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Elle voulait débarrasser son pays de l’argent des narcotrafiquants, de la corruption... Alors, depuis son enlèvement par la guérilla, Yamile Hernandez, une Colombienne installée à la Réunion, ne cesse de se battre, avec ses armes et ses moyens, pour la libération d’Ingrid Bétancourt. En commençant par sensibiliser population et élus pour qu’ils fassent de la sénatrice une citoyenne d’honneur de leur commune. Un geste sans frontière.
Un petit rien peut parfois faire beaucoup. Yamile Hernandez et son mari, Jean-Cyrille Notter, fondateurs d’un comité de soutien à la Réunion pour la libération d’Ingrid Bétancourt en sont persuadés. “Si aujourd’hui, il reste encore un espoir, c’est grâce à la sensibilisation internationale qui maintient en vie Ingrid et les milliers d’otages détenus comme elle par la guérilla”, affirme Yamile, une Colombienne de 34 ans, installée depuis trois ans à la Réunion avec son mari et ses enfants. Trois ans : la durée de la captivité de la parlementaire colombienne, enlevée par les Farc marxistes (Forces armées révolutionnaires de Colombie), le 23 février 2002. Soit treize ans après le retour dans son pays de l’auteur de “La rage au cœur” (2001), pour s’engager en politique dans les pas de sa mère, également sénatrice et impliquée dans la campagne électorale de Luis Carlos Galan, assassiné le 18 août 1989.
Pas de nouvelles
Ingrid entre alors au ministère des Finances, puis deviendra députée et sénatrice avec son parti “oxigeno verde”. Son combat ? Mettre fin à une guerre civile qui ravage la Colombie depuis 30 ans (entre guérilla et paramilitaires), la corruption, la violence, la main-mise des narcotrafiquants sur le pays, les enlèvements devenus monnaie courante... Un combat stoppé en plein vol un beau jour de février 2002. Depuis ? Peu de nouvelles (aucune image depuis août 2003) et une sensibilisation sans frontière, relayée par la famille d’Ingrid Bétancourt, sa mère, et ses deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Au premier plan : la France, dont les récents contacts avec la guérilla ont été suivis d’une lettre de protestation du président colombien, Alvaro Uribe, aux autorités françaises de chercher un processus pour libérer les otages via un échange humanitaire (rebelles emprisonnés contre otages). Un procès de l’ingérence mal vécue par la mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio.
Garder l’espoir
Dans une récente interview, elle dénonce la position de la présidence, alors que c’est pourtant cette dernière qui l’avait encouragée à chercher du soutien à Paris. En se disant effrayée à l’idée d’une intervention armée à l’issue plus que hasardeuse. “L’espoir d’une libération prochaine d’Ingrid et de Clara Rojas, sa directrice de campagne, comme pour les milliers d’otages retenus dans la jungle n’a jamais paru aussi éloigné”, regrette Yamile. Avec la perspective des prochaines élections présidentielles en 2006. Alors, elle se bat en créant avec son mari le Comité Réunion-Colombia, basé à Sainte-Suzanne, dont l’un des objectifs - dans la lignée de l’action lancée par la Fédération Internationale des Comités de soutien - est de faire de la sénatrice une citoyenne d’honneur de toutes les communes de l’île, parralèlement à l’action Foto-Libertad sur Internet. Salazie, Saint-Denis et le Département ont déjà répondu présent. Les autres n’ont toujours donné aucune réponse... On se demande bien pourquoi.