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La Colombie est contre les défenseurs des droits de l'homme, affirme Amnesty International

08/09/2006 - El Tiempo

 Selon l'organisation, il y a une "stratégie coordonnée" pour freiner la tâche et discréditer le travail de ces activistes, pour créer un climat de terreur et les dissuader.

Ces déclarations ont été effectuées par Esteban Beltrán, directeur d'Amnesty International (AI) en Espagne, qui a demandé au gouvernement d'Álvaro Uribe de rendre public son "ferme appui" aux défenseurs des droits humains.

 Pendant la présentation d'un rapport intitulé 'Crainte et intimidation : les dangers du travail pour la défense des droits humains ', Beltrán a assuré que "il y a des preuves à propos de déclarations au plus haut niveau de l'État et des Forces Armées contre les défenseurs, les traitant de subversifs au service de la guérilla".

"Ce type de déclarations affaiblit le travail (des défenseurs de droits humains) et il peut arriver que les forces de sécurité attaquent des défenseurs et des chefs communautaires", dénonce le rapport qui cite des exemples de harcèlement, de menaces de mort, d'investigations criminelles montées de toute pièce, de témoins achetés, de charges pénales sans fondement, de listes noires et de meurtres, exemples obtenus par des enquêtes effectuées par l'organisation ces quatre dernières années.

"Plus de 10 organisations colombiennes des droits de l'homme doivent prendre des mesures de protection pour accomplir leur tâche", a dénoncé Luz Marina Monzon, membre de la Commission colombienne des Juristes. Elle a assuré qu'étant donné "une politique institutionnelle d'impunité (...), aucun des cas d'agressions contre des défenseurs des droits humains n'a abouti à des sanctions effectives des responsables concernés".

La grande majorité des menaces et attentats sont, semble-t-il, l'oeuvre des forces de sécurité et de leurs alliés paramilitaires, mais également de membres de la guérilla de gauche, précise Beltrán qui a en outre affirmé que toutes se déroulent dans le cadre légal de la mal nommée "loi Justice et Paix".

Beltrán a admis que les conversations qu'il a entretenues avec le gouvernement espagnol durant ces quatre années n'ont eu qu'un succès mitigé auprès des autorités de la Colombie, où selon AI, durant les dernières 20 années, le conflit armé a causé le décès de quelque 70.000 personnes, en majorité des civile, et le déplacement interne de plus de trois millions de personnes.


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