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L'enthousiasme initial qu'avait suscité l'échange de communiqués entre le gouvernement et la guérilla pour négocier la libération des 62 personnalités kidnappées en échange de l'élargissement de centaines de rebelles, a fort diminué, maintenant que réapparaissent les divergences qui séparent les deux parties.
Le désaccord le plus récent est apparu lorsqu'on a commencé à parler du sort réservé aux combattants des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) lorsqu'ils sortiront éventuellement de prison : le président Alvaro Uribe a insisté sur le fait qu'il voulait des garanties qu'ils ne rejoignent pas alors à nouveau les rangs des rebelles.
Au cours des dernières semaines, les FARC et le gouvernement ont exprimé leur intérêt mutuel à mener à bien l'échange humanitaire. Mais dans une déclaration récente, le porte-parole de la guérilla, Raúl Reyes, a insisté à nouveau sur le fait que, selon lui, "Uribe n'a pas de volonté de paix".
"Les guérilleros (qui sont libérés) seront reçus par nos porte-parole et nous livrerons alors également au gouvernement (les prisonniers) que nous détenons", a déclaré Reyes dans une entrevue avec canal Telesur, dans une émission transmise jeudi le soir par les media locaux.
Les rebelles emprisonnés gardent leur rang dans la hiérarchie et sont toujours soumis à la discipline, même dans les prisons du pays.
La présence de guérilleros armés dans l'éventuelle zone de négociation, l'extension de cette dernière et la démilitarisation totale que les FARC exigent dans ce secteur sont d'autres sujets - et non des moindres - sur lesquels les parties ne s'accordent pas.
Carlos Lozano, directeur de l'hebdomadaire communiste Vox et qui connait bien les FARC, a déclaré ce vendredi à Radio Caracol : "il faut persister ! de toute manière, on avance. Et les déclarations de Raúl Reyes démontrent à quel point le moment où nous sommes est un moment délicat, dans lequel il s'agit de ne pas s'empêtrer".
Les parents des otages sont d'accord avec cette position.
Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, l'ex candidate présidentielle kidnappée par le FARC il y a quatre ans, a déclaré à l'AP que "ce dont on parle devrait se discuter à la table de négociation, et pas devant les media".
Pour aider à ce que débutent les négociations, les parents des kidnappés se réuniront ce lundi dans les villages de Florida et Pradera, dans le sud-ouest de la Colombie, territoire où on projette d'aménager la zone de rencontre.