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À quelques mois des prochaines élections présidentielles, le président colombien, Alvaro Uribe tente de rétablir le dialogue avec les groupes rebelles de l'Armée de libération nationale (ELN) et des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Par un geste d’ouverture, le président Uribe qui désire conclure une paix séparée avec la guérilla guévariste de l'Armée de libération nationale (ELN), a libéré de prison mercredi soir le chef de ce groupe rebelle, Francisco Galan, afin d'entamer des négociations. "Aujourd'hui, le gouvernement a concédé pour une période de trois mois le statut de négociateur à Francisco Galan, qui est détenu dans la prison de Itagui (ndlr : nord-ouest)", a déclaré mercredi soir le Haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo.
Le président Uribe, qui jouit d'une forte popularité dans le pays avec 70% d'intentions de votes favorables pour les prochaines élections présidentielles en mai 2006, veut par ce geste spectaculaire, prouver à ses détracteurs qu'il est prêt à oeuvrer pour la paix. Il a déclaré publiquement qu'il était prêt à reconnaître qu'il existait en Colombie "un conflit armé", si les rebelles de l'ELN acceptaient un cessez-le-feu. "Si l'ELN accepte un cessez-le-feu, le principe de la recherche de la paix, je suis prêt à reconnaître ce que l'ELN demande (...) à renoncer à mes convictions personnelles et au nom de l'institution présidentielle à accepter qu'il existe un conflit", a ajouté Alavro Uribe.
Dans ses derniers communiqués, l'ELN a indiqué que les refus du gouvernement colombien à admettre qu'il existait dans ce pays un conflit armé et la persistance du président Uribe à qualifier ses guérilleros de terroristes constituaient le principal obstacle à toute négociation. Ce coup politique d’Uribe n’est pas une nouveauté, puisque c'est la sixième fois en treize ans que Galan sort de prison pour des négociations de paix avec différents gouvernements. L'ELN, créée en 1964 et s'inspirant des idées révolutionnaires de Che Guevara, est la deuxième guérilla de Colombie avec quelque 4 O00 combattants.
Otages contre prisonniers
Dans le même esprit de réconciliation, le gouvernement colombien a proposé à l’autre mouvement rebelle, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste), de créer une zone temporairement sans opération militaire dans le sud-ouest du pays afin de mener des négociations en vue d'un échange humanitaire. "Le gouvernement garantira les conditions de sécurité aux délégués des FARC durant leur voyage jusqu'au lieu de rencontre ainsi que pour leur retour", indique un communiqué de la présidence, présentant cette nouvelle proposition de Luis Carlos Restrepo.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie et ses 17 000 combattants, réclament la libération de prison de 500 de leurs hommes en échange de celle de 59 personnalités militaires et politiques, dont la Franco-colombienne Ingrid Bétancourt et trois Américains. Le gouvernement et les FARC affirment depuis des mois être l'un et l'autre favorables à un échange tout en s'affrontant sur ses modalités. Les conditions semblent cette fois idéales pour cette énième tentative de négociation. La fin du cauchemar de la guerre civile qui ronge le pays depuis plus de quarante ans est peut-être arrivée pour des millions de Colombiens.