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Juan Carlos Lecompte, époux de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt kidnappée par les Farc en 2002, rivalise d'imagination pour rendre le moral à sa conjointe kidnappée.
Cette fois, il a décidé de lancer, depuis un avion de tourisme, sur des zones inhospitalières du sud colombien, des milliers de feuillets avec les photos de ses enfants. "L'idée est que ces photos des enfants d'Ingrid (Mélanie et Lorenzo) arrivent à elle, lui remontent le moral et lui donnent du courage, parce qu'elle doit avoir des moments de dépression, moments pendant lesquels elle pourrait penser au suicide", a déclaré Lecompte à l'APTN, la division télévisuelle d'AP.
Il a ajouté que les photos sur lesquelles apparaissent ensemble Mélanie et Lorenzo, respectivement 20 et 17 ans, ont été envoyées "pour qu'elle voit combien ses enfants sont beaux ... cela la rendra heureuse et la surprendra énormément".
Lecompte a loué un avion de tourisme avec lequel il a survolé la cordillère centrale "où on m'a dit qu'elle pouvait se trouver ... au pied du mont enneigé El Huila ".
Après avoir lancé les feuillets, Lecompte a admis que "cela m'a aussi remonté le moral. Je sens que j'ai fait aujourd'hui quelque chose d'utile, quelque chose pour elle et cela me donne des forces ".
Il a déclaré que depuis août 2003, quand ils ont reçu la dernière preuve de survie, personne ne sait rien d'Ingrid.
Lecompte déplore que le manque de volonté du gouvernement et de la guérilla maintienne paralysée la négociation d'un accord pour libérer les douzaines de séquestrés au pouvoir des Farc. "L'accord humanitaire est en ce moment gelé", s'est-il plaint.
Betancourt, qui est aussi citoyenne française, a été kidnappée le 23 février 2002 alors qu'elle se disposait à faire oeuvre de prosélytisme dans une zone qui, trois jours avant, était la scène de conversations de paix entre le gouvernement et le Farc.
Betancourt cherchait arriver dans une commune locale quand elle a été kidnappée par un commando de cette guérilla.
Avec elle, 60 prisonniers que le Farc sont disposés à libérer si le Gouvernement accepte de faire la même chose avec des centaines de guérilleros incarcérés.
Toutefois, depuis que le président Alvaro Uribe est arrivé au pouvoir en 2002, il n'y a pas eu de rapprochements formels pour négocier sur ce sujet.