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Gustavo Moncayo est arrivé à Berlín (Allemagne) pour promouvoir l'échange humanitaire

28/10/2007 - El Tiempo

Bien qu'il ne parle que l'Espagnol, cela n'a pas été un obstacle pour faire connaître le drame des kidnappés colombiens.

Il a déclaré que ce qu'il avait surtout récolté en Europe, c'était la force de retourner en Colombie à de continuer à marcher ou d'attendre sur la Place Bolívar jusqu'à ce que l'échange humanitaire se fasse .

A Berlín, cinquième station de son parcours européen qui a commencé le 15 septembre, le professeur Gustavo Moncayo a déclaré qu'il commençait à sentir le besoin de rentrer en Colombie.

« En France, à Bruxelles, en Italie, au Vatican et ici dans la capitale de l'Allemagne, ils nous ont accueillis avec une solidarité et une générosité sans limites, mais il est aussi certain que les jours passent et que mon fils et les kidnappés continuent à être détenus dans les montagnes de Colombie » a déclaré l'enseignant au journaliste de El Tiempo dans une rue de Berlín.

« Ici, je ne peux pas me déconnecter. Ni mon coeur ni mon esprit ne sont en paix », a-t-il indiqué.  « Comme j'aimerais leur raconter à tous l'histoire des personnes dont je montre ici les photos et qui sont les membres de ma famille, condamnée à la douleur depuis 10 ans par le kidnapping de Pablo Emilio (son fils) ! », a-t-il indiqué, avec l'envie d'arrêter les gens pour leur parler du kidnapping en Colombie.

Ce qui l'en empêche, c'est la langue, mais il se console en sortant de son sac à dos les photos qui témoignent à quelles personnes et à quels personnages européens il a pu exposer son histoire, le long de ces 38 jours de voyage.

La liste est très longue et Moncayo ne rappelle pas tous les noms.

Ses hôtes illustres

En commençant par Paris, on voit les photos de délégués du Ministère des Affaires Etrangère, trois maires, des centaines de membres des différents comités de solidarité à Íngrid Betancourt, l'ex ambassadeur français en Colombie, Daniel Parfait, qui ne se souvenait pas qu'il avait été déjà interviewé il y a six ans avec Moncayo. En voyant la photo, il a réalisé combien d'années avaient passé en réalité entre les deux rencontres.

« Ce 21 octobre j'ai accompli ma première année avec mes chaînes, et durant cette année mes cheveux ont blanchi, maintenant ils ont la même couleur que la calotte du Pape ». Benoît XVI l'a reçu cinq minutes le 10 octobre, après une eucharistie où Moncayo et sa fille Yuri, ont pris part comme « invités d'honneur ».

« Il ne s'agit pas de qui j'ai pu rencontrer mais de ce qui est obtenu » répète Moncayo.

« À Paris le président Sarkozy n'a pas pu me recevoir parce qu'il ne se trouvait pas en France, mais nous avons obtenu quelque chose de très important, c'est de rapprocher la solidarité française envers Íngrid avec le drame des autres kidnappés de Colombie » a-t-il ajouté.

Et quand on lui demande ce qu'il a obtenu avec tout son périple, et s'il pense arriver à d'autres résultats, en Espagne et en Suisse, Moncayo laisse enfin échapper un grand sourire et explique que ce qu'il a récolté à mains pleines, c'est la force pour retourner en Colombie pour continuer à y marcher ou à attendre sur la Place de Bolívar jusqu'à ce que l'échange se fasse.

« Le Pape a béni mon fils, a consacré son homélie du jour à tous les kidnappés, a soutenu la voie pacifique pour sortir de ce drame du kidnapping, et dans les autres pays ils nous ont reçus, écouté, compris et ont même été jusqu'à faire des flatteries précieuses », a-t-il indiqué.

Il nous raconte ensuite qu'un Français lui a donné un ordinateur, que le chanteur Renaud lui a donné une caméra numérique, qu'à Berlin, les membres d'une association politique pour la Paix dans le Monde lui ont offert 4000€.

« Mais le meilleur, ce que tous m'ont donné le courage et la force pour continuer à combattre par la libération de mon fils, même si beaucoup ne me comprennent pas », a-t-il affirmé.

C'est pourquoi, Moncayo a annoncé que, vers mi-novembre, quand il rentrera en Colombie, à moins que la liberté de son fils n'ait été entretemps obtenue, il resterait à Bogotá pour manifester pacifiquement au président Uribe et aux Farc qu'il faut « qu'ils soient sérieux » dans la recherche d'un échange humanitaire.

« S'ils ne me prêtent pas une tente sur la Place Bolívar, alors je m'achèterai un parapluie », a--il conclu.


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