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Les comités Betancourt contre une action militaire en Colombie

22/10/2006 - Matinternet, L'express, Radio Caracol, La F.M., International Herald Tribune

La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (FICIB) pour la libération des otages en Colombie a adressé une lettre ouverte au président colombien Alvaro Uribe samedi, l'exhortant à renoncer à une intervention militaire contre la guérilla maoJiste des FARC, qui détient plusieurs milliers d'otages.

"Revenir à la seule option armée en vue de la libération des otages serait un drame sans équivalent", estime la FICIB au lendemain de la décision de M. Uribe de renoncer à un "échange humanitaire" (otages contre guérilleros détenus par les autorités) après un attentat attribué aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

"Une opération de sauvetage militaire (...) sera presque certainement fatale pour les otages", estime la Fédération, qui y voit une "condamnation à mort" des captifs et souligne que jusqu'à présent cette "option militaire (...) n'a rien apporté à la Colombie et aux Colombiens, sinon la perpétuation de la peur, des assassinats et des exactions".

"Répondre à la violence par la violence revient à s'abaisser au niveau de ceux que l'on condamne", insiste la FICIB, qui demande au président français Jacques Chirac ainsi qu'au président de la Commission européenne José Manuel Barroso et à tous les gouvernements européens "de faire en sorte qu'une solution négociée et non militaire soit trouvée (...), premier pas vers (...) une solution pacifique au conflit armé".

Les récentes déclarations conciliantes du président Uribe avaient permis d'espérer que le gouvernement échange plusieurs centaines de rebelles prisonniers contre une soixantaine d'otages politiques des FARC, dont l'ex-sénatrice franco-colombienne et candidate écologiste à l'élection présidentielle de mai 2002 en Colombie Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002 dans le sud du pays, avec sa directrice de campagne Clara Rojas.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a exprimé vendredi soir "son hostilité à toute opération de sauvetage des otages par la force" et s'est déclaré "convaincu qu'une solution pacifique est possible".


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