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130.400 colombiens victimes du déplacement forcé au cours du 1er semestre 2004.

08/09/2004 - El Pais

Le bureau pour les droits de l’Homme et le déplacement (Codhes) nous informe que 130.400 colombiens ont été victimes de déplacement forcé au cours du 1er semestre 2004. Pendant la même période en 2003 le nombre était de 119.690 victimes.

Selon le Codhes, aucune région n’échappe à ce phénomène, qui depuis 1985 a affecté plus de 3 millions de personnes, dont près de 175.000 en 2003. Un des facteurs qui expliquent, au dire de l’organisme, l’augmentation du problème c’est le fameux Plan Patriota, l’offensive militaire lancée par le gouvernement sur le sud du pays.

D’autres grands flux de déplacement auraient été enregistrés dans des zones où on trouve une forte présence des groupes paramilitaires et dans des lieux atteints par la fumigation aérienne de cultures illégales.

Le directeur exécutif de Codhes, Jorge Rojas, signale aussi "qu’émerge de manière critique le déplacement intra urbain et inter urbain ". Cette nouvelle expression du problème résulte, a-t-il indiqué, de l’usage de la force et de la violence dans les villes, de la "stigmatisation et de l’assignation" des déplacés, de la "délation indistincte et sans contrôle" de la part des réseaux d’information et de "l’urbanisation de certaines formes de dégradation du conflit armé. "

"Le déplacement forcé s’est transformé en un symptôme de l’échec de la politique de sécurité démocratique du gouvernement", a considéré Rojas, qui a estimé que les "faits graves" que connaît le pays montrent un "changement de tendance concernant la baisse et une augmentation du déplacement dans tout le pays", malgré ce qui est affirmé par le pouvoir.

D’après Rojas, le gouvernement donne des chiffres avec des informations partielles qui "ne rendent pas compte de la réelle amplitude du problème". "Le pays affronte une grave et dangereuse crise sociale qui rejoint une crise humanitaire dont les effets dans le futur sont imprévisibles", a-t-il précisé.

Selon l’estimation, les forces militaires ont développé des "formes d’isolement de la population, converties ainsi en stratégie de guerre", tandis que les Farc poussent au déplacement des communautés dans le sud.

"La faim est en train d’être utilisée comme stratégie dans la confrontation", précise l’étude pour expliquer que "le blocus de produits de consommation vitale et le contrôle de la production agricole provoquent l’insécurité alimentaire et aggravent la situation des populations soumises à des blocus et des menaces".

Dans ce contexte, Codhes attire l’attention sur l’impact du conflit sur les peuples indigènes, qui "sont l’objet d’une action systématique d’extermination, de déplacements et d’isolements qui, dans certains cas, met en danger des communautés entières."

L’ONG souligne "qu’on estime que 237.158 personnes de 51 villages indigènes sont en situation d’isolement, dans 21 des 32 départements du pays. "

L’étude fait le constat d’un accroissement de l’exode vers l’Equateur, le Venezuela et le Panama, pays voisins qui ont été la destination principale pour la majorité de plus de 13.000 colombiens qui, l’année passée, ont cherché refuge à l’extérieur. L’ONG rappelle que 51% de la population déplacée concerne les femmes.

De plus, 72% des déplacés de l’année passée" souffrent de conditions alimentaires médiocres en plus d’un appauvrissement accéléré, attribué à la migration forcée. "


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