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"J'ai rencontré le président Uribe ce matin", a confirmé Mme Guedj, précisant être "mandatée par le gouvernement français pour faire une mise au point, pour qu'il ne soit plus question d'ingérence de la France dans les affaires colombiennes".
Une série d'entretiens d'un émissaire du gouvernement français avec les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste) avait provoqué un incident diplomatique entre Paris et Bogota, déclaré clos mercredi par le gouvernement colombien.
"Le malentendu est dissipé. Nous sommes d'accord, côté français comme côté colombien, pour poursuivre l'effort commun vers un accord humanitaire", a déclaré Mme Guedj.
"Le président Uribe a appelé devant moi son commissaire à la paix, Luis Carlos Restrepo, qui est chargé de ces questions (les otages des FARC) et que je vais rencontrer demain", a-t-elle poursuivi.
Interrogée sur les perspectives d'une libération prochaine d'Ingrid Betancourt, Mme Guedj, personnalité proche du président français, n'a pas souhaité faire de commentaire.
L'ancienne secrétaire d'Etat s'est rendue à Bogota pour participer aux travaux du Forum de Biarritz, une organisation qui assure la promotion des échanges entre l'Europe et l'Amérique latine. Devant les 250 délégués de ce forum, elle a souligné que "le cas de Mme Ingrid Betancourt représente le symbole tragique de la douleur de toutes les familles de séquestrés".
"Une autre française Aida Duvaltier est également l'otage d'une guérilla colombienne", a ajouté l'ancienne secrétaire d'Etat. Mariée à un français comme Ingrid Betancourt, Mme Duvaltier, 70 ans, a été enlevée en mars 2001 par un petit groupe de guérilleros à Medellin (nord-ouest).
Le président Uribe a demandé jeudi à la France lors d'une allocution devant le forum de Biarritz "de comprendre qu'il ne pouvait démilitariser certaines régions", comme l'exigent les FARC en vue d'un échange d'otages contre des prisonniers guérilleros.
"S'il y a un accord humanitaire, le gouvernement colombien acceptera que les guérilleros retrouvent la liberté, mais n'acceptera pas qu'il retournent à la délinquance", a-t-il ajouté. "Pour cela il est important qu'ils s'engagent à leur sortie de prison à ne pas rejoindre les rangs de leur ancienne organisation", a-t-il souligné.
La mère d'Ingrid Betancourt, Mme Yolanda Pulecio, dans une déclaration à la radio privée RCN, a de nouveau pris à partie le président colombien. "La réponse du président Uribe me parait nulle et il ne répond à rien", a-t-elle estimé. "Cela fait trois ans que je l'écoute, un jour il dit oui, le lendemain il dit non", a-t-elle ajouté Yolanda Pulecio avant de faire l'éloge de "l'élégance" du président Chirac.
A Paris, le comité de soutien organise le samedi 1er octobre un sit-in devant l'Ambassade de Colombie. Seront présents Mélanie Betancourt, Florence Aubenas, l'acteur Jean-François Gallotte et Raphaël Mezrahi.
Selon le communiqué du comité, il est temps que le gouvernement colombien se mette à travailler à la libération des otages retenus par les Forces armées révolutionnaires. "Depuis 3 ans et demi, il n'a rien fait ou pire, et il a tout fait échouer", affirme le Comité de soutien.
Le rassemblement aura lieu à 14h, à l'angle que forme la Rue de Grenelle avec la Rue de Constantine.
Par ailleurs, le lundi 24 octobre, à 19h00, sera organisé une soirée de soutien aux otages en Colombie. Réunis au théâtre du Rond-Point, à Paris, la famille d’Ingrid Betancourt sera accompagnée notamment de Renaud et Romane Serda, Julien Clerc, Jeanne Cherhal, Florence Aubenas…