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Les familles d’otages préoccupées par la décision d'Uribe

21/10/2006 - AFP, Euronews

Les familles de séquestrés aux mains de la guérilla colombienne des FARC, se sont déclarés ce vendredi "très préoccupés" par l'ordre du président Alvaro Uribe de procéder à un sauvetage militaire, et Yolanda Pulecio, mère d'Ingrid Betancourt, accuse le Président de les avoir “condamné à mort".

Vendredi, vers midi, les familles des otages ainsi que les représentants d'organisations  qui travaillent pour leur libération  se sont réunis sur la place Bolivar, la place principale de Bogotá, pour protester contre la décision présidentielle et pour demander à Uribe de reconsidérer sa décision.

"Ceci revient à condamner à mort les séquestrés" a confié Yolanda Pulecio à l’ AFP, accusant Uribe "de briser le compromis de l'État qu’il avait assuré, avoir assumé avec la France, l'Espagne et la Suisse", pays qui s’étaient attelés à la recherche de solutions pour la réalisation de l’échange.

De plus, Yolanda Pulecio a qualifié d’ "explosives" les déclarations du président, à propos desquelles elle considère “qu’elles sont pires qu’une bombe” , et que les paroles d’Uribe sont “irréfléchies”.

La présidente de l'Association des familles de séquestrés et de disparus (Asfamipaz), Marleny Orjuela, a rejeté la décision et a fait savoir : "nous n'acceptons pas le sauvetage de nos enfants "par le feu et le sang", car cela équivaut à leur mort.”

"En toute certitude, monsieur le président, la libération "par le feu et par le sang" sera un échec total", a-t-elle ajouté.

Asfamipaz, qui a organisé la manifestation de la Place Bolivar, a diffusé dans un communiqué : "nous continuerons d’être persévérants dans la lutte pour la liberté que nous menons depuis neuf ans pour la vie et la liberation de nos enfants".

Jacques Quintero, frère de Albert Quintero député séquestré du département de Vallée (sud-ouest), a déclaré aux journalistes que leur réaction "est un rejet total du sauvetage par la voie militaire. Nous le rejetons totalement, et tenons pour responsable le gouvernement national de la vie de nos proches ".

Angela de Pérez, épouse du sénateur Luis Eladio Pérez, séquestré par les FARC, a déclaré que "malheureusement, nous sommes tributaires de ces actes de guerre, l’accord humanitaire étant suspendu au va et vient des événements et des réactions émotionnelles”

Plus énergique a été Faisura Perdomo, proche du président de l'Assemblée de la Vallée, Jean Charles Narváez, séquestré depuis avril 2002, qui a exprimé que la position du président lui semblait "infâme".

"Il est incroyable qu’au lieu d'ordonner une enquête pour savoir qui a mis la bombe, il ordonne des sauvetages militaires et qu’il déclare la guerre aux FARC. Ses actes sont guidés par ses impulsions et non par la raison” a-t-elle ajouté.


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