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Le gouvernement colombien n'a aucune preuve que l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée il y a 5 ans par la guérilla colombienne des FARC, soit en vie, a dit lundi le vice-président colombien Francisco Santos.
«Je n'ai aucune certitude, le gouvernement (colombien) n'a aucune certitude qu'elle soit en vie, à part les déclarations d'un "bandit" comme Raul Reyes (porte-parole des FARC) dont on ne sait pas s'il est crédible», a déclaré le vice-président en visite à Mexico.
Il ne faut pas oublier, a-t-il souligné, «qu'avec Ingrid (Betancourt) il y a de nombreuses autres personnes. Il y a près de 50 familles qui ont un fils, un frère, un père, un époux ou une épouse otages depuis plus de 5 ans».
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont «inflexibles» alors que les autorités colombiennes, en autorisant le président vénézuélien, Hugo Chavez, à jouer un rôle de médiateur, ont fait preuve de «générosité» et d'ouverture, a encore déclaré Francisco Santos.
Uribe a "l'intuition" qu'Ingrid Betancourt est vivante...
Le président colombien, Alvaro Uribe, avait déclaré mercredi qu'il avait "l'intuition" que l'ex-candidate des Verts à la présidentielle Ingrid Betancourt, otage de la guérilla depuis cinq ans, était vivante, tout en reconnaissant qu'il n'en avait pas la preuve.
"J'ai le pressentiment, l'intuition qu'elle est vivante, je prie Dieu qu'elle le soit. Mais je n'ai pas de preuve", a admis M. Uribe interrogé par l'AFP, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
"Ces types des FARC sont sanguinaires et brutaux", a-t-il dit. "Je pense que bien qu'ils soient sanguinaires, ils ne sont pas assez brutaux pour faire du mal à Ingrid Betancourt", a-t-il cependant ajouté.
Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité franco-colombienne, est depuis le 23 février 2002 l'otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la guérilla la plus importante du pays, qui compte 17.000 membres.
Elle fait partie d'un groupe de 45 otages que les FARC ont proposé de libérer en échange de 500 rebelles emprisonnés.
M. Uribe a rencontré mardi à New York le président français Nicolas Sarkozy, pour évoquer le problème des otages, pour lequel le président vénézuélien Hugo Chavez a offert sa médiation. M. Sarkozy a déclaré, sans précision, qu'il avait fait "des propositions" à son homologue colombien.
Mercredi, Alvaro Uribe a également rappelé que, dans le cadre des discussions avec les FARC, il y avait trois conditions non négociables pour envisager un échange entre des otages et des rebelles emprisonnés.
"Premièrement, non à une zone de démilitarisation" réclamée par les FARC pour effectuer l'échange, a-t-il réaffirmé. "Deuxièmement, que les guérilleros qui sortent de prison ne retournent pas à la clandestinité" et troisièmement, la Colombie "ne peut permettre que des terroristes aient un statut politique. S'ils veulent un statut politique, qu'ils fassent de la politique", a-t-il dit.
Ce "sont des points sur lesquels nous ne pouvons transiger", a-t-il insisté.
"Les FARC vont aller au Venezuela à la réunion avec le président Chavez en octobre sans avoir besoin d'une zone démilitarisée (...) Donc, le jour où ils libèreront les otages, ils ne vont pas avoir besoin d'une zone démilitarisée, tout ce dont ils auront besoin c'est de la bonne volonté", a estimé le président colombien.
Le président vénézuélien Hugo Chavez est mandaté depuis début septembre par le gouvernement colombien pour favoriser un échange humanitaire entre 500 guérilleros emprisonnés et 45 otages retenus par les FARC, dont trois Américains et Ingrid Betancourt.
Chavez doit accueillir le 8 octobre à Caracas un émissaire des FARC.
Sarkozy: les efforts pour sa libération ne sont pas bloqués
"Ce n'est pas bloqué", a affirmé mardi Nicolas Sarkozy au siège des Nations unies à propos des efforts déployés pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis plus de cinq ans des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
"Le pronostic sur la vie d'Ingrid Betancourt est plutôt plus favorable ces derniers temps qu'il ne semblait l'être ces derniers mois", a expliqué le président français, qui a rencontré son homologue colombien Alvaro Uribe en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
Nicolas Sarkozy a confié que M. Uribe et son homologue vénézuélien Hugo Chavez, engagé dans une médiation avec les FARC, s'étaient récemment "vus pendant sept heures". "Je crois à la sincérité du président Uribe", a souligné le président français devant la presse. "Par ailleurs, la France a choisi de faire confiance à Hugo Chavez."
"C'est trop tôt de dire que les lignes bougent, mais en même temps c'est bientôt", a-t-il ajouté.