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"Nous confirmons notre volonté et notre proposition de concrétiser l'échange et notre pleine disposition pour qu'une fois dépassée cette étape, nous puissions tous avancer dans un processus politique aboutissant à des accords de coexistence et de paix", indique le secrétariat des FARC dans une lettre datée du 26 octobre publiée samedi par l'agence Anncol.
Interrogé à ce propos, M. Uribe a répondu très brièvement en demandant aux FARC des preuves de leur sincérité: "les Colombiens ont besoin de faits démontrant la bonne foi" des FARC.
Dans le message de leur commandement central diffusé samedi, les rebelles n'ont ni confirmé ni démenti être les auteurs d'un attentat le 19 octobre à la voiture piégée contre l'Ecole supérieure de guerre, un complexe militaire au nord de Bogota, qui fit 21 blessés.
Au lendemain de cette attaque, le président Uribe a annoncé l'arrêt du processus de rapprochement en cours avec les FARC en vue d'un échange entre 58 otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et 500 rebelles emprisonnés et donné l'ordre à l'armée de les libérer par la force.
Il a indiqué qu'il ne négocierait avec les guérilleros que si ceux-ci cessaient leurs actions terroristes.
Pourtant, le 27 septembre, le chef de l'Etat avait fait un pas vers un échange, en acceptant l'exigence des FARC de démilitariser les deux municipalités de Florida et Pradera (sud-ouest), avant de faire marche arrière dans les semaines suivantes.
Selon le communiqué des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, 17.000 combattants), le président manque de "détermination" pour effectuer l'échange et a pris "prétexte" de l'attentat pour stopper toute négociation.
Dans leur message, les FARC accusent "les généraux de placer des bombes pour rendre responsable les FARC et empêcher toute sortie politique du conflit".
"Nous n'espérons pas des louanges de nos adversaires mais nous ne pensons pas que l'offense personnelle puisse faciliter la réconciliation ni encore moins un triomphe militaire", ont continué les FARC. Selon l'organisation, le président Uribe "recycle un discours guerrier déjà éculé".
Le message des FARC a été reçu avec satisfaction par l'église catholique, intermédiaire des pourparlers et certaines familles d'otages.
"C'est une grande lumière d'espoir qui s'allume avec cette annonce. Que Dieu fasse que le président y réponde positivement et ordonne le retrait des troupes de Florida et Pradera", a déclaré Yolanda Pulecio, mère de Ingrid Betancourt, enlevée en février 2002.
"Ce message rouvre la possibilité d'un accord humanitaire", a renchéri Mgr Fabian Marulanda, secrétaire général de la Conférence épiscopale.
Pour Lazaro Viveros, ex-conseiller de paix favorable à un échange, "c'est une grande nouvelle", "espérons que les deux parties reprendront le fil des discussions en laissant de côté les intérêts personnels".