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Colombie, élections sous tensions

28/10/2007 - Le secours catholique, AFP

Ce 28 octobre, les Colombiens sont appelés aux urnes pour des élections municipales et départementales. Des membres du Secours Catholique participeront à une mission d’observation internationale organisée par la société civile colombienne.

Les apparences sont parfois trompeuses. La Colombie a beau apparaître comme une démocratie stable, elle n’en reste pas moins un pays où chaque élection se déroule dans un climat de tension extrême et où les irrégularités avant, pendant et après le scrutin sont légions. Les scrutins municipaux et départementaux du 28 octobre n’échappent pas à la règle. Avant même les élections, une cinquantaine de candidats ont déjà été assassinés. D’autres, intimidés de manière plus ou moins violente, ont dû renoncer à se présenter pour ne pas connaître le même sort. La Mission d’observation des élections, dont font partie la plupart des organisations locales soutenues par le Secours Catholique, a formé environ 8 000 observateurs nationaux qui seront appuyés par des partenaires internationaux. Le Secours Catholique a décidé de participer à ce contrôle citoyen et sera impliqué sur le terrain dans la région de Barracabermeja. Les cinq observateurs dont deux délégué départementaux seront présents dans les bureaux de vote de la ville et des villages alentour avec pour mission d’observer, d’écouter et de faire remonter les irrégularités à la Mission d’observation. « Nous n’aurons pas le droit de nous interposer ou de faire de la médiation », précise Hélène Bonvallot, chargée de projets au département Amérique latine et Caraïbes du Secours Catholique. Accrédités par le Conseil national électoral, ils auront donc une mission officielle et reconnue.

Assassinats politiques

Mais les irrégularités les plus importantes ont déjà eu lieu en amont des élections. Dès le mois d’août, le Procureur général de la Nation, Edgardo Maya, reconnaissait d’ailleurs dès le mois d’août 2007 dans une interview à un journal local qu’il ne « devrait pas y avoir d’élection avec le système actuel » car il ne « garantit en aucune manière la transparence ». Et le magistrat met en avant des chiffres à l’appui de ses constatations : l’inscription de 23000 personnes a été annulée car elles étaient inscrites ailleurs que dans leur lieu de résidence. Le “transfert” d’une partie du corps électoral en fonction des “besoins” électoraux est une pratique courante de détournement des voix. L’achat de voix dans un pays où près de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté est également une pratique courante. Et l’achat des assesseurs ou présidents des bureaux de vote permet de manipuler encore plus facilement les résultats. Ainsi, en 2002 20 000 bureaux de vote sur 70 000, avaient fait l’objet d’une plainte et les résultats de 7 000 d’entre eux avaient été invalidés, c’est-à-dire 10 %.

Test électoral pour l'opposition

Enfin, ces élections se déroulent dans le contexte du scandale de la para-politique qui a mis à jour les liens unissant de nombreux hommes politiques et élus locaux avec les caciques paramilitaires. La majorité présidentielle très touchée par ce phénomène a explosé, de nombreux hommes politiques refusant de cautionner ces pratiques. De fait, certaines régions constitueront un réel test pour l’opposition démocratique à Alvaro Uribe qui se retrouve en position de l’emporter. Pour peu, bien entendu, que le vote puisse avoir lieu et que les habitants puissent se rendre aux urnes. De nombreuses communautés indigènes témoignent en effet des nombreux barrages ou menaces à peine voilées qu’elles reçoivent les jours de scrutin. Les membres du Secours Catholique et la société civile colombienne observeront de près le processus électoral colombien.


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