Dans ce film, un chef local de la guerilla des FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, assure que la franco-colombienne, enlevée en février 2002, se porte bien • Il précise que l' ancienne candidate à l’élection présidentielle vit dans les mêms conditions que que les rebelles qui la détiennent •
Après plusieurs mois de silence, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a permis la diffusion dimanche soir d'une vidéo donnant des nouvelles d'Ingrid Betancourt.
Dans ce film, qui doit faire partie d'un documentaire et qui aurait été tourné récemment mais qui n'est pas daté, on peut voir Francisco González, alias Pacho, le chef du front VI des FARC, auprès d'un campement de la guerilla. Celui-ci assure que la franco-colombienne, enlevée en février 2002, se porte bien, «Mme Betancourt, ancienne candidate à l’élection présidentielle colombienne, vit dans les mêmes conditions, qu’il s’agisse d’alimentation, de sommeil ou de distraction, que les rebelles qui la détiennent». Il ajoute qu’Ingrid Betancourt est «appréciée et respectée».
Sergio Coronado, le porte-parole des Verts français a exprimé son «soulagement», après la diffusion de la vidéo~: «Depuis plus de deux ans, les FARC refusaient de donner des preuves concrètes de la survie de Ingrid Betancourt, malgré les demandes constantes de sa famille, et la mobilisation internationale en faveur de la libération de l’ensemble des otages colombiens».
Le parti écologiste a appelé «le Parlement européen à faire un geste fort et à décerner le prix Sakharov à l’ensemble des otages en Colombie et à tous ceux qui œuvrent pour leur libération». Ingrid Betancourt fait partie des dix candidats au prix Sakharov 2006 pour la liberté de penser. Chaque année depuis 1988, les eurodéputés décernent ce prix doté de 50 000 euros à des personnalités ou organisations qui œuvrent de façon exceptionnelle pour le respect des droits de l’Homme.
Dans une autre vidéo diffusée dimanche soir, les FARC ont par ailleurs fourni des preuves de survie de 12 députés colombiens qu’elle détient depuis avril 2002. «C’est Rufino Varela qui parle», déclare un député de la ville de Cali dans cette vidéo d’une heure et demie filmée le 8 août dernier, «Nous sommes détenus depuis 52 mois et notre santé est en train de se détériorer».
Les douze parlementaires régionaux supplient le président Alvaro Uribe de négocier avec la guérilla et d’accepter la démilitarisation de deux municipalités dans le sud du pays pour négocier un échange entre les 58 otages détenus par les FARC et 500 membres de la guérilla emprisonnés. «J’exhorte le président Uribe et la direction des FARC d’éviter de faire des déclarations aux médias sans faire preuve d’une véritable volonté de parvenir à un échange humanitaire, par des actes et le dialogue», ajoute un autre otage, Ramiro Echeverry.
Alvaro Uribe a accepté l’idée d’un accord humanitaire qui permettrait la libération des otages, mais son gouvernement et la rébellion sont en désaccord sur la création d’une zone démilitarisée dont Bogota redoute qu’elle permette la guérilla de rassembler ses forces.