuré qu'il était conscient que la 'marche pour la paix ' lui a donné une notoriété qu'il n'avait pas obtenue pendant les années précédentes, où il avait rencontré des représentants du Gouvernement et de la plus grande guérilla de ce pays sud-américain.

"Quand je suis arrivé à Bogota le Gouvernement a senti qu'il avait non pas un petit, mais un grand problème, parce que j'ai été capable de mobiliser des milliers de personnes. Le président Uribe a senti la nécessité de faire quelque chose, a assuré Moncayo, qui a indiqué qu'il avait aussi reçu des messages des FARC et des groupes paramilitaires.

La guérilla lui a envoyé des preuves que son fils Pablo Emilio, kidnappé par les FARC en décembre 1997 à l'age de 19 ans, était bien en vie, quatre années et quatre mois après le dernier témoignage qu'il avait reçu de la guérilla.

C'est alors qu'Uribe a décidé 'd'ouvrir la porte ' pour la médiation du président vénézuélien, Hugo Chávez, a-t-il indiqué.

'Cette initiative nous remplit d'espoir. C'est plus facile que les FARC se réunissent avec Chávez qu'avec Uribe, ou que les FARC se réunissent avec le gouvernement colombien au Vénézuéla qu'en Colombie. Cela facilite l'accord humanitaire et cela nous remplit de bonheur ', a-t-il dit.

Moncayo a fait l'éloge de la mobilisation qui existe en France pour demander la libération de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, qui a aussi la nationalité française et qui est en pouvoir des FARC depuis février 2002.

'En Colombie il y a milliers d'otages et c'est difficile que tout le monde se mobilise. S'ils le font un jour, le jour suivant ils ont oublié. Je suis heureux d'être en France, pays qui a porté les efforts pour la libération d'Ingrid Betancourt et cela, c'est un très grand soutien ', a-t-il indiqué.

Dans son voyage en Europe, Moncayo dispose de l'appui de la Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB).

Les FARC ont en leur pouvoir outre Betancourt, àClara Rojas, sa compagne dans la candidature à la présidence, des policiers, des militaires, et trois Nord-américains qui constituent la liste des personnes "échangeables" contre des guérilleros emprisonnés.


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