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Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré mercredi à Bogota, être "satisfait des limites" imposées par le président colombien Alvaro Uribe aux conditions d'un éventuel échange de 45 otages aux mains des FARC contre 500 guérilleros emprisonnés.
"Je suis satisfait de ces limites" a déclaré Robert Gates, en référence au refus d'Alvaro Uribe de voir deux chefs de la guérilla colombienne faire partie des prisonniers des FARC échangés notamment contre trois Américains.
"Le gouvernement de Colombie répond +catégoriquement non+ à ce que les chefs rebelles Simon Trinidad et Sonia rentrent des Etats-Unis en Colombie", comme le réclament les FARC, avait déclaré M. Uribe un peu plus tôt mercredi à la presse.
"Nous avons eu l'opportunité de discuter avec le président Uribe (...) de la situation des otages", a précisé le secrétaire américain à la Défense, en visite officielle à Bogota où il était arrivé mardi soir dans le cadre d'une tournée en Amérique latine.
"Nous voulons voir les otages américains et tous les otages rentrés en vie", a-t-il souligné à l'occasion d'une conférence de presse.
Dans le même temps, de Washington, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba en mission de médiation sur ce dossier, a annoncé avoir pris la décision de suspendre la réunion préparatoire à des négociations sur un éventuel échange, prévue le 8 octobre à Caracas, entre des représentants des FARC et le président vénézuélien Hugo Chavez, également médiateur.
"J'ai besoin d'éléments beaucoup plus solides pour me rendre à une réunion préparatoire", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse, estimant avoir notamment besoin de clarifier ce que les parties sont prêtes à concéder, notamment en ce qui concerne "Sonia" et "Simon Trinidad".
Mme Cordoba a également fait savoir qu'une réunion serait nécessaire avec le président colombien Alvaro Uribe sur "des points importants" avant toute réunion préparatoire à Caracas et qu'elle en informerait le Vénézuélien Chavez.
Les Etats-Unis détiennent deux chefs guérilleros, "Sonia" et "Simon Trinidad", dont la libération est exigée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) dans le cadre d'un échange de 500 guérilleros emprisonnés contre 45 otages retenus par les rebelles, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et les trois Américains.
"Simon Trinidad", pseudonyme de Ricardo Palmeras, avait été arrêté en 2004 en Equateur et extradé en 2005 vers les Etats-Unis, où il est jugé pour l'enlèvement de Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen, collaborateurs du Département d'Etat américain en février 2003.
La semaine dernière, William Brownfield, l'ambassadeur américain à Bogota avait annoncé que les Etats-Unis attendaient des "propositions concrètes" de la part des FARC en vue de la libération de trois citoyens américains.
"Le message (aux FARC) est, qu'au lieu d'évoquer des situations hypothétiques, il est préférable de parler de sujets concrets", avait-il souligné.
L'ambassade américaine à Bogota avait en outre souligné dans un communiqué que "les conditions de vie des 3 otages ainsi qu'un engagement à tout faire pour qu'ils puissent bientôt rentrer sains et saufs" avaient été abordés avec des membres de leurs familles au cours d'une rencontre en Colombie avec M. Brownfield.
El Pais Cali Colombia