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La France maintient son offre de donner asile à des guérilleros

11/09/2004 - El Tiempo, Gouvernement Luxembourgeois, France-Diplomatie

La France maintient son offre de donner asile à des guérilleros qui seraient libérés suite à un accord humanitaire, a déclaré le ministre français de Relations Extérieures, Michel Barnier, à sa collègue colombienne Carolina Barco, en visite à Paris.

Il a aussi réitéré qu'il continuerait à soutenir le système d'échanges commerciaux favorable à la Colombie, en réponse à sa lutte contre le trafic de drogues.

"La proposition faite par le président français Jacques Chirac en mai est encore valable", s'est limité à expliquer le ministre sans donner davantage de pistes.

La Chancellerie française a souligné, pour sa part, que Paris "a souligné à diverses occasions sa disponibilité pour intervenir dans le cadre de cet accord humanitaire".

Cette réunion avec Michel Barnier était pour la ministre colombienne l'étape finale d'une tournée dans divers pays européens, parmi lesquels la Belgique, l'Espagne, la Hollande, la Grande-Bretagne et le Luxembourg, destinée fondamentalement à défendre les intérêts commerciaux du pays et à expliquer les dernières avancées dans le processus de paix.

"Michel Barnier a souligné que la France et l'Europe souhaitent continuer à soutenir la lutte contre le trafic de drogues en Colombie,  et il a réitéré le principe de la responsabilité partagée, c'est-à-dire que deux régions du monde répondent ensemble à un problème qui les affecte toutes les deux", a expliqué la ministre à l'AFP.

Elle se référait ainsi au Système de Préférences Généralisées (SPG), qui devra être renouvelé en 2006 et qui permet d'introduire sur le marché européen, avec des tarifs favorables, des produits de pays qui combattent la production et le trafic illicite de narcotiques, comme c'est le cas pour la Colombie.

"Tous les responsables m'ont garanti que ce programme serait maintenu et même qu'il s'étendrait. Pour la Colombie l'appui de l'Union Européenne (UE) est fondamental à l'heure actuelle ", a déclaré la ministre.

Carolina Barco a aussi présenté à Michel Barnier les avancées du gouvernement d'Alvaro Uribe pour obtenir une pacification du pays, et en particulier les négociations entamées avec les Auto-défenses Unies de la Colombie (Auc), le dialogue avec l'Armée de Libération Nationale (Eln), et l'offre d'échange humanitaire présentée à la guérilla des Farc.

Carolina Barco a aussi invité Michel Barnier à la réunion qui aura lieu en février prochain  à Carthagène, où la Colombie demandera des appuis financiers pour faciliter la réinsertion des ex guérilleros ou des ex membres des Auc, ainsi que pour fortifier les institutions.

l'Organisation d'États Américains (OEA) a entamé en Colombie une mission destinée à vérifier le processus de démobilisation paramilitaire, dont le coût est estimé à quelque 17 millions de dollars et on cherche une aide financière pour couvrir cette dépense.

"Jusqu'à aujourd'hui nous avons démobilisé 6.200 personnes qui se sont rendues au gouvernement : des Farc, des Auc et de l'Eln. Ce nombre pourrait être doublé avant la fin de l'année et ces familles ont besoin d'une alternative ", a expliqué Carolina Barco, en se félicitant de l'attitude de l'UE qui lui a promis d'étudier la possibilité de financer cette mission de l'OEA.

La ministre a aussi insisté sur les efforts du gouvernement Uribe pour préparer "la période de post-conflit", avec la coopération de gouvernements comme le Salvador, le Guatemala et le Honduras.

De même, elle a souligné l'importance de la coordination régionale pour combattre la violence et le trafic de drogues. "Nous ne voulons pas que les avancées enregistrées en Colombie créent des problèmes pour nos voisins", a-t-elle expliqué, en soulignant l'importance de contrôler les frontières du pays, surtout avec le Vénézuéla et le Brésil, grâce à l'effort conjoint des gouvernements respectifs.

Finalement, dans sa réunion avec le chef de la diplomatie française, Carolina Barco lui a transmis la "solidarité" de la Colombie pour le kidnapping des deux journalistes en Iraq il y a trois semaines.

"La Colombie vit aussi cette situation et comprend la douleur énorme qu'elle provoque", a conclu la ministre.


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