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Uribe ouvre la voie du jugement pour les responsables des groupes armés

23/10/2007 - Radio Caracol, Union Radio, W Radio

Le président colombien a pris une décision qui pourrait mettre en danger un possible échange humanitaire avec les FARC, et qui pourrait ressembler à une nouvelle tentative d'Uribe de rendre encore plus compliqué un accord humanitaire avec les Farc.

Le mandataire colombien a sollicite la levée de la réserve invoquée par la Colombie en 2002 lors de la signature de l'Accord de Rome qui créa la Cour Pénale International (CPI). La réserve en question supprimait temporairement une possible compétence du CPI vis a vis des violations du Droit Humanitaire International commis sur le territoire de la Colombie. Le Statut de Rome, que la Colombie a été le 78eme état à ratifier, permet en effet aux états signataires qui souffrent de conflit armes de demander une exception dans le but de rechercher la paix entre   parties en conflit.

Avec la réserve en vigueur, il n'est pas permis de conduire devant les CPI les groupes armes coupables de séquestration, d'assassinats ou de recrutement force de mineurs d'age, crimes condamnable par le Droit International Humanitaire.

Le mandataire colombien signale que depuis cinq ans de la signature de l'Accord de Rome, il n'a pas ete possible de rapprocher les FARC de la table de négociations, et ne sont pas disposées a négocier la fin du conflit armé.   La réserve est en principe en vigueur jusqu'en 2009, mais le mandataire colombien voudrait ouvrir le débat de savoir s'il faut attendre 2009 pour lever la réserve.

Selon le journal "El tiempo" de Bogota, les Farc seraient directement affectées par la levée de la réserve, car de même que pour les crimes commis par les paramilitaires ou par les membres de la Force Publique, a partir de l'entrée en vigueur complète de l'accord de Rome, il ne sera plus possible de proposer des lois d'amnistie ou des indulgences spéciales.

Il est important de noter que l'abolition de la réserve pour que la Cour Pénale Internationale juge les crimes de guerre commis en Colombie n'affecterait pas les paramilitaires démobilisés puisque le tribunal aurait seulement juridiction sur les crimes produits à partir du jour de cette abolition...

Depuis l'arrivée dans le "jeu" de Chavez, Uribe multiplie ainsi les initiatives "retardatrices" : refus répété d'une zone démilitarisée ou d'une rencontre avec les FARC en territoire colombien, obligation d'abandon de la guérilla pour les guérilleros libérés; déclaration le 21 septembre du ministre de la défense colombien, Juan Manuel Santos, qui affirme ne pas garantir la sécurité des émissaires des FARC qui iront à Caracas et enfin, le 3 octobre, refus du secrétaire de la Défense états-unien, Robert Gates d'inclure l’échange des guérilleros « Simon Trinidad » et « Sonia » dans les négociations.

Comme le dit André Maltais dans son analyse récente de la situation colombienne, "... si le pari d’Hugo Chavez est encore loin d’être gagné, l’intervention spectaculaire de ce dernier risque en tout cas de montrer à tous qui est l’ennemi véritable de la paix en Colombie"...


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