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Des milliers d'Indiens ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de Colombie pour protester contre la violence à leur égard. Au même moment, plus de 50.000 autres Indiens sont arrivés à Cali à l'issue d'une marche pacifique de trois jours dans le sud du pays.
Les manifestations d'Indiens se sont déroulées dans la capitale Bogota ainsi que dans plusieurs villes du nord comme Sincelejo, Barranquilla et Riohacha, a déclaré à l'AFP Eliana Martinez, une porte-parole de l'Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC). Elle représente près de 800 000 Indiens.
Selon l'ONIC, cette journée de protestation sur l'ensemble du territoire vise à dénoncer la violence des groupes armés illégaux - guérillas et paramilitaires -, ainsi que celle des forces de sécurité du gouvernement qui menacent la survie des tribus indiennes.
Entre 50 000 et 55 000 Indiens se sont regroupés jeudi dans un stade à Cali à l'issue de trois jours d'une marche pacifique dans le département de Cauca (sud-ouest). «Cette mobilisation a été un exemple pour le paix», a déclaré Lizardo Domico, le secrétaire général de l'ONIC.
«Les politiques du gouvernement piétinent nos peuples. Les assassinats ont augmenté, ainsi que les enlèvements et la construction de bases militaires sur nos terres sacrées», a ajouté M. Domico.
Le chef de l'Etat, Alvaro Uribe, n'avait pas ménagé ses efforts pour empêcher la mobilisation qualifiée d'"inutile et de politique". Trois jours avant la manifestation, le président faisait le voyage à Popayan dans le sud du pays pour inciter les organisateurs à abandonner leur projet, en invoquant le risque de débordements violents. Mais les Indiens ont défilé dans le calme, sur le bord des routes.
Un sévère service d'ordre - 7 000 hommes - a été mis en place pour éviter toute infiltration de la guérilla ou de provocateurs. La communauté indienne a en effet formé pour se défendre une «garde indigène» formées de femmes, d'hommes et d'enfants uniquement armés de bâtons. Elle négocie pacifiquement presque toujours directement avec les groupes armés ou parfois même avec les autorités pour obtenir la libération de l'un des leurs. Cette «garde indigène» comprend environ 10.000 membres.
Selon les chiffres officiels, rien qu'en 2003 quelque 120 Indiens ont été assassinés par les groupes de guérilleros ou par les paramilitaires d'extrême droite.