|
||||||
Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, kidnappée depuis février 2002 par la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), a demandé aujourd'hui au président de Colombie, Álvaro Uribe, de ne pas tenter un sauvetage militaire des otages de ce groupe insurgé.
Pulecio a rejeté les affirmations attribuées au ministre de l'Intérieur et de la Justice, Sabas Pretelt, qui avait déclaré que si la guérilla n'acceptait pas de dialoguer pour libérer les kidnappés, le Gouvernement tenterait de les libérer par la force.
La mère d'Ingrid a rejeté, au moyen d'un communiqué, « un sauvetage à feu et à sang» et a indiqué que « l'unique moyen pour libérer les kidnappés est un accord humanitaire ».
« Aucun Gouvernement ne peut assurer qu'avec un sauvetage par le sang et par le feu les kidnappés retourneront vivants à la maison. C'est pourquoi, une fois de plus, comme à de multiples occasions, nous nous opposons comme famille à ce que Ingrid soit libérée d'une manière qui n'offre pas de garanties », a-t-elle déclaré à la station de radio locale « RCN Radio ».
La semaine passée, les FARC ont rejeté une nouvelle offre du Gouvernement pour tenir des conversations pour la libération des kidnappés dans la caserne de Bolo Azul , à Pradera (Vallée), et ont insisté sur le fait que pour accepter un dialogue, l'Exécutif devait démilitariser pendant 30 jours, outre Pradera, la localité de Florida. En réponse, le ministre Pretelt a soutenu que le Gouvernement « ne renoncerait pas à les libérer ».
Pulecio a affirmé que « le sauvetage par le sang et le feu est une roulette russe, où le seul gagnant serait le président Uribe, parce que s'ils sont libérés vivants ce sera un succès, et si Ingrid meurt, on dira que c'est la guérilla qui l'a tuée, et cela enlèvera une fois pour toutes le "caillou dans la chaussure".
L'ex sénatrice Betancourt, 43 ans, fait partie du groupe de 59 politiciens, soldats et policiers kidnappés durant les sept dernières années par les FARC. La dirigeante du parti Vert Oxygène, qui a aussi la nationalité française, a été kidnappé le 23 février 2002 dans la forêt du département du Caquetá, trois jours après que les négociations de paix entre l'Exécutif et le groupe insurgé soient rompues.
Le FARC l'ont incluse dans la liste de « échangeables» qu'ils veulent échanger contre quelque 500 insurgés emprisonnés, si on obtient un accord humanitaire. Sa libération a été demandée par les partis verts de nombreux pays et par le président de la France, Jacques Chirac, tandis que plus de 1.400 localités en France, en Italie et dans d'autres pays lui ont accordé la citoyenneté honorifique.
Parmi les kidnappés des FARC il y a six ex parlementaires, douze ex députés du département de la Vallée, un ex ministre, un ex gouverneur et trois contractants américains.