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Colombie: trois colonels limogés après une enquête sur des disparitions

26/10/2008 - Le Monde, EuropaPress, El Tiempo, BBC Mundo, Associated Press

Trois colonels colombiens ont été démis de leurs fonctions dans le cadre d'une enquête menée sur des disparitions de jeunes qui auraient pu faire l'objet d'exécutions extrajudiciaires, a annoncé vendredi le commandant des forces armées.

"Nous disposons d'indices sérieux impliquant ces trois officiers dans des méthodes opérationnelles peu claires", a déclaré le général Mario Montoya à la presse.

Les trois officiers étaient tous basés dans le nord-est du pays, où au moins 24 jeunes habitants des quartiers pauvres de Bogota ont été déclarés morts au combat dans les rangs de la guérilla, à peine quelques jours après leur disparition rapportée à Bogota.

Ces "morts au combat" ont paru peu vraisemblables à leurs proches, jugeant peu crédible qu'ils aient pu en seulement quelques jours rejoindre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, guérilla marxiste), recevoir une formation et participer à des opérations.

Certains ont fait le rapprochement avec la pratique dite des "faux positifs", consistant dans certaines unités de l'armée à exécuter des civils pour gonfler les chiffres de guérilleros tués et obtenir ainsi des récompenses.

Lorsque le scandale a éclaté, l'ONU a manifesté son inquiétude dans un communiqué daté du 26 septembre: si la responsabilité de la force publique, "directe ou par tolérance", était établie, il s'agirait d'une grave violation des droits de l'Homme, relevant de "l'exécution extrajudiciaire", disait ce texte.

Le président colombien Alvaro Uribe a évoqué lors d'un discours public vendredi soir l'affaire en se déclarant indigné et en souhaitant que "les coupables soient jetés en prison et condamnés à la peine maximum".

"Le gouvernement qui a tout moment pendant plus de six ans et à toute heure s'indigne face à des failles si graves en matière de droits de l'homme", a encore affirmé le président.

Le général Montoya a pour sa part précisé à Radio Caracol qu'il existait des "indices graves concernant deux ou trois" disparitions.


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