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Au total, 22 candidats ont été assassinés depuis le début de la campagne, dont 9 la semaine dernière. Les autorités attribuent la majorité de ces crimes aux guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Un rapport des services du Défenseur du peuple (l'institution publique chargée de garantir les droits des citoyens) considère que l'action des groupes armés, guérilleros et paramilitaires, menace la régularité du scrutin sur plus du tiers du territoire. Deux fois grande comme la France, la Colombie est divisée en 32 départements et 1 098 municipalités. "Intimidations, attentats, pressions et restrictions à la mobilité" sont autant de menaces potentielles qui planent sur candidats et électeurs, note le rapport.
Après avoir déposé leur bulletin de vote, les électeurs colombiens doivent tremper l'index droit dans un flacon d'encre indélébile. La mesure vise à empêcher les citoyens de voter plusieurs fois. Le Défenseur du peuple a demandé qu'elle soit levée dans les 403 municipalités problématiques afin d'éviter que les groupes armés n'identifient les votants et n'exercent des représailles.
"L'observation préélectorale semble confirmer que les FARC sont (...) le principal facteur générateur de possibles irrégularités électorales", note un rapport de la mission électorale de l'Organisation des Etats américains (OEA). Plus de la moitié des candidats assassinés appartiennent à la majorité présidentielle.
Les chiffres de la violence préélectorale sont comparables à ceux des élections de 2003. D'aucuns y voient un sérieux revers pour la politique sécuritaire du président Alvaro Uribe. "La guérilla fait savoir qu'elle a survécu à l'offensive militaire menée par ce gouvernement", soupire un policier de Cartagena del Chaira (Sud).
Mais la situation a évolué. Les FARC n'ont pas appelé au boycottage des élections, ni émis de menace généralisée comme ils le faisaient auparavant. Selon l'analyste Claudia Lopez : "La guérilla affaiblie ne peut plus soutenir une offensive sur l'ensemble du territoire. Elle a opté pour des attaques ciblées contre des objectifs précis."
La violence n'est pas la seule plaie de la démocratie colombienne. La présence de candidats liés aux chefs paramilitaires officiellement démobilisés et la question du financement de certaines campagnes électorales - qui dans plusieurs régions dépasse largement les plafonds fixés par la loi - sont également au coeur du débat politique.