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La faim : une arme de destruction massive

27/09/2004 - Las voces del secuestro, Radio France

Dans le cadre de l'initiative "Action contre la Faim et la Pauvreté" lancée par les Nations-Unies, une réunion des dirigeants du monde a eu lieu le 20 septembre au siège de l'ONU à New York. Une centaine de représentants y compris des chefs d'Etat ou du gouvernement d'environ 60 pays y ont participé. Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan y a appelé les dirigeants du monde à agir rapidement contre la faim et la pauvreté afin de faire de la prochaine décennie une décennie de progrès réel.

Plus d'un milliard d'êtres humains vivent dans une situation d'extrême pauvreté et survivent avec moins de un dollar par jour. Chaque année, des millions d'enfants meurent faute de soins médicaux, d'eau potable, d'un logement salubre et d'une alimentation adaptée, tandis que chaque jour, ce sont 20 000 personnes qui meurent des conséquences de la faim. En l'état actuel des progrès techniques et de la production agricole à l'échelle mondiale, la persistance de cette situation apparaît à la fois économiquement irrationnelle, politiquement intolérable et moralement révoltante.

La Colombie n'est pas étrangère à ce panorama. On attend ce que va en dire le président Álvaro Uribe dans son intervention à l'Assemblée mercredi. Il y a en Colombie des taux  importants de malnutrition chronique (cette malnutrition influence la croissance de l'enfant et compromet son développement intellectuel). La dernière Enquête Nationale Démographie et Santé (ENDS), de l'année 2000, estime qu'en Colombie 14 pour cent des enfants de moins de 5 ans souffrent d'un retard de croissance.

Il y a dans le pays une faim sélective et misérable : à Bogota on estime que 600.000 personnes souffrent d'un certain type de malnutrition; dans les zones rurales le degré de malnutrition est plus important encore et on estime que la population infantile chez les trois millions de déplacés est touchée par des manques alimentaires.

Dans les programmes que développe Action Contre la Faim (ACH) à la Côte Atlantique de la Colombie, on trouve des taux qui vont jusqu'à 46% de malnutrition chronique globale dans la population infantile la plus vulnérable. A Puerto Asis, une enquête a révélé que 51 pour cent des enfants souffre d'anémie et du manque de fer - essentiel pour le développement intellectuel -, situation qu'on retrouve également dans plusieurs pays de l'Amérique latine.

Ces bouleversements nutritionnels non seulement reflètent clairement une situation d'insécurité alimentaire dans les couches les plus défavorisées que la Colombie, mais constituent aussi une hypothèque énorme pour le développement de la population infantile et de la société. Mais la faim n'est pas une fatalité irréversible : elle obéit à des causes précises et engendre des conséquences qui peuvent être combattues. Des expériences d'organisations internationales ont démontré leur efficacité quand on met en place des projets adaptés et concrets pour s'attaquer aux causes sous-jacentes à la malnutrition.


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