La revue de presse   de  www.InfoLibertad.com 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


La violence transforme 270 mille Colombiens de plus en réfugiés

01/10/2008 - La Cronica de Hoy, Colombia Reports

Avec 270.675 nouveaux déplacés par la guerre au cours du premier semestre de cette année, 41 pour cent de plus que la période précédente et le chiffre  le plus élevé depuis 1985, la Colombie occupe la deuxième place pour le plus grand nombre de personnes victimes de déplacement forcé dans le monde, juste après le Soudan.

L'Office pour les Droits Humains et le Déplacement (CODHES) a diffusé hier ces chiffres pendant la présentation de son rapport correspondant à janvier-juin 2008, et a dénoncé cette poussée,  causée en grande partie par la résurgence du paramilitarisme, dont un grand nombre de démobilisés ont depuis repris les armes.

Le président du CODHES, Marco Romero, a expliqué que “ ces chiffres montrent un accroissement exponentiel du déplacement forcé, dont on peut observer la progression constante depuis l'arrivée au pouvoir du président Álvaro Uribe”.

“ Le conflit armé continue en Colombie, le processus de démobilisation des paramilitaires est partiel, les paramilitaires continuent à agir comme acteurs de la guerre et du trafic de drogues, et les guérillas continuent à développer leur confrontation avec l'État et avec les paramilitaires” .

4 millions de déplacés. Romero a indiqué que, bien que les chiffres fournis par le gouvernement ne montent "que" 2.6 millions de déplacés, le CODHES craint qu'il n'y ait un “ sous-enregistrement ”, c'est-à-dire, des personnes qui n'ont jamais été recensées, dont le nombre pourrait atteindre 30 pour cent du total, ce qui ferait monter le nombre total de réfugiés internes en Colombie à plus de quatre millions de déplacés.

Maffias régionales. L'activiste des Droits Humains a dénoncé le fait que “ dans beaucoup de régions où officiellement il n'y a pas de guerre, il y a des pouvoirs maffieux qui exercent une coercition, perçoivent des impôts sur la population locale, et contrôlent la vie politique.

“ Ceux qui s'opposent à ces maffias sont éliminé avec des meurtres sélectifs, mais massifs, et la seule réponse de l'État est d'augmenter les opérations militaires et d'augmenter le nombre de déplacés ”.

Pour sa part, le directeur exécutif du CODHES a ajouté que toute cette violence a amené la moyenne quotidienne de personnes déplacées entre janvier et juin passé à 1.503 personnes par jour.

“ La zone de déplacement s'étend presqu'à tout le territoire national ”, selon Romero, avec un accroissement de 105 pour cent dans le département d'Antioquia (38.638 déplacés).

“ L'exode continu est une nouvelle manifestation grave, critique, soutenue et prolongée d'une crise humanitaire et d'une crise des Droits Humains, que le pays ne surmonte pas”.

Des jeunes exécutés pour gagner des médailles

Le gouvernement colombien a été obligé d'ouvrir une enquête pour identifier les causes d'une série, observée au cours des derniers mois, de meurtres de jeunes qui avaient été kidnappés dans des quartiers pauvres et dont on a retrouvé les cadavres dans la forêt.

Selon l'Armée, ils auraient été recrutés par des groupes armés et seraient morts au combat. Mais cette version n'est pas crédible, comme l'indique le journal El País, car la majorité d'entre eux sont morts seulement un ou deux jours après que leurs familles en perdent la trace.

Selon les premières données qui concernent 23 jeunes assassinés, ceux-ci ont été tués d'une balle dans le dos, un jour ou deux après que leurs parents aient signalé leur disparition.

“ Cela n'est pas du recrutement, ce sont des disparitions forcées à fins d'homicide ”, a déclaré la Secrétaire du Gouvernement de Bogota, Clara López, qui a déclaré qu'il pourrait s'agir de “ faux positifs ”, nom donné à des paysans et à des marginaux exhibés par l'Armée comme des guérilleros ou des paramilitaires morts au combat, pour “ obtenir des médailles ” devant leurs supérieurs, puisque par cette voie ils peuvent obtenir des points dans leur carrière militaire.

Il y a eu des dénonciations de récompenses - des jours de repos, par exemple - qu'offrent quelques bataillons aux soldats qui peuvent s'attribuer des morts au combat.


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.InfoLibertad.com